V. — Traité du Plagiat lit:- i el ouvrage, que I <>u a
longtemps cru perdu el >ur lequel nous avions recueilli
M. LE CLEBC . 2<)9
ce que l'on en avait dit avant nous (Vie, p. 274-291), ce manuscrit précieux, objet de tant de regrets, a enfin été retrouvé. II est aujourd'hui au séminaire Sf-Sulpice de Paris, et se compose de six cahiers petit in-folio formant 2,454 pages de pagination continue. Voici la table des chapitres, qui donnera une idée de tout l'ouvrage.
Première partie. — Chapitre I. Qu'est-ce que le plagiat, ou vol littéraire. Dessein de l'auteur : plan de l'ouvrage. — II. D'où viennent les mots plagium, plagiariua : quelle est leur signification primitive. — III. Quand et comment l'on a adapté aux vols et voleurs d'ouvrages ces termes de plagiat et de plagiaires. — IV. Le plagiat littéraire est-il ancien, commun : quelles en sont les différentes espèces, le juge, la punition. — V. Le plagiat est-il un péché, et de quelle espèce : est-ce un mal qui nuise beaucoup aux sciences. — VI. L'espèce de plagiat la plus criante est de se saisir des manuscrits d'un savant, et de se les approprier : les exemples en sont extrêmement rares. — VIL Piller un auteur, et puis, pour couvrir son vol, l'accuser lui-même de nous avoir volé, c'est une autre espèce de plagiat aussi très criant; mais en ce cas. il n'est pas toujours aisé de décider quel est le larron. — VIII. Supprimer, par pure malignité, l'ouvrage d'un écrivain, c'est un plagiat très condamnable : le cas paroit fort rare. — IX. L'espèce de plagiat la plus préjudiciable à la république des Lettres, est celle qui consiste à voler les fautes d'autrui. — X. Tout écrivain qui se vante d'avoir fait une découverte d'importance, peut être traité de plagiaire, dès qu'on le convaincra en bonne forme de l'avoir prise de quelque autre qui a écrit avant lui. Discussion d'un plagiat de cette nature imputé à Jansénius. — XL Ceux qui. par pure malignité et pour faire dépit aux autres, enlèvent les ouvrages d'autrui, quoique sans se les approprier à euxmêmes, et qui les donnent aux autres, sont de véritables plagiaires. — XII. Quels moyens sont nécessaires ou suffisants pour convaincre un auteur de plagiat. Premier moyen : l'aveu du coupable; les exemples en sont très rares. — XIII. Second moyen de conviction : la preuve par témoins;
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je n en sais aucun exemple. — XIV. Troisième moyen de conviction : la ressemblance entière de deux ouvrages. — XV. Moyens de défense pour ceux qui sont accusés de vol littéraire : la bonne foi. — XVI. Un homme équitable el judicieux ne doit jamais ajouler foi aux accusations de plagiat, et beaucoup moins en intenter lui-même aux autres, à moins qu'il ne soit auparavant bien fondé en preuves. — XVII. En fait d'accusation de plagiat, il y a souvent [dus de justes soupçons contre les accusateurs que contre les accusés : la jalousie de métier, l'orgueil, la malignité, les inimitiés ou querelles particulières, sont très ordinairement les sources des accusations de plagiat. — XVIII. Quand un auteur est accusé de plagiat, et qu'il assure très positivement qu'il n'a point vu l'ouvrage que l'on prétend qu'il a pillé, on doit le croire sur sa parole, à moins qu'on ait des preuves très é\identes du contraire. — XIX. Il n'y a point de plagiai dans un auteur qui ne cite point le livre ou la source dans laquelle il a puisé, dès qu'il n'a aucun dessein d'enlever à celui qu'il ne cite pas la gloire de la découverte, [tour se l'attribuer. —
