‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 83 sur 93 · OK À. -P. DE CANDOLLE · texte numérisé non relu

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qu'il portait aux établissements qui lui étaient confiés^ et Pardeur qu'il témoignait à protéger, à encourager les jeunes gens qui annonçaient des talents, et le noble désintéressement aTeo lequel il n'épargnait aucune dépense pour développer ses travaux scientifiques. »

Voilà ce qu'était Cuvier , suivant De Candoile ; voili ce qu'était De Candoile, au jugement de tous ceux qui l'ont

' Au moment où |e livre à Timpression celle deroiére page de ma notice sur De Candoile, Genève perd encore un de ses plus chauds et de ses plus fidèles aiqis, un citoyen modeste autant que déroué, et dans lequel De Candoile trouva toujours un zëlë coopérateur dans tout ce qu'il enlreprit d'utile. Mr. le prof. Boissier rient de mourir dans sa quatre-vin^-lroisième année, après soixante et un ans de professorat. La Société de Lecture, le Musée Académique, la Bibliothèque publique, la Société des Arts, l'Académie surtout forent constamment l'objet de son intérêt éclairé ; il se rencontra arec De Candoile dans son zèle, dans son activilé, pour fonder les deux premiers de ces établissements, pour soutenir et améliorer les autres. Aussi excellent par le cœur qu'aimable par l'esprit, il emporte en mourant ce que nous arions encore de traditions Tirantes de ce beau temps de Genève, dont il ne nous restera bientôt plus que le sotivenir.

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NOTE SUR UN APPAREIL DESTINE A MESURER LA FORCE EFFECTIVE DES MACHIXES A VAPEUR EMPLOTÉES COMXB MOTEUR DANS LA NAVIGATION, par Mr. Daniel Collation. (^Comptes Rendus de l'académie des Sciences , séance du It novembre 1844.)

Lorsque j'ai soumis au jugement de l'Académie ma non- .velle méibode, basée sur le relèvement des palettes combiné avec ta mesure de la traction horizontale du bateati^ pour ob* ' tenir, par des expériences faciles et sans dangers pour le na* Tire, la force effective des moteurs à vapeur et hi résistance ftbflolue ou comparative des carènes, MM. Coriolisj Poncelet et Piobert, rapporteurs sur mon travail, insistèrent sur l'utilité ; pratique de celte méthode pour les progrès de la marine à vapeur, et la recommandèrent' d'une manière très-spécîale ik Tat* lentîon de Mr. le Ministre de la Marine.

Depuis lors j'ai ajouté à ces recherches et simplifié les expériences p<ir rinvention d'un instrument que j'ai appelé balance dynamomêlrique des forces horizontales.

J'ai présenté, il y a un peu plus d*un an, cet appareil au jugement de l'Amirauté anglaise, et, au bout de six semaines, employées à discuter les bases d'un traité et à soumettre ma méthode et mon appareil au jugement de trois Commissions différentes et successives, mon' instrument a reçu l'approbation de ces trois Commissions, et j'ai obtenu une commande pour en établir un à poste fixe dans le dock des bateaux à vapeur du gouvernement, à Wooiwich, près du grand bassin de stationnement appelé &afsm du roi William, En considération de di* vers travaux commencés ou a faire près de cedock^ et par suite

APPAREIL DESTINE A HESURER LA KORCE^ ETC. 379

aussi de l'époque de mes cours è TAcadénire de Genève^ l'appareil ne devait être établi que dans l'automne de Tannée 1 814.

Cet instrument est maintenant terminé; conformément à la demande des lords de f Amirauté, il est capable de mesurer la force de tous les bateaux à vapeur à roue d'une force quelconque. Jusqu'à mille chevaux de pouvoir effectif, et il sera prochainement employé à mesurer la Torcè réalisée par les puissants moteurs de six cents à buit cents chevaux environ, que construisent pour le gouvernement, MM. Maudsiay et Fîeld, Miller Seaward, George Rennie, Fairbairn, etc.

