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L’IODE

Nous signalerons les résultats de Tresseler sur deux poissons marins. D’après l’auteur, ia morue contiendraïit 0,24 % d’iode des cendres et l’aiglefin 0,29 % des cendres.

4° L’ARSENIC. — Dans un mémoire à l’Académie des Sciences, Armand Gauthier rapporte les faits suivants : « Un maquereau frais (Scomber scombrus) de 340 gr. fut ouvert, l’intestin et l’estomac vidés par lavage, puis le tout fut détruit par ma méthode. On ne trouva pas trace d’arsenic ».

5° LES SULFATES. — Nous n’avons que peu d’études sur la teneur en sulfate des poissons. Atwater donne pour l’aiglefin le chiffre de 0,31 mgr. pour 100 gr. des cendres et pour le brochet, le chiffre de 2,5 mgr. %

de cendres.

B. — LES CATIONS

1° LE sopIUM. —— Atwater a trouvé 20,45 magr. % gr. des cendres de Na (dosé sous forme de Na202) chez le brochet et 36,51 mgr. % gr. des cendres chez l’aiglefin.

Il semble que les proportions de Na seraient plus grandes chez les poissons de mer que chez les poissons d’eau douce.

Kaplanski et Boldirewa ont déterminé les variations de la quantité de Na du tissu musculaire chez les carpes et les poissons rouges quand on les place 30 jours dans une solution de CINa à 1,5 %. Ils ont trouvé une variation de la quantité du Na du simple au double. Chez les témoins, la teneur en Na était, en effet, de 98,6 mgr. % gr., tandis qu’elle était de 194 mgr. % gr. chez les poissons en expérience.

Les auteurs remarquent, de plus, que chez les poissons qui sont restés 70 jours dans la solution chlorurée à 1,50 %, la teneur en Na du sérum n’a pas changé. Le poisson-témoin en contenait 123 mgr. % gr., le poisson en expérience 129 mgr. Par contre, dans le muscle, la teneur en Na a passé de 40 mgr. % à 111 mgr. Chez des poissons de même espèce placés dans une solution de Cl2Ca à 2 %, la teneur en Na du muscle ne semble pas avoir changé.

Mme A. Drilhon a dosé la teneur en Na du muscle d’une carpe ayant séjourné plus ou moins longtemps dans de l’eau de mer à différents points de congélation. Une carpe qui, dans une eau douce de point de congélation 0°02, avait une teneur en Na de 5,980 %, en contenait après un séjour de 24 heures dans de l’eau de mer se congelant à —0°90, 1,25 %0; après un séjour de 10 heures dans un bain se congelant à —1°02, 1,75 %o; et après un séjour de 2 h. 1/2 dans un baïin se congelant à 2°02, 1,80 %.

Il en résulte que le muscle d’un animal sténohalin

ture

plongé dans un milieu hypertonique voit sa teneur en Na augmenter dans de fortes proportions, 84 % dans l’expérience de Mme A. Drilhon.

Chez l’anguille, au contraire, l’auteur trouve 0,906 %0 de Na en eau douce. Après un séjour de 2 heures 1/2 dans l’eau de mer, la teneur en Na passe à 1,74 %0 et après un séjour de un an, elle redescend à 1,02 %0. |

On voit donc que pendant un temps très court (2 à 3 h.) l’anguille paraît se comporter comme la carpe; puis, d’après l’auteur, le mécanisme temporairement altéré d’équilibration se rétablit rapidement et l’autonomie du milieu intérieur s’affirme à nouveau.

2° LE POTASSIUM. — La teneur en potassium du poisson marin semble être inférieure à celle du poisson d’eau douce. Atwater en trouve en effet 13,84 % de cendres chez l’aiglefin et chez le brochet 23,93 %. Paulant dans une thèse inspirée par Leulier montre que, chez les alevins, de truite arc-en-ciel, on a une fixation continue et proportionnelle du potassium par rapport au poids de ces alevins. Le pourcentage de ce métal alcalin calculé soit sur la substance fraîche, soit sur la substance sèche donne des chiffres sensiblement constants, ayant pour valeur moyenne : 0,280 % tissu frais, 1,35 % tissu sec.

Ce pourcentage calculé par rapport au tissu sec est beaucoup plus régulier, plus fixe que celui du tissu frais.

