M. FLAGET
ÉVÊQUE DE BARDSTOWN 1763-1850
Benoit- Joseph Flaget, né le 7 novembre 1763, au village de Contournât, paroisse de Saint- Julien-de-Copel, en Auvergne, fit ses premières études au collège de Billom. A 17 ans, il se rendit à Clermont, et en même temps qu il donnait des leçons à deux enfants, il fit, comme externe, son cours de philosophie et deux ans de théologie. Entré ensuite au séminaire de Clermont le 1" novembre 1783, il y passa encore deux années. En 1785, il fut admis à la Solitude, où il demeura trois ans. Aux vacances de 1788, il fut envoyé à Nantes en qualité d'économe, et chargé de suppléer au besoin les professeurs; il y resta deux ans, et fut transféré à Angers en 1790. Expulsé par la Révolution au bout de quelques mois, il se retira d*abord dans sa famille. Apprenant ensuite que M. Émery venait de fonder un séminaire à Baltimore, il s'offrit à y aller travailler, s'embarqua à Bordeaux en janvier 1792, aborda à Philadelphie le 26 mars, et trois jours après arriva à Baltimore.
Après deux mois de séjour au séminaire, M. Flaget fut envoyé par M. Carroll, évêque de Baltimore, à Vincennes, dans rindiana, afin d'y exercer le ministère pastoral. 11 y était arrivé quelques jours avant la fête de Noël 1792; il en partit dans les derniers jours d'avril 1798 pour rentrer à Baltimore, s'embarqua sur le Mississipi et descendit jusqu'à la Nouvelle-Orléans; mais il fut contraint de s'y arrêter plusieurs mois, attendant le départ d'un navire pour le nord. Arrivé enfin à Baltimore au mois d'août 1795, il fut envoyé au collège de Georgetown, et il y remplit, avec les fonctions difficiles de préfet de discipline, celles de professeur de géographie et de langue française. 11 demeura là près de trois ans. II fut ensuite envoyé à la Havane avec M. Dubourg, pour y organiser un collège qui ne put réussir. 11 retourna
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donc à Baltimore, et redevint professeur au collège, dont M. Dubourg était /jr^siûîew^, c'est-à-dire, supérieur.
Lorsque le diocèse de Bardstown eut été créé, le 8 avril 1808, M. Flaget en fut nommé évéque. Alors, il passa en France, espérant faire agréer les motifs de son refus en les faisant valoir lui-même. On sait par la Vie de M. Émery comment il fut accueilli du vénérable supérieur, et comment il obtint de rester membre de la Compagnie. Il repartit donc pour Baltimore, s*embarqua à Bordeaux le 10 avril 1810, emmenant avec lui M. Brute, depuis évêque de Vincennes, et un sous-diacre, M. Ghabrat, qui devint son second coadjuteur. II fut sacré le 4 novembre suivant par M. Garroll dans réglise de Saint-Patrice, après une retraite de quarante jours qui devait féconder ses quarante années d'épiscopat. Divers obstacles firent qu'il ne put partir pour son diocèse que le 12 mai 1811. il fit son entrée dans sa ville épiscopale le 9 juin, fête de la Sainte-Trinité, et ne songea plus qu'à se dévouer tout entier au service de son diocèse. Il fonda un séminaire et un collège, fit construire une cathédrale à Bardstovsrn et une autre à Louisville, où le siège épiscopal fut transféré en 18il, établit les frères de S. Benoît, les Lorettaines, les sœurs de Nazareth ou de la Charité, les Dominicaines, les Trappistes, les sœurs du Bon-Pasteur ; sans parler de ses nombreux voyages, à travers son immense diocèse pour le visiter, à Baltimore, à Vincennes, à Saint-Louis, au Détroit, à Montréal, à Québec, au Tennessee, etc.
De 1835 à 1839, il voyagea pour les intérêts de son diocèse et pour prêcher l'œuvre de la Propagation de la Foi, en France, en Italie, en Autriche, répandant partout la bonne odeur de ses vertus et faisant même des miracles. II retourna dans son diocèse 'en 1839, et reprit sa vie d'évêque missionnaire. Mais ses infirmités croissaient avec le nombre de ses années et de ses travaux. Dieu les couronna enfm en l'appelant à lui le 11 février 1850. M. Flaget était alors dans la 87* année de son âge, la 62* de son sacerdoce, et la 40* de son épiscopat. — On a reproduit son portrait dans le Mémorial volume of the centenary of S^ Mary's Seminary of
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S' Sulpice, Baltimore, M. D.; Baltimore, 1891, in-8*, p. 32.
