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3. — Vie populaire de la Vénérable Mère Agnès de Jésus, Prieure du Monastère de Sainte-Catherine, à Langeac, par M. TAbbé Césaire Sire, Prêtre de Saint-Sulpice, Directeur du Grand Séminaire de Notre-Dame du Puy; Au Puy, A. Prades- Freydier, Imprimeur catholique, place du Breuil, et M. Baqué, libraire, 13, rue Saint-Haon; A Paris, aux Bureaux de L* « Année Dominicaine^», 9i, rue du Bac, 1894, in-18, pp. xii-180.
-4. — Conférences de théologie dogmatique sur la Grâce; simple extrait du Compte rendu des Conférences du diocèse du Puy, pour l'année 1894; A mes Élèves; Souvenir; Le Puy, Imprimerie catholique A. Prades-Freydier, place du Breuil, 1895, in.8% pp. 85.
S. — Conférences sur nos Fins dernières; simple.oxtrait du Compte rendu des Conférences du diocèse du Puy, pour Vannée 1895; Le Puy, Imprimerie catholique A. Prades- Freydier, place du Breuil, 1896, in-8% pp. 89.
O. — Vie de M, Antonin Chaussinand, Prêtre de Saint- Suipice, Supérieur du Grand Séminaire de Notre-Dame du Puy, par iM. Tabbé Césaire Sire, Directeur au Séminaire de rinstitut catholique de Toulouse; Paris, 1898, in-12, pp. xv-
A. — M. Sire avait commencé un Ti^aité dogmatique sur la Très Sainte -Vierge : il y travaillait dans les trois semaines qui précédèrent sa mort; mais il ne put achever que deux chapitres.
D. — il a aussi laissé des notes manuscrites sur la Possédée du Puy.
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La Semaine religieuse de Paris (numéros des 16 et 23 décembre 1899, p. 763-766, 799-802) a publié sur M. Mérilan une très intéressante notice, due à M. Monier, Supérieur de la Maison Saint-Jean. C'est pour nous plus qu'une bonne fortune de pouvoir en enrichir notre ouvrage.
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ff M. Mérilan élait ne le 9 avril 1828, à Saint-Martin deCastillon, petit bourg coquettement assis sur les pentes du Luberon, à peu de distance d'Apt, la ville sainte, qui garde le tombeau de Taïeule du Christ, H avait reçu au baptême le nom d'Elzéar, que les vertus chevaleresques du bienheureux comte de Sabran, le chaste époux de sainte Delphine, onl rendu populaire dans la contrée.
» Le jeune Elzéar perdit son père de bonne heure, et sa première éducation fut Tœuvre de sa mère, femme d'intelligence et de caractère, à Tinfluence de laquelle se joignit celle d'un bon curé, qui, frappé de Tesprit judicieux et de la piélé du jeune enfant, lui donna les premières leçons de latin, et bientôt, voyant s'accentuer les dispositions qui faisaient pressentir en lui un futur ministre des autels, le présenta coiume élève au Petit Séminaire d'Avignon.
» Cet établissement, où vivait encore le souvenir de son fondateur, M«' do Prilly, mort évéque de Châlons, avait alors pour supérieur M. Sermaud, un prêtre de la vieil le roche, autrefois camarade de collège de M. Icard, et qui, avec lui (tous deux aimaient à le rappeler), avait été présenté à la tonsure cléricale dès l'âge de treize ans. X défaut de cette faveur, qui n'était plus dans les usages du diocèse, la maturité précoce du nouvel élève lui valait celle de revêtir, dès la classe de quatrième, l'habit ecclésiastique. 11 s'en montra digne; et telle était dès lors sa gravité, même au milieu des jeux bruyants de son âge, que son ancien maître, qui a vécu asseï pour le voir curé de Saint-Sulpice, avait coutume de dire que la gravité du curé n'était pas plus grande que celle du jeuae séminariste d'autrefois.
» Par une transition toute naturelle, et comme de plaii»^' pied, Elzéar Méritan, après avoir fini avec succès sa rhéto^ rique, entra, en 1846, au Grand Séminaire d'Avignon, qi^^ était alors gouverné par M. Caval, le futur supérieur de Saint- Sulpice. Dans ce milieu plus exclusivement sacerdotal, ils^ trouva tellement dans son élément que ce mot lui vint bïeniôi au cœur et aux lèvres : Hœc sedes mea, Deus, in œtemutn. Ce fut aussi l'avis de ses maîtres, et tout particulièrement rfff
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vénérable et aimable M. de Monclar, à qui il avait conrié la direction de sa conscience, et qu'il devait pareillement retrouver à Paris trente ans plus lard, remplissant à ses côtés, dans la paroisse de Saint-Sulpice, les fonctions de second vicaire. Tous jugèrent que celui que l'on voyait en quelque sorte prêtre avant que d'être prêtre était tout désigné pour former un jour des prêtres. Dès la rentrée de 1849, il était donc envoyé au Séminaire de Saint-Sulpice pour y terminer ses études théologiques, et de là, en 1851, il passait à la Solitude, où, sous la forte discipline de M. Renaudet, il acheva de se préparer à l'ordination sacerdotale, qu'il reçut ù Notre- Dame, le 5 juin 1852, des mains de M^' Sibour.
