BULLETIM SClKHTIFlf^OB
du sel de Glaaber natif, qaî ne renferme pas de sulfate de chaux, mais contient, outre le sulfate de soude, du carbonate et du muriate d« cette base et du carbonate de cbaux.
La glaube'rite s*est rencontrée dans la province de Tarapaca au Pérou, dont nous avons donné la description dans ce recueil , et qui est si remarquable pour la grande quantité de couches de nitre (ni* trate de soude) qu'on y rencontre. La glaubérite s'y trouve en peiiu cristaux quelquefois ternes, d'autres fois très-brillants , empâtés dans une substance minérale quon a nommée Hajrésine ^ du nom de Mr. Hayes qui Ta découverte. La hayésine est un très-beau minéral d'apparence soyeuse et fibreuse, et qui consiste en borate de chaux.
Les formes cristallines de la glanbérite trouvée à Tarapaca sont exactement les mêmes qui se sont rencontrées à Villa Rubia en Eapa* gne, et la composition parait être identique.
La glaubérite de Tarapaca contient :
Acide sulfurique . . . 57,220
Soude 21,324
Chaux 20,680
Fer 0,444
La glaubérite d'Espagne est composée de :
Sulfate de chaux anhydre. . 49 5ulfiate de soude sec .... 51
Lorsqu'on traite à l'eau froide et avec précaution la glaubérite de Tarapaca, on parvient à dissoudre presque tout le sulfate de soude, et la forme des cristaux n'en est point altérée, les angles restant aussi nets qu'auparavant. Ils sont alors d*un blanc de neige et ressemblent à de l'albâtre ou sulfate de chaux grenu. Il est bien évident que si l'on eût rencontré dans la nature des cristaux d'albâtre ayant la forme de la glaubérite, on eût cru y \oir un pseudomorphisme de quelque minéral remplacé par le sulfate de chaux. Il est donc important de faire une étude approfondie du pouvoir dissolvant des eaux naturelles et des gaz qu'elles peuvent contenir dans tous les cas de pseudomorphisme, et peut-être les difficultés que paraît présenter leur formation en seront souvent aplanies. I. M.
BULLSTIH SCIKIITIFIQUB.
10. — Analyse des calcaires du Yorkshirb, par Mr. Jounstonb; lu k TÂssoc. britaDD. des Sciences siégeant à York.
Les quatre formations qui ont fourni les c'cbantillons calcaires analysés sont le calcaire alpin, le calcaire magnésien, Toolite et la craie. Le calcaire alpin est dur, de couleur gris sombre ; sa cassure est concbolde ; sa pesanteur spécifique 1,70. Il a donné à l'analyse :
Acide carbonique. 43,00
Cbaux 55,50
Matière étrangère. 1,50
Il contient, en conséquence, 98,50 pour 100 de carbonate de cbaux pur.
Le calcaire rosgnésien inférieur se trouve immédiatement audessus du terrain houiller. Il est blanc jaunâtre, et sa cassure est terne et terreuse. Sa pesanteur spécifique est de 2,64. Il contient :
Acide carbonique. ... 46
Cbaux 35,04
Magnésie 17,50
Oxide de fer rouge . . . 0,90
Matière insoluble . . . . 0,50
Perte 0,06
Ce calcaire contient donc 6if,32 pour 100 de carbonate de cbaux, et 36,75 pour 100 de carbonate de magnésie, composition qui se rapproche extrêmement de celle de la dolomie, qui contient un atome de chacun de ces de«x sels.
Le calcaire magnésien supérieur est au-dessus du précédent, et im-
nédiatemenl an-dessous du grès bigarre. Sa pesanteur spécifique est
2,64. Sa couleur est le gris brun , et sa structure est plus dure que
celle du précédent. Il contient :
Acide carbonique. . . . 42,35
Chaux. 51.61
Magnésie trace
Oxide de fer rouge. . . 1 ,42
Matière insoluble .... 4,50
Pcite 0,12
182 liULLETlII dCIENTlFItUB.
