Bidasari poëme malais
D'autres l'ont déjà dit : Ii'liuinanité est une, et du l'Orient à l'Occident la poésie exhale les mêmes plaintes, exprime les mêmes joies et les mêmes douleurs.
Toutefois, ce que nous désirons mettre en relief dans les pages qui vont suivre, ce n'est pas la similitude des sentiments de l'âme humaine, que la poésie de l'Orient et de l'Occident traduit dans un Xmgàge imagé d'une manière àpeu près uniforme; car l'homme aime et pleure sons toutes les latitudes.
Ce que nous voulons foire ressortir, c'est l'identité d'anciennes traditions ou d'anciennes légendes, avec lesquelles des peuples de l'Orient et de l'Occident ont été bercés dans leur premier Age, et qu'ils se sont transmises de génération en génération. Ces traditions peuvent aider, avec l'étude comparative des
langiue*, A rdroiivrr l'origine coininiine de Lcrlaines natloni. Ce sont, si je puis ainsi parler, des docuinenis qui tendent A prouver que les peuples en possessioa de ces traditions et de ces légendes sont alliés par le sang, ou <|n'il y a eu des rapports fréquents entre eux , ou qu'ils ont été Influencés dî- ' recteineot ou indiractement l'un par l'autre.
Déjà, Jacob et Williclm Griinm, Denfey ctMaahardt en Allemagne , Erben en Bohème , AbsjSrnsen et Moc en Norwége , Daseut, Kennedy et Chambers en Angleterre ont démontré que les contes populaires recueillis par eux se rattachent aux croyances religieuses des populations primitives de l'Inde. Depuis ce temps et de nos jours, l'érudition française a fait aussi remonter jusqu'à l'Inde quelques-uns des pocnies classiques de l'Europe, mais elle n'a pas dit son dernier mot sur l'Orient.
Les traditions religieuses et héroïques de l'Archipel d'Asie nous sont encore inconnues; il y aurait cependant grand intérêt à les étudier et à les comparer avec celles que la poésie européenne a propagées en charmant les veillées des jeunes châtelaines dans leurs manoirs féodaux, et des vénérables grand'mères au foyer de leur* chaïunières cachées dans les mon-
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INTRODDCTIO!). a
tagnes ou aous Ica p!nt des landes incultes. Par ce travail de comparaison se confirmerait ce qne Guillaume >ic lliimlioldl il rlal>li ,ni moyeu cir la langue kawi, c'cst-A-dire que des descendants de la race arienne ont |><^ni^ti'i^ dans rAi'clii|icl d'Asie, se sont méli^s aux populations de ces îles, et y ont laissé les croyances et les légendes de leurs ancêtres, qui sont aussi les nôtres. Kl de même que Sylvestre de Sacy nous a appris que la fable de T.a fontaine, si connue sous le nom de In iMitiire el le J'ol au lait, nous est venue de l'Inde A travci-s la l'erse, par U route de Bagdad et de Constantinople , de même on peut indiquer la source où Pcrraidt a puisé son conte de fées la Jette au bois dormaut. Les Avtutnnits sanscrits' contiennent peut-être l'origine du conte de Voltaire sur les Aveugles jmjcs des routeurs, et il est probable qu'ils ont donné naissance à d'autres fables de lia l'ontaine, telles que celles-ci : les Canards et ta Tortué, la Chauve-Souris el les deux Belettes, l'Ours el l'yiniateur de jardins, ilélas! les vieilles traditions finissent toujours par des fables ou par des contes pour amuser les petits enfants I a Les lattes des puissances de la nature, a dit Max MiiUer, après avoii'été personnifiées d'abok'd dans des dieux, puis dans des héros qui s'aiment et se haïssent, le furent ensuite par les rontes populaires, dans des fiies ou de malins petits génies qui se courtisent ou
■ CoHIf AiflduHf, Iridaiu du chiiiolii |iar Suniilas JruES.
. t INTRODUCTIOH.
•0 taquinent les uns le* autres Un mythe passe
i l'ëlat de légende, et de légende 11 devient conte '. • Voyez, rn ciïnt, comment une légende javanaise, Gonsigoéc par Iloorda van Ëysinga dans son Histoire lie Java, raconte la prise de possession de cette lie par un prince bindou :
> Adji Saka, parvenu & rextrcmc limite du royaume de Mendang, demanda aux gens du bourg si c'était \k le royaume de Mendang. Ceux-ci répondirent affirmativement & sa question , et lui demandèrent à leur tour d'où il venait.
> Adji Saka leur dit qu'il venait d'au delà des c6tes, et qu'il voulait offrir ses services au prince de Mendang.