Mon appareil a été essayé pour la première fois le 1 8 courant, en présence de MM. Lloyd et Murray, inspecteurs du département des bateaux à vapeurs, et d*autrcs ingénieurs royaux et ingénieurs constructeurs.

Celte expérience n*était qu'un essai provisoire destiné à exposer la méthode d'expérience, à démontrer combien elle est sûre et facile en pratique, et à prouver l'extrême sensibilité de l'appareil. Ce premier essai a obtenu l'entière approbation des personnes chargées de le diriger, et il a été jugé suffisant pour l'adoption définitive de l'instrument pour l'usage de la marine à vapeur du gouvernement.

L'Académie me permettra sans doute d'exposer en peu de mots comment étaient composées les Conàmissions qui ont eu à examiner ma méthode et mes appareils, et d'insister sur l'urbanité extrême et la promptitude remarquable avec laquelle mon invention a été discutée et approuvée par les Commissaires nommés pour l'examiner, et par le Conseil supérieur des lords de l'Amirauté.

Cette promptitude et ces égards mcriteni d'être signalés a l'estime et à la reconnaissance des hommes de science et des inventeurs, pour lesquels le temps est une chose précieuse, et qui, lorsqu'il s'agit pour eux de faire admettre des innovations utiles, sont si souvent éconduits ou rebutés parles lenteurs in- . terminables de quelques corps administratifs.

380 APPAREIL DESTINE A nESURER LA FORCE EFFECtiVE

La première Commission^ chargée d'examiner mon inTention^ était composée de sir Ed. Parry (le célèbre navigateur)^ chdf du département des bateaux à vapeur, et de MM. LloydeiMur' ray ingt^nieurs, inspecteurs du même déparlement. Leur rsipport ayant été favorable, le Conseil de l'Amirauté a nommé une seconde Commission composée de trois constructeurs célèbres, qui ont construit plusieurs grandes machines marines pour le gouvernement : Mr. Field, ingénieur de la maison Maudslay, et membre de la Société royale; Mr. tFilliam Faivbaîni, bien connu par ses éludes sur la construction des bateaux à vapeur, et Mr. Samuel Seatvard, qui a construit la belle machine de huit cents chevaux, à deux cylindres et à action directe, de /a Pénélope, Ces trois ingénieurs ont étudié avec attention la construction de mon appareil, et les données sur lesquelles est base mon procédé de mesure, et ils ont conclu à Tunanimité en fa* veur de cette méthode qu'ils ont jugée parfaitement sûre el bonne en pratique, et éminemment utite pour apprécier le mi* rite relatif des machines de différents systèmes, indépendam^ment de la forme des carènes, ainsi que pour obtenir des va* leurs de la résistance spécifique des carènes pendant leur mouvement dans Teau.

La troisième Commission n*a eu à discuter que le lieu le plus convenable pour le placement à poste fixe de fappareil, et le système de fondation que j'avais proposé pour la base de la balance à force horizontale.

En moins de six semaines, toutes les formalités préliminaires, les trois rapports successifs et la discussion des articles du traité relatifs à mes engagements cl à la somme à me payer, ont été terminés et la commande décidée. La plupart de mes lettres ont été répondues à un ou deux jours de distance ; et cependant les ingénieurs de TAmirauté, peu nombreux, sont surchargés de travail, et chaque année on leur présente plusieurs centaines d'inventions.

L'appareil que j'ai fait établir à Wooiwich n'a pas encoiv

DES nACRIMES A VAPRDR. 381

éié <lëcril. il se compose principalement d'une combinaison de leviers disposés de telle sorte que la force de traction horizonlaie du câble, provenaat de la traction du navire^ se transmet seule à l'appareil indicateur, et que, quel que soit le poids du câble d^attache ou la direction, plus ou moins inclinée de ce câble h son point de départ du côté de Tinstrument, indication reste constante si la force d'impulsion des paleiles ne varie pas.

