CHAPITRE VII
Janvier
Lettre de Lamartine à V. Hugo: cf. Revue de Paris, Lamartine et V. Hugo, Lettres inédites, par M. G. Simon, 15 avril 1904, pp. 676-6178.
Septième livraison de la Muse Française.
On y trouve des vers de Mme Desbordes- Valmore, A. Guiraud, J. de Rességuier, Mme A. Tastu, V. Hugo, un article de Guiraud (Nos doctrines), des articies de G. de Pons, A. de Vigny et E. Deschamps.
A la 7€ livrais., on donne la date du 45 janvier et on indique que La Muse paraît le 45 de chaque mois. On la trouve à B. F. au 24 janvier.
Poèmes et chants élégiaques, ornés de gravures, par À. Guiraud. In-18. imp. Didot, Paris. Paris, Boulland et Cie, Ladvocat : B.
F., 17 janvier 1824, n° 366. La Quotidienne du 47 janvier contient un entrefilet sur cet ouvrage.
Lettre de V. Hugo à son père : cf. PIERRE Doray, V. Hugo à vingt ans, pp. 75-77.
Dufay la donne comme étant de 1823 mais le contenu, le post-scriptum surtout, indique qu’elle est de 1824.
La Bande Noire, Ode (1). Muse française, t. un, livrais. vu, pp. 43-49. V. Hugo : cf. Odes et Ballades, pp. 129-136.
Lettre de V. Hugo à son père : cf. PIERRE Duray, V. Hugo à vingt ans, pp. 133-134, qui donne une lettre d’Adèle au même, pp. 132- 133. Dufay, d’après le manuscrit, donne simplement ce lundi 19 : c’est nécessairement le 19 janvier.
(4) On a supprimé dans l’épigraphe, après le nom de Ch. Nodier, le titre de l’article Saint Michel
auquel cette phrase est empruntée :
cf. le Défenseur, t. ur, livrais. xxx, p. 294, 11 novembre 1820.
Voici les corrections en suivant le texte des Odes et Ballades.
Page 131, vers 14 : on lisait presser son coursier — au lieu de — Adter... (Correction de 1824). — vers 93 : Zt levant des voix sépulcrales — au lieu de — Ou, levant... (Corr. de 1824). — dernier vers : Où tremble la cloche du soir — au lieu de — Qui ébranle la cloche.
(Correction de 1824).
Page 135. Les vers 15, 16, 17, 18 sont transformés. Voici les 2 textes :
Un tel triomphe est sans dangers.
Mais qu'ils n’éveillent pas les preux de ces murailles
Ces ombres qui jadis ont gagné des batailles Les prendraient pour des étrangers.
Odes et Ballades.
Pour eux il n’est point de danger Les héros qui veillaient sur ces hautes murailles Les ombres qui jadis ont gagné des batailles Ne combattent que l'étranger.
Muse française et Odes de 1824.
Les corrections de Ja p. 131 ont élé faites pour l'édition de 1824 ; celles de la p. 135 ont été faites
en 1828 seulement.
A la fin de l’ode, La Muse française avait mis cette note : Cette ode fait partie, ainsi que celle du même auteur, insérée au 4er volume de la Muse (A mon pére) d'un volume d’odes inédites qui paraît en ce moment chez Ladvocat, prix 3 fr. 50. Nous rendrons compte de ce nouveau recueil d’Odes
de M. V. Hugo.
En janv.
Janvierfévrier
Février
Janvier
V. Hugo compose : Le Chant de l’Arène (Odes et Ballades, pp. 297-301); Le Chant du Cirque (Odes et Ballades, pp. 303-306) :
Le Chant du Tournoi (Odes et Ballades, pp. 307-311).
V. Hugo compose Une Fée : cf. Odes et Ballades, pp. 435-437, date 1824.
Février
V. Hugo compose la Préface des Vouvelles Odes : cf. Odes et ballades, pp. 9-21.
La 8e livraison de La Muse Française (B.
F., 28 février) contient des vers de Mme Céré- Barbé, de Ch. Nodier, de Mme Sophie Gay, de Villebois, de Louis Belmontet, des articles de Rességuier, de Saint-Prosper et de E.
Deschamps.
Mars
Les Tablettes Universelles parlent d'une dispute entre l’Ztoile et l'Oriflamme à propos du romantisme. L’ÆZtoile est contre, l'Oriflamme est pour les Romantiques. L’Æfoile a appelé à son secours « le principe d'autorité du Père Lamennais » : cf. Tablettes Universelles, 66€ livrais., 6 mars, pp. 176-178.
La Gazette de France consacre deux colonnes aux /Vouvelles Odes par Victor-M. Hugo, article signé F. B. Onlui reproche des abstractions métaphysiques, des obscurités, on le félicite du caractère religieux et politique de ses œuvres. Son Antéchrist est une des conceptions les plus étonnantes. Son Bonaparte est imposant et mystérieux : cf. Gasette de France, T mars 1824.