Le calcaire oolîtîque est jaune blanchâtre; îl est compose d'une grande quanlilé de petits grains arrondis comme des œufs de poisson. Sa pesanteur spëciGque est 2,59. II a fourni à l'analyse:
Acide carbonique. . . . 44,35
Chaux 63,53
Oxide rouge de fer . . . 0,69
Matière insoluble .... 1 ,26
Perte 0,17
La craie est blanche, tache les doigts, se coupe au couteau, etc. Sa
pesanteur spécifique est 2,55. Elle contient:
Acide carbonique. ... 43
Chaux 55,42
Matière insoluble. . . . 1,10
Pcile 0,48
Toutes ces i^ariëte's de chaux, à l'exception du calcaire magnésien supérieur, paraissent, par la proportion de carbonate de chaux qu'elles contiennent et par l'absence de la magnésie,' propres à servir d'engrais d'amendement pour les besoins de Kagnculture, et ils ont été employés dans ce but. On a cependant remarqué que des calcaires, dont la composition était la même en apparence, avaient des effets très-différents pour l'amendement des terres. Les conséquences nuisibles du calcaire contenant de la magnésie sont connues, et il a été suggéré, quant aux autres, que plusieurs variétés contenaient du phosphate de chaux qui, étant soluble dans les acides, échappait souvent à l'analyse. On a dit aussi que le degré d'oxldation du fer dans les calcaires pouvait expliquer les différences d'effet qu*lls présentaient, et des faits ont été cités qui ont démontré que des marnes ou argiles provenant de la même carrière avalent été tantôt utiles, tantôt nuisibles à Tagrlculture, selon que le fer qu'elles contenaient était plus ou moins oxldé.
11. — Sur les ossbvbnts fossiles TRoutBS dans les caternbs du
BRBsa.
Mr. le docteur Lund, de Copenhague, en parcourant la province de Minas Geraès, au Brésil, a principalement porté son attention sur les restes fossiles qui se rencontrent dans les roches calcaires de cette ré-
BULLITIN SCIINTlFlf^UE. 18&
gîon. Il a consigne le rdiulUi de ses recherches dans un- ouvrage en langue danoise qu'il publie en ce moment sous le titre de : Fues ^urla nature des êtres </ui ejpistaient au Brésil^ dans les temps qui ont immédiatement précédé ta présente époque géologique. Un extrait des conclusions de cet ouvrage a été eu même temps adressé par lui à la Société historique et géographique du Brésil, dont il est membre honoraire.
il commence par traiter la question de Tesistence de V'hommCf en tant qu'elle aurait été contemporaine de celle des animaux terrestres dont les espèces sont perdues. Dans- l'ancien monde , quelques faits, en petit nombre, semblent résoudre la question dans le sens affirmatif, et beaucoup d'autres amèneraient une solution contraire. L'auteur, qui s*était beaucoup occupé de recherches de ce genre en Europe, n'avait pu arriver à aucune opinion tranchée, mais il a été plus heureuxrau Brésil. Selon lui, les archives zoologiques de l'histoire des révolutions récentes de notre planète se retrouvent conservées dans les cavernes des rocs calcaires qui forment un des membres constituants principau» des terrains les plus étendus de l'intérieur du Brésil. Les animaux dont on y retrouve les restes sont, pour la plupart» différents de ceux qui vivent encore à la surface du. sol, et toutdémontre qu'ils, appartenaient à une autre création»
L'auteur a déjà examiné plus de 200 cavernes. Les espèces d'animaux de la seule classe des mammifères , qu'il a déterminées, s'élèvent à 1 1 5 ; elles dépassent ainsi notablement le chiffre des espèces actuellement existantes de cette classe , chiffre que l'auteur réduit
Il est probable, d'après l'état de mutilation dans lequel les restea^ d'animaux se rencontrent ordinairement^ qu'ils ont été introduits dans les cavernes par les bêtes fauves carnassières de cette époque, qui les habitaient et dont ils faisaient la nourtiture. Les cavernes ne lui ont d'abord offert aucun vestige de l'existence de l'homme, et en effets il pouvait paraître difficile de comprendre comment l'homme aurait» pu échapper aux gigantesques et féroces carnassiers de cette époque qui faisaient leur pâture d'animaux bien plus.forts que lui. Mais cette conclusion, naturelle à tirer de cette espèce de témoignage négatif, fut* ébranlée par la découverte que fit l'auteur, dans une caverne, d'osse^ ments humains mélangés avec des débris d'espèces évidcQimenl perdues^
