‹ Bibliothèque sulpicienne; ou, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice (volume 4)Chapitre 110 sur 298 · M. DE BAUDRY · texte numérisé non relu

M. DE BAUDRY

Louis-Joseph, comte de Baudry, né à Chambéry, le 13 août 1778, était fils de Gaspard-Philibert de Baudr}-, membre du Sénat de Savoie. Lorsqu'il eut atteint Tâge de neuf ans, ses parents l'envoyèrent éèudier au collège do Carouge, près de Genève. Après sa rhétorique, il fit sa philosophie à Lausanne, puis revint à Chambéry pour y suivre les cours de Droit. II entra ensuite en théologie au séminaire de Lyon en 1803, et au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, le 10 octobre 1804. Quand il eut été ordonné prêtre en 1806, M. Émery le chargea d'enseigner la philosophie au séminaire àe Paris, et en 1810 l'appela à professer la théologie dans la même maison. M. de Baudry fut envoyé ensuite au séminaire de Limoges. Tout le temps que dura la suppression de la Compagnie, lui et ses confrères avec M. Hugon, leur supérieur, desservirent, en qualité de curé et de vicaires, la paroisse Sainte-Marie. Ils y donnèrent des conférences qui eurent du retentissement dans toute la ville. En 1814, M. de Baudry remonta dans sa chaire de morale, qu'il occupa jusqu'en 1825. Le 2 juillet de celte même année, M. Berthelot, supérieur du séminaire de Limoges, annonça à ses confrères assemblés le départ prochain et définitif de M. de Baudry, lequel, en quittant cette maison, laissait à la disposition du

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Supérieur et des Directeurs du séminaire une valeur de 4,800 fr., tant en livres qu'en espèces. M. de Baudry alla passer trois mois à la Solitude, au bout desquels il fut envoyé à Lyon pour y professer la morale. II y demeura jusqu*à la révolution de 1830. Voyant alors avec un sentiment de tristesse mêlée d*effroi qu'un nouvel ordre de choses allait s'établir dans sa patrie adoptive, il se décida à quitter la Compagnie et la France, et alla se fixer à Genève, dans le faubourg de Plainpalais, qu'il ne quitta plus jusqu'à sa njort, arrivée le 2 avril 1854.

« L'abbé de Baudry était un savant d'un rare mérite et un très habile controversiste : il alliait à une vaste érudition une piété affectueuse et profonde. Fuyant le monde et ses distractions, même les plus innocentes, il passait de son oratoire domestique à son cabinet de travail, et de son cabinet de travail à la Bibliothèque de Genève. C'était ici ou là qu'il fallait le chercher quand on voulait le voir. Quoiqu*iI fût d'une santé frêle, il se levait régulièrement à quatre heures du matin, et partageait sa journée entre la prière et le travail. II était d'un abord facile, d'une simplicité charmante et d'une exquise politesse. Charitable jusqu'à l'excès, il donnait tout son superflu aux pauvres, et ce superflu était considérable, car pour lui, quoique né dans l'opulence et d'une famille distinguée, il vivait comme un anachorète. Son humilité était telle que jamais on ne put le décider à porter le titre de Comte, qu'il tenait de son père, comme fils unique. Il oublia également jusqu'à la fin ses titres honoraires de Chanoine et grand vicaire de Tulle, de Chanoine et grand vicaire d'Annecy, qu'il possédait ^cependant depuis bien des années. Il n^avait en vue que la gloire de Dieu et le salut des brebis égarées du Protestantisme. C'est vers ce double but que convergeaient toutes ses pensées,' tous ses écrits, toutes ses espérances » (Notice sur M. de Baudry, à la fin du tome I (col. 1215) des Œuvres complètes de S. François de Sales, évoque et prince de Genève; édition donnée par M. Mignc; Paris, 1861).

M. de Baudry entra en relation avec le public par la réim-

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