‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 61 sur 93 · GAZ OK LA HOUIIW · texte numérisé non relu

GAZ OK LA HOUIIW

reste tout forme de coke^ de torte qo^l en reste uo peu moins de deux cinquièmes ponr ia napfataline, le nspbte, le napbtëne et aulres produits du même genre qui sont formés pendant la disiillalion. Ces produits et l'eau formée prennent les neuf onzièmes de l'hydrogène et les sept neuvièmes de l'oxigène. L'ammoniaque s'élève h 1 pour 100 des liqueurs produites par la distillation de la houille.

On a trouvé plus économique de substituer aux cornues en fer^ d'abord employées pour la distillation de la houille, des vaisseaux en pierres^ et même des fours en briques réfractaires tenant bien l'air.

En examinant un grand nombre d'échantillons de gaz de l'éclairage , l'auteur y a toujours rencontré un mélange d'air atmosphérique allant de 4 à 28 pour 100. H est vrai que' le gaz qui renfermait cette dernière proportion d'air , avait été apporté de loin dans une bouteille ; s'il est exclus, la moyenne ne reste pas moins de 10 7i P^^^ 1^0 d'air commun. L'auteur pense que Pair s'introduit dans le gaz de Téclairage par les tuyaux de conduite, qu'il est impossible de rendre assez parfaits pour qu'il n'y puisse pénétrer.

La pesanteur spécifique des divers gaz variait de 0,582 à 0,463 ; moyenne 0,502.

La proportion de gaz oléfiant a été de 11,77 à 17,83 pour 100, soit 13,52 pour 100 en moyenne.

La plus forte proportion de gaz hydrogène protocarburé fut de 79,77 p'' 100, la moindre de 47,33; moyenne 60,6 p"" 100. L'auteur a trouvé que moins il y a de ce dernier gaz dans le gaz de l'éclairag^e, meilleur il est, parce qu'il est remplacé par le gaz oléfiant.

Le gaz oxide de carbone a varié de 6,34 à 15 pour 100^ soit 12 en moyenne.

Le gaz hydrogène a été trouvé varier de 2^21 à 22>85 pour 100, soit 12,44 en moyenne.

GAZ DB LA nODlLLE. 159

Le meilleur gaz^ produit par la variété de canne! coal^ que fournit la houillère de Monkland près Glascow^ a donné a l'analyse:

Gaz oléfiant 22,15

Gaz hydrogène protocarburé. 48,77

Gaz oxide de carbone. • . . 11^76

Gaz hydrogène. ...*.. 17,32

ino

160 REPTILES DU GONBfECTlCUT .

Cet résultats font comprendre rimmense dyantage qu'il y a à distiller les meilleures qualités de houille, et les grandes différences que présente au consommateur l'emploi de gaz plua ou moins chargés de gaz oléfiant. Au reste^ h prompte absorption de ce gaz par une solution de chlore donne à chaque consommateur un moyen facile et à sa portée pour s'assurer de la proportion qu'en renferme le gaz qui lui est fourni.

SUR LES REPTILES DU CONNECTICUT, par le Révér. J.-H. Linsley. {Americ. Journ. , janvier 1844.)

L'auteur, en publiant un catalogue des espèces appartenant à la famille des reptiles que Ton trouve dans le Connecticut, Ta accompagné de notes sur l'histoire naturelle de plusieurs d'entre elles. Plusieurs de ces notes nous ont paru présenter de l'intérêt.

Chelonia mydas. Tortue verte. Un individu de cette espèce^ pris au filet, fut conservé pendant plusieurs semaines dans un bassin plein d'eau salée, à l'embouchure du Housatonic. Le but étant de l'engraisser pour s'en servir comme de nourriture, on lui donna à manger des légumes^ tels que des cbotix et autres productions du jardin; mais bientôt il refusa de prendre aucun aliment, et finit par succomber. Cette tortue avait une, pellicule nuageuse sur les yeux, ce qui paraît être un symptAme commun de maladie dans toute la famille.

