M. CLUSEAU
Jean-Baptiste Cluseau naquit en 1668, au diocèse de Limoges, dans lequel il lit son séminaire. Il entra ensuite dans celui de Saint-Sulpice de Paris le 21 novembre 1686. Après quelques années passées au pet il séminaire de Saint-Sulpice. probablement en qualité de directeur, il fut envoyé au séminaire de Clermont le 2 novembre 1692. La faiblesse de sa santé ne permit pas d'abord de lui confier des emplois importants. En 1694, cependant, il fut chargé de la conférence sur les sacrements, mais en 17l)l . il lui mis au repos. N'ayant pu. a cette époque, l'aire le pèlerinage de Lorelle en Italie, il
tii celui de Septfons et celui d'Annecy, il désira s'attacher à l.i personne de M. de Champflour lorsque celui-ci quitta Clermont pour être évoque de La Rochelle, ainsi qu'à M. de Sabaiier. quand il devint évoque d'Amiens; mais >rs vœux n'ayant pas été exaucés, m. cluseau pria M. Leschassier de l'employer dans un séminaire. Vux vacances de ITot. il fui envoyé a Angers pour la communauté de Maimbeuf, où sa bonne \. i\ pourra être utile, disait M. Leschassier en l'annonçant à m. Grandet, <", où ii fera de. conférences de tno-
M. LE CLBKC 2")/
raie » (ii septembre 1707). 11 passa au séminaire d'Angers douze ou treize ans, estimé et aimé de tous, se répandant peu à l'extérieur, au moins dans les dernières années, bien qu'il y fût porté par ses goûts naturels. D'Angers, il passa au séminaire de Bourges en 1719 ou 1720. Il était déjà bien affaissé. M. Le Peletier, faisant la visite en 172i, le déclarait « hors de combat ». Cependant, M. Cluseau poursuivit plus loin encore sa carrière : il mourut à Bourges le 9 juin 1735, âgé de 67 ans.
1. — Lettre à M. Leschassier, Supérieur de Saint-Sulpice, sur M"r de Champflour. Nous l'avons imprimée dans notre notice sur ce grand évêque. Voir notre tome III. article Champflour.
Laurent- Josse Le Clerc, troisième des dix-huit enfants du célèbre graveur Sébastien Le Clerc, naquit à Paris le 22 août 1(577. II suivit les cours du Collège Royal, situé non loin des Gobelins, où son père résidait, et il y apprit les mathématiques en 1691 sous le célèbre Pierre Varignon. Le 2 juin 1696, il entra au Petit Séminaire de S'-Sulpice, à Paris, et fut formé par M. Brenier à la vie ecclésiastique. Ordonné prêtre au mois de décembre 1702, il passa, le 27 octobre 1703, au Grand Séminaire de Saint-Sulpice, et fut reçu licencié de Sorbonne le 29 janvier 170't. Au mois d'octobre de cette même année, M. Leschassier, après l'avoir admis dans la Compagnie, l'envoya professer la théologie au séminaire de Tulle.
M. Le Clerc n'y demeura que trois ans. En octobre 1707, il alla enseigner la théologie dogmatique au séminaire d'Orléans. Là, il lia amitié avec plusieurs savants qui habitaient cette ville : le P. Germon, jésuite Orléanais, mort à Orléans en 1718; le savant Baluze, alors exilé à Orléans pour son Histoire généalogique de la maison d'Auvergne ; M. Per-
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doulx de la Périère, savant Orléanais qui, de 1722, année où M. Le Clerc fut transféré à Lyon, jusqu'en 1727, entretint avec lui une correspondance littéraire que M. Jovy a publiée en 1894. {Quelques lettres inédites de Perdoulx de La Périère à l'abbé Laurent-Josse Le Clerc, par M. Ernest Jovy; Orléans, llerluison, 1894, in-8% pp. 65).
C'est, en effet, aux vacances de 1722, après quinze années passées dans le séminaire d'Orléans, que M. Le Clerc fut envoyé au séminaire de Saint-lrénée pour y remplir les fonctions de premier directeur. Cependant, sa réputation s'était répandue jusqu'à Paris. Au mois de novembre 1723, le Garde des Sceaux le demanda au Supérieur de Saint-Sulpice pour l'aider à examiner des livres; mais les supérieurs ne crurent pas devoir acquiescer à la demande, et ils refusèrent « honnêtement ». M. Le Clerc resta donc à Lyon, et il y continua sa vie de travail et d'étude jusqu'au jour de sa mort, arrivée le 7 du mois de mai 173(5.