» Alors le peuple du bourg lui dit : <■ Si vous voulez i> servir le prince de Mendang, vous serez bien maU » heureux, car il est mangeur d'hommes j et beau- X coup d'habitants de Klendang s'en vont, parce que » chaque jour un.de 4eurs enfants doit être porté au » prince pour sa noiu'riturc, et lorsque des étrangers > arrivent, ils sont aussitôt saisis. '
» Ces paroles n'effrayèrent pas Adji Saka. Il prit à l'instant la forme d'un beau petit enflant, se rendit chez le patib de Mendang, et l'engagea à le livrer, lui Adji, an prince pour en itre mangé.
■ Eutàt sur U mjftkobgU nmpmrit, lu bratlitlomt d In eoHAinief.
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IMTHOnUCTION. S » Le patili s'ëtoiina de cetto demande, qui ressemblait au désir d'être tué.
Adji Snka insista, mais stipula pour lui une pièce do terre do la grandeur de son turban s'il revenait sain et sauf.
o I.C patlli accéda à sa demande et le purtn au palais du prince.
• Celui-ci rentrait au même instant et avait grand'faim, et il se réjouissait de oc cpie le patih lui donnait h manger un si bel enfant; il saisit aussitôt Adji Saka et se mit sa tète dans la bouche.
" Mais Adji Saka prit alors les proportions d'un homme, et d'une main empoigna la lèvre supérieure du prince, de l'autre sa lèvre inférieure, et lui déchira la bouclie de manière qu'il tomba mort surle-champ.
» Puis Adji Saka reprit ses formes enfantines, regagna la demeure du patih et lui annoura la mort du roi.
» I.e patih fut très-étonné de ce qu'un enfant avait pu tuer le priiice ; mais intérieurement il était trèsheureux de la paix dont le royaume allait jouir, si on avait soin de ne pas choisir un anthropopbage pour successeur.
» Alors Adji Saka réclama la récompense p.omise, et le patih lui dit : « Une pièce de terre de la » grandeur de votre turban ne peut être mesurée; » ce serait à peine assez grand pour y dormir. Oc- " mandez plutôt un ou deux bourgs, je vous les " donnerai. ■
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« INTRODDCTIO.I.
» Adji Saka étendit son turban, et tont le royanme do Mendang en fnl eonvoit, et le liM'Iian n'étiiit pa» enlièrcnicnt dc^rnnlé; il enveloppa d'abord les bourgs, ensuite les environs, et cnKn tout .lavn. Alors Adji Sakn reprit sa taille ordinaire, et le patib, voyant sa puissance surhumaine , eut peur et se liAta de se désister en sn faveur de tout le royaume de Mcndang, qui devint prospère sous le règne d'Adji Saka. »
Cet ogre, qui mange les petits enfants de Mendang, a traversé les mers, et ï'errault en a fait, au dixsepticmc siècle, le conte du Petit Poucet, qui va avec SCS frères dans la foret sombre, frapper h la porte d'une cabane et demande à y- passer la nuit.
Une femme leur ouvre, et les voyant tous si jolis, se met & pleurer et leur dit : « Hélas! mes pauvres enfants , où étes-vous venus? Savez-vont bien que. c'est ici la maison d'un ogre qui mange les petits enfantst
> — Ilélast ftladame, lui répondit le Petit Poucet, qui tremblait de tous ses membres aussi bien que ses frères, que ferons-nous? Il est bien sûr que les loups de la forêt ne manqueront pas de nous manger cette nuit, si vous ne voulez pas nous recevoir chez vous; et cela étant, nous aimons mieux que ce soit Monsieur qui nous mange. •
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On sait le reste lîc l'Iiisloiro. Le Petit Poucet put soustraire ses fri-ivs à l:i voracili' île l'ogre. Il lui ili^roba même ses boites de sept lieues, s'en chnussn, et sut avec elles rendre au roi do son pays do si grands services, qu'il devint, comme Ailji Saka, riche et puissant ; mais comme lui, il ne dëtrâna pas son souverain. Au temps on vivait Perrault, la royauté en France n'tUait pas encore discutée, et les esprits ne songcaietit pas ii renverser la monarchie.
Parmi les contes de madame d'Aulnoy,'il eu est un connu sous le nom de tOiscun hieii.
I<e prince Charmant no veut pas épouser Truilonne, d'abord parce qu'elle est laide, ensuite parce qu'il aime Florine, une belle jenne fille de race royale.
Tmitonne avait été élevée par sa marraine, la fée Soussio, et celle-ci, furieuse de voir le prince dédaigner sa filleule, le métamorphosa en un oiseau bien et fit enfermer Florine dans une tour solitaire.
