M. de LA BARMOND1ÈRE
Claude Bottu de La Barmondière, né en 1G31 à Villcfranchc en Beaujolais, entra au séminaire de Saint-Sulpice le 7 avril 1655, fut reçu licencié en 1662, et docteur le 19 décembre de la même année. Il ne nous a pas été donné de rencontrer ses thèses de licence : nous savons seulement qu'il soutint sa Tentative le 28 novembre 1657,- et sa Majeure ordinaire le 12 décembre 1661. La date de cette dernière nous est révélée par un Mémoire que M. de Marca présenta à la Sorbonne au sujet d'une thèse soutenue le même jour au Collège de ('1ermont touchant l'infaillibilité du Pape dans les faits dogmatiques; thèse qui, comme on sait, causa un grand émoi dans la Faculté et au Parlement. Dans l'examen de cette thèse. M. de Marca s'exprimait ainsi : — << Même à présent, on enseigne cette doctrine dans la Sorbonne. Car, le même jour, douzième de ce mois de décembre, lorsqu'on disputait au collège de Clermont sur la thèse précédente, on soulenoit en
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Sorbonnc la même thèse en substance, qui est conclue aux termes suivants : Romanus Pontifex controversiarum ecclesiasticarwn est consti tutus judex à Christo, qui ejus deûnitionibus indeflcientem fidem promîsit (Luc. XII). Caveant proindè catholici à fermento recentium hœreticorum, qui ea quœ apostolicis Constitutionibus Innocenta X et Alexandri VII abundè fuerunt definita contra Jansenium ejusque sectatores, in (lithium revocare, vel subdolis interpretationibus labefactore non verentur ». En marge, on lit cette note : « M. de La Barmondière étoit le répondant, et M. de Poussé, curé de Saint-Sulpice, étoit le Président ». Ce Mémoire de M. de Marca est inséré au tome IV des Acta S. Facidtatis Parisiensis recueillis par M. Baudrand, dont nous parlerons plus loin.
Admis dans la Compagnie en 1664, il enseigna d'abord la théologie dogmatique à Paris, fui élu assistant dès Tannée 1665, devint supérieur de la Communauté des prêtres de la paroisse Saint-Sulpice en 1676, et enfin curé, par la résignation de M. de Poussé, le i novembre 1678. lue maladie grave dont il fut atteint en 1(389 le contraignit de résigner sa cure à M. Baudrand. le 7 janvier. M. de La Barmondière revint à la santé, et la joie que sa guérison causa dans la paroisse se traduisit par des Eloges eu vers latins, pieusement recueillis, d'après « les originaux imprimés et manuscrits », par l'abbé Simon de DoncouVt, dans ses Remarques historiques et critiques sur l'église ri lu jiurois.se de Saint-Sulpice (Tome II: Pièces justificatives, |». 901-908). M. de La Barmondière reprit alors son rang d'ancienneté dans la communauté des prêtres de la paroisse, el continua à y faire beaucoup de bien jusqu'à sa mort, arrivée le 1S septembre 1694. Sun portrait a été reproduit, d'après une gravure du temps, dans la Vie du bienheureux J.-B. De La Salle, (<>ndateur de l' institut ih-s Frères <!<■* Ecoles chrétiennes, par Armand Ravelet; Introduction par M d'Hulstj Paris, 1888, gr. in-S'. i» il:;.
il ;i composé un petit traité mu- le-- propriétés 'le Veau chaude, et mu- le- avantages qu'on en peut retirer. Il n'a
M. BA.UYN iOo
pas oublié le passage de S. Grégoire le Grand qui fait à sa thèse : « PIcrumquc segros quos fortis pigmentorum polio curare non valait, ad salutem pristinam tepens ruina revocavit » (De Cura pastorali, part. 3, cap. XIV). La foi de M. de La Barmondière à l'efficacité de l'eau chaude était d'ailleurs une foi pratique. L'auteur (l'abbé Jacques Boileau) de la Relation abrégée de la Vie de Madame de Combé, institutrice de la maison du Don-Pasteur, raconte que cette dame étant malade et « tirant à sa tin, M. de La Barmondière vint pour la disposer à l'Extrême-Onction et à la mort. En attendant, il lui fît prendre de l'eau chaude : on sait, ajoute le biographe, que c'étoit là son grand remède pour toutes sortes de maux... Madame de Combé fut soulagée sur l'heure; elle dormit, la fièvre et les tranchées cessèrent, et dans peu l'appétit lui revint avec ses forces » (Nouvelle édition, Paris, 1732, in-12, p. 47).
V. Gosselln, Mémoires (manuscrits) su)' M. de La Barmondière, troisième successeur de M. Olier dans la cure de Saint-Sulpice. — Notes historiques sur le Séminaire Saint- Irénée; Lyon, 1882, in-8', p. 78-81. — L'Ami de la Religion, 8 janvier 1823, t. XXXIV, p. 241, 242. — Grandet, Les saints Prêtres français du XVIIe siècle; deuxième série, p. 377- 382. — Vie du Vénérable Louis-Marie Grignion de Montfort... par M. l'abbé Pauvert; Paris, 1876, in-8', p. 27-30, 40-42.