‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 68 sur 93 · AU POINT DE VUE CHRETIEM · texte numérisé non relu

AU POINT DE VUE CHRETIEM

Les poètes laiins ont représenté^ dans des peintures énergiques j les misères de Rome victorieuse du monde entier , expi;)nt ses triomphes par les calamités qu'elle subit à la suite de ses dérèglements ' . Mais ce cas ne tient pas à une destinée spéciale de la ville des Césars. Toutes les civilisations antiques^ sans en excepter une seule^ ont péri par une cause semblable.

Aussi la doctrine du progrès continu et indé6ni au sein de

204 XE UARIACB

fondement enracinée^ ne peut être obtenu que par une seule voie^ l'abandon du Coran et l'adoption de l'Efangile. Ce code sacré peut seul avoir assez de puissance pour guérir une plaie si funeste. Mais que cette frappante leçon^ que nous avons soos les yeux^ serve au moins à nous faire apprécier la grandeur du bienfait dont TCurope est redevable au christianisme, qui maintient invariablement dans son sein le principe de la sainteté du mariage.

A cet égard. Ton doit remarquer avec admiration que le christianisme garantit la société moderne de maux tncalcula* blés en maintenant ce principe vital dans les intelligences, bien que, dans la pratique usuelle des nations chrétiennes, ce principe soit si souvent violé, si souvent méconnu, et que le nombre des mariages où les époux aspirent sincèrement et efficacement à réaliser le vrai type du mariage chrétien soit, comparativement k la totalité des familles, très-faible et très-restreint.

En effet, aux considérations que nous venons de développer on objectera, sans doute, qu'il n'est pas raisonnable d'attribuer une SI salutaire influence sur la civilisation moderne , à une doctrine qu'on enseigne dans les écoles chrétiennes, qu'on fait sonner bien haut dans les chaires évangéliques, mais qui, après tout, est si peu et si mal comprise par la généralité des hommes. Rien de plus rare, ajoutera-t-on, qu'un mariage réalisant le type vraiment sublime de l'union sainte, entre des époux chrétiens. Que sont d'ordinaire les mariages ? s'écrient de fou-> gueux novateurs. Ici c'est une affaire de passion, de caprice et d'entratnement passager. On s'unit sous Timpulsion d*unc impression fugitive qui ne peut durer, qui s'éteint d'autant plus vite qu'elle a été plus ardente ; et au moment où l'illusion se dissipe, on se trouve lié à jamais à une personne devenue tout à fait indifléfcnte à ce coeur même naguère si ardent ; on a tressé une guirlande de fleurs afin de s'en orner gaiement pour un jour de fête, et la loi sociale, cruelle et inexorable, la transforme, aussitôt en une chaîne d'acier, dont rien ne peut briser

Page 1