‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 17 sur 134 · ÉVÊQUE DE LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE DE LA ROCHELLE

Etienne de Champflour, mi des plus sain t s et des plus grands évoques de France au xviu" siècle, naquit ;i C.lermont-Ferrand le 11) mai 1646 (i). l»i\ jours après sa nomi-

(1)( <■! article a déjà paru dans nos Mélangée de biographie et d'histoire (Bordeaux, Feret, 1885, in-8 , p. 139-181 : Etienne de Champflour avant >"n épiecopat). n avait pour but <!<• combler tes lacunes d'une notice but !<■ saint évéque de La Rochelle publiée par m. Braud, Curé trente-Inférieure), <ians le Bulletin religieux du diode i a Rot helle et Saintes i ian\ ht, h\ rier et mars 1883), h ensuite tiré< a pari --il- - <■ Lin' Étude hiêtoriqut M Etienne de i hampftour, i évéque de /." Rochelle, par l'abbé Stanislas Braud i .i Rochelle, 1883, in-8 m, I auteur avait ignoré que, long*

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nation à l'épiscopat, savoir le 10 janvier 1703, un anonyme qui parait bien renseigné envoyait de Clermont à Gaignières, probablement sur sa demande, une petite notice biographique, précieuse par les détails qu'elle renferme sur la personne du prélat et sur sa famille (1). Je les rapporterai brièvement pour montrer que si M. de Champflour n'était pas d'origine princière ou ducale, il n'était cependant pas « un homme de néant », comme le lui reproche l'orgueilleux duc de Saint-Simon (2).

« La famille de Champflour se trouve une des plus anciennes de la province d'Auvergne, puisque, dès l'année 1542, Jean de Champflour, un de ses ancêtres, était échevin de Clermont (3). La considération dans laquelle cette famille

temps avant de devenir évèque, M9r de Champflour avait appartenu à la Compagnie de Saint-Sulpice. — Voir aussi Les Mémoires de Saint- Simon et le Pure Le Tellier, Confesseur de Louis XIV, par le Père P. Bliard, de la Compagnie de Jésus; Paris, 1891, in-8°, chap. V- VII, pag\ 114-185.

(1) Ce mémoire fait partie du recueil Gaignières, à la Bibliothèque Nationale, Fonds latin, n» 17,028, fol. 109-113. Le même dépôt possède aussi dans le Nouveau d'Hozier, n° 1,715, fol. 5-8, une copie des lettres de noblesse accordées, au mois d'octobre 1749, à Jean Champflour, conseiller, lieutenant particulier de la Sénéchaussée et siège Présidial de Clermont en Auvergne. Voir encore, à la Bibliothèque municipale de Germon t-Ferrand, le manuscrit coté n. 560 : Dossier généalogique relatif à la famille Champflour (Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque de C le rmont-Ferrand ; Paris, 1890, in-8°, p. 130).

(2) Mémoires complets et authentiques, édit. Chéruel; Paris, 1856, t. V, p. 413.

(3) On trouve même un François de Champflour mentionné comme vivant en 1480. Jean de Champflour, dont parle notre anonyme, s'était marié en 1504 à Marie de Preux, tille de Jean de Preux et de Marguerite Mauguin. Le trisaïeul d'Etienne de Champflour était « Claude de Champflour, seigneur des Granges, né en 1509, élu de Clermont en 1553 ». Il fut père de Guillaume de Champflour, né en 1542, qui, « marié en 1565 à Clauda de Crespat, fille de Claude, écuyer, seigneur de Rochedung, et de Jehanne de Veiny d'Arbouze », en eut cinq enfants dont l'aîné, « Géraud de Champflour, seigneur de Loradoux, né en 1578 », épousa en 1602 « Michelle Taillandier, tille de noble Jean, conseiller au Présidial de Clermont, et d'Anne de Ribeyre » ; et le troisième, nommé François, fut « religieux bénédictin, prieur de Cussac et de saint-

<H MnUOTHÈQUE sdlpiciennf.

se conserve depuis Tongtemps est justifiée par un acte capitulaire de la cathédrale de Clermont, qui permit en l'année 1633 à Géraud de Champflour de faire orner une chapelle près du chœur, où étoit le tombeau de ses ancêtres, et qui devoit servir de sépulture à lui et à ses descendants. » Cette chapelle était dédiée à sainte Agathe, d'après les auteurs de la Gallia christiana (t. Il, col. 310).