• Dans la mélancolie qui l'accable, raconte madame d'Aulnoy, il voltige de branche en branche, et ne choisit que les arbres consacrés h l'amour et à la tristesse; tantôt sur les myrtes, tantôt sur les cyprès, il déplore sa mauvaise fortune et celle de Florine
" Il y avait vis-à-vis de la fenêtre où Florine se mettait un cyprès d'une hauteur prodigieuse ; l'Oiseau
ï'-«Vi- : ■ . . ■ ■ ■
bleu vint s'y percher. Il y fut à peine qu'il entendit une penonne qui se plaignait : « Souffrirai-je encore • longtemps? disait^Ue; ne te sufBsait-il pas de » me rendre témoin du bonheur que ton indigue fil- » leule goûte avec le roi Charmant? »
» I/Oiseaii bleu écoutait, et plus il écoutait, plus il se persuadait que c'était son aimable princesse qui se plaignait.
» 11 lui dit : « Adorable Florine, vos maux ne sont « point sans remède.
X — Eli! qui me parle, s'écria-t-clle, d'une ma- » nière si consolante? »
X — Cn roi malheureux, reprit l'oiseau, qui vousa aime et n'aimera jamais que vous. •
■> En achevant ces mots, il vola sur la fenêtre.
" Florine eut d'abord grand'peur d'un oiseau si extraordinaire, qui parlait avec autant d'esj^rit que s'il avait été homme; mais la beauté de son plumage et ce qu'il lui dit la rassura.
« M'est-il permis de vous revoir, ma princesse ? s'écria-t-il. Puis-je goAter un bonheur si parfait ■ sans mourir de joie?
X — Et qui étes-vons, charmant oiseau ? dit la princesse en le caressant.
X — Vous avez dit mon nom,' ajouta lé roi, et X vous feignez de ne pas me connaître I
X — Quoil le plus grand roi du monde; quoil le X roi Charmant, dit la princesse, serait le petit oiseau X que je tiens? x
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« — Hélas! belle Florine, il n'est que trop vrai, et > si quelque chose m'en peut consoler, c'est que j'ai » préféré d'être réduit pour sept ans ik cet état pIutAt » que de renoncer à la passion que j'ai pour vous. >■
A Batavia, circule une légende javanaise fondée sur la même aventure; Winterl'a publiée.
La déesse Iloiimo avait maudit llangling Darino, un descendant d'Ardjouna, un des liéros du INIaliabharata, et pendant huit ans ce prince ne put occuper le trône de ses pères. Dans son égarement , il cournt à un palais habité par trois sœurs, filles d'un chef de géants, et les prit pour femmes. Mais elles avaient eu autrefois A se plaindre de lui, et elles se vengèrent en le changeant en un blanc mlitvis, une sorte de cercelle, oiseau aquatique.
Il s'envola sous cette forme, et vint dans la principauté de Bodjoliegoro. I.a princesse Dewi Srcnggoro Wati aperçut le blanc ndiwis et s'efforça de le saisir, mais en vain. Elle fut si attristée de cet insuccès, que le prince son père, pour la consoler, invita son ministre à s'en emparer. Le ministi-e saisit le inliwis et le donna au prince, qui le donna à sa fille. ■
lia nuit, le blanc mliwis revêtait la figure d'un jeune homme, et le jour celle d'un oiseau, La princesse s'éprit de lui, et Ilangling Darrao devint ainsi son époux.
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Ce même llangling Darmo avait appris du serpent Nogopratolo, un dieu souterrain, la langue des quadrupèdes, des oiseaux et des insectes, mais il lui était défendu de communiquer sa science à autrui. Chez les paysans et les pâtres slaves, une femme révèle aussi i un vieux roi que, pour comprendi-e le langage des animaux, il suffit de manger d'un certain serpent dont elle lui fait présent. En Hesse, aux environs de Ilanau, un roi savait toujours ce qui se passait, en tous lieux, et pour acquérir cette science, il se faisait apporter par un serviteur de confiance un plat couvert, puis demeurait seul. Mais le serviteur, ne pouvant résister à sa curiosité, découvre le plat, y voit un serpent blanc, en mange, et il comprend aussitôt le langage des bétes '. Eu Ëcossé, des traditions populaires mentionnent aussi un serpent blanc qui découvre les choses surnaturelles à celui qui plonge le doigt dans sa graisse'. Des philosophes de l'antiquité, Démocrite', SIélampe*, croyaient que le» serpents pouvaient enseigner le langage des oiseaux.
En Épire, d'après de Ilahn', un fils de roi apprend
* Cniitet iei frèrei Grfmm, n*» 17.
^ Kiiider-UHtl kauini(vrchen, I. iif, |i. ItT. ' Pus. lib. X, cap. W.
* AroLLODOR, lib. IX, t. II.