Ainsi^par exemple, pendant une expérience d'essai, on peut suspendre un poids. considérable au câble de releniiie, on peut Tî^llonger ou le raccourcir, on peut même changer le niveau de Teau du bassin sur lequel flotte le anvire, et si la vitesse des roues n'a pas changé^ riostrumenl donne rigoureusement la même indication de traction^ avant et après ces changements.

De plus, l'appareil se dispose de lui-même dès que la puissance commence à agir dans la direction horizontale de la ligne de traction; cette position est toujours dans les conditions d*un 'équilibre stable. Lors même que la position du navire changerait pendant l'essai, l'appareil qui fait fonction de balance & l.evier conserve une sensibilité suffisante pour accuser des diffé* renées de traction d'un dix-millième.

Quoique les nombreux détails qui concourent à ces avantages principaux ne puissent être entièrement appréciés et compris que par Tinspection d'un plan, j'essaierai cependant d'en donner une description sommaire : La base sur laquelle tout l'appareil peseur est fixé et peut se mouvoir dans un plan bori« zonlal, se compose d*une colonne en fer forgé d'environ 35 centimètres de diamètre ; celte colonne est placée verticalement à peu de distance d'un bassin, et elle est maintenue par des fondations très-solides en fer et en béton. Sur la partie supérieure de cette colonne repose un support tournant, ou espèce de moyeu destiné h porter toutes les pièces de la balance à force horizontale.

Cette balance se compose d'abord d'un levier en é(|uerre, à bras inégaux ; la longueur de ces bras est délermin<ie par trois

382 APPAREIL DSSTIMÉ A HCSCttER LA l'ORCEj ETC.

couteaux; le plus long bras est horizontal, Taulre est rerticaf. C'est le couteau intermédiaire qui détermine l'axe autour duquel tourne le leYÎer. A l'extrémité du levier horizontal est suspendu un plateau de balance arec des poids, tandis que le couteau supérieur résiste i la force horizontale de traction du câble.

Le câble ne lire pas directement sur le tranchant du couteau supérieur. Sa force de traction s'exerce sur un crochet suspendu près du centre de figure d*un cadre horizontal, qui sert de communicateur de traction intermédiaire entre le câble et le couteau supérieur du le?ier.

Le cadre horizontal est soutenu dans cette position par quatre tiges verticales munies, à chacune de leurs extrémités^ de suspensions à couteaux. Ces liges aboutissent près des angles du cadre, et elles sont suspendues à deux montants, ou potences en fer fondu, fixés sur le moyeu.

La fonction de ces quatre tiges verticales, parfaitement mobiles, est de résister à l'action des composantes verticales qui proviennent du poids du câble d'amarre, ou de sa direction inclinée sur un plan de niveau ; par conséquent, le bras vertt* cal du levier n'est plus sollicité que par les seules composantes horizontales, qui ont la même valeur pour tous les points du câble d'attache, quelle que soit sa courbe, et qui sont égales et de signe contraire à la force de réaction horizontale produite par le mouvement des palettes.

J'ai déjà insisté précédemment sur une circonstance très-remarquable dans ce genre d'expériences : cVst 'que, lorsque les palettes ont été relevées et qu^elIes plongent toutes également dans le liquide, leur action intermittente ne produit pas cependant de vacillations sur l'appareil peseur. Ce résultat est dû à la masse considérable du navire qui est interposée entre les palettes et le câble d'amarre, et qui, en emmagasinant les variations de la force motrice des palettes, fait l'office d'un énorme volant et régularise la traction finale sur le câble.

ACTIOn DU CHARBON SDR LES SOLUTIONS fllETALLIQUES. 383

C'est cette interposition de la masse du navire qui permet . d'employer un appareil de balance i couteaux et à poids, en n'employant qu'un dynamomètre h ressort très-délicat pour compenser les faibles variations que produit rinégalitéduchauf-fage ou le système imparfait et intermittent du graissage des machines.