La maison de Champtlour n'était pas moins « considérable par elle-même et par ses alliances. Le grand-père de l'évêque de La Rochelle était Géraud Champflour, homme de mérite et de beaucoup de crédit, qui fut dès 1604 conseiller et garde des sceaux de la Cour des Aides de Clermont », et contribua plus que tout autre à ce que cette Cour, créée en lo57 et établie d'abord à Mont-Ferrand, fût transportée à Clermont; ce qui eut lieu en vertu d'un édit donné par Louis XIII, au mois d'avril de l'année 1033. Plus tard, Géraud fut honoré d'une place de Conseiller d'État. « 11 étoit fort estimé de M. le maréchal d'Effiat », qui le fil « intendant de sa maison et de ses affaires. Le maréchal I'honoroit d'une affection particulière, et par son testament, il lui légua une pension viagère de deux mille livres. Ce Géraud fut marié avec damoiselle Michel Taillandier, de très bonne famille de cette ville, de laquelle il eut six enfants (1), qui furent tous

Robert <lc Mnutferrand » (Braud, Etude* historiques ; Monseigneur Etienne de Champflour, 4° évêque de i.n Rochelle; La Rochelle, 1883, in-8", p. 92-74). Ce dernier fut un « poète distingué ». J'ai vu de lui : Funèbres cyprez dédiez à la Reyne mère du Roy, rege\ France, sur la mort du très chrétien, très victorieux ei très au-

monarque Henri iv, Roy de France et de Navarre nommé le Grand, par />. F. Champflour, prieur de Saint-R de Montferrand en Auvergne, Parie, chez Jean Ribert, 1610, in-8* de 1 1 pages, composé de vers latins et de vera français.

it/ m. l'abbé Braud, dans sa Notice généalogique, en Indique neui • tans cet ordre (Je m< lique les noms de ceux qui ne figurent

mi le texte) : - î. Jean, père de l'évêque de La Rochelle, gneurde Loradoux, aé en 1607, garde des sceaux i la Cour des Udes d'Auvergne en 1686, marié en facquette Fayet, ri 1 1 « - .!••

jtiian . écuyer, seigneur de Pré de Cros, trésorier de France, et <io Bonne '!<-• Vidihle» ; — l. François, Dé en 161 1, prieur '!<• h icheda

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bien pourvus dans le monde et dans l'Église », savoir : 1° François, licencié es droit, Conseiller-clerc à la Cour de Clermont, Chanoine et Abbé de l'église cathédrale : il fut pourvu de l'abbaye par le Chapitre, le 20 juin 1637, prit possession deux jours après, et mourut au commencement de l'année 1682 (1); 2° Jean, qui succéda à son père dans la charge de Conseiller en la Cour des Aides; 3° Jean II, directeur de la grande écurie du Roi; 4° Antoine, prieur bénédictin de Saint-Robert-de-Mont-Ferrand; 5° Charlotte, femme de Pierre Redon, Conseiller au Présidial de Clermont; 6° Anne, femme de Gilbert Arragonès, lieutenant-criminel à Clermont (2).

« Jean épousa damoiselle Marie Fayet, fille d'un trésorie de France de la généralité de Riom et province d'Auvergne. Cette damoiselle avoit une sœur ainée qui fut mariée à M. de Ribeyre, Conseiller honoraire en la Cour des Aides et lieutenant-général de cette ville (3). Par là, notre nouvel évêque

chanoine et abbé de Clermont, conseiller au Présidial; — 3. Anne, née en 1614, mariée en 1632 à Gilbert Arragonès d'Orcet ; — 4. Anne-Hiéronyme (1617-1670), supérieure des Visitandines de Clermont; — 5. Marie Séraphique, née en 1619, religieuse de la Visitation de Montferrand, morte le 14 octobre 1634, âgée de quatorze ans, et à laquelle la mère de Chaugy a consacré une délicieuse notice dans ses Vies des premières religieuses de la Visitation Sainte-Marie ; Paris, 1852, t. II, p. 422-446. — 6. « Jean II, né en 1621, écuyer de la grande écurie du roi Louis XIII, marié à Marie Hollet de Lauriat ; — 7. Jean III, seigneur de Fleury, lieutenant particulier en la sénéchaussée de Clermont, marié à Jeanne de Fraisse ; — 8. Antoine, religieux bénédictin (1623-1665), prieur du moutier de Montferrand; — 9. — Charlotte, née en 1624, mariée à Pierre Redon, écuyer, seigneur de Marants » (Cfr. Braud, op. et loc. cit.).

(1) Gallia christiana, t. II, col. 310, 311.

(2) Bibliothèque Nationale, Pièces originales, nj 663, fol. 13.

(3) La charge de président à la Cour des Aides de Clermont fut occupée successivement par trois membres de cette famille : Paul de Ribeyre, 1645-1661 ; François de Ribeyre, 1661-1675; Charles de Ribeyre, 1675-1695. Cfr. Tardieu, Grand Dictionnaire historique du département du Puy-de-Dôme ; Moulins, 1877, in-fol., p. 140. — Le dernier, Charles de Ribeyre, fonda à Clermont les Sœurs de la Charité, ordre différent de celui qui fut fondé par saint Vincent de Paul, mais dont

'.Mi BIBLIOTHÈQUE SULPICIEKNE

nommé se trouve non seulement cousin germain de M. de Ribeyre, Conseiller d'État ordinaire, mais aussi oncle à la mode de Bretagne : 1° de M. le marquis Du Pont Du Château Beaufort Montboissier de Caniliac, sénéchal d'Auvergne à Clermont (1); 2° de M. le comte de Caniliac, son frère, brigadier des armées du Roi et sous-lieutenant des mousquetaires; 3° de M. le marquis de Langeac; 4e de M. de Damas Columelle, tous gentilshommes qualifiés et parents de notre nommé évêque. — Ses parents du côté paternel et de son même nom sont aussi des gens de rang et de mérite, entre lesquels M. Champflour, lieutenant particulier en la sénéchaussée d'Auvergne (2), son cousin germain, fort distingué par son mérite personnel. Plusieurs autres alliances que l'évêque nommé a en cette province illustrent beaucoup sa maison.

