‹ Bio-bibliographie de Victor Hugo: de 1802 à 1825Chapitre 88 sur 106 · MA CHÈRE SOPHIE · texte numérisé non relu

MA CHÈRE SOPHIE

Dans l'espérance que tu m'aurais adressé une autre procuration plus authentique nous avions fait annoncer par les feuilles publiques, la vente des meubles pour le 5 de ce mois ; l'huissier, le frippier et le juge de paix étaient prévenus et tout était préparé.

N'ayant point reçu cette nouvelle procuration et ne pouvant cependant différer la vente, j'ai prié et fait prier le juge de paix de se contenter de celle que tu m'avais précédemment adressée et il s'y est déterminé en exigeant seulement qu'elle fut timbrée et enregistrée, formalité que j'ai remplies et qui ont suffi pour la régulariser. Après le tarif des scellés, la vente a eu lieu le 5 novembre jour annoncé.

Tu verras par le compte de la Ÿente, ci-joint, No 1 que le restant à partager entre les enfants de la 1re communauté toutes déductions opérées, n’est que que de 340 fr. 70. Je ne t'envoie pas expédition du procès-verbal de cette vente afin de t'éviter des frais, mais tu pourras en faire prendre communication chez Pouponneau quand tu voudras.

Etant de notre intérêt de régler et terminer promptement toutes nos affaires, dès le 22 octobre dernier, nos experts arbitres nommés par le règlement du mois

de pluviose an 12 et dernièrement par Bellet et moi comme fondé de pouvoir de nos co-intéressés, ont procédé à l’estimation et ensuite aux partages des biens.

Tu te rappelles sûrement, ma chère sœur, que par ma lettre du 6 juin 1809, je t'ai prévenu que poussés par les motifs puissants que je t'avais fait connaître, nous avions tout en regrettant de te voir persister dans ton refus acquis de notre grand père tous ses biens personnels par acte du 28 mai 1809 et traité du même jour dont Mr. Angebault avoue t’envoyer copie par lettre chargée à la poste, et moi je te fis passer aussi l'état des det-

. tes de notre aïieul, montant à 48371 francs.

Pour te déterminer à te réunir à nous, Je t’offris par la même lettre, de faire pour toi comme pour notre sœur Madeleine, toutes les avances et payements nécessaires à l'exécution de nos engagements avec notre grand père, et que tu me rembourserais seulement à son décès. Tu as lais- SéMcette let MSANS ET DONS Re LRCeneS l'acquisition faite par nous des biens paternels, indépendamment de ce qu'elle est légale, n’a rien de contraire à la délicatesse et à la plus sévère probité puisque personne n'envarété"excluqu'elle n'a point été faite secrètement et qu’au contraire toutes les tentatives ont été faites auprès de toi pour te déterminer à y concourir, à la condition bien entendu que comme nous, tu coopérerais à supporter la charge et à acquitter la dette, obligation résultant de cette vente.

Ton obstination à cet égard a donc du nous persuader que tu trouvais cet acte plus onéreux que profitable et que tu me voulais point partager les risques que nous courions de perdre, si notre grand père eut vécu encore plusieurs années.

Néanmoins, ma chère Sophie, aujourd'hui que mon pauvre grand père n'existe plus, et que la vente dont il s’agit, présente de l'avantage, l'intention de notre sœur et ‘de moi, est que tu participes comme nous aux bénéfices qui peuvent en résulter. En conséquence il te revient un tiers dans ma portion des biens paternels acquise par moi et Madelon, et de plus aussi un tiers dans ce qui revient à

APPENDICE

notre branche dans les biens maternels de la première communauté les experts arbitres ayant estimé séparément les biens de chaque communauté ainsi que tu le verras par l'extrait ci-joint du procèsverbal d'estimation N° 2, il a été facile d'établir un droit dans les biens pa:

ternels acquis et dans la portion maternelle de la première communauté.

Ce règlement de nos droits est clairement fait par le partage dont je lenvoie copie No 3. Bellet et moi étant personnellement aux (?) droits de Lenormand et de sa tante ainsi que je te l’expliquerai à la fin de cette lettre, et de plus vous représentant en qualité de vos fondés de pouvoir, il a paru aux experts arbitres, aussi simple qu'avantageux aux intérêts communs de faire seulement deux lots des biens, l’un pour Bellet, l’autre pour moi, sauf à nous, à vous faire raison de votre portion dans notre lot suivant vos droits établis et réglés à la fin du partage. Il résulte de ce partage que comme Madelon, tu es intéressé dans mon lot 1° pour 1397 fr. pour ton tiers dans une portion des biens

DaternelS acquis CL OUEN 1397,88 du, 2e ot tes TT) pour ton tiers dans la portion revenant à une branche dans les biens maternels de la première communauté à.. 1145,16 Total. 2543,04

Sauf à toi à me rembourser ta portion dans les avances et les payements faits par moi et dans les achats (échanges) résultat de l'acte de vente du 28 mai

Toutes ces dépenses sont détaillées et justifiées dans le compte que je te remets No 4 lequel présente aussi les recettes que j'ai faites relativement aux biens dont il s’agit. Chaque article est appuyé de notes ou d'explications nécessaires à l'intelligence de mon travail. Les pièces au soutien sont jointes au même compte rendu à notre sœur et je te les ferai passer si tu le désires.