Sphargis conacea. Le luth. Le nom de Sphargis a été donné par Merrem à des tortues dont la carapace n'est recouverte, au lieu d'écaillés, que par une sorte de cuir. Cette espèce arrive à des dimensions énormes. On en a pris sur les cAtes des Etats-Unis qui avaient 85 pouces de long, et 14 pouces de pi irs

RCPTILKS DU CORNECTICUT. 181

£^aiiile largeur. Le fourreau coriace aYait 57 pouces <ie ion guieur.

Emy s pi clé* Ceiie ^oWe espèce de lortue d'eau donce^ dont lès écailles brunes sonl entourées d'un ruban jaune , est fort commune en Amérique dans les ruisseaux et dans les étangti.

162 REPTILES DU COMNECTICUT.

les branches qui s'étendent au-dessus de Teau. Elle se laisse ensuite; tomber dans Teau^ soit de plein grë^ soit lorsqu'on rêf* fraie. Elle se nourrit principalement de grenouilles.

Trigonocephalus contortrix. Le serpent rouge ou cuivré. Cette vipère , assez commune dans le Connécticut , prend de fortes dimensions^ et on en voit qui ont plus de deux pouces de diamètre. Elle est fort venimeuse ; lorsqu'on lui fait mordre un morceau de drap blanc attaché au bout d'une perche, on voit la portion mordue se colorer immédiatement en vert. Un Mr. Beers, ayant été mordu par un serpent de cette espèce, éprouva le singulier symptôme de trouver une saveur sucrée à tous les objets qu'il mettait dans sa bouche. Il fut extrêmement malade, mais se guérit cependant par l'usage d'infusions prises il l'intérieur et d'applications de marrube (Marrubium vulgare) sur la plaie. La vipère rouge , comme le serpent à sonnettes, parait aussi active de nuit que de jour.

Crotalus durissus, C. adamantius. Serpents à sonnettes. Ces dangereux reptiles, célèbres par Patrociié de leur venin , sont remarquables par l'instrument bruyant qu'ils portent au bout de ta queue : il est formé de plusieurs cornets écailleux, embolies lâchement les uns dans les autres, et qui se meuvent et résonnent légèrement lorsque l'animal rampe ou qu'il remue la queue. Ces serpents deviennent moins communs qu'autrefois, dans le Connécticut, cjuoiqu'îls se trouvent encore dans la plupart de ses districts ; mais ils sont plus nombreux en Géorgie. Ils atteignent jusqu'à six ou huit pieds de longueur. Le daim ordinaire parvient souvent à tuer le serpent à sonnettes. Pour cela, il s'élance sur le reptile, ses quatre pieds se touchant les uns les autres, il le frappe et s'échappe avant que lé serpent ait eu le temps de mordre. Il répète ce genre d'assaut jusqu'à la mort du serpent. Mr. Floyd de Géorgie a tenu vivant durant sept semaines , dans un tonneau, un de ces reptiles qui avait sept pieds huit pouces de longueur. Pendant tout ce temps, il ne lui donna ni à manger ni à boire. Le tonneau était placé dans l'un

REPTILES DU COMMECTICUT. 163

des angles d'une grande chambre; et quoique le naiuralisle qui le possédait ait sourent cherche^ soit de jour soit de nuil, à s'approcher du tonneau sans être entendu du reptile^ il n'a jamais pu aller plus loin que la porte sans que le serpent fit entendre sa sonnelie. Il eut beau venir nu-pieds et en évitant de faire le moindre bruit, les sonnettes indiquèrent toujours que l'animal s'apercevait de son approche, le bruit étant d'abord lent et mesuré, puis augmentant graduellement à mesure qu'il s'avançait. Au reste^ il n'en est pas toujours ainsi : dans quelques cas on a vu ce serpent, à l'état de liberté, ne pouvoir être excité i faire entendre ses sonnettes ni à s'enrouler pour se préparer à l'attaque, ces deux mouvements étant en général simultanés ; l'animal, au contraire, ne cherchait qu'à s'enfuir. On a pensé qu'il avait la conscience de l'absence momentanée de poison dans ses crochets. Entre les expériences faites avec le serpent à sonnettes mentionné ci-dessus, on peut en citer une sur un jeune caïman de deux pieds et demi de longueur. Lorsqu'il fut mis près du serpent, il montra beaucoup de frayeur et fit tous ses efforts pour se retourner et s*échappcr. On l'obligea à rester à portée du serpent à sonnettes, qui le mordit deux fois sur la tête. Une minute après^ le crocodile parut engourdi, à peu près comme ces animaux le sont pendant l'hiver. On le mit alors dans l'eau : il resta sans changer de posture pendant une heure> en tenant la partie blessée hors de l'eau, après quoi il expira. En examinant le cadavre, on trouva un- des crochets brisé sur la dure enveloppe de la léte du crocodile. Il fut ainsi prouvé que le poison du serpent à sonnettes exerçait aussi son influence mortelle sur les reptiles amphibies, ce qui avait été mis en doute. L'auteur a vu beaucoup de chiens qui avaient été mordus par des serpents à sonnettes ; un seul survécut à sa blessure, qui avait eu lieu en octobre ; mais l'animal fut toujours souffrant et chétif depuis ce moment. La mort arrive pour l'ordinaire d'une heure h un jour après la morsure; dans un cas qui eut lieu en juillet, le chien succomba deux minutes

