‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 67 sur 93 · LE MARIAGE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE

de la jnoraie^ le chrisliamsme ne fait que confirmer^ ëclaircir el sanctionner les prescriptions du droit naturel^ sans enchaîner davantage la liberté de Tbomme, a Tégard du mariage il va plus loin^ il impose à l'homme certains devoirs que la philosophie n*avait pu pressentir.

Confucius^ Zoroastre^ Epictète ont professé sur les rapports de justice qui existent d'homme à homme une morale fort pure ; Ulpien, Caïusy Papinien ont mis admirablement en lumière l'application des principes rationnels de la justice éternelle aux situations les plus compliquées par l'opposition des intérêts particuliers des individus vivant en société ; mais aucun de ces grands hommes n'a soupçonné la nature et la sublimité des rapports qu'il était réservé nu christianisme d'introduire entre le mari et la femme. Noug r/innierons méme^ avec une conviction chrétienne^ que non •seulement ils ne l'ont pas fait^ mais qu'il était rigoureusement impossible qu'ils ' le fissent ; parce que pour accomplir l'œuvre de la réhabilitation du mariage» et pour la faire accepter même partiellement aux peuples corrompus, il fallait exercer sur la société une influence plus qu'humaine.

Au reste^ livrant cette dernière observation au sourire dédaigneux des rationalistes, avec lesquels nous n'entendons point engager une polémique régulière, nous dirons encore que la philosophie de l'histoire , malgré ses imperfections comme science, montre clairement toutes les civilisations anciennes attaquées par un chancre rongeur dès qu'elles sont parvenues à un certain état de développement et de grandeur. Que la guerre, les arts ou le commerce aient porté un peuple de l'antiquité à quelque degré de splendeur et de bienêtre, aussitôt la corruption des mœurs se glisse à la suite de l'aisance et du luxe; elle consume lentement les forces du corps social, en épuise l'énergie, et prépare ainsi ces grandes catastrophes par lesquelles s'écroulent avec fracas les empires au sein desquels s'étaient jadis développées à l'aise l'industrie et la pensée humaine.

Page 1