Y. Vie, Ecrits et Correspondance littéraire de Laurent- Josse Le Clerc; Paris, 1878, in-8", pp. xn-352. Nous renverrons à cet ouvrage pour tout ce qui concerne l'histoire et les détails des écrits de M. Le Clerc dont nous allons donner la liste.
1. — Remarques sur différents articles du premier volume du Dictionnaire de Moréri, de l'édition de 1718; s;m-> nom de lieu ni d'imprimeur (Orléans), 1719, in-8', pp. xlyiii- 208. I). Méri, bénédictin d'Orléans, en fit la critique dans un opuscule intitulé : Discussion critique et théologique des remarques de M*** sur le Dictionnaire de Moréri de L'édition de 1718, par M. Thomas, docteur de Luuvain: sans nom de libraire ni de lieu (Orléans), in-89, pp. 96. — Remarques sur différents articles du second volume du Dictionnaire de Moréri «le l'édition de 1718 (Orléans), 1720, in-s. pp. 184. Remarques sur différents articles du troisième volume du Dictionnaire de Moréri de l'édition de 1718 (Orléans . 1781, pp. 200. - - \ . Vie de L.-J. Le Clerc, p. 52-67.
;£. — Bibliothèque du Richelet, ou Abrégé de la vie des \ [te dans ce Dictionnaire; elle remplit les pag<
cxvi du tome I de : « Dictionnaire de la langue française, ancienne et moderne, de Pierre Richelet, augmenté de plusieurs additions d'histoire, de grammaire, de critique, de jurisprudence, et d'un nouvel abrégé de la vie des Auteurs cités dans tout l'ouvrage; Lyon, chez les Frères Bruyset, rue Mercière, au Soleil, 1728, 3 in-fol. La bibliothèque municipale de Lyon possède l'exemplaire de la Bibliothèque du Richelet que M. Le Clerc avait fait relier « avec deux feuillets de papier blanc entre chaque feuillet d'impression », et sur lesquels il fit une quantité considérable d'additions. Elle a aussi, comme la bibliothèque municipale de Grenoble, un autre exemplaire corrigé et annoté de la main de M. Le Clerc. — Plusieurs journaux s'occupèrent de cet ouvrage, soit pour le critiquer, soit pour le louer. Journal de Verdun, mars 1729, p. 1(50. Journal des Savants, avril 1729, p. 256, 257. Journal littéraire; La Haye, année 1730, p. 438-441. Bibliothèque française de Du Sauzet, 1731, t. XVI, p. 86-107, article de D. Le Cerf; t. XVII, p. 129. — Le Nouvelliste du Parnasse, 1731, t. Il, p. 307. Lettres sérieuses et badines sur les ouvrages des savants et sur d'autres matières ; La Haye, 1732, t. VI, p. 78, 79; t, VII, p. 186, 187. Mémoires de Trévoux, décembre 1731, p. 209(5-2120. — Vie, p. 186, 225.
3. — Dissertation touchant l'auteur du symbole Quicumque, etc., par un Licencié de Sorbonne; A Lyon, de l'imprimerie de Pierre Bruyset, rue Confort, près l'Hôpital, 1730, in-12, pp. 54 sans l'Approbation, signée Antoine Sicault, évêque de Sinope, suffragant, et déclarant cette dissertation « solide et remplie d'érudition ». M. Le Clerc cherche à établir que ce symbole est de S. Athanase. Le manuscrit original, in-folio de 21 feuillets, est au séminaire de Sl-Sulpice, à Paris. — Vie, p. 36-38.
41. — Lettre critique sur le Dictionnaire de Bayle ; La Haye (Trévoux^ 1732, in-12, pp. xxn-456. —Vie, p. 132- 148; 244-254. Les Portefeuilles du Président Bouhier, par Emmanuel de Broglie ; Paris, 1896, in-8°, p. 332, 333.