184 BULliKTlB SClF.ATlFIf^UK.
Ilfl s'y lrou> aient a\(c des os de Piatjonyx BuckUmdii^ ChUw^do^ therium ffutiiboUtn\ Chlamjrdolherîum minus , Dasypus sulcaius, Jfydrochaerus sulcidens, etc. Ils ont d'ailleurs tous les caractères dea 08 fossiles. Ils sont très-pesants, en partie pétrifiés et en partie pénétrés dWide de fer qui leur donne un lustre métallique semblable au bronxe. Ces os sont dans des états divers de conservation: quelques-uns semblent à peine différer des os récents, tandis que d'autres offrent l'apparence presque métallique dont il a été fait mention. Le plus grand nombre se trouvent duns des états intermédiaires entre ces deux eitrêmes. Ces différences s'expliquent par la position de la caverne, qui est située au bord d'un lac dont les eaux, s'élevant cbaque année dans la saison des pluies, peuvent y pénétrer. Il est donc possible que dea restes d'animaux encore existants aient été introduits, par ce moyen, dans la caverne, et se soient mélangés avec ceux des animaux primitifs. Les ossements humains présentent aussi entre eux des différences, beaucoup moins prononcées ,J1 est vrai, et qullndlquent également qu'ils ne sont pas tous de la même époque,. quoique d'une antiquité très-reculée. Pour apprécier cette antiquité, l'auteur rappelle qu'en Europe les ossements fossiles des grands mammifères qu'on y rencontre sont la seule preuve de leur existence, qui doit par conséquent remonter au delà des temps historiques. Or, si l'on applique la même règle à ceux. du Brésil, Il faut admettre qu'Us ont vécu 11 y a plus de trente siècles, et comme les ossements humains avec lesquels leurs restes se trouvent mélangés présentent les mêmes caractères de fossilisation , Us doivent avoir la même antiquité.
Dans d'autres cavernes, le docteur Lund a trouvé d'autres ossements humains ayant les caractères d'os fossiles, tels que l'absence complète de gélatine, une cassure poreuse et une giande fragilité. Mais ils n'étalent point accompagnés d'ossements d'animaux , et quoiqu'ils démontrent la grande ancienneté de la race humaine sur le continent américalOf Us n'établissent point d'une manière absolue sa contemporanélté avec les races perdues de mammifères.
Les recherches de l'auteur se sont dirigées sur les moyens de reconnaître les caractères que présentaient les ossements humains qu'il a découverts dans les cavernes du Brésil. Quelques c ânes, plus ou moins bien conservés, lui ont démontré , par les dimensions étroites du front, par la proéminence des os zygomatiques, par Tangle facial, par
BULLBTm 8C1KIIT1PI(^UK. 185
It confformarion maiilUire et orbitale» qu'îUtvtieotappartenuk la race américaine. Cette race, qui est celle qui se rapproche le plus de la race inotigole, s'eo distingue principleroent par une plus grande dépression du front. Or, les crânes fossiles du Brésil présentent à un baut degré cette conformation particulière de la race américaine, et elle va même en quelques cas jusqu'à une complète disparition du front.
