V. — LES HYDROGENASES DU MUSCLE
Collett a étudié les déhydrogénases des muscles de poisson. On sait que l’on a conçu un système représenté par des donateurs d'hydrogène, une enzyme et des accepteurs d'hydrogène.
Les déhydrogénases font passer l'hydrogène depuis les donateurs jusqu'aux accepteurs. Dans l’expérience de Collett, les accepteurs sont des acides succinique, cCitrique, glycérophosphorique, lactique, malique, acétique et butyrique. L'’enzyme est fournie par le muscle de Tautogolabrus adspersus et l’accepteur du bleu de méthylène qui se décolore au fur et à mesure qu’il reçoit de l’hydrogène. Son degré de décoloration mesure son état de réduction. Tout est fait en milieu tamponné à 36°.
L'auteur se pose la question suivante : existe-t-il une déhydrogénase unique capable d'agir sur tous. les donateurs ou existe-t-il des déhydrogénases multiples, chaque donateur ayant sa déhydrogénase spécifique ?
L'auteur constate que le temps de décoloration du bleu de méthylène est sensiblement le même si l’on introduit dans le système un ou plusieurs donateurs. S'il y avait plusieurs enzymes, conclut l’auteur, chacune agirait pour son propre compte et les effets seraient additifs. Le temps de décoloration du bleu de méthylène serait donc plus court avec 2 ou 3 donateurs qu'avec un seul.
Dans une autre publication, Collett et Clarke ont employé une autre méthode de recherche. Ils ajou-
tent au système précédent un poison des déhydrogénases et observent si l’activité de ce poison est différente avec les divers donateurs. S’il y a plusieurs déhydrogénases il y aura probablement des intoxications d'importance différente suivant la déhydrogénase ; le temps de réduction ne sera pas le même avec les différents donateurs.
Les poisons employés sont le phénol, le sélénite de sodium, et l’arséniate de potassium. Les auteurs obtiennent chez le Carassius auratus un même ordre de toxicité avec les divers donateurs étudiés. On doit donc en conclure qu’il n’y a qu'une seule déhydrogénase.