M. BAUYN
Jacques Baùyn, né à Bàle en 1041, appartenait à une famille qui a donné plusieurs hommes distingués à la Médecine et aux Sciences (Voir l'art. Dauhin dans la Biographie universelle de Michaud, la Biographie générale de Didot, et la France protestante des frères Haag). Son aïeul, originaire d'Amiens, était allé se fixer à Bàle en Suisse pour exercer plus librement la religion protestante, qu'il avait
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eu le malheur d'embrasser. Comme lui, comme son propre père, Jacques fut élevé dans le protestantisme; mais étant allé à Paris en 1663 dans le but de faire apostasier son frère aine, qui avait abjuré le calvinisme, il reconnut lui-même son erreur, à la suite d'événements ménagés par la providence, se fit catholique, et entra au séminaire de Saint-Sulpice. Il lit sa licence en Sorbonne, mais par humilité, il ne voulut pas prendre le bonnet de docteur. « 11 s'attacha à la Compagnie en 1072, et on lui donna la direction des catéchismes. On peut voir dans {'Histoire des catéchismes de Saint-Sulpice par M. Faillon (Paris, 1831, in-12, p. 23, 40, etc.) que c'est à lui qu'on doit, principalement les règlements et usages qui s'y observent encore » (Vie de M. Emery; Paris, 18(51, t. I, p. 32, 33). Il remplaça ensuite M. Brenier dans la conduite du. petit séminaire de Saint-Sulpice et de la Communauté des Philosophes. Sa mort arriva le 19 mars 1696. « Tous ceux qui l'ont connu, dit Grandet, l'ont regardé comme un saint. » On se convaincra de la justesse de cette appréciation en lisant la notice que le même Grandet lui a consacrée (Les saints Prêtres français dit XYII" siècle; Paris, 1897, deuxième série, p. 383-399), et surtout celle, bien plus complète — elle a 50 pages in-i° en manuscrit — qu'a composée M. Gosselin, et qui forme ['Appendice de ses Mémoires (manuscrits) sur M. Tronson. .Nous citerons seulement ce qu'on lisait dans le numéro de mars 1696 (p. 270 et suiv.) du Mercure Galant, peu accoutumé sans doute à publier de telles communications (1).
« M. Baûyn, Directeur du Séminaire de Saint-Sulpice, y
M) « on fait généralement, dit M. 1 latin, on plutôt on affecte de faire peu 'le cas du Mercure; il est certain cependant qu'il vaut mieux que sa réputation, et il serait difficile de méconnaître le grand rôle qu'a joué dans l'histoire littéraire du xvin» Bièclece recueil célèbre qui a en le singulier privilège d'intéresser pendant un siècle et demi une société qui n'était pas précisément sotte, qui a compté parmi ses rédacteurs les plus grands noms de la science et des lettres, i|"i enfin a pu sur ses bénéfii es annuels sen ir jusqu'à 30,000 ii\ res de pensions aux gens de lettres > (Biùliogr. hist. ci crit. de t« prêt dique française, p
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est îr.orl âgé de cinquante-cinq ans, consumé par la pénitence et par ses travaux au service du prochain, sa maladie n'étant venue que d'un épuisement de forces. Il a porte toutes les vertus chrétiennes à un degré si éminenl, qu'on admiroit en lui ces exemples que nous honorons dans l'ancienne Église, et qu'on regarde, soit foiblesse, soit amourpropre, soit relâchement, comme impossibles à notre siècle. 11 avoit pour Dieu un amour ardent, pur et tendre, dont un esprit occupé de l'amour du monde ne conçoit ni la force, ni la douceur, ni la violence; et il avoit pour lui-même une haine salutaire, vertu presque inconnue aux gens du siècle, mais nécessaire, non seulement à la perfection, mais encore au salut. De cet amour de Dieu et de cette haine de luimême naissoit une faim et une soif des souffrances, qui lui inspiroient ces pieux excès et ces saints emportemens de pénitence, dont le détail feroit frémir notre délicatesse. Son humilité profonde et sincère lui a toujours fait refuser avec beaucoup de résistance tous les emplois distingués, et lui inspiroit pour lui des sentimens, que ceux qui ne connoissent pas jusqu'où peut aller cette vertu, ne croiroient pas sincères. Pour sa charité et son zèle envers le prochain, il n'y a qu'un récit exact de ses fatigues et de ses travaux qui nous en pourroit donner l'idée. Toutes ces vertus ont été récompensées par une tranquillité qu'on ne sauroit exprimer, par une joie et par une paix intérieure dans ces derniers jours de crainte, de douleur et d'amertume. Il mourut enfin le jour de S. Joseph, après avoir donné des instructions particulières à tous les jeunes ecclésiastiques qui se forment dans le séminaire de Saint-Sulpice pour le sacerdoce. 11 rendit les derniers soupirs en prononçant ces paroles de l'Apocalypse : Veni, Domine Jesu, et laissa toute cette communauté remplie de l'odeur de ses vertus et de la mémoire de ses grands exemples. »
Dans le but de procurer la conversion des infidèles, M. Baiiyn lit imprimer et distribuer de tous côtés la prière composée à cette fin par S. François-Xavier. Elle se trouve. en latin et en français, dans les Neuvaines en l'honneur des
Saints de la Compagnie de Jésus : S. Ignace de Loyola, son fondateur; S. François-Xavier. Apôtre des Indes el du .lapon: S. François de Borgia, troisième général; S. Jean-François Régis, Missionnaire; S. Louis de Gonzague, Étudiant en théologie; S. Stanislas Kostka, .Novice: BB. Paul Miki, Jean de Goto, Jacques Kisaï.- Martyrs Japonais; Paris, chez Méquignon tils aine, et Lyon, riiez Périsse frères. 1820. in-12, p. 377, 378.