‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 3)Chapitre 36 sur 207 · M. COUDERG · texte numérisé non relu

M. COUDERG

Jean-Pierre Couderc, fils d'un Conseiller au Parlement de Toulouse, naquit en 1629, et entra, le 1er octobre 1(545, au séminaire de SaiiU-Sulpice, où son frère aîné, Pierre Couderc, avait été admis le 25 juillet précédent. Quoiqu'il ne fût pas encore dans les Ordres sacrés, il accompagna en 1652 M. Olicr dans son voyage du Vivarais, et ce pays où le protestantisme faisait beaucoup de ravages, devint pour tou-

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jours le théâtre de son zèle. Pendant plus do trente ans, M. Gouderc s'y employa aux travaux dos missions, à la controverse avec les protestants dans leurs synodes, et à la formation des ecclésiastiques dans le séminaire.

Lorsque M. Olier eut entrepris la conversion de la ville de Privas, principal boulevard du protestantisme dans ces contrées, il lit donner la cure à l'abbé de Queylus, et chargea M. Couderc de faire les petites écoles aux enfants des calvinistes. Puis, en 1657, M. de Queylus étant parti pour le Canada, M. Couderc, alors prêtre ol docteur en théologie, lui succéda comme curé do Privas, et continua heureusement l'œuvre si bien commencée. On voit dans la Vie de M. Olier (4sédit., t. III. p. 392, 393, 418-421) avec quelle hardiesse il déliait les ministres et avec quelle habileté il les confondait. Dieu sembla même quelquefois l'assister d'une grâce toute particulière dans ces circonstances délicates. Crandet raconte que « M. Couderc se trouvant, à son ordinaire, au prêche de Privas, le ministre, apercevant deux religieux, déclama contre les vœux d'une grande force, et s'échappa à dire que tout bien étant commandé par la loi, et chacun ayant une obligation essentielle de le pratiquer, il était inutile de faire des vœux, qui ne paraissaient propres qu'à gêner et à tyranniser les consciences. M. Couderc ayant entendu une proposition aussi fausse, crut qu'il était de son devoir de la réfuter. Il écrivit donc une grande lettre au ministre, par laquelle il lui prouvoil la sainteté et l'utilité des vœux par l'Écriture-Sainte, les Pères de l'Église, les décisions des Conciles, et par une infinité d'exemples tirés «le l'Histoire ecclésiastique. En finissant, il lui disail agréablement que si

toute sorte de liii'îi ('tait de précepte et qu'il n'y eut point de

conseils, .M. le ministre ne devait point avoir de femme, parce que s. Paul disait que c'était un bien de n'en point approcher : Bonum est homini mulierem »<>/i tangere. Le

ministre se trouva choqué de la lettre de M. Couderc. cl lui

lit une réponse tic piquante, a la tin de laquelle il citait un de l'Écriture-Sainte, écrit en hébreu, que M. Couderc n'entendait pa Celui-ci n'' voulant pas donner ^i' petit

M. COUDERC So

avantage à son ennemi de paraître ignorant en cette langue, et ne pouvant consulter personne sur ce passage, se recommanda à Dieu cl à la Sainte- Vierge pour demander lumière et pouvoir expliquer le texte dont il s'agissait. Tout aussitôt, celui-ci des Proverbes lui vint en pensée : Ne respondeas stulto secundûm stultitiam suam, ne ejjiciaris eisimilis;el il se trouva justement que le passage cité en hébreu par le ministre était celui que M. Gouderc avait tiré de la Vulgate, et qui lui avait été mis dans l'esprit comme par inspiration ».

Tout en se livrant à ce ministère extérieur, M. r.oudcrc prenait une part active au bien qui se faisait dans le séminaire. Il en devint même supérieur en 1661, et après avoir fait la visite de cette maison en 1663, M. de Poussé n'eut qu'à louer la prudence, la charité, le zèle de M. Gouderc a instruire et à former les séminaristes dans les sciences ci les vertus propres à leur état.

Tous les prêtres du diocèse, dit encore Grandet, le regardaient comme leur père et recouraient à lui dans leurs difficultés. Ses controverses avec les huguenots l'avaient rendu célèbre dans tout le Languedoc. M. de Basville, intendant de la province, l'honorait tout particulièrement., et le protégeait en toute occasion, ("/est aussi d'après les conseils et sous l'inspiration de M. Gouderc que deux prêtres d'Avignon. MM. de Varie et de Blanc, commencèrent dans cette ville l'établissement qui devint plus lard le séminaire de S'-Charles.

Après la révocation de l'Édil de Nantes, le roi ayant voulu faire travailler à la conversion des huguenots du royaume. M. Tronson envoya dans le Vivarais huit ecclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice, et pria M. Couderc de se mettre à leur tête pour les diriger dans leurs missions. Ces! pendant qu'il travaillait avec eux (pic la mort vint presque subitement frappe!- le fervent apôtre, le -21 février 1686. Son corps fut transporté à Viviers, et inhume le 25 du même mois à la cathédrale, dans la chapelle de Notre Dame-des- Anges. Grândel rapporte qu'il fut regretté comme un saint.

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et qu'à Viviers, on conservait son portrait dans la plupart des familles.

Ce portrait a été gravé à Avignon par David : il est de tonnât in-folio, et porte l'inscription suivante, composée par M. Azbgat : — Petrus Couderc, Seminarii Sancti Sulpitii alumnus, in diœcesiVivariensi sacerdotio initiants, cujus gratiam ibidem per triginta et ampliûs annos abundè effudit clericis instituendis 3 pastoribus informandis, hœreticiè convertendis ; omnibus tandem omnia factus, virtutibus apostolicis conspicuus, cultui Deiparœ addictissimus, obiit 21 februarii an no 1686 œtatis 57.

1 — Instructions morales et de controverse, par demandes et par réponses. Pour l'Instruction des catholiques et des calvinistes nouvellement convertis. Divisées en deux parties. Dont la première contient la Doctrine de l'Église catholique sur les points contestez et non contestez. La seconde contient des éclaircissemens sur les points de la Doctrine de l'Église catholique contestés entre les Catholiques et les Calvinistes. Par L. S. M. (1. de l'E. C. d'V. A Lyon, (liez Thomas Amaulry, rue Mercière, au Mercure galant, 1685; Avec privilège du roy, in-12, pp. 31V. sans les liminaires et la table.

On lit dans V Avertissement : « L'autheur de ce livre ayant été conduit par la Providence de Dieu dans une des provinces du royaume la plus remplie de calvinistes, il eut occasion non seulement de les entretenir souvent, mais même d'instruire plusieurs d'entre eux qui avoienl dessein de se convertir et de se réconcilier avec l'église catholique. Cela lui donna lieu de remarquer deux choses. Premièrement, qu'il n'y avoit point de livre pour leur instruction. Secondement, qu'on les renvoyoil souvent, pour ('ire instruits, à des personnes qui. n'ayant pas pour un ministère de cette importance toute la capacité nécessaire, souhaitaienl eux-mêmes que l'on fil quelque livre pour le leur faciliter. Cela lui donna la pensée d'entreprendre cet ouvrage... Ce catéchisme esl divisé en deux parties. Dans la première... on s'attache particulièremenl aux points les plus importanl de la Morale chrétienne, tanl parce qu'il o'esl pa i moins ne» es-

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