On peut donc en conclure que les peuples dont on retrouve ainsi les restes antiques, étaient précisément de la même race que ceux qui occupaient le pays au moment de la conquête. On trouve, en effet, sur les monuments anciens de Mesiico des figures humaines scMilptécs, qui présentent cette singulière conformation de la lêie dans laquelle le front n'eiiste point et le cr&ne se rejette en arrière immédiatement au-dessus des sourcils. Celte anomalie, qui est généralement attribuée soit à une difformité artificielle de la tète, soit à un caprice de Tartiste , pourrait recevoir une autre explication, puisqu'il est prouvé qu'il a existé une fois en Amérique une race d*hommes ayant cette conformation afiomaie du cerveau. Il est évident, d'après les opinions des craniologisles, que des êtres humains ainsi constitués ne pouvaient occuper un rang bien élevé dans l'échelle inlellecluelle. Ceci paraît confirmé par la découverte d'un instrument trouvé parmi les squelettes. Ce n'est qu'une pierre grossièrenhînt arrondie, et de dix pouces de circonférence, qui parait évidemment avoir été employée à broyer des graines ou quelque autre substance dure. Les squelettes humains étaient d'ailleurs des deux sexes et eh général de la hauteur ordinaire, quoique deux d'entre eux appartenant au sexe masculin présentassent une stature au-dessus de la moyenne.
D'après les informations données par Mr. Strain , officier américain à qui l'on doit l'envoi de la lettre du docteur Lund à l'Académie de Philadelphie, les ossements fossiles ne se rencontrent pas seulement dans la province de Minas Geraès, mais encore dans celle de Bahia et près de Canlo Gallo, à trente lieues dans les terres de Rio-Janeiro.
Il manque dans les faits énoncés ci-dessus des renseignements importants, tels que la disposition des ossements dans les cavernes, b nature des débris pierreux qui les accompagnaient , la manière dont l'ouverture de la caverne s'était obstruée, etc. Ces renseignements pourraient seuls faire juger de la probal.ilité que les ossements humains, trouves au Brésil, sont bien contemporains de ceux de mammifères
186 BDLLSTIH SCIRUTIPIQOB.
d*espèce8 perdues avec lesquels on lésa trouv<5s. Onsaîl que quelques géologues, quî ont fait connaître Tcnîstence d'ossements humains dans les cavernes du midi de la France, ont cru pouvoir conclure, après un examen approfondi des circonstances spéciales dans lesquelles ces ossements se présentaient , qu'ils étaient bien contemporains des animaux d'espèces perdues avec les restes desquels ils étaient mélangés. D*un autrecôté, Mr. Tessier, qui a donné une description de la caverne de Mialletfdans le département du Gard, croit pouvoir en conclure que la caverne a été d'abord habitée par les ours d'espèces perdues seuls, puis par l'homme encore peu avancé dans les arts de la civinsation, et enfin par les hommes de l'époque romaine ; et quoique, dans un point de la caverne, les ossements humains se trouvent mélangés avec des os d'ours, il regarde ce mélange comme purement accidentel.
Les géologues attendront la publication de l'ouvrage même du docteur Lund et les détails qu*il contiendra sans doute sur ses découvertes , pour juger avec plus de sûreté de la justesse de ses conclu- •ions. 1. M.
12. — Sur la morphologie du ststèhe reproducteur des sertulaires
ET SON analogie AVEC LES PLEURS DES VÉGÉTAUX » par Mf. le prof.
£. FoRBES ; lu k rAssociation britaun. des Sciences siégeant à York.
