M. DU FERRIER
plus avec elle aucun rapport. Tout porte à croire, comme le dit l'auteur de la Vie de M. Olier, que M. Du Ferrier « ne prit point ce parti de son propre mouvement ». M. Olier et ses disciples, tous soumis de cœur aux décisions des Souverains Pontifes, ne pouvaient, en effet, tolérer dans leur Compagnie un homme qui exprimait sans cesse le désir de voir imposer silence à ceux qui combattaient l'Évêque d'Ypres comme à ceux qui le soutenaient. C'est M. Du Ferrier lui-même qui nous apprend cette particularité dans ses Mémoires. Il dit aussi que Saint Vincent de Paul lui ayant demandé conseil sur ce sujet, il ne lui en donna pas d'autre; il ajoute même, contrairement à toute vraisemblance autant qu'à toute vérité-, que plus tard, le fondateur de la Mission lui témoigna le regret de n'avoir pas suivi son conseil. Ailleurs, il dit encore que lorsque la question du fait fut soulevée à Saint-Sulpice, son avis fut qu'il ne fallait pas lire Jansénius, parce que voulant bien croire que les cinq propositions étaient dans son livre, il craignait de ne pas les y trouver; et là-dessus, il raconte une anecdote, qui n'est peut-être pas historique, mais dont le récit, sous sa plume, est assez piquant. Il s'agit d'un ecclésiastique peu au fait, paraît-il, des controverses du temps. « Ce bonhomme, dit M. Du Ferrier, acheta le livre de Jansénius chez un libraire de la rue Saint- Jacques. Après l'avoir payé, il s'amusoit à vérifier par les chiffres des pages s'il n'étoit pas défectueux. Le marchand, qui se piquoit d'honneur et de sincérité, le pria de ne pas douter qu'un livre vendu dans sa boutique ne fût tel qu'il falloit; mais comme il le vit continuer dans sa défiance : « Monsieur, lui dit-il en se moquant de lui, ne doutez pas que mon livre ne soit complet : rien n'y manque pour les pages, je vous le garantis; mais pour ce qui est des cinq propositions, je ne vous garantis pas qu'elles y soient ». L'ecclésiastique protesta qu'il n'en vouloit point autrement, et le libraire, pour continuer à se divertir, lui dit qu'il ne lui auroit pas donné son livre pour dix écus comme il avoit fait, si les cinq propositions y étoient, et qu'il lui en auroit coûté pour le moins cinquante! Il s'émut un grand bruit là-dessus. Beau-
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coup de gens entrèrent dans la boutique, qui, après avoir entendu la raillerie de ce marchand, avertirent honnêtement l'acheteur qu'on le jouoit, et qu'il devoit se retirer ». (Manuscrits de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, n. 1180, p. 210, 211).
Lorsqu'il quitta Saint-Sulpice, M. Du Ferrier était demandé pour grand vicaire par trois évéques de France. Saint Vincent de Paul lui conseilla de se rendre aux désirs de celui d'Alby. M. Du Ferrier passa en effet onze ou douze ans dans ce diocèse, et il y fit quelque bien au moyen des conférences ecclésiastiques qu'il établit, et du séminaire dont il jeta les fondements. Il devint ensuite vicaire général de l'archevêque de Narbonne, alors exilé de son diocèse par ordre du roi. Mais il lui fallut quitter ce poste au bout de trois ou quatre ans, probablement à cause de ses relations avec les jansénistes. Il se retira dans la ville d'Alby, où son frère était chanoine de la cathédrale. C'est alors qu'il prit une part très active aux discussions suscitées par l'Édit de Louis XIV concernant le droit de Régale. L'évêque de Pamiers, François-Etienne de Caulet, son ancien confrère à Saint-Sulpice, dont il avait été le conseil dans cette affaire, étant mort au mois d'août 1G80, « on trouva des lettres de lui à cet évêque, où il l'exhortait de ne point se soumettre aux déclarations du roi, et ce fut le motif de son exil à Tonnerre, où il demeura quatre ans » (1). Son frère, l'abbé de Cambiac, ayant été, en
(l) Vie de M. Olicr; 4« édit., t. III, p. 235. — Le Moréri de L7S9 (art. lui Ferrier) semble assigner une autre cause à l'exil «le m. du Ferrier. i il rendit publique la déclaration que feu m. Alain de Sol* miniac, évêque de Cabors, avoit ùit<' a l'beurede La mort, contre les jésuites, pour être communiquée aux évéques d'Alet et de Pamiera. Du Ferrier s'acquitta de cette commission, et s'attira par làbiendee affaires, n fut exilé a Tonnerre en 1680, et ensuite mis à ta Bas Jamais il ae voulut rétracter la déclaration qu'il avoit donni mourut a la Bastille, le Jour du \ endred La lettre <;•■ \i. Du
Ferrier fut écrit tt 165 1 les termes en sont rapportés textuel-
lement dans la Lettre circulaire de Monseigneur l
• qu'il a adressée à to royaume en leur
tant la Relation de ce qui i sur le différend i