5. — Remarques critiques sur divers articles du premier volume du Dictionnaire de M. Bayle, à la suite de : « Diction-
i()0 BIBLIOTHÈQUE SULP1CTENNE
nuire historique et critique j)ar Pierre Bayle; cinquième édition, revue, corrigée el augmentée de Remarques critiques, avec la vie de l'auteur par .M. Des Maizeaux; Amsterdam (Trévoux), par la Compagnie des libraires, 1734, in-fol., p. 825-857.
— Remarques critiques sur divers articles du second volume... p. 961-1000. — Remarques... du troisième volume... p. 859-904. — Remarques... du quatrième volume... p. 949- 985. — Remarques... du cinquième volume... p. 859-887. Les Remarques ont été fondues dans l'ouvrage par Beuchot, auteur de l'édition suivante : « Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle; nouvelle édition, augmentée de notes extraites de Ghaufepié, Joly, La Monnoye, Le Duchat, L.-.I. Le Clerc, Prosper Marchand, etc., etc. ; Paris, Desoer, 1820-1824, 1G vol. in-8° ». — C'est à M. Le Clerc que l'ahhé Joly a emprunté la plus grande partie de ses Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle ; Paris, 1748, in-t'ol.. pp. lxxiv-820.
— Vie, p. X'A-Tjï.
G. — Lettre de M. Le Clerc au R. P. Etienne Souciet, de la Compagnie de Jésus, pour servir d'éclaircissement aux articles lxxxii et lxxxvui des Mémoires d'aoûl el de septembre 1735: dans les Mémoires de Trévoux, mai 1736, p. 1058-1077. C'est une apologie de Sébastien Le Clerc accusé de plagiat au sujet de YOrdre français qu'il avait donné comme étant de son invention dans le Traité d'Architecture qu'il publia en 1714. — Vie, p. 292-298.
T. — Lettre de M..., Prêtre du Dioceze de Liez, à M.... chanoine d'Arles, sur ce qui est dil des s;iinls Fauste de liiez el Césaire d'Arles, dans Y Histoire littéraire de la France, Elle parut dans les Mémoires de Trévoux, juillet I" conde partie, p. 1541-1582. I). Rivel essaya de se justifier dans V Avertissement (p. i-xxxii) placé en tête du tome IV de [Histoire littéraire. M. Le Clerc étant mort, même avanl l'apparition de -on article, les journalistes de Trévoux répondirent a D. Rivel dans leur cahier de novembre ITiiS. p. 2139. — vie. v. 302-316.
t4. — Abrégé de la Vie de s ^bastien Le Clerc; édité dans ; biographie et d'histoire, par Ant. de Lantenay :
Bordeaux, librairie Ferel et fils, 1835, in-8°, p. 104-436. Le manuscrit original est au séminaire de Sc-Sulpicc de Paris (Cabinet des Manuscrits, n. KM)).
9. — Lettres de M. Le Clerc à l'abbé Brun. Doyen de Sr-Agricol d'Avignon. Dans le tome Y (p. 421-424) des Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, par M. l'abbé D'Artigny; Paris, Debure l'aîné, 1752, in-12. — L'auteur de la Vie de L.-J. Le Clerc a également cité une bonne partie de ces lettres.
iO. — Les Eléments de l'Histoire, ou ce qu'il faut savoir de Chronologie, de géographie, de l'histoire universelle, de l'Église de l'Ancien Testament, des Monarchies anciennes, de l'Église du Nouveau Testament, des Monarchies nouvelles et du Blazon, avant que de lire l'histoire particulière; avec une suite de Médailles impériales, depuis Jules César jusqu'à Héraclius; par M. l'abbé de Vallemont; cinquième édition; à Paris, chez Cabriel Martin, Jean-Baptiste Coignard fils, Hippolyte-Louis Guérin, 1729, 1 vol. in-12, pp. xxx-131, 555, 506, 488. — Paris, 1758, 5 vol. in-12. D'après l'abbé Desfontaines, suivi sur ce point par Barbier, les additions contenues dans cette cinquième édition des Éléments de l'histoi)-e sont de M. Le Clerc. — Vie, p. 231-233.
