I. — Premier testament de M. Olier du 20 juin
Fut présent en sa personne Messire Jean-Jacques Olier, prêtre, bachelier en Théologie, curé de l'église paroissiale Saint-bulpice à Saint-Germain-des-Prés-lès-Paris, demeurant en la maison presbytérale de la dite église, gisant au lit, malade en son corps, en la première chambre de la dite maison, toutefois sain d'esprit, mémoire et entendement, ainsi que, par ses gestes, paroles et maintien, il est apparu aux notaires soussignés : lequel, considérant la brièveté de cette vie humaine, qu'il ne se passe moment que nous n'approchions de notre fin, toujours dans l'incertitude de son heure, ne voulant décéder sans tester, mais, pendant que sens et raison le gouvernent, disposer de ses affaires au salut de son âme et repos de son esprit; pour ces causes et autres considérations à ce le mouvant, il a fait son testament et ordonnance de dernière volonté, qu'il a dit et nommé aux dits notaires en la forme et manière qui ensuit :
Premièrement, a recommandé et recommande son âme à Dieu, suppliant sa divine bonté lui remettre et pardonner ses offenses, les ensevelir dans le sang adorable qu'il lui a plu répandre, pour lui en l'arbre de la Croix, et colloquer son âme, après sa séparation du corps, avec les bienheureux Saints au Ciel, implorant à cette fin l'intercession de la Très sacrée et glorieuse Vierge Marie et de tous les Saints et Saintes du Paradis; Prie tous ceux et celles qu'il peut avoir offensés lui pardonner comme de sa part il pardonne de bon cœur à tous ceux et celles qui le peuvent avoir offensé; Veut et ordonne ses dettes être payées et acquittées, et torts faits, si aucuns se trouvent, réparés et amendés; Veut et ordonne son corps mort être inhumé et enterré en la dite église Saint-Sulpice, ainsi que ses prédécesseurs curés l'ont été, et toutefois sans pompe ni cérémonie, mais le plus sim-
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plement que l'aire se pourra, comme n'étant qu'un misérable pécheur; quant à ses services el prières, il s'en remet et rapporte à la bonne volonté <'i piété de son exécuteur testamentaire ci-après nommé ;
Item donne, lègue el laisse à M. Pierre Vivien (i), qui le sert depuis longues années, el présentement en qualité de clerc, la somme de deux mille livres tournois pour une fois payées; à Jean Glandier (2), son valet de chambre, la somme de six cents livres tournois aussi pour une t'ois payées; et à Jean Fournier, qui l'a ci-devant servi comme valet de chambre et qui est présentement employé au Séminaire, pareille somme de six cents livres aussi pour une fois : le tout pour l'affection qu'il leur porte, et afin qu'ils se souviennent de lui en leurs prières : outre laquelle somme de sj\ cents livres pour le dit Glandier, lui seront payés ses gages qui se trouveront lui être dus;
El, au regard de la Bibliothèque dudil sieur testateur, icelui sieur testateur la donne et lègue au Séminaire Saint- Sulpice nouvellement établi au dit Saint-Germain-des-Pn dont il est supérieur;
Et, pour exécuter et accomplir cestuy sien présent testament, il a élu et nommé Messire Alexandre le Ragois de Bretonvilliers, prêtre de la dite église Saint-Sulpice, qu'il prie d'en prendre la peine, se dessaisissant pour cel effel en ses mains de Ions ses biens, soumettant l'audition, examen el
clôture du compte de la dite exécution a la justice de la Prévôté <1<- Paiis. révoquant tous autres testaments el codicilles qu'il pourrait avoir ci-devant laits, s'arrétant a cestuy, qu'il veut sortir s, m effet, comme étant Ba dernière volonté et intention.
fut l'ail, dit et nommé par le dit sieur testateur aux dits notaires, el par l'un d'iceux a lui relu en la présence de
i Voir, au sujet de Pierre Vivien, les lettres que M. Olier lui écrivait dès l'annét tien Gamon, Lettrée 16 el 17); et, dans la . loo de cette édition, écrire 2,000 In res au lieu d( li an Glandier est mentionné bous le simple nom de Jean dans une lettre de 1648 [Édition Gamon, 1. 1, p. i
l'autre, et qu'il a dit bien entendre, en la dite première chambre de sa maison, ayant vue sur le jardin, l'an mil six cent cinquante-deux, le vingtième jour de juin, après-midi.
Et a ledit sieur testateur signé.
Suivent les signatures : Olier. — Cartier. — Marreau (1).