A un certain moment de la vie des sertulaires, zoophytes qui sont des êtres composés ressemblant aux plantes, formés d'individus qui se nourrissent séparément et qui, indépendamment de leur vieparticulière, p'rennenl part à la vie commune, on voit apparaître sur l'axe ou sur les branches des corps particuliers. Ces corps présentent des formes variées mais toutes différentes de celles des autres parties de l'ensemble : quelquefois c'est la forme d'une urne , d'autres fois celle d'une gousse, et après quelque temps, on y voit se former des œufs. Ce sont les vésicules ovigères des naturalistes, et leur nature véritable n'a pas encore été reconnue. Mr. Forbcs pense que ces corps sont des branches de plusieurs individus qui ont subi une métamorphose comparable à celle qui a été décrite par Linné et Goethe comme ayant lieu dans les organes floraux. Il suppose que la vésicule ovigère est le produit d'une branche arrêtée dans son développement individuel , dans laquelle l'axe spiral a été raccourci , et les individus ou estomacs parti-
htthwnn ecimifii^iiB. 187
cullert ont ëië cbangés en membranes ovipares, les cellules s'unîs«iRi pour former la capsule prolectrîce ou le germe. Celle mëUmorphose serait exactement comparable à celle qui a lieu dans les organes reproducteurs d*une plante à fleur dans laquelle le boulon floral , après avoir e'Ié primitivement une branche recouverte de Icuilles, organes respiratoires arrangés en spirale, forme les diverses portions de la fleur par la contraction de Taxe, par l'enroulement des individus portés sur cet axe et leur transformation. En preuve de sa théorie, Tauteur a soumis les vésiciiles ovigèresdes sertulaires à une analyse approfondie, en prenant pour type la vésicule en gousse des Plumulari/i, qui est généralement regardée comme la plus compliquée , mais qu'il consi* dère, au contraire, comme la plus simple. 11 montre que les six classes de formes qu'elles présentent peuvent toutes s'expliquer par sa théorie, qui reçoit d'ailleurs une autre conûrmation par queh|ues monstruosités qu'ont quelquefois présentées les zoophytes.
Faisant application de ces principes à la classification xoologique, l'auteur propose le démembrement des genres Sertuiaria et PtumiUa-' ria^ et la séparation de la famille des sertulaires, d'avec les hydres et les tubulaires, puisqu'elle forme un ordre égal en valeur à ces deux familles réunies. Les xoophytes formeraient ainsi quatre ordres, dont ces deux familles constitueraient chacune un, les polypes hélianthoîdes et astéroïdes les deux autres. I. M.
13. — Sur l'ajustement % par sir David Breitster; lu h rAssociation britannique des Sciences siégeant à York.
L'auteur, après avoir donné une esquisse des opinion) diverses des physiciens sur la cause à laquelle 11 faut attribuer la remarquable propriété que possède l'oeil, de produire la vision distincte ë des distances focales différentes, a signalé un fait optique nouveau qui se rapporte à ce sujet, et qui peut, selon lui, mettre sur la voie de la véritable explication du phénomène. Lorsqu'on place un objet è une distance telle de l'œil, qu'il ne poisse être vu distinctement, la vision distincte de cet objet sera instantanément obtenue si l'on dirige son attention sur quelque objet Intermédiaire entre Vœil et le premier objet. Mr. B. est
* Voir sur ce ffojel BM. Umv., jaoTier 1836, (vol. 1) page 211.
188 BOLLET» 8ClBeiTIFl(^UB.
dispose à penser que cet effet est produit parce que TomI est ainsi forcé
à voir Tobjet comme s'il était affecté de strabisme.
Le professeur J.-D. Forbes a énoncé une théorie de rajustement différente de celles qu'on a proposées jusqu'ici, et qui lui paraît ne pas donner lieu aux mêmes objections. Il suppose que le cristallin est librement suspendu au milieu de fluides susceptibles de faire subir une pression hydrostatique uniforme à tous les points de sa surface. Cette pression résulte d*un effet volontaire que peut avoir senti tout individu qui est appelé à changer ' brusquement la distance focale des objets qu*il cherche à voir. Celte pression est exercée par les muscles droits sur Textérieur du globe de l'œil, et communiquée à chaque partie de son contenu. Une semblable pression doit tendre à raccourcir la distance focale du cristallin. Le cristallin est-composé d*un noyau sphéroïde dense, entouré de couches gélatineuses plus tendres, qui lui donnent sa forme lenticulaire. Si Ton suppose que ces dernières sont plus compressibles, il est évident que les diamètres horizontal et vertical de la lentille seront diminués par la compression, tandis que son épaisseur dans le sens de Taxe de vision» non-seulement demeurera probablement sans changement , mais pourra même être augmentée. Ainsi sera accrue la courbe de la surface réfringente et partant le foyer sera raccourci. L M.