164 REPTILES DU COSNKCTICCJT.

aprèi avoir été mordu. L^ëpoque de l'année exerce une grandiç influence sur T^iat du ▼enin des ferpenis à tonneltes ei en modifie notablement les effeis.

On croit généralement que le serpent i sonnettes se contracie avec tant de force que Tbomme le plus vigoureux ne peut le saisir sans que ses mains soient conirainies à se rapprocher^ le corps du reptile glissant sous leur étreinte. L'auteur a fait un essai de ce genre sur un serpent à sonnettes de sept pieds de longueur. Après en avoir maintenu la tête de manière h pouvoir le saisir, il Tétreignit d'une main au col immédiaiemeoc au-dessous de la tête et de l'autre fort au-dessous du milieu du corps ; la tête du reptile fut alors dégagée. Le serpent ne parvint pas Ji rapprocher entièrement les mains qui l'avaient saisi ; néanmoins^ il glissait peu à peu, et malgré les eflbris de l'auteur, de manière ii dégager sa tête qui fut bientôt à une distance telle qu'il devint dangereux de continuer l'expérience. Pendant qu'il l'étreignait, l'auteur éprouva un sentiment difficile à décrire de mal de coeur dû à l'odeur horrible que le serpent paraissait dégager à volonté^ et à la sensation de froid que le ^issement de son corps écailleux produisait sur les nerfs des mains. Dès qu'il l'eut lâché^ il reprit complètement sa manière d'être ordinaire.

L'auteur ne croit point au pouvoir attribué au serpent à sonnettes, de fasciner par son regard les animaux dont il veut faire sa proie et de les contraindre i tomber dans sa gueule. Il l'a lui-même souvent regardé fixement dans les yeux sans en éprouver aucune sensation particulière. Il est probable seulement que la frayeur que sa présence inspire aux animaux , aide ce serpent à saisir et i surprendre les écureuils, les oiseaux et les lapins dont il lait sa principale nourriture. Lorsqu'il poursuit sa proie, il y est si ardent qu'on peut le frapper d'im bâton sans l'arrêter ou le détourner de son objet. Un des amis de Tauieur en fit l'expérience sur un serpeut à sonnettes qu'il trouva dans un buisson cherchant it atteindre un lapin, qui» au

REPTILES DU CONNEGTICOT. 165

Kèu de fuir, s'élançaii à droite et à gauche par bonds répéCés, en re^ardiihi toujouts le t^pûle , comme pour observer ses mouvements qui se modifiaient dur les siens. Au lieu Jatiewlre la fin de la scène^ l'observaieur tua le serpent à coups de bSr ion, ef le lapin s'enfuit rapidement. Un autre habitant du Con*^ necticut^ qui atait tué un gros serpent à sonnettes^ voulant a'as-* surer s*il répandait une odeur désagréable^ approcha le visage du ventre de ranimai encore fVais^ et quoique le serpent fïil bien, roort^ Tobservateur fui à l'instant saisi d'un violent vomisee-^ ment.