11. — M. Le Clerc a aussi fourni quantité de remarques et d'additions — à l'éditeur du Moréri paru en 1725 Vie, p. 117-119»; — au V. Lchard, dominicain, pour ses Scriptores Ordinis Prœdicatorum (.Vie, p. 83-9i); — à M. Pcrdoulx de La Périère pour ses deux Lettres sur la Bibliothèque des auteurs de la Congrégation de S.Maur, composée par D. Le Cerf de la Viéville; — à l'abbé Papillon pour sa Bibliothèque des auteurs de Bourgogne (Vie, p. 149-155); — aux PP. Lelong et Desmolets pour la Bibliothèque historique de la France (Vie, p. 73-82); — enfin, au Supplément du Dictionnaire de Trévoux (Vie, p. 233). Il (il «'gaiement des corrections sur la Bibliothèque Chartraine de l><>in Liron {Vie, p. 95-110), sur les Mémoires du P. Niceron ( Vie, p. 18'jv, 185», sur Y Histoire de l'Acadéynie de l'abbé D'Olivel i Vie, p. 277-229'. sur {'Histoire littéraire de la
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ville de Lyon, par le P. de Colonia {Vie, p. 230, 231;, etc.
A. — Tractatus brevis de Scientiâ Dei et Prœdestinatione. Manuscrit original d'environ 393 pages. Bibliothèque de la ville de Lyon; Manuscrits, n° 230. — Vie, p. 33, 34.
D. — Tractatus de Gratta divinisque auvÂliis. II existe de ce traité une copie et deux textes originaux. L'un de ceux-ci appartient au séminaire de S*-Sulpice (n° 242), et parait être une première rédaction faite probablement au séminaire de Tulle : c'est un in-'t" de 187 pages. Le second texte original, beaucoup plus étendu, est à la bibliothèque de la ville de Lyon, inscrit au Catalogue des Manuscrits sous le n" 213. 11 formait quatre volumes in-4°, mais le dépôt lyonnais ne possède que le premier, composé de Ï44 pages. Heureusement, le séminaire de Sl-Sulpice en a une copie complète (n'J 2bi), dont voici le titre : Tractatus de Gratin divinisque auxiliis, auctore D. Le Clerc, Licentiato Sorbonico, necnon Sacrœ Theologiœ prof "essore sapientissimo et eruditissimo; Aurélia1, die 22 novembris. anno vero Salutis 1708 : scripsit M. L. A. auditor: manuscrit in-4° de 988 pages. — Dans son Traité (inédit) du Plagiat littéraire, M. Le Clerc nous apprend qu'il employa deux ans et demi à dicter ce traité, à partir du mois d'octobre 1708. Il y embrasse le système que le P. Thomassin a exposé dans ses Mémoire* sur la Grâce, et soutient « que la grâce principale et proprement dite sur laquelle rouloit tout le fort de la dispute entre S. Augustin, d'une part, el les Pélagiens de l'autre, ('doit la grâce de la justification, c'est-à-dire celle que les théologiens appellent communément la grâce habituelle. De ce point de t'ait, dit-il. je tîrOÎS tout mon système. » Voici, d'après ce qu'il
raconte au même endroit, comment il y tut amené :
« Dans les quatre a cinq premières années de mes études
théologiques, dit-il. j'avois t'ait le tour, pour ainsi parler, de la plupart des gystè s qui sont également tolérés dans
l'Église, et que l'on soutenoit alors indifféremment et avec une entière liberté eh âorbonne. -t avois commencé par celui
que .M. l'ournelv nous avoil dicte en commençant, au mois
d'octobre 1698. II est mitigé, admettant une grâce suffisante qui a quelquefois son effet, et qui plus souvent ne l'a pas par la faute pure de l'homme qui y refuse son consentement; et une grâce efficace, qui a toujours tout l'effet pour lequel elle nous est donnée, mais dont la manière d'opérer infailliblement est un mystère que nous ne connoissons point. De là, je passai au pur système de Molina, et je soutins, sous la direction d'un autre docteur de Sorbonne, que l'infaillibilité de la grâce que l'on appelle efficace est fondée uniquement sur la science moyenne. Ayant ensuite lu et étudié Gonet, le système de la Prémotion physique me parut préférable aux autres. Après cela, je revins à la grâce suffisante de M. Tournely, en y joignant, par rapport à la manière dont la grâce dite efficace produit toujours son effet. le système de M. Pirot, autre professeur de Sorbonne, qui a mitigé celui de Jansénius. Il tire l'efficacité infaillible de la grâce de la délectation victorieuse; délectation