La Pandore se moque des jeunes poètes, dévoués au culte de la contemplation. Ils sont tristes, confèrent avec les morts, les esprits, les vampires, revenants, lutins, fées, ils connaissent lies secrets des tombeaux. Ils sont bien mangeants, bien pensionnés, bien placés, bien imprimés, bien vantés. Epris de leur gloire ils rêvent alors à l'infini ou à l’incompréhensible.
« Le plus intelligible, le moins obscur et « sans contredit le plus distingué des congré- « ganistes pleureurs dont je viens de parler « est M. V. Hugo. » Le critique fait ensuite l'historique de la vie de V. Hugo qui d'après lui à 27 ans. Il a publié en 1822 un recueil d'odes où il y a de beaux vers, de grandes pensées mais une politique haineuse. Ses Vouvelles odes sont mieux. Tous ses chants méritent d’être lus. Le poète déserte les rangs des
Lettre de V. Hugo à Charles Nodier, à propos d’un article qui doit paraître dans la Quolidienne. « Est-ce que l'aigle consentirait à « juger le vol du moineau franc ? »
cf. Catalogues Charavay, n° 404.
Choix Moral de Lettres de Mme de Sévigné, précédé d’une notice sur sa vie et ses ouvrages, et orné de son portrait (le portrait manque).
3 vol. In-18. Imp. Didot, Paris. Paris, Boulland : B. F., 13 mars 1824, n° 1313.
contempteurs de l'honneur national ; la preuveenest dans on enfance : cf. La Pandore, 41 mars 1824 (non signé).
Annonce des Vouvelles Odes : cf. le Dra- , !
peau blanc, 12 mars 1824. Choix Moral des Lettres de Vollaire pré-
cédé d’une notice sur la vie et les ouvrages de cel écrivain célèbre el orné de son portrait (1).
3 vol. in-18. Imp. Didot, Paris. Paris, Boulland : B. F., 13 mars 1824, n° 1314.
Cf. Litt. et Philos. mélées, pp. 115 et 116, 164 et pp. 231, 243.
(1) Le choix moral des Lettres de Mme de Sévigné et de Voltaire est précédé d’une Préface de l'Editeur. On en retrouve le commencement dans Lift. et Philos. mélées, pp 115 et 116, et une phrase que V. Hugo a reproduite, p. 464 : on doit encore plus de respect à la jeunesse qu'à la vieillesse. Dans les trois lignes, qui précèdent cette phrase, il a résumé la demi-page précédente.
Les deux préfaces sont identiques. Après avoir parlé du style épistolaire, il indiquait les modèles du genre : Mme de Sévigné, Voltaire, Jean-Jacques, mais ils ne sont pas sans danger pour la jeunesse. Mme de Sévigné elle-même ne peut être lue par les jeunes filles : « il faut environner d’une chaste et « religieuse sollicitude les premières impressions d'une jeune âme et les premières émotions d’un « jeune cœur et l’on ne saurait trop répéter cette pensée vénérable d’un antique sage, que l’on doit « encore plus de respect à la jeunesse qu'à la vieillesse ». V. Hugo citait ensuite le nom des épistolaires dont il offrait une collection choisie : Voltaire, J.-J. et J.-B. Rousseau, Frédéric, Montesquieu, Racine, La Harpe, Lamotte. d’Alemibert, Diderot, Fléchier, Boileau. Bussy-Rabutin, Voiture, Balzac, Mmes de Sévigné, Maintenon, Aïssé, Simiane, Lafayette, Staal, Villars, Tencin, Graffigny etc... (L’entreprise était grande, nous n'avons trouvé que Voltaire et Mme de Sévigné).
Rien dans cette collection ne blessera la religion et la morale. « C'est toujours dans les lettres « d’un homme qu'il faut chercher, plus que dans tous ses autres ouvrages, l'empreinte de son cœur et « la trace de sa vie. Quant aux suppressions, elles nous sont indiquées par une intention trop pure « pour que nous songions à les justifier... Ce que la morale conseille est toujours approuvé par le « goût. »
La préface de l'éditeur dans le Choix moral de Lettres de Mme de Sévigné comprend les pp. v à viij. Elle est suivie (pp. x1ix à xxx) d'une Wofice sur Mme de Sévigné. Nous n'avons trouvé nulle part dans les œuvres de V. Hugo cette Notice qui, d’après l’éditeur, est pourtant bien son œuvre.