* Contei grec* et albanatif n* 37.
ce langage d'un dragon; et ce di'agon, nous le retrouverons dans la Saga Scandinave de la Volsunga, l'épopée lyrique et dramatique dont Sigurd est le principal personnage. En effet, à celui qui ne saurait lire cette légende dans son idiome primitif, le livre de M. IVIarmier sur la littérature islandaise enseignera comment Reigin, frustré de son héritage par son frère Fafnir, engage Sigurd à tuer cet être cruel et perfide, qui a la forme d'un dragon et dont le casque seul jette l'épouvante dans le cœnr des vivants. Lorsque le monstre sera tné, Aslauga, la fille de Sigurd et la femme de Ragnar Lodbrok, roi de Danemark, révélera à son mari les infidélités qu'il a commises dans ses coui-ses lointaines. « Ce ne sont » pas tes compagnons de voyage qui m'ont appris » ton secret » , lui dira-t-elle , • je l'ai appris par trois « oiseaux que tu as dft voir voltiger auprès de toi; ti et pour preuve de ce que je te dis, il me naîtra un » fils dans les yeux duquel sera peinte l'image d'un " dragon. »
Les paroles d' Aslauga se réalisent, et Ragnar, qui avait recherché en mariage Ingibinrg, la fille du roi de Suide, refuse de l'épouser; ce qui fait éclater la guerre entre les deux royaumes Scandinaves.
C'est encore dans l'Orient qu'il faut chercher l'origine de la fable du Sigfrid des Nibelumjen, qu'une puissance magique a rendu invulnérable, à l'exception d'un leul endroit de son corps.
M INTRODirCTIOR.
FiB fFiwoho, poëine javanaii, que Sousouhounnan Pakon Bouwono a traduit du kawi, rapporte que Nhvoto Kawotjo, un prince des géants de Ngimohi- Motoko (aujourd'hui Nonso-Barong, une ile située au sud-est de Java), avait demandé vainement à Batoro Ilendro, souverain seigneur du Sourolojo, la main d'une Widodari, nommée Souprobo, et que, pour se venger , il avait résolu de lui déclarer la guerre dans le Sourolojo. ^
Le redouté prince des géants avait reçu une force surnaturelle de Batoro Roudro. Aucune arme humaine n'était en état de le blesser, et les dieux et les esprits n'avaient aucun empire sur lui. Seul, le bout de sa langue pouvait être atteiqt, et toute blessure faite à cet endroit lui être fatale. Mais cette place vulnérable n'était connue de personne, et était mtme restée un mystère pour les dieux.
Dntoro Hcndro supplia Hardjouno, qui se livrait 6 d'austères expiations , de le délivrer de son rédontable ennemi.
Hardjounp refuse dé se battre contre Niuroto- Kawotja; il préfère avoir recours ft la ruse pour découvrir la place où Miwoto-Kawotjo peut £tre blessé. Souprobo est à cet effet envoyée à Ngimobi- Motoko afin de s'offrir elle-même comme épouse au prince des géants. Reçue avec bonheur par Niwoto- Kawotjo, Souprobo cherche, par ses douces et caressantes paroles , à lui dérober son secret , et le mystère est bientôt dévoilé.
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INTRODOdCIOH. Ù ^ S
Nivroto-Kawotjo, comprenant trop tard qiie l'ap- - ...
parition de Souprobo avait été méchamment suscitée par Batoro Hendro, devient furieux. Il se prépare aussitôt i la guerre et se lance avec une armée ' innombrable de {géants contre le Sourolojo.
Les armées ennemies sont en présence. Le combat est acharné : des millions d'hommes tombent des deux côtés. Enfin, les géants sont victorieux et les bandes du Sourolojo sont mises en fuite. Hardjouno feint de s'enfuir avec elles. Les géants les. poursuivent et leur lancent des flèches. Niwoto-Kawotjo frappe avec son tomoro, surtout sur Hardjouno. Celui-ci fait semblant d'expirer. Niwoto-Kawotjo, joyeux do son succès et riant à gorge déployée, tombe en arrière sur son char. Hardjouno profite de cette cii^ constance pour le percer à l'extrémité de la langue, ce qui entraîne la mort de Niwoto-Kawotjo.
Dans les Nibelungen, Sigfrid, après avoir tué le dragon, s'endort à l'ombre d'un tilleul et entend le chaut d'un rossignol caché dans la fouillée. I/oiseau chantait :
Celui qui M bligofl (Uni le sang du dragon Aa|uiert UQS peau autsi dure que récaille, InMOsiLle aux ooupi de la haclic*
I<e jeune homme 6ta ses habits et se baigna dans la graisse du dragon, Sur ces entrefaites, une feuille
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1» INTRODDCTION,
du tilleul lui tomba sur l'épaule droite. Aussitôt une peau d'^eaille couvrit tout son corps, excepté l'endroit qu'avait touché la feuille du tilleul, et Sigfcid retourna à la forge de Mymer, emportant la tète du dragon comme trophée de sa victoire.