» De Jean Champflour et de damoiselle Marie Fayet, sa femme, père et mère de M. l'évêque de La Rochelle, viennent plusieurs autres enfants, garçons et filles. J'en ai vu seize tous vivants (3). La vertu étoit le partage de cette maison,

la vocation est tout à fait semblable Cû*. Gallia christiana, t. II, col. 303.

(1) De 1613 à 1760, les sénéchaux d'Auvergne à Clermont, au nombre de six, portèrent tous le nom de Montboissier -Beaufort -Caniliac. Cfr. Tardieu, Grand Dictionnaire,... p. 140.

(2) Il y eut trois lieutenants particuliers du nom de Champflour : Jean, 1657; Geraud, 1682-1698; Jean, 1760. Cfr. Tardieu, op. cit., p. 140.

(3) Le biographe de Monseigneur Etienne de Champflour n'en compte que treize, savoir : — 1. « Géraud, né en 1633, doyen «lu Chapitre cathedra] en 1659... garde des sceaux à la Cour des Aides pendant la minorité de son frère Biaise; — 2. Michelle, née en 1631, \ isitandine; — 3. Anne, née en 1637, mariée à Pierre Higier, seigneur de salles, trésorier de France à Riom; — i. Charlotte, née en 1639, supérieure <u>^ Visitandines de Montferrand; — 5. Jean, né en 1640, oratorien; — 6. Françoise, née en 1642, mariée à Gilbert Bouchard de Prauly.ecuyer;

: niaise, né en ioi3; —8. Etienne, né le 19 niai 1646, abbé de < lermonl en 1682, évoque de i.a Rochelle en L703; — 9. Jeanne, née en 1650, supérieure des Bernardines de clermont; — i<». Antoine, né en 1651, jésuite; — 12. Anne ii, née en n>:>:>, bernardine a Clermont; — 18. Char lotte II. un- en 1656, \ isitandim- à I lermont (P, IL 75).

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qu'on appeloit ici la sainte famille. En effet, de huit filles, il y en a eu six de religieuses et deux de mariées. Pour les garçons, l'aîné de tous, vrai exemple de piété et de vertu, fut doyen et chanoine de notre cathédrale. » Il s'appelait Géraud comme son grand-père paternel, et il obtint le doyenné au mois de janvier 1659, par la résignation de son grandoncle, Antoine Taillandier. Nommé Conseiller et Garde des sceaux de la Cour des Aides d'Auvergne le 25 septembre 1664, il fut élu premier vicaire capitulaire au mois d'avril 1682, à la mort de l'évêque de Clermont. 11 mourut à son tour, en juin 1697, et fut enseveli dans le tombeau de sa famille (1).

« Le second » (fils de Jean Champflour), « aveugle-né, avoit fort étudié la philosophie et la théologie, et étoit d'une vie si exemplaire qu'il édifioit tout le monde ». Lui et son frère aîné, le doyen Géraud, « faisoient l'admiration de toute la ville par leur manière de vivre et par leur charité envers les prisonniers et les pauvres. Deux autres, continue l'auteur anonyme, se firent jésuites, et deux de l'oratoire ». Cependant, le P. Ingold n'en a trouvé qu'un sur la liste des enfants du cardinal de Bérulle, savoir Jean-Baptiste, entré vers 1660-65 dans la Congrégation. De 1666 à 1672, il résida à Notre-Dame des Vertus (Aubervilliers), et de 1672 à 1681 à Saint-Magloire. Le 28 mai 1681, il fut nommé supérieur de Notre-Dame des Vertus, et occupa cette charge pendant trois ans. En 1684, il alla résider à Clermont, où il mourut le 1er juillet 1684.

De ses deux autres frères dont il n'a pas encore été parlé, « l'un (nommé Biaise) fut du monde, et fut reçu Conseiller en la Cour des Aides, à la charge qu'avoient eue son père et son grand-père. C'étoit un des plus honnêtes hommes du monde, et d'une vraie dévotion ». De son mariage avec damoiselle (Hélène) de Laire, fille d'un Président de la Cour des Aides (2), homme de grande vertu, il a laissé en mourant

(1) Gallia christiana, t. II, col. 316. Gérard Champflour fut aussi doyen de la cathédrale de Clermont de 1719 à 1753. Cfr. Tardieu, op. cit., p. 133.

(2) Jean-Baptiste de Laire, président ordinaire, de 16S9 à 1729. Parmi

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