qui opère, à la vérité, physiquement, et qui est efficace de même; mais qui pourtant n'a qu'une infaillibilité morale. Je m'en tenois là, lorsqu'un autre ancien docteur me demanda si j'avois lu les Mémoires du P. Thomassin. Je lui dis que non, et que ce livre m'étoit inconnu. Il me le prêta; je le lus, et j'en goûtai fort le système; mais je gardai le livre assez peu de temps. Je roulai ensuite pendant quelques mois ce système dans ma tête; après quoi, je me déterminai à relire tout ce que S. Augustin a écrit touchant la grâce. Je me contentai alors de souligner sur mon exemplaire de S. Augustin tout ce que j'apercevais dans ce Père qui pouvoit être ou conforme, ou opposé au système dont j'étais plein. Ensuite, sans transcrire au long les textes, je fis un simple extrait de tout, rangeant sous divers titres seulement tous ces textes que je ne faisois qu'indiquer. Je laissai ensuite passer plus d'un an sans revoir ni S. Augustin, ni le court indice de citations auquel j'avois rapporté le tout. Cependant, je réfléchissois souvent sur le système, dont j'avois les points capitaux fort présents, el je pensois à toutes les difficultés que l'on pouvoit y opposer. Au bout de ce temps, je revis mon court manuscrit; je com-
26Ï BIBLIOTHÈQUE SULPICIBNNE
mençai à composer mon traité, où je transcrivis tout au long chaque texte de S. Augustin qui devoit y trouver su place, et peu a peu l'ouvrage se trouva fait. Mais avant d'en venir là, c'est-à-dire de le terminer entièrement, combien ne m'avoit-il pas fallu lire et réfléchir! J'avois lu et relu, el beaucoup médité S. Augustin. J'avois relu Jansénius et la plupart des plus forts ouvrages faits pour sa défense, que je m'étois proposé de réfuter. .Pavois fait la même chose par rapport aux Pères Alexandre et Juénin, et autres théologiens qui se sont le plus étendu à prouver que les Pélagiens admettaient une grâce habituelle, et que la grâce que S. Augustin soutenoit principalement éloit une grâce actuelle et efficace par elle-même, c'est-à-dire qui a infailliblement tout l'effet pour lequel elle est donnée. Ainsi, pendant environ quatre a cinq ans, je ne lus, outre S. Augustin et quelques ouvrages de S. Prosper, je ne lus, dis-je, que des théologiens contraires aux sentiments que je prétendois établir. — Après un travail si long et si appliquant, je ne nie serois pas rendu justice a moi-même, si je ne m'étois regardé que comme un sim;>ie copiste du P. Thomassin. .le ne devois, à proprement parler, à ce savant homme, que la découverte d'un point auquel je n'avois jamais pensé. Mais, cela l'ail, la recherche de la vérité de ce point étoit toute entière a moi. J'en avois tiré les preuves immédiatement de S. Augustin, et avec autant de travail, que si jamais je n'eusse vu l'ouvrage du docte guide qui m'avoit montré le chemin que j'avois suivi ensuite tout seul. » — Vie, p. 26-32.
C. — Tractatus de Justificatione. Cabinet îles manuscrits du Séminaire de S'-Sulpiee ; manuscrit original. in-V' de 54 pages. — Vie, p. 33.
D. — Dissertation touchant l'autorité de s. Augustin. Ibid., n. 1.7.I": manuscrit original.
E. — Sepl cahiers in-folio contre l'ouvrage du P. Quesnei, formant un total d'environ 1,500 pages, ibidem, n. L59 : original. Le premier cahier commence par une Lettre eftra
liant en théologie un séminaire d'Orléans, n M. le curé de..., ou il lui rend com\ \r M. Le
Clerc, licencié de Sorbonne, contre le P. Quesnel. Nous l'avons publiée en 188o dans nos Mélanges de biographie et d'histoire; Bordeaux, Feret, in-8', p. 392. 393.
F. — Tradition de l'église d'Orléans touchant le pouvoir que tous les justes ont toujours d'accomplir les commandements de Dieu, et de la résistance par laquelle et les justes et les pécheurs rendent la grâce inutile, lorsqu'ils offensent Dieu. Ibid. original.
{m. — Lettre d'un Docteur à un de ses amis, où il prouve l'autorité et le droit des évêques dans le jugement des matières dogmatiques, par l'adveu de plus de cinq cents docteurs de la Faculté de Théologie de Paris. Ibid. manuscrit in-folio, original, pp. 228.