14. — Db l'asphtzie, par Mr. Eeichsbn; lu h l'Associât, britann. des Sciences siégeant a York.
L'auteur, après avoir passé en revue les différentes théories émises sur les causes de l'asphyxie et exposé ses propres expériences, est arrivé aux conclusions suivantes: 1° Que quoique la continuation des mouvements respiratoires ail quelque influence pour maintenir la circulation dans le poumon, leur suspension est loin d'être la seule cause ni la plus importante de la cessation de la circulation. 2^ Qu'une des causes les plus influentes de celte cessation est la diminution de force et de fréquence des contractions du cœur, résultant de l'altération du sang qui pénètre dans ses cavités musculaires. Cela devient évident par le fait qui résulte de Texpérience , que lorsqu'on maintient la vigueur des contractions du cœur en y faisant arriver du sang artériel, il continue à pousser du sang veineux au travers d'un poumon qui a
BULLETIH SCIEHTIFIQOB. 189
cessé de respirer. 3** Que robstruclion que reiiconlre la cîrculatîon générale et pulmonaire provient de ce que le sang veineux excite la contractîlîté des petits vaisseaux artériels et pulmonaires qui lui refusent admission. 4^ En conséquence de tout ceci, qu'il y a une triple cause à la cessation de la circulation dans l'asphyxie : la suspension des mouvements respiratoires, l'affaiblissement de l'action du cœur et la con* traction des petits vaisseaux sous l'influence du sang veineux.
L'auteur a examiné ensuite les moyens d'arrêter les effets de l'asphyxie. Il s'est, en particulier, assuré par un grand nombre d'expériences que si Ton établit une respiration artificielle même après que le cœur a cessé de battre, les cavités gauches de cet organe se remplissent de sang artériel, la congestion des poumons diminue , et l'artère pulmo^ naire se vide sans même que l'action du cœur ait recommencé. Si l'on emploie, pour la respiration artificielle, de l'oxîgène , tous ces effets sont beaucoup plus rapides , et l'auteur affirme avoir, par ce moyen, rétabli la circulation après toute cessation des contractions des ventricules. L'insufflation de ce gas devrait, en conséquence, être essayée dans tous les cas d'asphyxie où les autres moyens ont échoué.
15. — Sur la liquéfaction des gaz ; lettre de Mr. Faradai h Mr. Dumas. (Extrait des Annales de Chimie et de Physique, janvier 1845.)
Je vous remercie de l'intérêt que vous portez h mes expériences. Quoiqu'elles m'occupent depuis six mois, elles seront bicnlêt rapportées. Vous vous souvenez des expériences de Mr. Aimé ( Annaleê de Chimie et de Phjrs., 3"" série, tome YIII, p. 257), qui fit parvenir ao fond de la mer divers gaz, ainsi soumis à une grande pression. Les résultats obtenus ne pouvaient pas être observés dans l'état de compression, et ils furent obtenus d'ailleurs à une température ordinaire. Vous vous rappelez aussi les expériences de Mr. Cagniard-Latour sur Téther, par lesquelles il prouve qu*à une certaine température les liquides se transforment en vapeur sans changer de volume.
