‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 26 sur 134 · M. de MONTMORIN · texte numérisé non relu

M. de MONTMORIN

ÉVÊQUE D'AIRE, puis DE LANGUES 1691-1770

Gilbert de Montmorin de Saint-IIérem de la Chassaigne appartenait à une des plus anciennes et des plus illustres maisons d'Auvergne. Il était oncle d'Armand-Marc, comte de Montmorin Saint-Hérem, ministre sous Louis XVI, massacré à Paris le 2 septembre 1792. Son père, Joseph-Gaspard, seigneur de Montmorin, épousa, le 10 février l(>8ï, Louise- Françoise de Bigny-d'Ainay, dont il eut neuf enfants. Etant devenu veuf le 28 novembre 1700, Joseph-Gaspard embrassa l'état ecclésiastique, devint vicaire général de son parent, Armand de Montmorin, archevêque de Vienne en Dauphiné, fut nommé évèque d'Aire en Gascogne le 12 juillel 1710, sacré le 4 janvier 1711, et mourut à Paris, âgé de 64 ans, le 7 novembre 1723. 11 fut inhumé a Saint-Sulpice, quoique, durant son séjour à Paris, il habitai sur la paroisse Saint- Gôme, parce que le curé étant appelant et réappelanl «le la bulle Unigenitus, l'évêque d'Aire ne voulol recevoir de lui ni les derniers sacrements ni la sépulture, et obtint du cardinal «le Noailles, archevêque de Paris, l'autorisation de s'adresser pour ce ministère aux piètres de la paroisse «le

Saint-Sulpice I m Nouvelles ecclésiastiques; B octobre 17<J0, p. 177.

M. DE MOXTMORIX l.*i9

Le troisième fils de Joseph-Gaspard, Gilbert de Montmorin, naquit le 6 juillet 1691, au château de Lansac, diocèse de Glermont. Il entra au séminaire de Saint-Sulpice le 19 octobre 1709, fut ensuite admis dans la Compagnie, et nommé directeur au petit séminaire. Il avait été reçu docteur de Sorbonne le 23 mars 1720. Son père le demanda bientôt pour coadjuteur. Nommé par le roi le 1er juin 1722, il fut sacré à Meaux, par le cardinal de Bissy, sous le titre d'évêque de Sidon in partions infidelium, le 7 novembre 1723. Son père étant mort le même jour, il prit aussitôt le litre d'évêque d'Aire, et se hâta d'en remplir les devoirs. Le zèle qu'il déploya pour exiger de ses diocésains l'acceptation de la bulle Unigenitus permit dès lors d'augurer ce qu'il ferait plus tard sur le siège épiscopal de Langres (1). Il y fut transféré le 27 mai 1734, reçu en celte qualité au Parlement le 15 mars 1736, et enfin élevé à la dignité de Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, dans la chapelle du château de Versailles, le 2 février 1742.

M. de Montmorin arriva pour la première fois dans la ville de Langres le mercredi 1er juin 1735, et prit possession le lendemain. Trois jours après, le 4 juin, immédiatement avant l'ordination, il fit assembler chez son secrétaire les ordinands, au nombre de 70, et leur fit signer le Formulaire d'Alexandre Vil, et déclarer qu'ils acceptaient la bulle Unigenitus. Tous souscrivirent, à l'exception d'un seul, qui ne fut pas ordonné. Le prélat voulut ensuite s'assurer de l'orthodoxie de tous les prêtres séculiers et réguliers de son diocèse. A cette fin, le Ie' août 1735, il publia une ordonnance en vertu de laquelle tous les pouvoirs de prêcher et de confesser seraient révoqués le 8 du même mois pour la ville de Langres, et le 1er novembre suivant pour la campagne. Ils ne devaient être, et ils ne furent en effet renouvelés qu'après examen subi devant l'évêque ou ses vicaires généraux (2).

(1) Voir les Nouvelles ecclésiastiques ; année 1730, supplément pour janvier, p. 1 ; année 1731, p. 8, 228; année 1748, p. 45.

(2) Nouvelles ecclésiastiques ; 23 novembre 1735, p. 181-183.

