M. QUIBLIER
Joseph-Vincent Quiblier était né le 24 mai 1790, à Saint- Pierre du Colombier (Loire). Entré en 1814 au séminaire Saint-Irénée de Lyon, il y reçut les ordres, et ensuite occupa un poste de vicaire dans une paroisse de Saint-Étienne. 11 le quitta pour entrer à la Solitude, et en 1823, il partit pour Montréal. Après avoir pendant quelque temps professé la philosophie au collège, il en devint directeur. L*activilé et Tintelligence des affaires qu'il montra dans Texercice de cet emploi donnèrent Tidée de le choisir pour remplacer M. Roux, alors supérieur du séminaire; et comme celui-ci était déjà hors d'état de gouverner la Communauté, M. Quiblier fut nommé vice-supérieur au mois d'août 1830. Quand M. Roux mourut, au mois d'avril 1831, M. Quiblier fut élu supérieur pour cinq ans, suivant l'usage du séminaire de Montréal. On le réélut en 1836 et en 1841.
Durant les quinze années qu'il gouverna nos établissements de Montréal, M. Quiblier leur rendit de très importants services. 11 établit les Frères des Écoles chrétiennes, pour lesquels il fit bâtir une maison vaste et commode, ainsi que des écoles pour les enfants : on y a même installé un noviciat,
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OÙ sont formés d'autres disciples du Bienheureux De La Salle, lesquels se répandent ensuite dans le Canada et les États-Unis. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, les sœurs de Charité de THôpital-Général, les sœurs de S. Joseph de THôtel-Dieu, ne sont pas moins redevables à M. Quiblier, tant au spirituel qu'au temporel. Mais c'est le séminaire principalement qui lui doit de la reconnaissance. M. Quiblier lui assura la possession de ses biens en lui procurant l'existence légale qu'on lui contestait. Durant les troubles politiques qui agitèrent le Canada en 1830-1838, il se concilia si bien l'estime et la confiance du Gouverneur anglais, que par la puissante médiation de ce magistrat, il obtint une charte de corporation, un acte législatif du Parlement anglais, qui maintient le Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal dans tous les droits qu'il avait dans ce pays avant la conquête du Canada.
 la fin du dernier quinquennium de son supériorat, M. Quiblier revint en France, et entreprit divers voyages dans l'intérêt du séminaire de Montréal. Pendant un séjour qu'il fit en Angleterre, il fut prié par l'autorité ecclésiastique de Londres de prendre soin de quelques catholiques destitués de secours religieux, et qui habitaient aux environs de cette grande ville. M. Quiblier s'en chargea provisoirement, avec l'assentiment de ses supérieurs, y établit les religieuses de la Délivrande, et cette petite réunion devint ensuite une agglomération considérable de catholiques. Peu de temps après, le cardinal Wiseman appela M. Quiblier à former une congrégation dans un quartier pauvre de Londres, où les catholiques étaient presque entièrement abandonnés. Là encore, son zèle fut béni de Dieu. £n 1852, cette réunion ne comprenait pas moins de 5,000 catholiques, confiés aux soins des RR. PP. Maristes, que M. Quiblier décida à s'y établir, et auxquels il procura les ressources nécessaires pour achever la construction de leur maison et de l'église destinée à cette paroisse.
Tant de travaux altérèrent enfin la santé de M. Quiblier. Sur la fin de sa vie, il se retira à Issy pour s'y reposer, et le
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17 septembre 1852, il entra, par une mort douce et paisible,, dans son repos éternel. — Cfr. Paillon, Vie de la sœur Bourgeoys, t. II, p. 476-480.
i . — Abrégé chronologiquLe d' Histoire sacrée et profane , à Tusage du collège de Montréal; Montréal, Leclère et Jones, imprimeurs, 1835, in-12 d*environ 100 pages.