Or, ai ce point de liquéfaction est, comme il le paraît être, le plus bas possible avec les corps les plus, volatils et les plus légers existant comme gat, il n'y a que peu ou pas d'espoir de liquéfier des substances l'hydrogène, l'oxîgène ou l'azote à aucune pression tant qu'ils
190 Bl/LLBTfH SCIBRTlFMtUK,
seront maintenus à des températures ordinaires, car leur point de Itquëfaelion est Irës-probablement au-dessous de la température ordinaire, ou même d'une température considérablement abaissée. Yous avez par là la clef de ma manière d'eipérimenler. J'ai cherché d'abord à obtenir une température très-basse, et, à cet effet, j*ai employé le bain d'acide carbonique solide et d'étber de Mr. Thilorier ; mais je m'en suis servi en le plaçant soos le récipient de la machine pneumatique. En y maintenant un vide continuel, j'abaissai tellement la température, que l'acide carbonique du bain n'était pas plus volatil que de l'eau à la température de 30 degrés centi- {jrades, car le. baromètre de la machine pneumatique était ï 28f2 ponces, le baromètre extérieur étant h 29,4.
Cette disposition terminée , j'ajustai ensemble, au moyen de bouchons et de robinets, de petits tubes de verre et de cuivre, de manière qu'avec le secours de deux pompes je pus forcer et comprimer différents gaz à une pression de 40 atmosphères, el en même temps les sounieltre.au froid intense obtenu sous la machine pneumatique et en examiner les effets. Comme je m'y attendais , le froid produisit plusieurs résultats que la pression n'aurait jamais pu donner, et principalement dans la solidification des corps ordinairement gazeux. Je vous donne à la hâte ces divers résultats.
Vous vous rappelez les gaz qui ont déjà été condensés, et vous y avez, je crois, ajouté l'hydrogène arséniqué ; il est probable, d'ailleurs, que Mr. Aimé a condensé le gaz oléfiant et l'acide flaosilicique.
Voici mes derniers résultats : ^
Le gnz oléfiant est condensé en un beau liquide clair , incolore, transparent, mais il ne s'est pas solidifié ; il dissout les corps résineux, les corps bitumineux et les corps huileux.
L'nciiie' j J, iodique pur peut être obtenu, soit à Tétat solide, soit à l'état liquide. h*acûie hj'driodigue solide est très-nrlair, incolore et transparent, en général avec quelques fissures qui traviprsent la mçsse; il ressemble beaucoup à de la glace.
Uajidf hj (iiobromique peut aussi être obtenu, soit en liqueur lim« pide et incolore, soit en un corps solide, clair et transprejit.
Ces deux acides exigent une distillation très-soignée, dans des vases clos, et sous une forte pression, pour être obtenus purs et incolores.
V acide Jluotilicique a été condensé à l'état liquide ,mais il Ciol
BULLETIN 8CIBHT1F1(^UB. 191
opérer à la plus basse température. Il est extrêmement Hquîde, et roo* bile comme de Féther cbaud. Il produit alors une pression de 9 atmosphères environ, et ne donne aucun signe de solidification. Il est transparent et incolore.
L'acide Jîuoborique et Vhydrogène phosphore m'ont présenté quelques résultats de condensation.
h^ acide chlorhjrdrique se liquéGe aisément, ^ moins de 1 atmosphère de pression, mais il ne se solidifie pas.
U acide sulfureux gèle de suite, comme il (allait s'y attendre.
"L'hydrogène sulfuré àQ\\tiï\. solide, et constitue alors une masse blanche transparente cristalline, ressemblant plutôt à du nitrate d'ammoniaque congelé ou à du camphre qu'à de Teau congelée.
L'acide carbonique^ lorsqu'il passe ainsi de IVtal liquide à l'état solide, sans être disperse en neige, constitue une très-belle substance, transparente comme du cristal, de sorte que j*ai douté pendant quelques instants si le tube qui le renfermait était vide ou plein, et j'ai même été obligé, pour reconnaitre la présence du corps solide, d'en fondre une partie. L'acide carbonique solide exerce une pression de 6 atmosphères, ce qui m'a prouvé combien facilement l'acide carbonique liquide doit devenir solide lorsqu'il est lâché à l'air libre.