Les compagnons du forgeron tremblèrent en le voyant revenir de la forêt : " Maître, maître, s'écriè- » rent-ils, ayez pitié de nous'. » Maître Mymer alla au-devant du jeune héros et lui témoigna tout son contentement ; mais lui, il le terrassa à l'instant même et Mymer ne se releva plus. Ses compagnons épouvantés se tinrent cachés dans la forge.
Sigfrid se forgea, du meilleur acier et du fer le plus dur) une épée, une cotte de mailles,- un haubert, im bouclier et un casque, comme il convient k un chevalier; et ainsi équipé il s'en alla courir de nouvelles aventures
Alors, llagen le rusé lui* dit : « Il paraît, seigneur » Sigfrid , que personne ne peut vous suivre à la " course ; je voudrais bien voir cela. »
Sigfrid accepta le défi et dit : >• Celui qui arrivera " le premier k Id fontaine sera vainqueur ; mais il >> gardera pour courir tout son attirail de chasse. >
Qui atteignit le premier la source, fut Sigfrid. Il suspendit nu tilleul qui ombrageait la fontaine, sa lance, son épée et san bouclier, ce dont Ilagcn s m« para aussitôt. Et lorsque le héros se baissa pour boire, Ilagen, armé do la lance, prit son élan et perça Sigfrid au seul endroit vulnérable de son cqrpi ; le
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sang jaillit an loin. Bientdl Sigfrid p&lit; blessé moi^ tellement, il chancelle et roule à terre.
Lb forgeron cité dans les Nibetungen n'est autic que Vôlanù, leforgeron mythique del'Ëdda. « Vôland, dit M. Marniier, ce Dédale des temps modernes, dont le nom s'est répandu à travers l'Europe entière, Vôland, ce forgeron magique, a été un des héros du moyen âge, le héros de l'art et de l'industrie, le représentant d'une pensée habile et intelligente qui invente et qui crée. Ce personnage n'a point l'attitude majestueuse, ni la mâle beauté que le peuple a coutume d'attribuer à ses héros. Les traditions ne parlent pas de ses longues boucles de cheveux blonds, ni de son œil étincclant, ni de ses membres nerveux ; tout au contraire, elles le représentent faible et mutile, enfermé dans une ile, et travaillant par l'ordre d'un maître cruel. C'est son intelligence qui fait sa beauté ; son adresse est sa force.; un savoir cruel sera son salut, n
VAland, à qui Nidung, roi des Mériciens, a fait une injure sanglante , a l'âme altérée de vengeance , et 11 assouvit bientôt dans le sang sa rage implacable.
A Java, ce mythe du forgeron est également connu.
Un jour, le roi de Padjadjaran fut averti qu'une de ses femmes allait donner le jour à un fils qui le
détrânerait. C'est pourquoi le radja, lorsque cet enfant fut né, le fit déposer dans une caisse qu'il jeta dans la rivière. Un forgeron la recueillit, éleva l'enfant, et lui ayant donné le nom de Tjoag-Winoro, il lui enseigna son an. Tjong-Winoro fit tant de progrès et fut si habile à forger des armes, qu'il fut appelé à la cour du roi son père et chargé de faire des kriss ou poignards de grand prix. Il réussit à satisfaire le prince, et toutes les faveurs lui furent accordées. En peu de temps, il se vit élevé aux premières dignités de l'État et en possession de la plus haute considération. lia prophétie devait s'accomplir; Tjong-Winoro crut le moment venu de réaliser ses projets ambitieux. Il invita le roi à ime fête et l'enferma dans une cage qu'il jeta dans le fleuve ; il fit ainsi subir à son père le même sort auquel lui-même avait été soumis. Les autres fils du roi disparurent aussi et Tjong-Winoro occupa le trAne de Padjadjaran. Mais II n'en resta pas paisible possesseur.