C'est un spectacle curieux que cette espèce de lutte qui s'établit pendant ces essais, entre l'action répétée et énergique des palettes d'un puissant navire a vapeur» et ta résistance calmC' et uniforme de mon appareil de balance qui mesure la valeur de l'impulsion à un demi-kilogramme près.

DE l'action du CHARBON SUR LES SOLUTIONS MÉTALLI- QUES, par Mr. A. Chevallier. (Comptes Rendus de l*Jcad., des Sciences, séance du 9 décembre 1844.)

On sait que la découverte de la propriété décolorante du charbon végétal est due à Lowitz, que celle du charbon animât fut annoncée par Kehis {Joiaiial de Physique, t793), et roieut appréciée par Figuier en 1810; enfin qu'elle a été le sujet de^ travaux d'une haute importance dus à MM. Payen, Bussy et Desfosses^ qui obtinrent, en 1 822, les deux premiers le prix, et la troisième la médaille d'encouragement décernés par la Société de Pharmacie de Paris.

En s'occupant de travaux sur le charbon, Mr. Payen reconnut que ce corps jouissait de la propriété d*enlever la chaux ei les sels de chaux aux liquides qui contiennent ces produits, lorsqu'ils étaient soumis à l'action du charbon.

Mr. Lassaigne reconnut plus tard (Journal de Chimie médi' cale, t. IX, p. 707) que le cbarbon mis en contact avec de l'iodure d*amidine et avec une dissolution d'iode, se combinait à

384 ACTIOH DU CHARBOV

l'iode^ l'enleTait aux liquides^ de façon qu'on ne retrourait pini de traces de ce corps dans les liquides traités par le charbon. Mr. Berzëlius s'est aussi occupé de l'action du charbon, et Toici comment il s'exprime h ce sujet : «e On n'a point encore examiné ayec tout le soin nécessaire quelles sont les substancei que le charbon sépare de leur solution dans l'eau, et quelles sont celles qu'il ne précipite point ; il parait, d'après les obaervations recueillies jusqu'à ce jour, qu'il agit sur les substances d'origine organique^ principalement sur les substancei colorantes et odorantes, telles que le bois de Femambouc, la cochenille, le tournesol, l'indigo dissous dans l'acide sulfurique, la couleur rouge du vin, la couleur brune qui teint lei dissolutions du salpêtre, du sucre et de l'acide succinique, les effluTCs fétides des corps en putréfaction^ les huiles empyreumatiques, celle de Teau-de-yie de grain et de diverses huiles volatiles végétales ; mais Graham a démontré que cette propriété 8*étend même jusqu'à des corps inorganiques; il a trouvé, par exemple, que le charbon précipite Tiode de sa solution dans l'iodure potassique, la chaux de Teau de chaux % le nitrate plombique neutre et tous les sous-sels métalliques sur lesquels il a opéré, de leur dissolution soit dans Teau, soit dans un mélange de ce liquide avec l'ammoniaque, et que la précipitation se faisait d'une manière tellement complète^ qu'il ne reste plus rien dans la liqueur ; au contraire, l'acide arsénieux et plusieurs tek autres ne sont pas précipités de leur dissolution aqueuse; il serait d'autant plus important que l'on déterminât quels sont les corps tant minéraux qu'organiques qu'il est possible de précipiter par ce moyen, qu'on pourrait peut-être appliquer cette propriété du charbon dans l'analyse chimique * . »

* Cet failt avaient été tignalés, l'un par Air. Lassaigne, Tanlreptr Mr. Pajeu.

' Mr. Pelouse a eu la complaisance de nous faire traduire ce que dit Mr. Graham au siijet du charbon; voici ce passage (Du charbon animal^ Graham, page 302) :

4 L>« propriété remarquable que posté le le charbon animal d'absorber

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