ÉVÊQUE DE STRASBOURG
Claude-Marie-Paul Tharin naquit à Besançon, d*un conseiller au Parlement de cette ville, le 2i octobre 1787. Il « fit de brillantes études dans la maison paternelle, et, après avoir remporté le premier prix en philosophie, il suivit, comme externe, pendant quatre ans, le cours de théologie, au séminaire de Besançon. Quand son père fut mort, sa mère renvoya (1806) au séminaire de Saint-Sulpice... Ordonné prêtre en 1811 par te cardinal Maucy, il dut remplacer comme directeur et professeur les sulpiciens que Napoléon avait expulsés au moment de ses démêlés avec te Saint-Siège. M. Jalabert, Vicaire général de Paris, avait été nommé supérieur du séminaire... Ce vertueux ecclésiastique s*appliqua constamment à maintenir dans toute leur pureté la règle et les usages consacrés par une heureuse expérience. Mais le cardinal était tourmenté par le besoin d*innover sans cesse. Comme il ne trouvait pas Tabbé Jalabert assez souple à ses desseins, il mit à sa place Tabbé Tharin (1813), qu'il crut plus disposé à entrer dans ses vues et à adopter ses plans de réforme. Le nouveau supérieur eut le bon esprit de ne pas se. plier aux caprices et aux boutades du cardinal; et plus d'une fois il sut faire entendre des vérités utiles » (Biographie universelle de Michaud, art. Tharin, par Tabbé Dassance).
Quand la Compagnie eut repris ses emplois, M. Tharin sollicita et obtint d'y être admis, et il enseigna la Morale au séminaire de Paris, jusqu'à l'époque des Gent-Jours. II fit alors un voyage à Rome, et fut ensuite nommé supérieur du séminaire de Bayeux en 1815. Une lettre qu'il écrivait de cette maison à M. Duclaux, le 14 novembre, finissait par ces roots : « Je n'ai pas oublié que j'ai été sous votre direction pendant neuf ans, et je vous prie de me regarder toujours comme votre enfant. Combien je désirerais avoir la sim-
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plicité, rhumilité, Tespril d^obéissance et d*enfance spirituelle qui distinguaient les premiers sulpiciens, et dont j*ai retrouvé tant d'exemples parmi ceux qui ont été mes directeurs et mes maîtres, avant de devenir mes confrères et mes amis ». A ses travaux comme supérieur, M. Tharin, — nous le verrons plus bas, — joignait celui d*un ouvrage considérable. Au bout de trois ans, son ardeur excessive pour Tétude avait profondément altéré sa santé ; il lui fallut quitter Bayeux au mois de septembre 1818, emportant surtout les regrets de Tévéque qui perdait en lui, ainsi que récrivait le prélat à M. Duclaux, «( un ami fidèle et un habile coopérateur ». M. Tharin enseigna cependant encore la morale à la Solitude pendant Tannée 1818-1819; mais aux vacances suivantes, d*après Tavis formel des médecins, il dut renoncer à la Compagnie et à ses emplois.
Il se reposait encore au sein de sa famille, lorsque M. Gortois de Pressigny, archevêque de Besançon, lui donna des lettres de grand vicaire. L*habileté qu*il déploya dans Tadminislralion de ce diocèse fit que le prince de Croy^ ayant été transféré à Rouen, voulut l'avoir pour successeur à Strasbourg. L'élu fut préconisé à Rome le 24 novembre 1823, prit possession par procureur le 31 janvier 1824, et entra dans sa ville épiscopale le 23 février suivant. Mais il ne gouverna ce dernier diocèse que l'espace d'environ deux ans. Nommé précepteur du jeune duc de Bordeaux le 15 avril 1826, il entra en fonctions le 15 octobre suivant, et se démit de son évôché le 16 novembre de la même année 1826 — non en 1827, comme le dit Gams. II quitta aussi la Cour définitivement avant la révolution de 1830, à la suite de quelques dissentiments survenus entre lui et le gouverneur du prince. « Pendant tout le règne de Louis-Philippe, il vécut dans une profonde retraite, soit en Italie, soit dans le Midi de la France, et enfin à Paris, chez M»** de Forbin Janson, où il mourut le 14 juin 1843 » (Dassance).
Cfr. Oeschichte des Bisthums Strasburg, von L. G. Glôckler, pfarret in Slotzheim ; Strasburg, Leroux, 1880, t. II, p. 121-131.