Dans celte même ile de Java, parmi les antiquités de Soukonfa on voit une pierre sur laqnelle'est gra-
1 Soukouh Ml uno colline de U clulne det montasnn de Lawou, & 96 mille* environ h l'est de U capitale Sourakarta. Le mot iouXohA aifnifie ■ pied • en kawi; il a la mima ilfiniBcation que Kukou en jtTanaîs kromo. Il y en a qui le prononcent loungkouh , ce (|tii signifie en ktwi ■ adoKr, invo(|ner. • Le iwemier aena concorde parfaitement avec la aituation de la colline (|ut ett au pied de la hante montagne Lawon, et la deniiimo Interprétation convient au culte (|U*on accordait k » vient monumrnt*
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INTRODDCTION. iT vée la figure d'un homme nu, occupé A forger des armes et des instruments de travail, qui ressemblent beaucoup à ceux usités encore aujourd'hui parmi les Javanais. Cette figure parait se servir de son genou comme d'une enclume et de sa main droite comme d'un marteau. Cela concorde avec la tradition javanaise qui fait mention de forgerons, dont la force musculaire était si grande que leurs genoux servaient d'enclumes, leurs mains de marteaux et leun doigts de tenailles.
Les Finnois ont aussi gardé le souvenir d'un forgeron mythique. Le Kalevala rapporte un dialogue entre Louhl, la mère de famille, et le Hunoia étemel :
« 0 sage Wainamoinen, peux-tn m<i forger un » sampo , un sampo au couvercle splcndide ? »
Le vieux Wainamoinen dit : " Je ne saurais te for- » ger un sampo au couvercle splehdide. Mais recon- » duis-moi dans mon pays , et je t'enverrai de là le l' forgeron llmarinen. Il te forgera ce sampo, il mar- ■> tellera son couvercle, et il charmera la jeune vierge, « et il fera la joie de ta fille.
• llmarinen est un forgeron merveilleux, un habile
• batteur de fer. C'est lui qui a forgé la voûte du > ciel, qui a martelé le couvercle de l'air, sans qu'y ■ paraissent les coups de marteau, ni lés morsures
• des tenailles'. >
1 TnducllcD ils Lâookox-Lkdoo.
Il IRTnODVCTION.
liCS Suédois et les Danois se disputent le berceau de ce forgeron lé0cndairc. Tjcs premiers, d'après MM. Depping et Francisque Michel, montrent une caverne de rocher, appelée Verlehall, dans une île du lac, au district de Kinncvald, comme ayant été son atelier, e( ils placent son tombeau parmi de (jrosses pierres, auprès de Sisebeck, en Scanie. Le district de Vactland a même dans son sceau public un marteau et des tenailles ; il prétend tenir son nom et ses armes du fameux forgeron '.
D'un autre c6té, le village de Vcllev-by, dans le bailliage d'Aarhuus en Jntland, prétend aussi posséder le tombeau du forgeron.
En Angleterre, les anciennes poésies et les traditions locales font voir que les merveilles de l'art de Véland y étaient connues , admirées et célébrées , et que l'on transportait même sur le sol de l'Angleterre le séjour de l'habile artisan *.
En France , la réputation d'artiste de Véland a été proverbiale au moyen âge comme celle de Salomon, ainsi que le constatent les poëmes de chevalerie de Fierabras, d'Alexandre, de Gngemcr, ceux de Marie de France, du Chevalier au Cygne, et des manuscrits de la Bibliothèque nationale à Paris.
* Véland t« foryenn.
3 illurtrations of anglo-iaxon Poftry. Lundon, 1826, in-8'*, p. ttO. — lté Uanorum rebut gcstin, CopenK-iguc, 1815, in-V", p. 30. — DoBTll t'ttntvttttioltil phîtoiopKiat lib. Il, luclr. VII, r« 15. — Speeitnenî oj rarty mttrkat romaHeei, S> cdit. Lonilrc», 1811, in«8*. t. I, p. 77.
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Le dieu qui dans l'Edda devient le fondateur des castes Scandinaves , accuse évidemment une origine orientale et rappelle les castes indiennes. Sa légende se retrouve dans l'Archipel d'Asie , mais altérée ; il n'y est plus un dieu, mais un héros. Il est devenu le radja Iskander Mouda, et sous ce nom les Malais désignent Alexandre le Grand, resté populaire parmi eux.
Comme le dieu Rig, Radja Iskander épouse plusieurs femmes et les abandonne successivement. Puis, celles-ci donnent le jour k des enfants qui seront les chefs de plusieurs royaumes. Voici comment cette légende a été recueillie à Mandaheling, dans l'île de Bornéo :
« Là, vivait un héros dans la grande terre, au delà des mers où le soleil se couche ; son nom était Sulthan Iskander ; il régnait sur beaucoup de peuples et ses fils régnèrent après lui.
• Un d'eux nommé Radja Matiaradja (roi grand roi) dévasta Menang-Kabau et établit son siège A Pagar Onyong. Il devint père de Radja Iskander Alouda ; celui- ci eut seulement des filles.
» lit il était prédit que les descendants du Sulthan
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H INTBODnCTIOH.