Cfr. Philpin, Vie (manuscrite) de Mr' Flaget, membre de la Compagnie de Saint-Sulpice, évéque de Bardstown et Louisviile, p. 1-450. — The Metropolitan Almanac, année 1851, p. 50 et suiv. — Sketches of the life, Tintes, and character of the Rev^ Ben. Jos, Flaget, firat bishop of Louisville (Esquisses sur la vie, l*époque et le caractère du R. Benoit-Joseph Flaget, premier évéque de Louisviile, par M^ Spalding, troisième coadjuteur, puis successeur de M»' Flaget); Louisviile, 1852, in-8% pp. 406. -^ Monseigneur Flaget, évéque de Bardstown et Louisviile; Sa vie, son esprit et ses vertus, par Tabbé Desgeorge, secrétaire du prélat pendant les voyages qu*il fit en Europe pour Fœuvre de la Propagation de la Foi; édition augmentée de documents authentiques sur plusieurs guérisons extraordinaires; Paris, 1855, in-8% pp. xii-388. La première édition avait paru en 1850. — Essai sur la vie et les trqvatix de Mr^ ^Flaget, évéque de Bardstown et Louisviile, aux États-Unis d'Amérique, par son secrétaire Henri Greliche, de Lezoux; Clermont-Ferrand, 1851, in-8% pp. 192. Beaucoup d^inexactitudes, et style où Ton ne reconnaît pas la noble simplicité de M»** Flaget. — Les Prêtres français émigrés au^ États- Unis, par M. G. Moreau; Paris, 1856, in-12, chap. IX, p. 334- 397. — On trouve aussi quelques détails sur M»' Flaget et rextrait d'une de ses lettres à M. Badin dans l'opuscule suivant du même M. Badin : Origine et progrès de la Mission du Kentucky (États-Unis d'Amérique), par un témoin oculaire; Paris, Adrien Le Clere, 1821, in-8% pp. 31.
i. — Lettre de M«^ Flaget à un de ses amis, à Paris, datée de Grayson County, 21 janvier 1815; dans L'Ami de la Religion, 9 décembre 1815, t. VI, p. 127-128. — Lettre h la sœur Louise de Jésus, carmélite à Nantes, écrite d'Angers le 17 février 1836, au sujet d'une guérison extraordinaire obtenue par les prières de M. Flaget; ibid., 21 avril 1836, t. LXXXIX, p. 134, 135.
S. — Extraits d'une lettre à M. Badin, datée du 13 mars
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1823; dans les Tablettes du Clergé, juillet 1823, t. IV, p. 45-47.
3. — Extraits de lettres à M. Badin; dans les Annales de la Propagation de la Foi; Recneil périodique des lettres des Évéques et des Missionnaires des missions des Deux- Mondes, et de tous les documents relatifs at^x Missions et à V Œuvre de la Propagation de la Foi ; collection faisant suite aux Lettres édifiantes; tome 1'% n*" II, p. 38, 39. — Lettre à !«••♦, à Lyon; ibid., n« V, p. 21, 22. — Lettre à un membre de TAssociation de la Propagation de la Foi; ibid., t. II, p. 40, 41. — Lettre « à tous ses généreux compatriotes et bienfaiteurs »; ibid., Lyon, 1828, t. II, p. 43-45. — Lettre à M. Tabbé Badin, ancien missionnaire du Kentucky, datée de Bardstown, 10 février 1825; ibid., t. III, Lyon, 1828, p. 164-167. — Lettre à M. D. ?•••, à Lyon; Bardstown, 4 août 1825; ibid., p. 167-170. — Lettre à M. Tabbé Gelly, chanoine de Nantes; Bardstown, 1*' janvier 1826; ibid., p. 171-173. — Lettre à M. Badin, ancien missionnaire du Kentucky; Louisville, 29 septembre 1826; ibid,, p. 183-186.
— Lettre à M. Tabbé Perreau, Vicaire général de la Grande Aumônerie; Bardstown, 2 mai 1827; ibid., p. 186, 187. — Lettre à M. D. ?*•*; Bardstown, 1" novembre 1827; ibid., p. 188-192. — Lettre à S. A. E. M»' le Cardinal Grand-Aumônier de France; Bardstown, avril 1828; ibid., p. 193-194. — Lettres (deux) à M. D. P**»; Bardstown, 21 janvier et 14 avril 1830; ibid., tom. IV, Lyon, 1830, p. 552-556. — Lettres (deux) au Rédacteur des Annales de la Propagation de la Foi; 4 mai et 5 décembre 1833; ibid., t. VII, 1834, in-8% p. 82-98.
— Lettre à MM. les Membres du Conseil central de Lyon; 7 avril 1840; ibid., t. XII, p. 500-503.
4. — Rendant compte, d'après le CaihoUc Miscellany, journal qui s'imprimait à Charleston, du jubilé célébré dans le Kentucky en 1827, UAmi de la Religion dit que ce jubilé « fut annoncé dans le Kentucky par un mandement du respectable évéque, M. Flaget » {LAmi de la Religion, 12 décembre 1827, t. LIV, p. 135). Il est plus que probable que le saint prélat en a publié d'autres, mais nous ne les connaissons pas.
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A. — Journal (manuscrit) de 1812 k 1834. M. Spalding et M. Philpin y ont beaucoup puisé. « M. Flaget y relate jour par jour les événements qui intéressaient son diocèse ou qui le regardaient personnellement. Ce journal, qui contient une foule de détails précieux et intéressants, est écrit en français avec un abandon et une sorte de négligence qui montre bien que M. Flaget ne récrivait que pour son usage. II y dépose, avec la plus touchante simplicité, Texpression de ses inquiétudes, de ses espérances, et de tout ce qui se passait dans la partie la plus intime de son àme • (Phtlpin, p. 117).
B. — Mémoire de 12 pages in-4*, ou 26 pages in-8*, rédigé par M. Flaget lui-même, en 1836, par les ordres du Souverain Pontife. Il y expose Fétat de son diocèse et les progrès que la religion y avait faits depuis la création du siège en 1810.