Il commençait par rappeler quelques phrases de J.J. Rousseau contre les femmes, puis il affirmait que le style épistolaire leur appartenait en propre. Il critiquait en passant Balzac et Voiture, qui écrivaient sous les regards de la postérité. Mme de Sévigné fut auteur à son insu : V. Hugo admire « son « aisance, son naturel exquis, son style animé, sa familiarité. » Son livre est unique en son genre, « il est des choses qui ont une telle empreinte d'originalité, que plus on cherche à les imiter, plus on « les rend inimitables. »
V. Hugo raconte ensuite la vie de Mme de Sévigné agrémentant de quelques réflexions cette vie qui est toute dans Les Lettres.
Il termine en montrant que ces Lettres offrent un vrai tableau de la cour de Louis XIV, il en étudie le style. Mme de Sévigné a été souvent critiquée : les uns la trouvent précieuse, les autres janséniste ; Voltaire l’appelait une caillette. V. Hugo cherche à prouver la fausseté de ces critiques. On a comparé Mme de Sévigné à Cicéron, Montaigne, La Fontaine. Il y a quelque chose de vrai, dit V. Hugo, qui cite pour conclure une page de La Harpe sur notre Fablier, page qui d'après lui s'applique aussi bien à Mme de Sévigné.
Il y aurait vraiment intérêt à reproduire dans les œuvres de V. Hugo ces quelques pages sur Mme de Sévigné ; elles sont charmantes et l'on dirait parfois que V. Hugo a pris Mme de Sévigné pour son modèle et il s’en est approché d'assez près.
La Notice qui accompagne les Lettres de Voltaire se trouve reproduite en entier dans Zatt. et Philos. mélées, pp. 231-243. Une partie (les pp. 237-243) avaient déjà paru dans la Muse française
© (décembre 1893) ; mais les pp. 231-236 paraissent ici pour la première fois. Le texte du Choïxz Moral
et celui de Litt. et philos. mélées n'offrent que de rares variantes dont voici les plus importantes : Page 232, ligne 28 : « poème blafard de la Ligue, » était simplement « poème de la Ligue ». one 26 : V. Hugo n'avait pas osé écrire en loules les lettres le mot Pucelle : on lisait age 235, ligne 26 : V. Hugo n° URI toules les lett l t Pucell lisait son odieuse P....…. Ve \ , ee Page 236, ligne 3 : on a supprime deux lignes où V. Hugo racontait que Voltaire avait recueilli la petite fille du Grand Corneille.
Mars
Nouvelles Odes, par Victor-M. Hugo. Vos canimus surdis. Paris, Ladvocat (Imp. Pinard),MDCCCXXIV(1824).In-18.xxvi].-232 p.:
B. F., 13 mars 1824, n° 1370 (1). À
N.-B. — Les Nouvelles Odes ont dû paraître dans les premiers jours de mars puisque la Gazette de France en parle dès le 7 et La Pandore dès le 11.
(1) La Préface se trouve aux Odes et Ballades, édition ne varietur, pp. 9-21 (février 1824), elle est reproduite exactement.
Ce volume contient 28 odes. Les voici, dans l'ordre de cette édition avec les changements qu'on a depuis introduits.
I. — À mes vers, pp. 1-10, est devenue, en 1828, À mes odes (t. 1. pp. 121-129). Elle a gardé ce
titre dans les Odes et Ballades, pp. 119-124. — Nous n'avons trouvé que deux petits changements sans
importance.
Au 4er vers, au lieu de Mes odes, c'est l'instant. il y avait Mes vers, voici l'instant.
Page 121, au vers 11, il y avait : Vous, 6 mes vers... au lieu de Vous, Ô mes chants...
IT. — Le poète, pp. 11-18. — Odes et Ballades, pp. 245-249.
Il y avait deux épigraphes à cette ode en 1824. Voici celle qui a disparu: 4 ! ceux que ravissent ces chants sont loin de croire à l'amertume qui ronge son cœur ! Th. Moore, Mélodies irlandaises. Pour le reste, V. Hugo n’a rien changé. £
HT. — L'Histoire, pp. 19-23. — Odes et Ballades, pp. 125-127.
Trois vers ont subi une transformation. Odes et Ballades, p. 126, vers 5, on lisait : Trouvent un but pareil en leurs sentiers contraires au lieu de Trouvent un but pareil par des routes contraires. Vers 14, fonde... remplace dresse.
Page 127, le dernier vers se lisait : Z£ la dernière tombe et le premier berceau au lieu de £t la première tombe et le dernier berceau.
IV. — La Bande Noire, pp. 25 38. — Odes et Ballades, pp. 129-136.
Cette ode a été imprimée, nous l'avons vu, dansla Muse française, t. xx, livrais. vir, pp. 43-49. On peut voir, au 15 janvier 1824, les corrections faites à cette ode soit en mars 1824, soit en 1828. L'édition de 4824 portait (p. 26) une petite note sur la trivialité du titre. — « La Bande Noire est une institu- « tion laissée par la révolution : et, en parlant des choses de cette révolution, la trivialité est souvent « un défaut inévitable ». Cette note n’a pas été reproduite dans l'édition ne varietur.