‹ Bien-être et concorde des classes du peuple françaisChapitre 12 sur 21 · BIEN-ÊTRB ET CONCORDE · texte numérisé non relu

BIEN-ÊTRB ET CONCORDE

les insensés qui, dans Tespoir d'afTàiblir les conséquences du délit par la multiplication des délinquants , menacent , sous peine d'assassinat, les ouvriers paisibles et satisfaits; qui leur ordonnent de se faire mécontents , de déserter un travail dont les conditions leur paraissent équitables, et de compromettre la fortune des chefs, auxquels ils sont attachés par les liens si doux d'une affection mutuelle.

c Le fait le plus irritant, aux yeux des amis de la classe ouvrière, est de savoir que ces résolutions funestes leur sont suggérées par des hommes étrangers à l'industrie, adverses à ses prospérités, et qui ne voient dans ses vicissitudes qvC^n double moyen d^ ébranler les fondements de la société; s'il y a détresse, en soulevant l'ouvrier contre la fatalité des temps ; et s'il y a prospérité, en le poussant à demander plus que la prospérité même ne peut ajouter à son bienêtre.

< Pour moi, si j'appartenais à quelque industiie spéciale, si je travaillais dans un atelier, et que des propagateurs de résolutions factieuses me voulussent pousser à quelque mauvais parti , je voudrais savoir un peu quels sont les singuliers

citoyens qui me conseilleraient de la sorte I Je leur dirais simplement : « Hommes si charitables^ qui ne me disiez rien lorsque le pain coûtait cher et que j*avais peu d'ouvrage , vous accourez à mon aide, après le jour du besoin : êtes-vous membres d'un bureau de charité!

avez- vous secouru dans notre détresse, moi', ma femme, ou mes enfants ? Hélas ! non... Avezvous fait quelque acte de bienfaisance en faveur d'autres indigents? Vos noms figurent-ils entre les noms des modernes Vincent de Paul ou des la Rochefoucauld? Méritez-vous , comme ces bienfaiteurs de l'ouvrier et du pauvre, qu'au jour des obsèques nous portions sur nos épaules vos dépouilles mortelles, et dans notre cœur vos images révérées ? Vous n'osez pas nous dire : Oui! Pourquoi donc nous conseillez-vous le contraire de ce que nous recommandent les hommes de paix, de bienfaisance et de vertu ? Commencez par les imiter en nous faisant un peu de bien, et nous verrons s'il faut vous croii^e sur la nécessité de faire du mal aux autres, parce qu'ils sont nos chefs et nos soutiens. Maintenant, puisque vous n'avez ni nom révéré, ni renommée de charité, ni réalité de bienvcil-

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lancOt et que vous vous proclamez ami du peu-^ pie» répondes : Êles-vous ouvrier comme moi pour me pousser à rinsurrection contre le travaîl» à la révolte contre les bienfaiteurs de notre industrie? — Vous ne Têtes point! — Vous voules donc me Jeter dans un péril que vous ne partagerez.pas? Eh bien ! nous avons assez de bon sens pour comprendre à nous seuls nos , intérêts particuliers. Allez conseiller les gens de votre métier^ si vous en avez un ; et laissez chacun de nous travailler en paix dans le sien... Ouvriers honnêtes ! osez parler de la sorte, et vous verrez ce que vous répondront, en rougissant , les missionnaires de mécontentement et de discorde

€ Poursuivons notjne étude consolante sur Famâioration progressive du bien^tre des classes laborieuses.

€ Si le lecteur a bien compris les faits que j*ai placés sous ses regards, il a pu se convaincre d'une importante vérité : c'est qu'en France , pour aucune classe dupeupk , il n*esi rien a»* jourcThui qui puisse être fait par ta peur ni par la contrainte. Il faut, en conséquence, que tout soit fait par génà^sité, par bienveillance ci par

humanité. Cette considération, puissante sur notre esprit, ennoblit, agrandit tous les actes de philanthropie par lesquels les classes les plus favorisées de la fortime viennent au secours de la classe ouvrière , pour améliorer son sort physique et l'appeler au sentiment, à l'exercice, à l'amour des vertus les plus levées. »

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