XX. Suite des raisons différentes qui peuvent dispenser un auteur qui copie un autre de l'indiquer dans son ouvrage. —
XXI. Nouvelles raisons qui dispensent de citer un auteur des lumières duquel on a tiré quelques secours. — XXII. Quoiqu'on n'ait pas cité un auteur en le copiant, ce n'est point toujours un injuste moyen de défense de l'indiquer, quand on nous reproche une bévue que nous n'avons faite que d'après lui. — XX1I1. En citant trop, on risque assez fréquemment de i asser pour un fanfaron, pour un ignorant, pour un pédant. Cela peut quelquefois déterminer un auteur à supprimer diverses citations, que Bans cela il ne supprimerait point. — XXIV. I. 'accusation de plagiat n'a point lieu contre ceux qui ne font rien imprimer. C'est aujourd'hui l'ini-
sion seule qui donne le caractère de publicité aux ouvrages. f.'cM ;nisvi presque uniquement par cette voie que l'on acquiert la qualité d'auteur. — \\\ . On ne peut raisonnaldeiiK .il intenter accusation de plagiat contre ceux qui ne
composent que pour leur utilité particulière, n que
contre ceux dont les ouvrages n'ont point été imprimés de leur aveu, ou l'ont été contre leur gré, ou seulement après leur mort. — XXVI. Ce que j'ai dit, dans le chapitre précédent, des auteurs qui ne destinent point leurs ouvrages pour l'impression, doit s'étendre aux professeurs publics et aux prédicateurs. — XXVII. Ceux qui font imprimer sous leurs noms des ouvrages, que ceux qui en sont les auteurs leur ont cédé, ne sont point des plagiaires; non plus que ceux qui prêtent leur nom pour être mis à la tête des ouvrages dont les pères sont bien aises de ne pas se faire connoitre. On peut néanmoins, quand on a des preuves bien assurées de ces sortes de faits, en instruire le public. — XXVIII. Les imprimeurs et les éditeurs de divers ouvrages donnent quelquefois occasion de soupçonner de plagiat des auteurs qui en sont fort innocens. — XXIX. Les traducteurs, les abbréviateurs, les compilateurs, les bibliothécaires, les faiseurs de recueils, ne doivent point être mis au nombre des plagiaires. — XXX. Les jeunes enfants sous le nom desquels il paroît des ouvrages, ne sont point traités de plagiaires, lors même qu'on a raison, et on l'a presque toujours, de croire qu'ils ont été aidés, et qu'à proprement parler, ils ne sont point les véritables auteurs de ce qu'il y a de meilleur en ces sortes d'ouvrages.
Seconde partie. — Apologie — de Philelphe et d'Alcyonius
— de Jean Beaudouin, de l'Académie Française — de Pierre Belon — de Jean Bodin — de Henri Etienne — de Gabriel Faërne — de M. Chevalier — de Florimond de Bemond — du poète Mairet — de M. Le Maître — du P. Petau — de Politien — de Jacques-Philippe ïhomasini — de Nicolas Witsen.
— Suite des fausses accusations de plagiat.
Troisième partie. — Liste alphabétique d'un grand nombre d'écrivains qui ont été accusés de plagiat, avec de courtes remarques, soit pour les absoudre, soit pour les condamner. (Presque toute cette partie est en blanc dans le manuscrit. A côté des mots, troisième partie, M. Le Clerc a écril : « Pour cette liste, voyez Thomasius, De Playio litterariu, avec les notes manuscrites de M. Le Clerc à la marge »).