L'auteur combat l'opinion communément admise que> parnn le» reptiles^ les serpents venimeux font seuls des petits vivants» èlfl affirme que le» serpenta ft sonnetlea pondent des oiufs, tandis que Cuvi^r s est assuré au contraire que quelques couleurvres DWin venimevs^, te boa anacondo et d'aulrea sont vhipftre»^ Bn Amérique 5 les oeuis des reptiles n^ont point decoquittor ceux méitie du caïman ou crocodile non exeeptds. Dané l'ind^^ au contraire, les cBuiadu crocodile sont revêtus d'une C0^Mh épaisse et dure, catame celle de rceûf de Ifoie.

Rana pipiens. Grenouille taureau. Cette espice d^dre se^ petits en gvand nombre. L'auteur en à trouvé tin Individu dont Testomac était distendu par le grand nombre 4ê ^tardà qu'il avait avalés^ et dont quelques* uns avaient déjà cinq o<» mt pouces de longueur y compris la queue, et pluâ d'un povc^t de diamètre. Les pait6s araient déjà commencé à leur pou^er. Ces têtards n'étaient point mutilés, mais semblaient intacts. Dans d'autres cas, il a trouvé dans l'estomac de ces grenouilles de petites coquilles comme des Physes, des Limnées, des Cyclades avec leurs animaux à demi digérés. Néanmoins ces reptiles vivent longtemps dans Teau^ sans aucune nourriture ap« parente. Une pratique curieuse des cultivateurs américains lorsque leurs bœufs accablés par la chaleur refusent le travail, est de leur ouvrir la bouche et d'y glisser une ou deux grenouilles vivantes. Ils affirment que l'animal en est à l'instant rafraîchi et reprend le labourage sans difficulté.

1 66 KEPTILES DU COMNECTICUT.

L'auteur rapporte avoir trouvé un crapaud commun d'Amérique^ Bufo americcmus, enfermé dans une excroissance bien close^ qui s'était formée sur une tige de dahlia et à peu de distance du sol. Quand il Touvrit^ l'animal sauta à terre et paraissait en très-bonne santé. Il suppose que^ dans son jeune âge, le crapaud était entré dans un trou fait par un insecte à la tige du dahlia et n'avait pu en ressortir, la plante ayant végété rapidenient autour de lui. Bflais comment le crapaud avait-il pris la nourriture qui lui était nécessaire pour arriver à son complet développement?

Le crapaud commun change de peau, et Topéraiion a été vue par un naturaliste ami de l'auteur. Le reptile commença i faire des trous sur les côtés de la vieille peau, en la déchirant avec ses pattes de derrière ; ensuite, à l'aide de divers mouve« ments et évolutions, il parvint à saisir le bout de cette peau avec sa bouche ; alors il s'enfla comme une Vessie et lira avee sa bouche, et en répétant ces alternatives d'extension et de contraction, il réussit à attirer toute sa peau dans sa gueule et h Tavaler. L'aspect de Tanimal, de terne et sale qu^il était, devint clair et luisant.

Le nombre total des reptiles trouvés par l'auteur dans le Connecticut s'élève à 56, dont 13 apartiennent à l'ordre des Cbéloniens, 2 à celui des Sauriens, 18 aux Ophidiens et 23 aux Batraciens. Le genre le plus nombreux est celui des Salaman* dresy qui renferme 12 espèces différentes.

BULLETIN SGIENTIFIQUK.

1 . — Remarques sur l'apparence de la surface de la lune yub aitbc DE FORTS télescopes, par Mr. Nasmyth, accompagnées d'uo dessio et d^un plan en relief d'une partie du satellite; lu k la Société Astronomique de Londres. (^Philos. Magaz,, octobre 1 844.)

168 DULLKTiri SCIENTIFIQUE.

vent, jiisqtrà un certain point , rendre raîsoQ des effets gigantesques, comparativement à ceux de la terre, qu'a produits sur la surface lunaire l'influence des feux souterrains. La forme régulière et presque comple'lemenl circulaire de la plupart des cratères de la lune semble indiquer aussi que Tarrangement des matériaux sous Timpulsion volcanique a eu lieu sans l'mlervention de vents violents et d'autres causes perturbatrices.