Par le résultat de ce compte chacune de vous me doit 563 fr. 18.8 qui déduits des 2543 fr. 4 montant de ses

droits dans mon lot, laissent à ma charge une somme de 2006 fr. 6.4 dont je te suis définitivement redevable pour solde de tes droits soit comme acquéreur soit comme héritier dans les biens paternels et maternels.

RESUMEMA)—= A "latsutesdenquer tu es exempte de toute solde ou compte.

Participant à notre acquisition tu as droit à 2006 fr. 6.4 autrement tu n'aurais "droit qu l'AS MIN OA

Il fait un compte détaillé pour arriver à ce résultat et il lui prouve qu'elle gagne 555 frs.

Il y a eu grande exactitude dans toutes ces opérations. Si tu veux discuter, je veux bien m'en rapporter à deux arbitres.

Il s’agit maintenant du mode de paicment des 2006"fr..6.-Sirtu-veux des biens fonds, il y aura des frais d'expertise occasionnés par le morcellement du lot. Je préfère te compter intérêts jusqu’au paiement de la somme hypothéquée sur biens à moi échus.

Tout cela est compté sur un revenu de 592 fr. 90 quand en réalité il est de 363 fr. 90.

La maison principale rapporte 229 fr.

revenu net mais je n’en retirerai pas un sol elle sera commode pour l’exploitation.

Grand père avait aussi des aettes pour 600 francs, dus à divers. Nous voulons les payer mais je n’en ai pas fait compte.

Lenormand et notre tante nous avaient cédé à Bellet et à moi tous leurs droits dans les biens de St-Fiacre (et il explique longuement la cession). Ton opposition aux arrangements fit que je ne t'en ai point parlé ; Madelon ne voulut point non plus augmenter son fardeau, Bellet et moi nous avons couru les chances alors nous devons seuls jouir des avantages qui nous dédommageront des chances courues, des fonds avancés, des engagements pris.

Je te rappelle l'espérance donnée de venir nous voir. Je végète à la Préfec-

(1) Nous donnons, pour la fin de cette lettre, un résumé succinct.

APPENDICE

ture, quoique chef du Secrétariat : appointements modiques. Accepterais place en Espagne, si tranquillité renaissait dans ce pays ; si place en France, serais encore plus heureux. Fais connaître tes intentions sur cette lettre. Bonjour à Hugo.

Lettre de Sophie Hugo à Marie-Joseph Trébuchet. Inédite.

18 à 20 décembre 1810 (1).

J’approuve, mon cher ami, tous les arrangements pris par toi et je te l’aurais dit plus tôt sans une douleur de rins qui ma retenu quinze jours clouée dans mon hit, tu m'enverra une reconnaissance des deux mille francs, quant aux intérêts qu'il n’en soit pas question, et si j'étais la maîtresse, Je t'abandonnerais même le principal, peut-être le pourrai-je un jour, au reste repose-t-en sur mon cœur et mon amitié pour toi.

Le crédit de mon mari ne peut rien dans ce pays cy, ce n'est qu'en Espagne qu'il pourra te faire placé, aie donc un peu de patience et sois sur que je travaillerai de manière quand il sera tems que les avantages que t'offrira l’Espagne te dédommagerons de la France, au reste Je compte te voir bientôt et nous causerons de tout cela à loisir. Adieu, mes enfants t'embrasse, embrasse pour moi ta femme et tes enfants.

HuGo née TREBUCHET.

Mille amitiés à notre sœur.

Lettre de Sophie Hugo à son frère Marie-Joseph Trébuchet, n° 1, place Delorme, près le Boulevard, à Nantes, Loire-Inférieure.

Paris, 9 mars 1811.

Je part demain pour rejoindre mon mari, mon cher ami, et je n’ai que le tems

(4) Marie-Joseph Trébuchet a mis la note suivante sur l'original : «J'ai reçu cette lettre le 25 décembre. »

de t’assurer de ma bien sincère amitié.

Aussitôt arrivée à Madrid je t'écrirai et j'espère te donner de bonnes nouvelles, crois bien qu'une fois là, je ferai tout mon possible pour te tirer de ta .pémible position, quand tu m'écriras ne me parle point de nos arrangemens de famille que je ne t'en parle la première.

Adieu, mon cher frère, embrasse pour moi ma sœur, tes enfants et crois à mon attachement et au vif désir que j'ai de t’être utile. Je t'embrasse.

Ta sœur, HUGO née TREBUCHET.

Ne m'oublie pas auprès de nos parens en particulier notre sœur et Madame Mathis.

Lettre du Ministre de la Guerre, à Monsieur le Préfet de la Loire-Inférieure.

Paris le 24 décembre 1813.

Monsieur, vous m'avez invité à vous faire connaître qu'est devenu Mr. Hugo, qui était Maréchal de Camp au service d'Espagne. J’ai l’honneur de vous prévenir qu'il est du nombre des officiers qui étaient au service de sa Majesté Catholique, et qui ont demandé à passer à celui de France. Il a été autorisé à se rendre au Quartier Général de la Grande Armée.

Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération.

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