‹ Bibliothèque sulpicienne; ou, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice (volume 4)Chapitre 65 sur 298 · M. DAVID · texte numérisé non relu

M. DAVID

langue anglaise, qu*il posséda plus tard si parfaitement, qu*on ne pouvait distinguer d*accent étranger dans sa prononciation. M^ Carroll lui confia donc aussitôt le soin de trois Congrégations, ou paroisses catholiques, voisines de Baltimore, et pendant les onze ou douze années qu*il les gouverna, Dieu bénit visiblement les travaux de son zèle. II fut le premier qui introduisit, parmi les fidèles des États-Unis, la pratique des retraites spirituelles, et Texpérience lui montra que c*était le moyen le plus efficace de ranimer Tesprit de piété chez les membres des différentes Congrégations qui lui étaient confiées. Cependant, Tévéque de Baltimore, dans le courant de Tannée 1803, jugea à propos de placer M. David au collège de Georgetow^n pour y enseigner la Philosophie. L'année suivante, M. Nagot le rappela à Baltimore pour remployer au séminaire, à enseigner la Théologie, le Chant et les Cérémonies. De plus, à partir de 1809, lorsque M. Dubourg fut nommé administrateur du diocèse de la Nouvelle-Orléans, M. David le remplaça comme supérieur des Sœurs de la Charité, que Madame Seton venait de fonder à Ëmmitsburg.

M. Flaget, nommé évéque de Bardstow^n en 1810, obtint en 1811 d*étre accompagné dans son diocèse par M. David. Celui-ci le seconda beaucoup dans toutes ses entreprises. 11 s'occupa surtout d*y établir un séminaire. 11 fut, pendant seize ans, le supérieur de cette maison, alliant la fermeté à la douceur, Thumilité au courage, le zèle ardent à la tendre piété. Le soin qu'il donnait au séminaire ne Tempécha pas de fonder, en 1812, la Congrégation des Sœurs de la Charité, qui prit des proportions considérables, et contribua par les services qu'elle rendit à faire bénir davantage encore le nom de son pieux fondateur.

En 1818, Mf^ Flaget obtint du Pape des bulles qui lui donnaient M. David pour Coadjuteur. Celui-ci, qui deux fois déjà avait refusé Tépiscopat, dut courber la tête, et avec Tautorisation de M. Duclaux, Supérieur de la Compagnie, il consentit à se laisser imposer les mains par Tévéque de Bardstown. La cérémonie eut lieu le 15 août 1819. Le nouveau prélat n'en continua pas moins à donner ses soins aux

séminaristes, logeant avec eux, s* asseyant à la même table, et prenant part à leurs récréations. En même temps, il dirigeait les Sœurs de la Charité, il élait curé de la Cathédrale, et remplissait toutes les fonctions d*un prêtre missionnaire. II tenait beaucoup k l'observation des rubriques et à la bonne exécution du chant, se faisant maître de chapelle et même organiste, afin de rendre les ottices de TÉglise plus solennels et plus édifiants. « Il avait une fort belle voix, chantait avec beaucoup de goût, et son instruction musicale était assez étendue pour lui permettre de s'essayer quelquefois dans la composition. C'est à lui que les Américains doivent Thymne de Pâques qui commence ainsi : St07i rejoice With grateful laya » (Moreau, Les Prêtres français émigrés aux Etats- Unis, p. 181, 182).

Voyant ses forces décliner, M. David se démit en 1835 des fonctions de coadjuteur, sans cesser néanmoins de se dévouer aux travaux multiples du saint ministère. « Ses travaux et son exemple, dit un de ses biographes, ont contribué puissamment à répandre la religion catholique dans le Kentucky; et les prêtres qu*il a formés se sont distingués entre tous par leur science, leur zèle et leur amour du travail » (Richard H. Clarke; Lives of the Deceascd calholic Bishops; New- York, P. O'shea, 1872, 2 in-8''). Selon un biographe de Madame Seton, « les merveilles que l'Église d'Amérique vit s'accomplir au diocèse de Bardstown pendant les quarante années que dura l'épiscopat de M. Flaget ont été dues, pour une grande part, au dévouement de M. David » {Elizabeth Seton et les commencements de l'Eglise catholique aux États Z7«/s, par .M""' de Barbcrey; quatrième édition, revue et augmentée d'un grand nombre de lettres; Paris, 1881, t. II, p. 105).

Il mourut le 12 juillet 18il, à trois milles de Bardstown, dans le couvent de Nazareth, maison-mère des Sœurs de la Charité, chez lesquelles il s'était retiré afin d'en recevoir les soins qu'exigeait sa maladie. 11 fut également enterré dans le cimetière de cet établissement. M»' David était âgé de plus de 80 ans, et avait conservé jusqu'à la fin l'esprit de régula-

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