» Trois mois après, le jeune Sulpicien était envoyé à Autun pour y enseigner la théologie, il trouvait là ce qu'il avait rêvé, le recueillement, la régularité, le calme d'une vie studieuse. « Votre lettre, écrivait-il à un ami d'Avignon qui lui demandait de ses nouvelles, m'a trouvé au Grand Séminaire d'Aulun, où je viens d'être nommé professeur de dogme. On ne saurait être plus content ni plus tranquille que moi dans ma position. Je ne sais ce que c'est que l'ennui. » Et, quelques semaines plus tard : « Je suis content de mon état : je suis en compagnie de charitables confrères et de bons jeunes gens. Vous savez que dans la vie d'un Sulpicien, tous les jours se ressemblent; néanmoins, cette monotonie, loin d'être fatigante, finit par devenir comme une habitude et une seconde nature » (1).
» La paix de ces premières années de ministère fut pour lui féconde. C'est alors surtout, pendant les loisirs plus grands que lui ménageait sa qualité de jeune directeur (car on sait par combien d'occupations diverses est envahie la vie d'un directeur de séminaire, une fois que l'ancienneté a multiplié ses relations avec le clergé), c'est alors surtout qu'il entretint avec les grands docteurs de l'Église, particulièrement avec saint Thomas, le docteur des docteurs, ce commerce assidu qui donna à son esprit cette forte trempe théologique dont Lyon et Paris ont pu apprécier la solidité.
(1) Lettres citées dans la Sc))Kinic religieuse d'Avignon, 18 novembre 1899.
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» Ses élèves en profitaienl dès lors, car M. Méritan était déjà rhoinme éminemment pratique que nous avons connu. La profondeur et retendue de sa science ne nuisirent jamais à la simplicité de son enseignement. 11 faut savoir beaucoup pour demeurer simple en enseignant les choses difficiles : et la théologie est au premier rang des choses difficiles. Nul peut-être ne Ta mieux montré que le jeune professeur d*Autun pendant ces neuf belles années qu'il consacra à renseignement, d*abord du dogme, puis, à partir de 1857, de la morale. Nul n*y pratiqua mieux ce désintéressement de soi-même qui sait faire le sacrifice des effets de parole, et qui, en se résignant à s^enfermer dans le cadre de Tauteuret à en fouiller chaque expression, force Télève à prendre luimême Thabitude de la réflexion et lui inspire cet amour de la précision et cette horreur de Ta peu près, nulle part plus nécessaires que dans Tétude des sciences sacrées.
» Les résultats de cette méthode fermement et intelligemment appliquée en montrent la sagesse. L'enseignement de M. Méritan a laissé trace, non seulement au Séminaire d'Autun, qui vit ses débuts, mais aussi, on pourrait dire surtout (car il était de ceux qui savent progresser), à celui de Lyon, où une décision de M. Carrière l'appela, en octobre 18(51, pour y continuer le même enseignement de la théologie morale.
» Mais Lyon allait lui ouvrir une autre voie. Cest là que, après six nouvelles années consacrées à ce ministère de l'enseignement, M. Méritan allait donner toute sa mesure dans cet art de gouverner les hommes, qui, pour les natures que Dieu a marquées de son signe, est la grande fonction à laquelle, selon le mot du P. Lacordaire, les autres aboutissent : « Étudier jusqu'à trente ans, disait l'illustre orateur, enseigner jusqu'à cinquante, gouverner ensuite... »
» M. Méritan était encore loin de la cinquantaine : il avait à peine quarante ans; mais le Supérieur du Séminaire de Lyon, le vénérable M. Duplay, en avait plus de quatre-vingts, et quoique depuis près d'un demi-siècle sa robuste nature portât sans fléchir le lourd fardeau d'un Séminaire comme
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celui de Lyon, M. Gavai, devenu alors Supérieur général, crut le moment venu de prévenir en lui les défaillances de la vieillesse en lui adjoignant, sous le titre de directeur du Séminaire (comme on dit à Saint-Sulpice), un auxiliaire qui, tandis que le Supérieur demeurait la Icte qui conseille et ordonne, fût le bras, ferme et fort, qui exécute.
» Cette collaboration dura trois ans. Elle fut heureuse. Le Directeur y mettait toute la déférence filiale que son cœur lui inspirait pour le vieillard dont il avait appris à vénérer les vertus; celui-ci, une confiance toute cordiale en celui qu*il considérait comme son fils et dont il disait volontiers : Filiua accrescens Joseph,
9 Car il ne se faisait pas illusion. A ses yeux, comme aux yeux de tous, le jeune coadjuleur était un futur successeur. Cette succession s*ouvrit plus tôt que nul ne l'aurait pensé et dans des circonstances particulièrement difficiles. La guerre venait d'éclater, et les passions révolutionnaires, surexcitées par la nouvelle de nos premiers désastres, ouvraient pour tous, pour tout ce qui était honnête et religieux, une crise redoutable. On crut, avec raison, que cette crise réclamait dans l'autorité une concentration plus grande. Le 4 septembre (une date éloquente), peu de jours avant l'investissement de Paris, une dépêche du gouvernement central de la Compagnie conférait à M. Méritan le titre et les pouvoirs de Supérieur.
9 Inaugurée en un tel moment, l'administration du nouveau Supérieur promettait d'être mouvementée. Elle le fut dès le premier jour. Le Curé de Saint-Sulpice, revenant sur ses souvenirs de l'Année terrible, aimait à raconter comment il dut ouvrir ses fonctions par une émouvante excursion dans les caves du Séminaire, à la tête, ou plutôt à la suite d'une horde de soi-disant volontaires à la recherche de prétendus dépôts d'armes, réservées, disaient ces pauvres gens, aux ennemis de la patrie. Tous les coins et recoins furent sondés à coups de crosses de fusil : inutilement, bien entendu. Mais ce qui manqua amener malheur, ce fut la découverte de plusieurs caisses mystérieuses renfermant, non des