Quelques parties de la surface lunaire font supposer qu*un temps considérable a dû s'écouler entre la formation d'un cratère et celle d'un autre, et l'on voit le cône circulaire du dernier cratère recouvrir en partie celui qui l'avait précédé.

Indépendamment de la forme circulaire des cratères, une autre apparence volcanique remarquable est signalée par l'auteur: ce sont les petits cônes ou monticules que l'on voit dans le centre de la plupart d'entre eux. Il les regarde comme le dernier effort de l'action volcanique expirante, et comme analogues à ce que l'on peut observer dans le Vésuve et autres volcans terrestres. Dans quelques cas, cependant, il n'y a pas de cône central, et le cratère présente une surface plane et unie, comme sî la lave étak soudainement rentrée dans l'intérieur du volcan. Un des volcans observés par Fauteur dans la partie supérieure du limbe droit de la lune, a présenté l'apparence singulière d'un cratère rempli jusqu'aux bords par de la lave durcie, qui semble avoir continué, dans son état liquide , à monter tranquillement dans le cratère jusqu'à la (in de l'éruption. L'état liquide'd'une partie des matières soulevées se prouve facilement par les coupures et les coulées que l'on voit sur les côtes des cônes circulaires , et qui s'étendent souvent à des distances considérables. Des blocs de matériaux solides paraissent aussi avoir été lancés avec une grande force et en énorme quantité. On les %oit, dans leaucoup de cas, à la base des plus grands cratères, où la surface du sol est rendue très-inégale par Taccumulation de ces fragments épars.

Une dernière particularité mentionnée par l'auteur consiste en des lignes brillantes qui généralement convergent veis un centre , où se trouve d'ordinaire un cratère do grandes dimensions. La matière de ces lignes est évidemment d'une nature beaucoup plus réfléchissaiHc que celle de la portion contiguê, ou en général de la surface, de la luue, et dans le plus grand nombre des cas, l'intérieur des cratères où

BULLETIN SCIEVTIFI^UK^ 169

•Hci aboutissent «si également resplendissant. L'auUor les regarde comme le résultat de la même cause quî a orîgînaireœent produit Iç cratère duquel elles paraissent partir. Ainsi, il admet qu'après le soulèvement violent qui se fit jour à la surface par une nouvelle bouebe volcanique, le sol de la lune ayant été brisé en fissures partant d'un centre, comme le serait un carreau de vitre frappé par un corps depeu de volume, la lave s'y est répandue, et en s'y consolidant a formé les lignes brillantes qu*il a remarquées. Evidemment, selon lui, le centre de rupture coïncide avec le grand volcan central, duquel les fissures ont divergé dans toutes les directions, et la lave fondue s'écoulant immédiatement aprë^, a rempli le grand cratère et s'est simultanément fait jour dans toute l'étendue des fissures, quelque prolongées qu'elles aient été. I. H»

S. — Sua l'^uiphitîpe, par sir J. Herschrl; lu k rAssoclAtion britannique des Sciencos siégeant à York.

L*autcur^ dans son beau mémoire relatif à l'action du spectre solaire sur les couleurs végétales, avait annoncé un procédé photographique par lequel on pouvait obtenir des dessins positifs ayant une ressemblance parfaite avec les gravures ordinaires d'imprimerie. Ce procédé est capricieux et ne réussit pas toujours, mais il donne bouvcut des dessins d'une grande beauté, et est particulièrement intéressant par les réacr lions chimiques dont il est la preuve.

Le papier doit être préparé avec du ferro-tarlrale ou ferro-citraCe de proloxide ou de peroxide de mercure,, ou bien avec les mêmes sels de protoxidc de plomb. On peut aussi faire usage d'applications des nitrates de ces diverses bases alternées ou mêlées avec des solutions de tartrate ou de citrate d'ammoniaque et de fer, qui doivent être appliquées les dernières et en léger excès. Le papier ainsi préparé donne, lorsqu'U est séché, un dessin négatif par une exposition qui varie depuis une demi-heure jusqu'à six heures, selon l'intensité delà lumière. L'impression produite \arie depuis un dessin vague et presque imperceptible jusqu'à la plus grande richesse de leinles el d'effet, la couleur dans ce cas étant d'un superbe brun velouté. Celte grande beauté de teinte n'est jamais produilc lorsqu'il n'y a pas du plomb dans les in-

