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soi-même, et à son troupeau. Elles ne suffisent pas pour M. Chomel, Curé de S. Vincent de cette ville; il en ajoute une quatrième, qui est d'être appliqué à tous les curés de notre France par un commerce de lettres qui portent avec elles une communication de lumières et de charité. Cet empressement l'engage a des veilles fréquentes et des courses continuelles, à écrire incessamment des lettres, par lesquelles il s'instruit ou il s'informe à fournir et à recevoir des pratiques pour adorer les Mystères de Jésus-Christ, et des avis pour sanctifier les paroisses, à donner la composition des potages et des bouillons pour la nourriture des pauvres, des boissons à peu de frais pour leur rafraîchissement, et enfin des remèdes salutaires à leur santé. C'est ce soin qu'il a de toutes les églises, qui attire sur lui une foule d'affaires, qui l'assiègent tous les jours, et qui l'ont obligé, pour pouvoir respirer, d'imprimer ce recueil dont il favorise le public. A Lyon, ce 13 juillet 1693 ». — Voici les réflexions que fait, au sujet de celte approbation, André Renaud dans sa Manière de parler la langue française (Lyon, 1697, in-12) : « Tout est divinement tourné dans cette Aprobation; il n'est pas jusqu'aux potages des pauvres, où l'illustre Aprobaleur ne fasse entrer un certain sel qui plaît extrêmement aux gens de bon goût. Tous ceux qui ont l'honneur de connaître l'auteur de ce livre (Et qui ne le connoîtroit pas? son zèle universel le fait connoilre à tout le monde) conviennent que l'aprobateur Officiai a caractérisé l'auteur curé; que ce caractère est indélébile; qu'on le trouvera gravé profondément dans la mémoire de la postérité la plus reculée; et qu'enfin, une aprobation si juste peut servir à M. Chomel d'oraison funèbre après sa mort, selon la belle pensée d'un homme également considérable par sa piété, par son savoir et par sa charge » (Eloges de quelques auteurs français; Dijon, 1742, in-8", p. 123-125).
2. — Lettre d'un Curé à un autre ; sans frontispice, in-8' de i pages. Elle est signée, Chomel, curé de S. Vincent de Lyon, et datée du 12 mars 1703. C'est une sorte de circulaire par laquelle l'auteur répond à d'autres curés qui l'avaient
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interrogé, en indiquant sommairement le sujet traité dans les Lettres précédentes, et dans sept autres ajoutées postérieurement. Le recueil complet se trouvait chez Jean Viret, rue Mercière, au coin de la rue Ferrandière, et se vendait 15 sols. A la tin (p. 4), M. Chomel annonce son Dictionnaire économique, qui doit être « in-folio, comme Furetière. Il est vrai, ajoule-t-il, qu'il ne paraîtra pas de quelques années, car il faut beaucoup de temps au docteur qui doit l'approuver pour le lire, et ensuite de l'impression ». L'auteur fait don de son manuscrit aux filles de la Communauté de S. Vincent. « pour que le profit qui en pourra venir contribue à la réception de quelques filles d'honneur qui ne peuvent être religieuses, n'ayant pas de quoi, et qui néanmoins veulent vivre dans le célibat le reste de leur vie ».