L'oxide de chlore est une belle substance cristalline rouge-orangé, très-friable ; elle ne présente aucun indice de puissance explosive.
Le protoxide d'azote est un des gaz que j'avais déjit condensés autrefois. J'ai vu, dans les journaux, que iMr. Natterez a répété mes expériences en employant une pompe pour la compression, et qu'il a obtenu le liquide & l'air libre. Je Tai également condensé en un liquide, au moyen de ma pompe; mais, de plus, je l'ai solidifié par le bain froid. Il constitue alors un beau corps cristallin transparent ou incolore ; mais, dans cet état, sa vapeur ne fait pas équilibre à la pression de 1 atmosphère, et ce résultat s'accorde avec une autre expérience dans laquelle, ayant ouvert un vase contenant ce liquide, une partie s'en est évaporée, a refroidi le reste, niai& ne l'a pas solidifié. Le froid produit par cette évaporation est très-grand, ce qui a été prouvé en mettant le tube et son contenu dans un bain d*acide carbonique solide et d'étherdans l'air. Ce bain, qui gèle d'une manière si instantanée le mercure , s'est comporté comme l'aurait fait un vase rempli de liquide cbaud, et à l'Instant il a fait violemment bouillir le
192 BULLETIN SGIKBITIFIQUB.
proiosîJe (l'aiote. D'après cela, je me dispose à employer le protoiide d'axole lîqoîde pour de nouvelles expérîences sur Thydrogëne» loxigène et l'azote ; car, en plaçant un baîn de ce protoxîde liquide dans une machine pneumatique, et en expulsant l'air et le gax, nous pou- Tons placer le bain de protoxîde relativement à celui d'acide carbonique dans le vide dans le même rapport que ces deux bains observent dans Tair.
Le cyanogène gèle, comme l'a déjà prouvé Bussy.
L'ammoniaque , parfaitement pure et sèche , peut être obtenue comme une substance solide, blanche, cristalline et transparente, plus pesante que l'ammoniaque liquide, et ayant très-peu d'odeur à cause de la faible tension de sa vapeur à cette température.
L'hydrogène anéniqué et le chlore ne passent pas de l'état liquide à l'eut solide.
L'alcool devient épais comme de Thuile froide» mais ne cristallise pas, non plus que le caouichène, le camphène et l'huile de térébenthine ; mais ces corps deviennent visqueux.
Le bioxide d^ azote et Voxide de carbone n'ont donné aucun signe de liquéfaction à la plus basse température et à une pression de 30 à 35 atmosphères.
Tout en faisant ces observations générales, j'ai déterminé beaucoup de nombres relatifs au point de fusion de cea divers gaz, à leur tension à diverses températures , etc. Ces nombres trouveront place dans le Mémoire que je prépare â ce sujet, et où j'espère avoir quelque chose de nouveau à dire sur l'état que l'oxigène, l'asote ou l'hydrogène peuvent affecter en passant à l'état liquide. Ce dernier corps se montrerat-il sous la forme métallique, comme vous le penses? L'aiote sera-t-il un métal ou bien conservera-t-il sa place parmi les corps non métalliques? C'est ce que l'expérience nous apprendra.
TABLEAU
mes OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES
FAITES A GENkVB PBWDAHT LB MOIS DB NOVBMBRB 1844.
OMIRTATIOMS
NOTEHBRE 1844. •— Obsbryatiors HiTÉdROLoàiavBs faites à mer, lat. A6' 12', long. 15' 16" de temps, soit 3» 49' à l'B. de
de Genèye, à 375 mètres au-
et
BAROMÈTRE
TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE
aiDUIT A Oo.
BM DBOais CBHTtGRAinS.
ih.
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Midi.
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