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Quatrième partie. — Apologie pour le II. P. Labbe, de la Compagnie de Jésus. Chapitre I. Le P. Labbe justifié au sujet de son traité De scrijitoribus ecclesiasticis, contre MM. Baillet, Vigneul-Marville. — II. Histoire abrégée du Traité, et de la Table historique et chronologique de MM. de Port-Royal, qu'on l'accuse d'avoir pillée. — III. Réfutation de diverses accusations vagues de plagiat, intentées contre le P. Labbe par quelques écrivains protestants au sujet de sa Dissertation philologique. — IV. Jugement que M. Baillet a porté de la Dissertation philologique du P. Labbe, et de la Table de MM. de Port-Royal. — V. M. baillet a loué la Table historique beaucoup au delà de ce qu'elle méritoit, et il a cru sans raison que le P. Labbe avoit profité des lumières de MM. de Port-Royal. — VI. Le P. Labbe faussement soupçonné par M. baillet, et ensuite, sur la foi de ce dernier, par Dom D'Argonne, d'avoir été le plagiaire du P. Sirmond. — VII. Variations étranges de M. baillet dans lesjugemens qu'il a portés, en divers endroits, de la capacité et du mérite du P. Labbe. — VIII. Il a semblé mal a propos à M. Baillet que le P. Labbe, dans ses additions, eut entrepris la censure de la Table historique de MM. de Port- Royal. — IX. H n'est point vrai que le P. Labbe ait. comme M. Baillet le prétend, souvent donné des fautes à MM. de Port-Royal dans le peu de choses qu'il a écrites contre leur Table : il les a toujours repris avec raison et avec succès. — X. Suite de la critique que le P. Labbe a faite de quelques articles de la Table historique cl chronologique de MM. de Port-Royal. — XI. Le P. Labbe accusé a tort d'avoir volé le Calendrier de MM. de Port-Royal. — XII. Oïl a faussement accusé le P. Labbe de plagiat au sujet du Conspectus novoe editionis omnium Operum S. Damasceni, qu'il publia eu 1682. — MIL Le P. Labbe injustement accus.' de plagiat par
Sainson : Article I : Histoire du démêlé «pie le P. Labbe a OU
avec ce géographe. Article ~ : Discussion des preuves sur
lesquelles Sainson appuyoil l'accusai ii m de plagiat qu'il in-
tentoit contre le P. Labbe. Article '-\ : Est-il vrai que Sainson ait montré que dana le Pharva Gallîœ, il n'y eût
P. Labbe qu'un nombre effroyable de fautes contre l'ancienne géographie, et que le même Samson ait renversé presque tout le Pharus dans ses Disquisitions. Article 4 : Extrait du second volume de Samson, c'est-à-dire de ses Disquisitions sur la lettre B de la seconde partie du Pharus. — XIV. Jugemens avantageux que divers écrivains ont portés du P. Labbe et de son érudition. — XV. Éloge du P. Labbe, tiré des écrits de plusieurs savants du xvn" et du xviii0 siècle. XVI. Conclusion de l'apologie du P. Labbe.
Ainsi que je l'avais conjecturé et que je l'ai dit ailleurs ( Vie de L.-J. Le Clerc, p. 290), l'abbé d'Artigny a publié plusieurs fragments du traité de M. Le Clerc, clolosè suppresso nomine veri auctoris. L'article 73 de ses Nouveaux Mémoires (t. V, p. 1-28), par exemple, intitulé, Examen de la Dissertation de M. Huet sur Honoré d'Urfé, n'est, de la page 3 à la page 24, que la reproduction, à peu près pure et simple, des pages 157-188 du manuscrit de M. Le Clerc. Donnons-en quelques preuves pour... l'ébaudissement du lecteur : il y verra de plus comment l'abbé d'Arligny suppléoit à ce qui manque à M. Le Clerc du côté des « grâces du style », que lui avoit refusées... Jupiter (tome V, p. 421).
« Anne (selon Huet) se fit prêtre et chanoine de Lyon ».
11 prit l'habit ecclésiastique en 1599. // recul l'ordre de prêtrise seulement en 1603. Il fut Doyen de Montbrison en 1604, et se démit de ce Bénéfice en 1611. Je ne sais pas en quelle année il fut chanoine comte de Lyon. 11 garda toujours le titre de Conseiller d'État qu'Henri IV lui avoit donné en 1593. Enfin, ayant toujours vécu avec beaucoup