Iskander devaient dominer sur tout Poulo Petja (Sumatra) ; c'est pourquoi Radja Iskander partit de son pays et chercha des femmes ijui engendreraient des fils.
" Radja Iskander vint à Atcliin et épousa une noble fille du pays ; mais di-s qu'elle fut enceinte , il l'abandonna. Du fils qu'elle mit au monde sont issus tous ceux qui depuis ont régné sur Atcliin.
o Radja Iskander se dirigea vers Rarabah, aux rives du Dalang-Loboh, et épousa une noble fille du pays. Lorsqu'elle fut enceinte, il l'abandonna aussi, après lui avoir dit que le fils à qui elle donnerait le jour porterait le titre de Jang di Pcrtouan. De ce fils sont sortis ceux qui régnèrent sur Rambab.
u Ensuite Radja Iskander épousa une noble fille du pays de Siak ; mais quand elle fut enceinte , il l'abandonna aussi. Du fils qu'elle mit au monde naquireut tous ceux qiu régnèrent sur Siak I »
C'est à peu près de la même manière que le dieu Rig, dans la RigsmaaI-Saga , fait naitre des enfants qui seront en Germanie les chefs des trois classes sociales :
« Un jour, le noble Rig, cet ase plein de force et de science, et aussi agile que vigoureux, marchait gravement par des chemins de verdure.
> Il suivait droit devant lui le milieu de la route, lorsqu'il rencontra une maison dont la porte était
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IHTRODtlCTIOIl. Il ouverte. Il entra. Sur le sol était l'ardent foyer devant lequel étaient assis mari et femme, Aae et Edda, c'est-à-dire le bisaïeul et la bisaïeule, vieux couple pauvrement vêtu.
0 Rig iut faire goûter ses conseils aux deux vieilles gens. Il s'assit entre eux sur le baue, ayant à sa droite et à sa gauche les deux époux.
« Se levant ensuite, plein de sommeil, Rig, qui sut leur faire goftter ses conseils, se mit entre eux au lit, ayant à sa droite et h sa gauche les deux époux.
« Il demeura trois nuits , puis prit congé , ce suivit son droit chemin. Ensuite neuf limes s'ccoulcreut.
« Edda guérit : l'enfant fut lavé ; et parce qu'il était noir de peau, on l'appela Triel.
« nig alla plus loin son droit chemin et vint h une maison dont la porte était entrouverte. Il entra. Sur le sol brAlait l'ardent foyer, devant lequel était assis un couple adonné au travail.
« Rig sut faire goûter ses conseils à ses hôtes. Il se leva de table, désireux de dormir, et se coucha avec eux au milieu du lit, ayant à sa droite et & sa gauche les deux époux.
« H demeura trois nuits ; puis neuf lunes s'écoulèrent. Amma guérit; l'enfant fut lavé et reçut le nom de Knrl.
« Rig alla de nouveau son droit chemin et vint tt imc salle dont la porte, tournée au sud, était entr'ouverte et ornée de cercles brillants.
• Il entra. T<c plancher était saupoudré, Les deux
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U IMTIlOOUCTION.
i^poux Fa<lcr et Mocicr t^taiont awii, se regardant el
jouant avec Iciira doigts.
> llig sut faire goAtcr au couple ses conseils. Il s'assit nu milieu du banc , ayant à sa droite et h sa gauche les deux époux.
u II so leva : le lit iHait prêt. Il resta pendant trois nuits, puis prit congé, et marcha son droit chemin. Ensuite neuf lunes s'écoulircnt.
Il Moder mit au monde un enfant qui tut lavé et caché dans des langes soyeux, et auquel fut donné le nom de Jarl'. »
C'est bien le même personnage qui semble revivre dans le dieu Rig et dans le radja Iskander.
Tout le monde connaît la Tentation de saint Antoine de Jacques Callot, avec ses petits monstres et ses petits lutins. Ce que l'on sait moins bien, c'est que le R. P. Simon Martin a placé en tête de la Notice qu'il a consacrée à ce Saint' une gravure de Jacques de Weert, o(i l'on voit à c6té du pieux ermite une jeune femme, le corps à moitié nu, une couronne sur la tête, un éventail à la main et des ailes de guêpe
1 IVaduclion dfl BIiiimiliex or Bixe,
* Ftevn lie <■ WiWt, in-K Patii, iWl, p, irl.
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INTKOnUCTION. S3
au dos, pan'ilic A cet baytulorcs ((H'Ofliuibacli u fuit paratlro dans In ballet des Moiiclirs de l'Or/i/ii'i' aux h'iijhs. • Kiii|ii'iiiituiit In ll(;iiio il'imc Cille afiVliM-, « cstoit liontciisoment ilécouverto , la di^nioii solllcin toit de niiict ce saint solitaire h des actions eiimi- • nelles, qiii de leur seide pensée font l'oujjir les Aines » cbaatet. ■ C'est ainsi que lo inoino Simon Klartiii explique cette gravure '.