170 BULLETIN SGIKNTIFI^^UE.

grédîents dont on se sert, ou bien dans le papier luî-roème. Cet effet n'est pas dû, comme on l'avait d'abord cru, à la présence de l'acide tartarique libre. Ces dessins ne sont point permanents. Ils s'affaiblissent même dans l'obscurité, quelquefois très-vite , et en peu de jours si les acides tartrique ou citrique libres sont présents , quelquefois très-lentement et seulement après des années. Mais lorsqu'ils semblent entièrement effacés , le dessin peut être rétabli et cbanger sa nature de négatif en positif, et sa couleur du brun au noir par le procédé suivant :

On prépare.un bain en versant dans beaucoup d'eau une solution de pernitrate de mercure, et en laissant le sous-nitrate qui se précipite se déposer entièrement. On y plonge ensuite le dessin à plusieurs reprises, en ayant soin de bien cbasser Tes bulles d'air. On le laisse dans le bain jusqu'à ce que le dessin primitif, s'il était encore visible, ait entièrement disparu ; ou, s'il est entièrement effacé, jusqu'à ce que l'on voie apparaître sur la teinte jaunâtre du papier les premiers linéaments du dessin en jaune plus vif. Il faut quelquefois beaucoup de temps, quelques semaines, pour produire cet effet ; mais à Taide de la cbaleur, il se produit en quelques heures. On la\e alors soigneusement le papier en le tenant plongé dans l'eau chaude, et on le sèche. Il faut alors le bien aplanir avec un fer à repasser chauffé justement au point de roussir le papier; et pour éviter tout accident, il convient de mettre le dessin entre deux feuilles de papier lissé. Lorsque le procédé réussit, on obtient un dessin positif d'un noir superbe. II arrive quelquefois que le dessin partit barbouillé et sali de telle manière qu'on le croirait perdu ; mais en le gardant entre les feuillets d'un livre, surtout dans un air humide, il s'éclaircit par degrés, le dessin prend peu à peu des contours de plus en plus nets et précis, et l'on obtient ainsi l'apparence d'une gravure sur cuivre, imprimée sur un papier légèrement coloré eu jaune. Les meilleures épreuves obtenues par Fauteur l'ont été sur des papiers qui avaient été préalablement lavés avec quelques préparations d'acide urique qui ont des propriétés photographiques remarquables. Au reste, l'intensité du dessin négatif primitivement obtenu, ne peut, en aucune manière, servir de critère pour l'effet du dessin positif que donnera le second procédé. Lorsqu'on se sert de plomb dans ce procédé, les portions du papier exposées à la lumière deviennent imperméables à l'eau.

BDLLBTia SCIENTIFIQUE. l/t

C'est en ralton de la production successive, par la même application de la lumière, d'un dessin négatif et d'un dessin positif selon diverses manipulations, que Tauteur a donné à ce singulier procédé le nom d'amphilype, suggéré par Mr. Talbot. La même dénomination pourrait s'appliquer aussi au moyen- photographique suivant, dans lequel l'argent joue un rôle. L'auteur a déjà annoncé qu'une solution d'argent