II. — Lettres sur la Constitution Unigenitus. L'original est à la Bibliothèque de la ville de Lyon, Manuscrits, n. 387. Files sont au nombre de quatre, toutes écrites du séminaire d'Orléans, les 12, 15, 16 et 19 octobre 1709, et forment un ensemble de 110 pages. — Vie, p. 32, 33.
I. — Réfutation d'un livret intitulé : « Mémoire dans lequel on examine ces deux questions : 1. si l'appel de la Constitution Unigenitus interjette par quatre évêques de France, auquel d'autres évêques, plusieurs Facultés, Chapitres d'églises cathédrales et collégiales, communautés régulières, et un grand nombre de chanoines et curés du royaume ont adhéré, est légitime et canonique; 2. quelle est la force de cet appel : suspend-il l'autorité de la Constitution et tout ce qui s'est fait, aussi bien que tout ce qui se pourrait faire en conséquence ». Manuscrit in-folio, original : Cabinet des manuscrits du Séminaire de Sl-Sulpice. Le Mémoire est un in-4° de 134 pages, sans frontispice et sans date, mais qui porte à la fin un privilège daté de 1717.
En cette même année 1717, parut un in- 12 de 69 pages, sans nom de lieu ni d'imprimeur, intitulé : « Relation, en forme de lettre, de la désolation de l'Eglise d'Orléans, depuis que les trois premiers Chapitres et onze Curez de la même ville ont fait leur déclaration publique, qu'ils n'ont point accepté laConslitulion Unigenitus du Pape Clément XI,
26(î BIBLIOTHÈQUE SULPÎCIENNE
avec les Conclusions des trois Chapitres, et des Curez qui ont rétracté, et les preuves des faits avancez dans la Relation ». Voici ce qu'on lit aux pages 0-8 de ce volume janséniste : — « Il y a plus d'un mois qu'un professeur du séminaire, nommé Le Clerc, n'a pas expliqué un mot des cahiers qu'il dicte à ses écoliers, et il y a bien de l'apparence qu'il en fera de même jusqu'à Pâques. Sous le prétexte de montrer le venin des cent une Propositions condamnées dans la Constitution, il ne fait que déclamer. 11 avance pour principe que le P. Quesnel est plein de mauvaise foi, d'ignorance et de malice; il le compare sans cesse à Luther et a Calvin; il dit qu'on trouve dans son livre les principes de toutes sortes d'hérésies, des Manichéens, des Nestoriens, et des Eutychiens, etc.; que toutes ses propositions sur la Grâce sont visiblement hérétiques: que toutes celles qui sont sur l'amour de Dieu, sont ou Janséniennes, ou Baïanistes, ou Luthériennes; enfin, que son livre n'a été fait uniquement que pour soutenir le Jansénisme, etc. 11 ajoute qu'on ne peut douter que la Constitution ne soit une règle de foi, que l'Église a parlé, que la cause est fixée, qu'il faut manquer de bon sens ou de bonne foi pour le nier, et qu'on pourrait aussi demander si le Concile de Trente oblige. Ensuite, il vient aux invectives contre les onze curez, les traitant non seulement avec mépris, en disant que ce sont des ignorans, qui à peine savent deux mots de théologie; mais encore se servant des termes odieux de rebelles, excommuniés, hérétiques, qui commettent tous les jours des sacrilèges. 11 arrive à peu près la même chose dans les Conférences du séminaire, dans ce qu'on dit à l'évêché et parmi ceux qui y ont une favorable audience; on ne fait point difficulté de dire que les onze curez sont des loups ravissans, des séducteurs, des tourbes, des impies, des hypocrites : telle esi la charité de ces .Messieurs ». Kl c'est la bonne, ajouleroiis-nous : crier au loup, c'esl charité pour les brebis, disait s. François de Sales, qui s'entendait en vraie charité et en vraie douceur.
•I — Réponse au m \moire de M. Bruyas sur l>i doctrine des Incommunicanis. Manuscrit in-'» de s pages, apparie*
nant à ia Bibliothèque de la ville de Lyon, et inséré dans un recueil intitulé : Abrégé sur la Grâce, n' 312. — Vie, p. 175-181.