3. — Dictionnaire œconomique, contenant divers moyens d'augmenter et conserver son bien, et même sa santé. Avec plusieurs remèdes assurez et éprouvez pour un très grand nombre de maladies, et beaucoup de beaux secrets pour parvenir à une longue et heureuse vieillesse. Quantité de moyens pour élever, nourrir, guérir et faire profiter toutes sortes d'animaux domestiques, comme brebis, moutons, bœufs, clievaux, mulets, poules, abeilles et vers à soye. Différons tilots pour la pècbc el la chasse de toute sorte de poissons, oiseaux et animaux, etc. Fne infinité de secrets découverts dans le Jardinage, la Botanique, l'Agriculture, les terres, les \ i|4n<'>. les arbres; comme aussi la connaissance des piaules des pays étrangers, et leurs qualité/, spécifiques, etc. Les moyens de tirer tout l'avantage des fabriques de savon, d'amidon : filer le cotton, et l'aire à peu de frais des pierreries artificielles fort ressemblantes aux naturelles; peindre en mignature sans seavoir le dessein, et travailler les bavettes ou étoffes établies nouvellement en ce Royaume pour l'usage 'le ce pays et pour l' Espagne, etc. Les moyens dont se s, .,-. veut les marchands pour faire de gros établisseraens; ceux par lesquels les taglois el les Hollandois se sont enrichis, en trafiquant des chevaux, des chèvres el des brebis, etc. l'ont ce <pie doivent taire les \rtisans. Jardiniers, \ ignorons, Mar-
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chands, Négocians, Banquiers, Commissionnaires, Magistrats, Officiers de Justice, Gentilshommes, et autres d'une qualité et d'un emploi plus relevé, pour s'enrichir, etc. Chacun se pourra convaincre de toutes ces veritez, en cherchant ce qui lui peut convenir, chaque chose étant rangée par ordre alphabétique comme dans les autres Dictionnaires. Par Mr Noël Chomel, Prêtre, Curé de la paroisse de Saint- Vincent de la ville de Lyon; imprimé aux dépens de l'auteur, et se vend à Lyon, chez Pierre Thend, imprimeur-libraire, à la Grand'-ruë de l'Hôpital, à l'enseigne de Saint-Roch; et se vend à Paris chez Le Conte et Montalant, libraires; 1709, 2 in-fol. divisés chacun en cinq parties : — Tome I, Ie partie, pp. 136; 2e partie, pp. 108; 3e partie, pp. 94 ; 4e partie, pp. 52 ; 5° partie, pp. 56; — Tome II, lre partie, pp. 136; 2e partie, pp. 156; 3e partie, pp. 52; 4e partie, pp. 116; 5e partie, pp. 68. — V. Journal des Savants, Supplément du dernier aoust 1709, p. 316-325. Journal de Verdun, octobre 1709, p. 258 : l'auteur de l'article y critique assez spirituellement le livre de Chomel touchant ce qui y est dit sur le nombre des obligations de chaque état, et sur les moyens qu'il donne pour augmenter et conserver son bien; voir aussi septembre 1711, p. 213, 214. Mémoires de Trévoux, mai 1710, p. 906-912. — M. Chomel inséra dans son Dictionnaire plusieurs extraits de ses Lettres imprimées précédemment, concernant les règles et devoirs des Congrégations, soit d'hommes, soit de femmes; les curés, les vicaires, les marchands, les femmes de chambre, les postillons, etc. Tous ces détails furent retranchés dans l'édition de 1767.
Supplément au Dictionnaire (Economique, contenant des moyens pour conserver et augmenter son bien et même sa santé; (Explication des termes de l'Agriculture, de la Chasse, de la Pêche, et de la Chymie; par M' Chomel, Curé de Sc-Vincent de Lyon); Lyon, chez Jacques Guerrier et Antoine Besson, 1712, in-fol., pp. 136. Tiré à un petit nombre d'exemplaires. — Journal de Verdun, septembre 1712, p. 217: décembre 1712, p. 439. Mémoires de Trévoux, mars 1713, p. 458, 459.
Dictionnaire œconomiquc... Seconde édition, revue, corrigée et augmentée d'un très grand nombre de découvertes et secrets utiles à tout le monde, et dans laquelle on a placé le Supplément scion l'ordre alphabétique; enrichie d'un grand nombre de Figures; par M. Noël Ghomel, Curé de la paroisse de S'-Vincent de Lyon; A Lyon, et se vend à Paris chez Etienne Ganeau et Jacques Estienne; 1718, 2 in-fol., coll. 1568, 1465. Journal des Savants, 19 décembre 1718, p. 657, 658 : on y reproduit Y Avis qui l'ait connaître les améliorations apportées à cette nouvelle édition. Journal de Verdun, décembre 1718, p. 382. — Paris, 1730, 2 in-fol.
