‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 3)Chapitre 48 sur 207 · M. LASCARIS D'URFÉ · texte numérisé non relu

M. LASCARIS D'URFÉ

François Lascaris d'Urfé, frère de l'évèque de Limoges qui portail le même nom, étail fils de Charles-Emmanuel Lascaris. marquis d'Urfé el de Baugé; el par sa bisaïeule, Rende de Savoie Lascaris, tenail à la maison de Lascaris, l'une des plus anciennes el des plus illustres de la. Grèce, puisqu'elle avail même occupé le trône impérial de Conslantinople. Il arriva au Canada dans l'automne de 1668. Presque aussitôt, il fui envoyé à la mission de Kenté avec .M. de Fénelon, ci s'emp oya avec un grand zèle à la conversion des sauvages, plus d'une luis an péril de sa vie. M. d'Urfé ayant pris les intérêts de M. de Fénelon dans les démêlés que celui-ci eut avec le gouverneur général de la Nouvelle France, ci ayant avec lui travaillé à la mission de Genlilly, ou <lc la Présentation, il devinl odieux à M. de Frontenac, qui fui pour lui d'une excessive dureté (Faillon, Histoire de la colonie française au Canada, t. [II, p. i90 . lussi, lorsque, on 1678, M. d'Urfé revînl en France, crut-il devoir se plaindre

de la conduite du Gouverneur. Il composa un Mémoire «pie

.M. Tronson remit au ministre Colbert, devenu depuis peu, par le mariage de son lils. le marquis de Seignelay, aiiié de la famille d'Urfé. Ce Mémoire ne contribua pas peu a faire rappeler M. de Frontenac.

Pendant mhi séjour en France, M. d'I rfé devint en | doyen de l'église cathédrale «lu Puy, par la résifnation d'Hippolyte de Bélhune, évoque de Verdun. \ son tour. M. Frani m- d'I rfé, en 1685, résigna sa dignité a son frère Emmanuel

d'I rfé, pour suivre au Canada .M. de Saint -\ al lier, nomun

ijvèquc de Québec. Ce prélat, racontant lui-même son \" dans une lettre qu'il publia dans la suite, s'exprime ainsi louchant M. d'I rfé . • On connaît assez le nom et la vertu de M. l'abbé d i rfé, ci-devant doyen de la cathédrale du ^an> qu'il — « » 1 1 nécessaire que je fasse connaître ■ sonne ci -un mérite; il suffit qjc dire qu'il a été, pendant plu-

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sieurs années, un exemple de zèle et d'humilité dans le séminaire de Saint-Sulpice de Paris, et qu'il a déjà demeuré dix ans en Canada, où il a donné beaucoup d'édification dans le séminaire de Montréal » (Les Evoques de Québec, par Monseigneur Henri Têtu; Québec, 1889, in-8 », p. 83).

M. do Saint-Vallier étant revenu en France 'novembre 1686), M. d'Urfé se rendit à Montréal, et se fixa à l'extrémité occidentale de l'île. 11 y établit la mission algonquine qui porta ensuite son nom, et l'ut appelée la mission de la baie d'Urfé. 11 fonda aussi la paroisse Sainte-Anne-du-Bout-del'Ile, pèlerinage établi en face des rapides de l'Ottawa, et où se sont accomplis des miracles. Epuisé par ses travaux apostoliques, M. d'Urfé quitta enfin le Canada définitivement, et revint en France. II obtint d'abord, en 1694, l'abbaye de Saramon, au diocèse d'Aucb, la résigna au bout de deux mois, cl reçut en échange, le 'J avril 1695, l'abbaye bénédictine d'Uzerche, au diocèse de Limoges. Ayant vainement tenté, pendant trois années, d'y introduire la réforme de S. Maur, M. d'Urfé se retira dans son château de Baugé, et il y mourut le 30 juin de l'année 1701. Il fut enterré dans L'hôpital le lendemain, 1er juillet. Sur sa tombe, on a gravé celte épitaphe :

Piœ et perpétuée memoriœ. Hic jacet illustrissimus et Révérend, dominus Francisons de Lascaris d'Urfé, jjresbyier, regii coenobii S. Pétri d'Userche abbas dignissimus, apud C'anadenses missionarius apostolicus, hujus et loci pauperum pater beneficus, omnibus carus et lugendus, cujus memoria in benedictione est. Obiit die ultima Junii 1701. {Gallia christiana, t. II, col. 592, 593).

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