K. — Tractatus dogmaticus, in quo quœcumque Beatissimœ et Gloriosissimœ Virginie Deiparœ privilégia et laudes speclant ecpenduntur, et ad Scripturce ac Patrum, prœsertim antiquiorum, normam definiuntur ; manuscrit original in-4\ pp. 600. Manuscrits du séminaire S'-Sulpice de Paris, n. 263. — Vie, p. 35.
L. — Tractatus de augustissimo Eucharisties Sacramenio; manuscrit original ayant la signature de M. Le Clerc; in-folio, pp. 376. Bibliothèque de la ville de Lyon, Manuscrits, n. 230. —Vie, p. 34.
M. — Tractatus de Ordinis sacramento ; manuscrit original de 57 pages in-folio. Bibliothèque de la ville de Lyon, Manuscrits, n. 230.
X. — Appendix ad prœcedentem de Ordine Tractatum. De vità, honestate et moribus clericorum ; manuscrit original de 32 pages in-folio. A la suite du précédent.
O. — De Concilii Antiocheni Decreto contra Paulum Samosatenum, in quo réprobation vulgà creditur, Homoousiosj manuscrit original de 35 pages. Cette dissertation et les trois suivantes forment un seul volume in-folio portant le n' 655, à la Bibliothèque de la ville de Lyon. — Vie, p. 39-41.
P. — Decretum, Gelasii vulgà dictum, notis criticis illustration. Le manuscrit original a 184 pages in-folio. La copie qu'en fit faire le président Bouhier est aujourd'hui à la Bibliothèque de la ville de Troyes : c'est un in-4° de 33 feuillets. Une copie de cet écrit a beaucoup servi a composer le chapitre VIe de l'ouvrage suivant : Le Pape Saint Gélase Ier; Etude sur sa vie et ses écrits, par A. Roux, Prêtre du diocèse de Bordeaux; Paris, Thorin, 1880, in-8", p. 163-193. — Vie, p. 41-51. — Lettres chrétiennes, année 1881, t. Il, p. 480-482, art. de P. Allard. Bulletin critique, année 1880, t. I, p. 285-287, article de M. Duchesne. Polybiblion, novembre 1880, t. XXIX, p. 412, 413, art. de Dom Piolin. Bi-
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bliographie catholique, février 1881. t. LXIII, p. 150-152, art. signé, Beurlier. Zeitschrift fur Katholische Théologie; Innsbruck, année L884, t. VIII. p. 203-205, article signé,
Crisar.
<J. — Appendix. S. Faust i innocentia, sanctitas et bona prœsertim Jides, contra ejus, sit:e antiquos, sive neotericos, obtrectraiores , demonstrantur. Manuscrit original d'environ 80 pages. — Vie, p. 51, 303-305.
R. — S. Cœsarii Arelatensis Augustinianismus discutitur etexcutitur; manuscrit de 130 pages. — Vie, p. 303-305.
S. — Histoire abrégée des plus célèbres écrivains ecclésiastiques, suivant l'ordre des temps auxquels ils ont écrit et ils sont morts. Le manuscrit original, qui esl au séminaire de S'-Sulpice, in-folio de 171 feuillets, comprend les cinq premiers siècles et les noms de 300 auteurs. La copie que possède le séminaire d'Orléans a 10't feuillets in-4°, et renferme de plus que le manuscrit de Paris les auteurs des vi% vu6, vin0 et ixe siècles. — Vie, p. 38, 39.
T. — Remarques chronologiques sur V histoire des d premières races des rois de France; copie in-folio de 110 pages, à la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier. — Vie, p. 08, 09.
U. — Catalogue de tous les ouvrages de Sébastien Le Clerc. Outre le manuscrit original, qui est à la bibliothèque du séminaire de S'-Sulpice (n. 160), il existe une copie •!<• ce Catalogue à la Bibliothèque du Palais des Arts, à Lyon, dans un recueil de Mémoires divers inscrit sous le u 141 (V. Catalogue général des Manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. XXXI. p. 73». Il occupe les f. i7-.'»i de <e recueil, et a pour titre : « Catalogue des ouvrages d< bastion Leclerc, depuis 1645 jusqu'en 1657, dressé par son lils. directeur du séminaire de Lyon. I7:i*i ». t ne autre copie • le ce catalogue est à la bibliothèque royale de Stockholm, en Suéde. — Vie, p. 299, 303. M anget d'his-
toire, p. 'lit:'.