172 BCLLKTlir SCIENTIKIQUK.

eette îIIusîod optique te som t^s cœurs agùég, parce qu'une dès figures du dessin avait la forme d'un cœur. L'auteur fit des essais sur plu* rieurs autres dessins avec d'autres paires de couleurs eontrastëes, et il s'assura que sur plusieurs le mouvement e'tait perceptible, mais jamais aussi nettement qu'avec les couleurs verte et rouge. Le r^mge et fe Meu sont celles qui réussissent le mieux ensuite, et cela vient probablement de ce que le bleu paraît vert à la couleur jaune de la fiamme* L'auteur n'a pu observer le phénomène qu'à la lueur du gaa; mais le professeur Brewster s'est assuré qu'il est aussi visible à la lumière solaire, lorsqu'on introduit le rayon lumineux par un trou dans une chambre obscure. Lorsque la lumière artificielle procède d'un grand nombre de points à la fols, l'illusion n'est point produite. Pour l'ex-* pliquer, le professeur Brewster a fait une expérience qui sert à démon^^ trer qu'un objet fixe quelconque paraît se mouToir lorsque la lumière qui l'éclalre change constamment de position et d'intensité. Cette expérience consiste à mouvoir une bougie rapidement dans tontes les directions devant une statue. Les clairs et les ombres changeant sans cesse, produisent diverses apparences qui resisemblent aux mouvements des figures sur le tapis rouge et vert* Dans le cas du phénomène des cœurs agités^ le mélange du rouge et du vert, qu'il soit regardé directement ou qu'il produise des impressions accidentelles, forme une succession d'ombres et de clairs qui donne l'apparence du mouvement aux figures qui sont sur le tapis. Cet effet est accru d'une manière re^ narquable par la propriété singulière que possède la rétine , dans le cas de vision oblique, d'augmenter en sensibilité è mevure que le point qui reçoit l'impression est plus éloigné de l'ouverture de la pupille. Il suit de là que, lorsque l'on regarde fixement un des cœurs agités , il cesse presque entièrement de se mouvoir ; tandis que les autres qui sont vus obliquement paraissent vibrer d'une mauière très-distincte. Le professeur Brewster a rapporté en même temps quelques-uns des effets produits par les verres colorés; et les faits qu'il a signalés comme résultant de l'absorption inégale des deux couleurs , sont de nature à Inspirer des doutes sur les conclusions que l'on peut tirer de semblables expériences.

— Sur la cause des couleurs irisées de l'opale et des AimsAUx

BLANCS LUMINEUX QUI SE YOIBNT LORSQU'ON REGARDE UNE LUMIERE AU TRAVERS DE CERTAINS CRISTAUX DE CHAUX CAR BON ATBB » par sif

D. Brewster ; lu k rAssociatîôn britannique des Sciences siégeant à York.

dans un pouce cube, et que ces tubes sont parallèles à Tune des arêtes du rbomboldc. Cette arête est celle à laquelle le rayon rëfracte' est parallèle, lorsque chaque cercle se rcduît à un seul point lumînciix.

5. — Observations sur la température des mines en Irlande, par Mr. Oldham; la à rAssoc. britaun. des Sciences siégeant à York.

Les thermomètres ont éle placés en juillet 1843 dans la mine de cuivre de Knockmatson près de Waterford , qui sont exploitées à la profondeur de 774 pieds. Quatre instruments ont été employés. L'un était placé en plein air en dehors de la mine, à quatre pieds de la surface du sol; un second était suspendu librement dans une galerie à la profondeur de 774 pieds ; à la même profondeur un autre thermomètre fut enterré dans le roc, et un quatrième dans la veine métallique. Le roc est une argile schisteuse durcie , et le Glon consi.ste en rognons de cuivre pyriteux empâtés dans une gangue quartzeuse. La moyenne des indications thermométriques pendant onze mois , a été

comme suit :

A 7T4 yieds de profondettr.

AU surface. Dans l'air. Djot la roche. DaaalefiloD.

FR P R. KR FR

Moyenne 50«,()26(8«,*01) 57«,i76(11«,'l5) 57«,369(ll«,2)57«,915(ll«,65)

Maximum 58,25 Mî») 58,51 (12,25)58,5

Miuimum 56<> (10,7) 56,50

Si Ton suppose qu'à la profondeur de 100 pieds la température solaire cesse d'exercer aucune influence, que Ton regarde la température moyenne de la roche comme exprimant la moyenne température du sol à cette profondeur, on aura un accroissement de 7^,343 F. pour 674 pieds, soit 1® F. par 91 pieds de profondeur. Cet accroissement est de moitié moins considérable que celui que Ton a déduit d'un grand nombre d'observations faites en Angleterre , et q^ui ont donné une augmentation de 1^ F. pour 45 ou 60 pieds. Mr. Oldham a aussi signalé un décroissement de température qui eut lieu pendant la durée des observations, la moyenne thermométrique dans le rocher ayant été de 57*^,718 pendant la première moitié du temps qui. y a été consacré, et 57'',004 seulement pendant la seconde, laissant une diminution de 0,674, quoique le nombre des ouvriers eût été augmenté et quelexploitation fût plus active sur la On qu'au commencement. LM.

