BIEN-ÊTRE ET CONGOBDB
nomie, qui se forment un capital avec rexcédant de leurs gains sur leurs besoins, nous serions surpris du petit nombre des hommes laborieux, qui,Vayant rien reçu, ni rien à recevoir de leurs parents, ni rien épargné par eux-mêmes^ vivent au jour le jour, étrangers à toute propriété. Aucun autre pays en Europe ne présente une aussi faible proportion d'individus dénués de toute possession : nous voyons là le bonheur de là France.
a Un tel fait nous démontre l'ignorance et la folie, on la perversité, des déclamateurs, lorsqu'ils s'efforcent de persuader à ce petit nombre d'hommes n'ayant rien en propre, qu'ils sont assez puissants pour imposer des lois à ceux qui possèdent; qu'ils n'ont qu'à vouloir, pour prendre à leur gré, sans travail, une large part dans les propriétés d'autrui; qu'ils peuvent, en attendant, dicter à l'industrie des conditions d'existence, imposer d'autorité des maximums de main-d'œuvre; qu'ils peuvent enfin substituer, par la violence, à la liberté pour tous, le despotisme des inférieurs à l'égard des supérieurs. »
Oh] combien je regrette que cette démonstralion de l'infériorité du nombre et de la force.
cbez ceux qu'on aveuglait en leur promettant de dominer pour eux et par eux la société ;.
combien je regrette que cette démonstration ne soit pas restée profondément gravée dans leur mémoire ! Que de malheurs, que de sang et de larmes n'eût-elle pas épargnés dans ces lamentables loumées de juin, où tant de courage et d'inteUîgence , montrés par les insurgés, n'ont servi qu'à rendre plus sanglante une lutte où la sodétc ne pouvait pas succomber ! . . .
« Ne croyez pas, ajoutais-je, en in' adressant aux ouvriers après les luttes bien moins graves de 1840, qu'en rappelant à votre pensée des conflits qui remplissent de douleur l'âme des bons citoyens , je veuille réveiller des animosltés qu'il faut, au contraire, s'empresser d'adoucir, de calmer et de consoler. Loin de moi ,. quand il se présente quelque dissentiment fâcheux entre les maîtres et les ouvriers, de mo prononcer pour les uns contre les autres , et surtout contre ceux qui se trompent en croyant étTQ les plus nombreux et les plus forts.
Ami de la liberté, je la veux entière, et du côté des maîtres et du côté des ouvriers. Mais, ce quc^ , l'appelle de tous mes vœux , ce n'est pas lu Ut-
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bérté de la discorde, la liberté de la haine et la faculté des vengeances; c'est la liberté de la bienveillance, de la générosité, de l'équité, de la reconnaissance ; c'est une liberté que je ne puis concevoir, non plus que la vertu, sans obligations, sans devoirs, et de là part des chefs envers leurs subordonnés, - et de la part des inférieupsenvers leurs supérieurs. Je vais expliquer ma pensée.
a Lorsqu'il arrive une époque désastreuse ûù le commerce effrayé ralentit soudain ses couâmandes, lorsqu'une saison extraordinaire fait souffrir aux indigents des maux inaccoutumés, sans doute, l'homme au cosur dur a la liberté légale de mettre à l'instant sur le pavé tout ou partie de ses ouvriers. Il a la liberté légale de ne secourir ni eux, ni leurs femmes , ni leurs enfants ; mais, à mes yeux , il n'en a pas la liberté morale. Son devoir impérieux est d'employer tous ses efforts à soulager le malheur des hommes qu'il comptait, aux jours de son bonheur ,conmie instruments de sa fortune.
Et pour la même raison^ quand s'annonce tout à coup le retour de la prospérité, quand la muhipïicilG, Faclivilé des commandes exigent
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Tassiduité des ouvriers, sans doute les travailleurs ont la liberté légale de se croiser les bras à rinstant même. Us peuvent dire à celui qui les aidait dans leurs jours de détresse : Nous exigeons de toi, sur-lo<îhamp , par delà ce qui nous est dû y dès que vient le jour des grandes affaires ; ou n'accomplis pas tes travaux , manque à tes engagements , perds^toi d'honneur et d'état, ou subis le salaire excessif qu'il nous platt d'exiger de toi.
< Voilà jusqu^où peut aller fa liberté légale de ringratitude envers un bon chef d'industrie.
< Mais voilà jusqu'où n'ira jamais; la liberté morale de l'ouvrier vertueux, qui n'aime pas plus à faire abus des bonnes circonstances en sa faveur, qu'à trouver bien qu'on abuse à son détriment des circonstances adverses.
« J'aurais voulu, je l'avouerai, qu'on fit entendre cette voix de l'honneur et du devoir, pour apaiser des dissensions également déplorables de qudque côté que viennent les premiers torts. En récourant à l'autorité delà vertu, sipropreà rétablir la concorde, on aurait trouvé les armes les plus puissantes pour ramener des hommes bons, mais égarés. On aurait couvert dQ.lv;yc^%