Ifill BIBLIOTHÈQUE SULPICIENNE

Son prédécesseur sur le siège de Langres, Pierre de Pardaillan de Gondrin d'An lin, avait l'ait imprimer en 1731, à l'usage de son diocèse, un bréviaire, rédigé sur un nouveau plan par le P. Renoux, de l'Oratoire, l'un des directeurs do séminaire de Langres. On y lisait, les K» ci 1H août, pendant l'octave de l'Assomption, deux homélies de Saint Fulbert, dans lesquelles l'Assomption de la Sainte-Vierge eu corps dans le ciel est laissée pour douteuse. Dès le H août 17:i.'>. M. de Montmorin fit, au sujet de ce bréviaire, et en particulier desdites leçons, une ordonnance où il disait : « Le choix que M. d'Antin fit de celui qui devait travailler à un ouvrage aussi important ne répondit pas à la pureté de ses intentions et de son zèle... En fait de plaintes, on allait même plus loin, et l'on croyait apercevoir de jour en jour des erreurs insinuées avec art, sous prétexte d'exactitude dans la critique ou d'élégance dans les expressions ». M. de Montmorin termine en s'élevant fortement contre les leçons de ce bréviaire pour les 10 et 18 août, « comme dérogeant au privilège de l'Assomption glorieuse de la Sainte-Vierge, et au respect dû au sentiment de l'Église qui l'honore » (1). Le Chapitre de la cathédrale accepta cette réforme d'assez mauvaise grâce, mais enfin force resta au droit h au pouvoir légitime (2).

il» Abrégé chronoh>gi<iue de l'histoire des Bvêques de ■ par M. l'alibr Mathieu, chanoine honoraire de la cathédrale de Langres; avec un Appendice contenant les contrées 'lu diocèse de Langres qui ne faisaient pas partie de l'ancien; seconde édition; Lan- 1844, in-s , p. 230.

(2) v. Nouvelles ecclésiastiques; :':; novembre it.;:., i>. 182. i i dacteur Be trompe quand il assigne la date 'lu i août à ce Mandement, qui est une brochure in-4 de î pages, imprimée a i angres, chez < laude Personne, it:::.. Rémi Breyer, chanoine de Troyes, publia : R<

os -m- le Mandement de m. de Montmorin, ôvéque di qui défend de lin- en public ou en particulier quelques leçons du bréviaire nouveau de M. d'Antin, son prédécesseur, sur l'Assomption '!«• la Sainte s u : ge en «■ »rps et en âme . < 'est un in-12, d te un

exemplaire A la Bibliothèque di u. 2164. Pour plus de d<

sur cette affaire, voir Les livres liturgiques du à Étude bibliographiq d'un Appendice sur les livret htur-

M. DE HONTHOBIN 161

« Avant de commencer la visite de son diocèse, M. de Montmorin ordonna aux doyens ruraux de l'informer des abus qui existaient, et de l'inobservance des lois en ce qui concernait les ecclésiastiques, l'instruction des fidèles, les églises, les bureaux de charité... En 1736,. il donne un mandement et règlement pour les visites pastorales des églises et paroisses. Il renouvelle l'ordonnance de Sébastien Zamel, évêque de Langres, qui défend aux maîtres et maîtresses d'école d'enseigner sans l'approbation de l'évêque ou de ses vicaires généraux » (1).

Zamet, dont on vient de parler, avait, en 1621, établi à Langres les Pères de l'Oratoire, et leur avait confié la direction de son séminaire. Or, quand M. de Montmorin prit possession de son siège, tous les directeurs de ce séminaire étaient appelants. N'ayant pu réussir à vaincre leur obstination, l'évêque finit par aller droit à la racine du mal, et en 1738, il les remplaça par des prêtres de son choix. Les Oratoriens se prétendaient propriétaires de la maison qu'ils occupaient, ainsi que de trois prieurés à elle annexés. De là procès : les Pères de l'Oratoire perdirent, et furent condamnés aux dépens. L'arrêt rendu en l'Assemblée des Commissaires généraux, tenue à Paris le 12e jour de juillet 1738, « maintient le sieur évêque de Langres dans le droit qui lui appartient, en qualité d'évêque, d'être seul libre administrateur et supérieur immédiat du séminaire de Langres, tant pour le spirituel que pour le temporel, et d'établir pour conduire et gouverner ledit séminaire tels prêtres et ecclésiastiques que lui et ses successeurs jugeront à propos de choisir: lesquels, en qualité de Directeurs du séminaire, auront la jouissance libre et entière des biens, revenus et bàtimens, appartenant audit séminaire, à la charge par eux d'en rendre compte; e1 qui seront destituables à la volonté dudit sieur évêque, ou de

giques.du diocèse de Dijon, et d'une Note sur les travaux d'histoire liturgique en France au xix« .siècle; par l'abbé L. Marcel, Préfet des

Études au petit séminaire de Langres; Paris et Langres, L898, in-S', p. 206-214.

(1) Mathieu, ouvrage cité, p. 231.

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