Dans le roman de M. Gustave Flaubert*, c'est In reine de Saba qui tente le Saint. Elle arrive couverte de pierreries et entourée d'une cour spicudide. Elle compare sa beauté A celle des autres femmes : •I Toutes celles que tu as rencontrées, lui dit-cllc, ' depuis la fille des carrcfoiirs chantant sous sa > lanterne, jusqu'à la patricienne cfTcuillant des roses » du liaut de sa litière, toutes les formes entrevues, » toutes les imaginations de ton désir, dcmandc-lcs! a Je ne suis pas ime femme , je suis un monde. Mes » vêtements n'ont qu'à tomber, et tu découvriras sur » ma personne line succession de mystères, a
Eh bien, cette légende de la tentation de saint Antoine n'était pas inconnue aux poètes kawi, et le Il'ixuoliO, le poème javanais dont nous avons déjà parlé , mentionne un pénitent qui se livrait sur une montagne il d'austères macérations :
<■ Batoro Ilendro ne sait pas encore si liardjouno
t FUurt de la toUtude, |i. 175.
* lia TVnfaliott de Maint AiUoiae,
M INTHODDCTION.
a anéanti en lui tout mouvement sensuel. Il a résolu de le mettre h l'épreuve, et Ini envoie & cet cHet, à licmiro Kilo, sept des plus belles Widhodaris pour le tenter.
a Les >ept Widhodarit viennent à Ilendro Kilo, et trouvent le pénitent dans une méditation profonde, mort à la sensualité. Pendant trois jours et trois nuits, elles mettent tout en oeuvre pour arracher llardjoupo à ses pensées et l'induire en tentation; mais il reste inébranlable.
■ Les sept Widiiodaris, ayant perdu leurs peines, retournent au Sourolojo et font part à Batoro Ilendro de la résistauce qu'IIardjouno a opposée à leurs séductions. Cette nouvelle réjouit fort Batoro Ilendro et les dewos (dieux) du Sourolojo. »
Il est probable que cet épisode est emprunté au Maliabharata, pocnie sanscrit qui raconte le voyage d'Ardschuna au ciel d'Indra. Il serait donc de la plus haute antiquité.
Une antre léf;ende chrétienne parait être aussi une transformation d'un mythe de l'Inde, Les Puranas et le Alahablmrala font mention de la lutte des dieux et des démons hindous pour se disputer l'Amrita, ou la coupe qui contient le breuvage de l'immoi-talité. Leurs combats sont figurés dans jes sculptures qui
INTnODIICTION. JS
couvrent le rrnipic de Nakiion Val, au Kainbodge, et des tradilinns birmanes, sininoiscs et iuon(;nles y font allusion'. Cliormusda ouSakklio, ayant entendu parler do la disparition de l'Auirita, demanda A la nature entière où le recéleur l'avait cachée. I.c silence seul répondit à sel ciit. Enfin le •oleil et la lune, épouvantés do ses teiribles vociférations, lui révélèrent In refuge du voleur.
Dans le roman du Saint-Gnial, cette lutte des dieux et des démons liindous est devenue un tournoi ; et l'Amrita, le Saint-Graal. « L'autre jour, jour de la » Pentecôte, dit Hobert de Borou, les chevaliers ler- « restres et les chevaUers célestes commencèrent en- » semble à combattre les uns contre les autres. Les » chevaliers qui sont en péché mortel , ce sont les a chevaliers terrestres. IjCS vrais chevaliers, ce sont
• les chevaliers célestes, qui commencèrent la quête
• du Saint-Graal*. ■<
Parmi les chevaliers qui allèrent & la découverte du Saint-Graal, c'est-i-dire du bassin où .loscph d'Arimathic a recueilli le précieux Sang de Jésus- Christ, se trouva un des compagnons du roi Arthur, le gallois Parceval , dont Chrétien de Troyes a fait, au douzième siècle, le héros de son poème. Kt comme l'Amrita, qui procure l'immortalité, le Saiut-Graal, dans la légende bretonne, procure tons les biens
* V. Binas. G^ograpliia. und ethnoQrajili. Bilder. > V. Anruc Ai Deux Maïukt, I. VII el VIII.
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IS INTIIODUCTION,
spirituels et Icmporcls, guérit toutes les blessures, et rend même la vie aux morts ' .
I<a l(''gr Mji> du Saiut-Graal devint si populaire en Kurope, que des poètes la traduisirent en gallois, en breton, en provençal, en français et en divers idiomes de la Germanie.