Dictionnaire œconomiquc... Troisième édition, revue, corrigée et augmentée d'un 1res grand nombre de nouvelles découvertes et secrets utiles à tout le monde, par M. P. Danjou, Prêtre; enrichie d'un grand nombre de figures; Lyon, chez les frères Druyset, rue Mercière, au Soleil et à la Croix-d'Or; 1732, 2 in-fol., t. 1, coll. 1656, sans les liminaires (5 feuillets», et ci pour la Table des matières; t. II, coll. 1570 et lxxxvi pour la Table des matières. Journal des Savants, année 1732, p. 395. — Amsterdam, 1732-1740, \ vol. in-fol. grand papier impérial, ligures de B. Picart. « Les sieurs Mortier et Cowens, libraires à Amsterdam, ont annoncé une nouvelle édition du Dictionnaire œconomi'jur augmentée et retouchée, avec des figures gravées par Picart. Il est bon d'avertir que ce n'est qu'une copie de la seconde édition qui ne contient que 200 feuilles: ce qui sullit pour en faire connaître la différence d'avec la troisième édition, augmentée de plus d'un quart, qui se vend chez Etienne Ganeau et la veuve Estienne, et contient 130 feuilles. On ne sait, au reste, commeiii M. Picarl a souffert que l'on se servil de ><»n nom pour relever le mérite des figures, qui sont, du moins en partie, assez mauvaises (Journal <lc Verdun, septembre 1732, I». 234. Voir aussi . janvier 1742 . p. 73). Paris, \ t stienne, 1740, 2 in- loi. — Quatrième édition, revue, corrigée et considérablement augmentée par divers curieux, et parJ. Marret, Docteur en médecine; enrichie de figures aouvellemenl des* ûnées ri gravées par un disciple de feu B, Picarl le Romain;
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dédié à Son Altesse Royale Madame, Duchesse douairière de Lorraine et de Bar, Princesse souveraine de Commercy; A Commercy, chez Henri Thomas et compagnie, 1741, 2 in-fol., pp. 424 sans les liminaires (G feuillets), 400. — Supplément au Dictionnaire œconomique... considérablement augmenté par divers curieux, enrichi d'un très grand nombre de figures; Paris, chez les veuves Estienne et Ganeau, 1743, 2 in-fol., coll. 1638, 1326. Journal des Savants, année 1743, p. 254. Journal de Verdun, avril 1743, p. 265.
Dictionnaire œconomique, contenant l'art de faire valoir les terres, et de mettre à profit les endroits les plus stériles; l'établissement, l'entretien et le produit des prés, tant naturels qu'artificiels; le Jardinage, la culture des vignes, des arbres (forestiers et fruitiers) et des arbustes; le soin qu'exigent les bêtes à cornes et celles à laine, les chevaux, les chiens, etc.; la façon d'élever et gouverner les abeilles, les vers à soie, les oiseaux; on y trouve un ample détail des profits et agremens que procurent les biens de campagne : objet qui comprend la chasse, la pêche, la fabrication des filets, pièges, etc.; l'apprêt des alimens; la composition des liqueurs, confitures et autres choses d'office; une exacte description des végétaux les plus propres à nous servir d'alimens, à favoriser l'exploitation des biens de campagne, à décorer les jardins; des instructions pour prévenir les maladies et pour les guérir; la connaissance des plantes utiles à la médecine, à la teinture et à d'autres arts; le détail de leurs diverses propriétés, leur culture et les moyens de les employer; avec une idée sommaire de ce qui concerne les droits seigneuriaux et ceux des Communautés et des ecclésiastiques, par rapport aux biens de campagne, etc., etc , etc., etc.; ouvrage composé originairement par M. Noël Chomel, Curé de Saint-Vincenl, à Lyon; Nouvelle édition, entièrement corrigée et très considérablement augmentée par M. de La Marre; A Paris, chez Ganeau, Haiiclie, les frères Estienne et d'Houry, 1767, 3 vol. in-fol., pp. xvi-959, 919, 910. D'après le Journal des Savants (année 1767, p. 835), celte édition coûtait 78 livres reliée.
L'ouvrage de M. Chomel a été traduit en allemand, Leipsick, 1750; en anglais, par Robert Bradley, Londres, 1722 el 1735; et en flamand, Leyde, 1743.
Habent sua fata libelli! L'immense Dictionnaire (économique qui a eu tant d'éditions et tant d'éditeurs, tant de traducteurs en tant de langues, n'est guère plus aujourd'hui qu'un meuble de luxe — ou un embarras — dans une bibliothèque! « Cet ouvrage, dit l'auteur du Manuel du libraire, est particulièrement aujourd'hui fort arriéré, ce qui en réduit beaucoup l'utilité ». Ceux qui l'ont remplacé ont eu ou auront, à leur tour, le même sort. En quel crédit sont présentement les fameux Manuels Roret? Et le Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne , malgré tous ses suppléments passés et futurs, n'ira-l-il pas lui-même rejoindre ceux du Dictionnaire économique? Hélas! du train dont marche à présent la fabrication de toutes choses, on ne peut être assuré de rien : qui oserai! répondre que, dans cinquante ans, dans vingt ans, l'omelette se fera encore avec des œufs de poule ?