‹ Bibliothèque sulpicienne; ou, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice (volume 4)Chapitre 83 sur 298 · M. THAVENET · texte numérisé non relu

M. THAVENET

Jean-Baptiste Thavenet, né à Ghâteauroux le 2 septembre 1763, entra au séminaire de Bourges le 2 novembre 1782. 11 fit sa Solitude en 1785. M. Émery ayant, un jour, parlé aux solitaires des besoins de notre établissement de Montréal, M. Thavenet s^offrit pour aller dans ce pays. La proposition ne fut pas alors acceptée, mais M. Émery s'en souvint plus tard. Après sa Solitude, M. Thavenet fut durant quelque temps vicaire de Chaleauneuf-sur-Cher, puis chargé d'établir un petit séminaire à Aigurande, dans le diocèse de Bourges. 11 élait là quand éclata la Révolution. Il se retira d'abord à Turin, où il exerça quelques fonctions au Collège des Nobles. En mai 179i, il s'offrit à M. Gazaniol pour Montréal, ainsi que dix autres ecclésiastiques, associés, ou du moins élèves de Saint-Sulpice. Après dix jours de retraite à Brigg en Valais, où était M. Gazaniol, ils partirent pour le Ganada, et ils arrivèrent heureusement à Montréal après avoir couru bien des dangers, le 14 septembre 1794. Après avoir exercé divers emplois dans cette ville, tant au collège qu'à la paroisse, M. Thavenet fut choisi, en octobre 1802, pour aller étudier, au lac des Deux-Montagnes, les langues indiennes, et particulièrement l'algonquin. II desservit la mission algonquine depuis octobre 1805 jusqu'en mars 1809.

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Revenu en France en 1815, il fut pendant deux ans supérieur du petit séminaire de Sainl-Nicolas, à Paris, puis en 1817, il devint'professeur d*Écriture-Sainte au séminaire de Bourges. Au bout d*un an, il retourna à Paris pour suivre auprès du Gouvernement les réclamations du séminaire, des hôpitaux, communautés religieuses, et autres établissements religieux du Canada, pour lesquels il obtint, par des démarches persévérantes et des travaux inimaginables, près de deux millions qqi leur étaient dus, dép oyant la plus active intelligence et montrant un désintéressement parfait.

« En 1830, il se rendit à Rome pour y traiter diverses affaires qui intéressoient le séminaire de Montréal. Bientôt connu des cardinaux et des prélats avec lesquels il avoit à traiter, il obtint leur estime, par la candeur et la simplicité de ses manières. Il habiloit au couvent des Saints-Apôtres, vivant pauvrement, et voulant même aller mourir à Thôpital avec les pauvres. Atteint d'une oppression de poitrine, dans les premiers jours de décembre 18i5, il descendit encore à réglise pour entendre la messe, le jour de Tlmmaculée Conception; mais cet acte de piété irrita son mal, et il mourut le 16 du même mois, après avoir reçu avec une grande édification les secours de la religion. Ses obsèques eurent lieu dans réglise des Saints-Apôtres; et il fut inhumé dans le cimetière des religieux de Saint-François, chez lesquels il demeuroit, et qui lui témoignèrent jusqu'à ses derniers moments la plus affective charité » (L'Ami de la Religion, 7 janvier 1848, t. CXXIV, p. 47).

1. — Deux lettres adressées à Monseigneur Gorboli-Bussi, Consulteur de la S. C. de la Propagande, datées des 20 septembre 1841 et 8 avril 1842; imprimées dans : « Sacra Congregazione di Propag. fide, Ponente TEm* è Rmo Sig. Cardinale Castruccio Castracane; Ristretto con annessa scrittura e voto Risguardante Tamministrazione dei fondi, e rendite spettanti a Monsig. Arcivescovo di Québec, e ad alcuni Luoghi Pii del Canada, ritenuta dal sig. Ab. Thavenet, sacerdole del seminario di S. Sulpizio di Parigi»; (Roma) Giugno, 1842, in-fol., p. 57-60.

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« Outre quelques petites instructions, M. Thavenet a laissé un Dictionnaire algonquin-français qui témoigne de sa grande aptitude pour ce genre de travail, et qui, dit M. Guoq, m'a été d*une grande utilité pour la composition de mon Lexique de là langue algonquine. On a aussi de ce laborieux écrivain une traduction littérale en latin et en français du Catéchisme algonquin, et beaucoup de Aotes grammaticales sur les cahiers algonquins de M. Mathevet.

» L'illustre Mezzofanti honorait M. Thavenet de son estime et de son amitié, et c'est à ce savant cardinal que M. Thavenet laissa en mourant tous ses manuscrits, entre autres un Essai de grammaire, dont la préface a été insérée dans une brochure italienne qui a pour titre : Intorno agli studi del Thavenet sulla lingua algonchina. Voici un extrait de cette curieuse préface : « Cette grammaire, qui a été faite au , milieu de la nation algonquine, parait dans son costume sauvage, n'ayant emprunté des grammaires européennes que les mots techniques que n'a pu lui fournir un peuple qui n*a jamais cultivé les sciences. Lorsque j'eus fini mon travail, ceux des sauvages qui m'avaient aidé me dirent que j'avais fait un livre sur la parole, sur l'écriture et sur le discours...» {Anotc Kekon (Mélanges), par M. l'abbé J.-A. Guoq ; dans les Mémoires de la Société royale du Canada, section I, 1893, p. 176). M. Guoq reproduit (ibid., p. 164-160), avec traduction française en regard, le texte d'une Instruction pour la Saint' Jean composée en algonquin par M. Thavenet, et datée du 23 juin 1808.

A. — Lettre de M. Thavenet, écrite de Rome le 20 juin 1842, sur la mission des onze pour Montréal en 1794; in-8% pp. 7. Cette lettre est conservée aux archives du séminaire de Montréal. Les on^e sont les premiers sulpiciensqui, après la conquête, eurent du Gouvernement anglais permission d'aller en Canada, où il ne restait plus que M. Brassier et M. Poncin, deux vieillards infirmes, âgés l'un de 72, l'autre de 78 ans.

B. — Récit du voyage que fit M. Thavenet, en septembre 1792, de Paris en Suisse; in-S"" de 6 pages. Écrit en 1829, Conservé au séminaire de Montréal.

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