A. H. — Abel Hugo
V. Hugo compose Za fille d’Olaïti, (date indiquée dans les Odes et Ballades, édition ne varietur, p. 283 et dans l'édition de l’Imprimerie Nalionale, p. 202).
nous lisons (toujours p. 55) : « Pour moi bien que l'historien cosmopolile soit plus grand et plus à «mon gré, je ne hais pas l'historien patriote. Le premier est plus selon l’humanité, le second est plus « selon la cité. Le conteur domestique d’une nation me charme souvent, même dans sa partialité « étroite, et je trouve quelque chose de fier... » En 1820, V. Hugo avait écrit : « Pour moi, je n’aime « pas, je l'avouerai, qu'un historien soit cosmopolite ; et je trouve quelque chose de fier... »
A la p. 56, nous trouvons tout en haut quatre ou cinq lignes qui sont de 1834, ou en tout cas n’appartiennent point à l’article que nous analysons: « Voltaire a toujours l'ironie à sa gauche... etc... »
Au lieu de cet éloge de Vollaire, V. Hugo recommandait à M. Dufau de soigner son style et de prodiguer un peu moins les détails et de ne tenter jamais l’histoire des peuples étrangers. La raison qu'il en donne, tirée des convenances du langage, nous la retrouvons dans Litt. et Philos. mélées, p. 56. Mais là encore V. Hugo a transformé son article. Voici deux phrases que ne contenait pas le Conserv. Litt.: « Un historien étranger ne trouverait jamais certaines expressions qui sentent l’homme « du pays. Nuance toute chinoise et toute charmante. » A la place de cette dernière phrase exclamative. il y avait celle-ci : « Cette délicatesse d'expression serait-elle d’un étranger ? »
La conclusion de l’article n’a jamais été reproduite. C’est un éloge de W. Scott, de Chateaubriand, de Lamennais. C’est la première fois, croyons-nous, que V. Hugo fait allusion à Lamennais.
« Ces vérités semblent avoir été senties d’un contemporain : Sir Walter Scott écrit l'histoire
« d'Ecosse. Un de nos compatriotes nous fournit un exemple plus éclatant encore : M. de Chateau- « briand écrit l’histoire de France. Quel vide remplira dans notre littérature l'ouvrage de cet homme « qui, suivant la belle expression de M. de Lamennais, est si avant dans la gloire ! Nous posséderons « alors notre histoire écrite par un personnage historique, nos hommes d'état jugés par un homme « d'état, nos écrivains appréciés par un écrivain, nos grands hommes enfin immortalisés une seconde « fois par un grand homme. »
Janvierfévrier
Janvier
Fondation de la Société des Bonnes Lettres.
Les Lettres Champenoises ont deux notes intéressantes sur la société. Le 9 février (t. 1v, lettre xxx, pp. 65-69) elles donnent les noms des fondateurs, membres influents, donateurs. Le 17 février (t. rv, pp. 107-116, lettre xxx) elles donnent le nom des littérateurs, parmi lesquels sont cités Abel et V. Hugo.
Le Journal des Débats (10 février) en parle lui aussi assez longuement.
Février
Commen- Lamennais arrive à Paris et descend chez
cement
Saint-Victor, rue du Cherche-Midi, 15.
defévrier Cf. D'Haussonvizzx, Lettres de Lamennaïis à
la baronne Cottu, p.106. « Je serai probable- « ment à Paris, à la fin de janvier » : cf. La- VEILLE, Un Lamennais inconnu. Lettres à Benoit d’'Azsy, p. 127. « J’arriverai le 3 ou 4 février. »
Annonce du Génie du théâtre espagnol, etc... par Abel Hugo.
Journal de Nantes et de la Loire-Infeérieure, 6 février 1821.
Première conférence de Fraÿssinous, à Saint-Sulpice, sur l’/ncrédulité des jeunes gens : cf. La Quotidienne, 18 février.
Destitution de Tissot, professeur de poésie latine au collège de France, successeur de Delille : cf. Le Journal des Débats, 11 février
Rességuier, aux Jeux floraux, prononce l'éloge de M. Poitevin-Peitavi, imprimé le 31 mars 1823.
Séance d'ouverture des Bonnes Lettres : cf.
Le Journal de Paris, 19 février 1821.
Poésie. L’infidèle. Elégie. Littérature française. Poésies de Mme Conserv. Lit, t. 1, livrais. xxrx, pp. Desbordes-Valmore (1). 329-330 : Alex. Soumet. ('onserv. Litt.,t. ni, livrais. xx1x, pp. 338- 345 : V.
(4) Cette critique littéraire n’a jamais été reproduite par V. Hugo, et pourtant elle est curieuse à étudier. V. Hugo semble accabler Mme Desbordes-Valmore de louanges, mais à y regarder de plus près, il n'a donné tant de compliments que pour faire passer en même temps sa véritable pensée. La coupe était amère, il a mis beaucoup de miel sur les bords. Voici le début :
« Je viens de lire, pour la 3e fois, ce volume de poésies, et je suis décidé à en faire un grand « éloge : car je suis décidé à beaucoup citer. J'étais prévenu contre Mme Desbordes-Valmore : j'avais « lu son nom dans l'Almanach des Muses ; et, avant d'ouvrir le livre, j'avais préparé un long préam- « bule d'article en plusieurs points. Le premier roulait sur la fadeur des poésies élégiaques en général : « je démontrais le ridicule de ces éternelles lamentations amoureuses ; j'avais découvert qu’il n'ya rien « de tel que d'être mourant pour vivre longtemps, et je citais 4 tort et à travers l’exemple de Voltaire « qui fut mourant 80 ans ; puis, descendant aux détails de la vie privée, je montrais le mourant mar- « chandant avec son libraire, ou corrigeant son désespoir amoureux sur une épreuve. Le second point « traitait des dames auteurs; je pesais toutes les gloires féminines, anciennes, modernes et même
HE
L'évrier
Chant du vieux Morlaque, tiré du roman de Jean Sbogar.
Conserv. Litt ,t. nr, livrais. xxx, pp. 330-
N.-B. — Poésies de Mme Desbordes- Valmore.
3e édit. In-8, imp. Didot, Paris, Francçois-Louis. B. F., {er juillet 4820, no 2439.