BULLITIN SGIBIIT1P1(^UK. 175

6. — Sur le principe asier de certaines plantes , par Mr. Peretti, de Rome ; lu è TAssoe. brit. des Sciences siégeant à York.

D'nprës l'auteur, la plupart des ve'gétaut amers qui ne doivent pas leursaveurà une ba.<«e organique contiennent une résine unie à un alcalin Cette combinaison est détruite par une grande quantité d'eau, par les acides et par les sels terreux. L'auleura retiré le principe amerdu quassia, de la gentiane, du café, de la bile, etc. Le plus remarquable est celui qui se rencontre dans l'absinthe (^bsinthium romanuni) qui est un remède très efficace dans les irritations graves de l'e.^lomac, et est en particulier très-utile, soit pour prévenir, soit pour arrêter le mal de mer, lorsqu'on le prend à la dose d'une demi-once en solution. Tous ces amers ont été reconnus être des résinâtes alcalins. Les résines , comme celles de jalap, de gaïac sont, d'après l'auteur, des birésinates alcalins ; les gommes résines, des résinâtes et birésinates de potasse en

combinaison avec des résinâtes de chaux et de magnésie.

7. — Analyse chimique de l'eau thermale des Bains de l'hôtel des Alpes a Louècbe^ par Mr. le prof. deFellenberg. Lausanne^ 1844.

Quelques sources de Teau thermale de Louèche en Valais, jusqu'ici non utilisées, ayant été réunies et appliquées à un nouvel établissement de bains, il devenait intéressant de s'assurer par Tanalyso que leur eau avait la même composition que celle des autres sources ther* maies de cette célèbre localité. .

La température de Teau des nouvelles sources réunies a été trouvée êlre en moyenne de 39^ R. L'eau n'ayant pu être, analysée sur place, les gaz qu'elle contient n'ont pas été examinés.

Sur une grande quantité d'eau, réduite par l'évaporation sur les lieux mêmes à un soixantième de son volume, l'auteur a recherché sans succès la présence des acides phosphorique et borique, du fluor, du brome et de la litbine. Il y a trouvé des traces de nitrates en faisant digérer les sels obtenus, mêlés d'acide chlorhydrique, sur de l'or en feuilles ; la liqueur précipitait légèrement en pourpre avec le chlorure d'étain. Au moy/^n de l'amidon, il y a constaté aussi la présence des iodures en très-petites quantités.

17( BCLLKTIK SCIEHTItlQUB,

Par évapora tîon» dix mîlle grammes d'eau doniièreDt en moyenne^ sur deux essais, 20,295 grammes de matières solides. L'oxide de fer s*étall se'pare' pendant le transport et fut retrouvé en lavant les bou* teilles et les bouchons avec de l'acide cblorhydrique faible, et en précipitant la solution par Tammoniaque.

Après avoir, par les méthodes ordinaires, séparé les acides et les bases contenues dans Teau minérale, et réunissani ensuite par le calcul ces éléments, comme ils paraissent avoir été combinés, l'auteur % trouvé le résultat suivant pour dix mille grammes d'eau :

Sulfate de chaux 15^385

-«- de magnésie • • . . . 2,583

— de soude 0,637

— de potasse 0, 1 55

— de strontîane 0,035

Chlorure de sodium 0,083

— de calcium traces

— de magnésium . . . 0,211 Carbonate de chaux 0,537

— de magnésie. ... 0,107

— de protoxide de fer. 0,043

Silice 0.334

Nitrates et iodures traces

L'analyse faite en 1829, par MM. Brunner et Pagenstecher, de l'eau de la source de Saint-Laurent à Louèche, présente exactement les mêmes substances que celles que l'auteur a trouvées, et dans de9 proportions très-semblables. Il est donc naturel d'en conclure que les nouvelles sources et les bains de l'Hôtel des Alpes qu^elles alimentent ont la même composition chimique que les autres sources thermales de Louèche, et auront les mêmes eiïets médicaux.

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