‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 8 sur 134 · M. du FERRIER · texte numérisé non relu

M. du FERRIER

Jean» Du Ferrier, dont il est souvent parlé, et qui par ses intéressants Mémoires parle non moins souvent dans la Vie de M. Olier, naquit à Toulouse en 1609. Lui-même raconte que sa première éducation fut très négligée sous le rapport religieux, bien qu'il eût des prêtres pour précepteurs particuliers. Heureusement, il avait une mère pieuse : elle le faisait prier matin et soir, l'envoyait tous les mois à confesse,

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et même lui persuada de jeûner chaque samedi et de se mettre en état de devenir homme d'église. Après s'être, au contraire, pendant quelque temps, disposé à entrer dans l'Ordre de Malte, où son grand-oncle maternel, alors Grand Maître de l'Ordre, pouvait lui procurer une riche commanderie, M. Du Ferrier revint au premier projet de ses parents, mais avec la secrète ambition de parvenir à l'épiscopat, ainsi qu'il l'avoue humblement dans ses Mémoires.

Étant donc allé à Paris en I03i pour y suivre les cours de la Sorbonne, il y rencontra l'abbé de Foix, qui le détermina à se mettre, comme lui, sous la conduite du P. De Condren, second Général de l'Oratoire. Ce sage directeur sut lui inspirer l'esprit et les pratiques du christianisme, et finit par lui dire « qu'il ne fallait plus penser à être évêque », Dieu voulant lui « donner à faire qnelque chose de mieux ». Une circonstance extérieure imprévue vint aider encore M. Du Ferrier à correspondre aux grâces intérieures. « Il survint, dit-il, un démêlé entre le cardinal de Richelieu et M. le Grand Maître de Malte, mon oncle, qui mit le cardinal en si mauvaise humeur que je perdis l'espérance que m'avaient donnée ses promesses et la sollicitation de mon oncle. Dès lors, je commençai à n'y plus penser, et je me disposai à recevoir la prêtrise ».

M. Du Ferrier la reçut, en effet, vers la tin du carême de l'année 1038. Il se joignit ensuite à M. Meyster, envoyé par le P. de Condren en Saintonge pour y faire des mission-, el pril égalemenl pari à celles qui se firent à Amiens, à Montdidier, a Mantes el ailleurs. Pour tous ces détails, comme aussi pour la grande pari que M. Du Ferrier eul dans la fondation du séminaire <•! de la Compagnie (le Saint-Sulpice, nous renvoyons i,. lecteur à la Vie de M. (Hier. Nous dirons seulement «pie. lorsque les prêtres employés au service de la pa« roisse eurent été établis par M. Olier en Communauté, M. Du Ferrier en fui nommé supérieur, el qu'il s'acquitta de cette charge avec le plus grand zèle et une particulière bénédiction.

Mais \< ;■- la tin de l'année 1648, ou au commencement de il ie retira pour toujours de la Compagnie, al n'eut

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