V. Hugo va habiter rue de Vaugirard, n
Le Journal de Paris annonce Han d'15lande. « Nous parlerons de ce roman qui, « par sa bizarrerie, doit piquer la curiosité » : cf. Journal de Paris, 3 mars 1893.
Han d'Islande de V. Hugo ; critique de Lettres de V. Hugo à son frère Eugène et à deux colonnes, signée B. L.: cf. Journal Son père, à Blois: cf. Correspondanre 1815de Paris, 1 mars 1823. Cet article, dur dans 1835, pp. 180-182 ; cf. Pierre Duray. V. Augo certains endroits, est au fond très juste et, à vingl ans, pp. 80-83. tout en signalant à V. Hugo ses défauts, ilne : méconnaît pas ses qualités.
Abel Hugo. La Vengeance de la Madone :
cf. le Réveil, 10 mars 1823.
Voici la partie de l’article qui a été négligée :
Nous ne doutons pas que le poète dont nous annonçons ici un peu tardivement la première publication,ne soit appelé à l’une des plus belles destinées littéraires qui illustreront notre époque. Nous ne doutons pas également qu'il ne soit un de ceux de nos jeunes écrivains dont le talent rencontrera le plus de contradicteurs. Pour arriver à la gloire qui lui est réservée, M. Jules Lefèvre a beaucoup d'obstacles à vaincre dans le public et en lui-même. Son imagination forte et hardie est souvent rude et téméraire dans ses conceptions ; son expression, neuve et pittoresque, est fréquemment bizarre, ses couleurs, presque toujours franches dans les détails, sont parfois indécises dans l'ensemble. Quelquefois il néglige le vers, quelquefois il le torture. Son style, qui réunit les qualités les plus différentes, présente en même temps les défauts les plus contraires, tantôt si simple qu’il devient trivial, tantôt si figuré qu'il en est sauvage. A côté de traits dignes de Milton ou du Dante, on trouve des locutions de Dorat ou de Marivaux ; mélange singulier de la grandeur et de la mignardise, de la force et de l'afféterie. On pourrait comparer le talent de M. Jules Lefèvre, tel qu'il apparaît dans ce remarquable recueil à un jeune chêne plein de sève et de verdeur, dont on a orné le feuillage inculte et vigoureux de quelques roses artificielles. On ne saurait dire également s'il est plutôt propre à tel genre qu’à tel autre : on trouve mêlées dans son livre les poésies lyriques, dramatiques, élégiaques ; et toutes ces muses ont envoyé à M. Lefèvre de belles inspirations. Nous appliquerions volontiers à ce poète ce que Mad. de Staël dit de Goëthe, qu'il ressemble à la nature qui produit tout et de tout. Qu'il se garde bien de voir ici dans cette appréciation réfléchie de son talent autre chose que l'expression d’une haute et sincère estime, nous ne prétendons pas non plus lui donner des conseils dont il n’a pas besoin ; car nous sommes persuadés qu’il en sait bien plus que nous encore sur son talent. Il porte en lui le feu sacré qui épure l'imagination en la vivifiant. Loin de nous d'oublier le respect dû au talent, ce noble don de l'âme qui élève l’homme au dessus de l’homme. Des imperfections passagères n’effacent pas des beautés immortelles, et nous voudrions voir les critiques imiter ces ancienssectateurs de Zoroastre, qui, même quand il se levait dans les nuages, n’en adoraient pas moins le soleil.
Que M. Lefèvre atténde donc, sans se décourager, sa belle couronne ; qu'il laisse se développer son talent original et fort dans la veille et la méditation, les hommes tels que lui sont maîtres de l'avenir, ce juge inexorable de la médiocrité. ,
Dans un 2 article nous justifierons par des citations ce que nous avons dit des poèmes singulière-
ment remarquables de M. Jules Lefèvre.
UT
49 et 21
Mars
Avril
Mars
Ch. Nodier consacre deux colonnes dans la Quotidienne à Han d'Islande. y a critiques et louanges. Il affirme, sans rire, que ce roman a eu Qun débit authentique et légitime de 12.000 exemplaires » : E. Biné, V. Æugo avant 1830, en cite une partie, pp. 295-296.