3° LE MAGNÉSIUM. — Les proportions de magnésium

sont plus grandes chez les poissons d’eau douce que chez les poissons de mer. Atwater donne pour l’aiglefin le chiffre de 1,90 % des cendres, en MgO et pour le brochet le chiffre de 3,81 % des cendres.

Suivant Jolyet, la teneur en magnésium du sérum de quelques vertébrés marins se rapproche de celle de l’eau de mer, tandis que la teneur en magnésium des vertébrés terrestres se révèle inférieure. Et il donne les valeurs suivantes, en mgr. pour 1.000 cc. de sérum : esturgeon : 0,1216; dauphin : 0,118. Jean Velluz, dans sa thèse, rapporte que Bialaszenwicz n'aurait trouvé dans le sérum des sélaciens qu’une faible teneur en magnésium. Mme A. Drilhon, dans des expériences sur des carpes, constate que, au-dessus de certaines concentrations du milieu extérieur correspondant à une valeur supérieure au A critique, le sang s’enrichit en sels et notamment en Mg.

Le muscle d’une carpe qui, dans une eau se congelant à —0°,02 contenait 0,010 %0 de Mg, en contenait 0,0225 %%0 après un séjour de 2 h. 1/2 dans une eau de mer se congelant à —2°02. L'augmentation était d'environ 120 %.

4° LE CALCIUM. — La teneur en Ca de l’aiglefin, d’après Atwater, serait de 3,39 % des cendres en CaO; celle du brochet de 7,38 % des cendres. Katz a donné des résultats un peu différents.

a) Le calcium musculaire. — Kaplanski et Boldirewa étudient les variations de la teneur en substances minérales du tissu musculaire des poissons avec l'augmentation de la concentration en sels minéraux

du milieu où ils vivent. Ils notent que la teneur en Ca du tissu musculaire de carpes et de poissons rouges qui, en eau douce était de 55,8 mgr. en moyenne, passait à 127,9 mgr. chez ces mêmes poissons ayant séjourné 30 jours dans une solution à 2 % de CaC12.

Mme A. Drilhon note, de son côté, que le muscle d’un poisson sténohalin plongé dans un milieu hypertonique, voit sa teneur en sels augmenter, celle du calcium notamment qui augmente de 56,6 % environ.

Chez l’anguille, au contraire, elle note tout d'abord une légère augmentation. Le taux initial étant de 0,190 % il passe après un séjour de 2 h. 1/2 en eau de mer à 0.208 %0 se rapportant à 1.000 gr. de tissu frais. Après un séjour de un an en eau de mer il y a presque retour au taux initial; on a en effet le chiffre de 1,908 0%.

b) Le calcium sanguin. — Hess, Bills, Weinstock et Rivkin ont montré que chez la morue, la femelle a une calcémie plus élevée que le mâle, mais les œufs étant plus riches en Ca, on peut voir là l’explication de cette hypercalcémie.

Fontaine et Portier ont donné une série de mensurations indiquant la teneur en Ca du sérum de divers poissons. Nous allons les rapporter en mgr. par litre.

Sélaciens : Scylliorhinus canicula G 165; Scylliorhinus canicula © 175; Mustelus asterias 260; Raia batis: 180; Raïia clavata : 210.

Téléostéens : labrus bergylta G 120 ; Jabrus bergylta 9 : 105 ; Pleuronectes platessa : 145 ; Conger vulgaris : 200 ; Trigla lineata & : 310; Tripla lineata © : 300.

Ces mêmes auteurs donnent les chiffres suivants pour les

globules de deux espèces (toujours exprimés en mgr. par litre): Conger vulgaris 42 ; Mustelus asterias : 55.

On voit qu’il n’y a pas de différence entre les poissons osseux et les poissons cartilagineux. On voit aussi l’énorme supériorité du Ca sérique sur le Ca globulaire. Les protéines augmenteraient la solubilité du calcium aussi bien dans les sérums vrais que dans les sérums artificiels par formation de complexes non ionisés ou faiblement ionisés. Fontaine et Boucher Firly en collaboration avec P. Portier ont dosé le calcium sérique d’un certain nombre de poissons marins. Voici rapprochées dans un tableau, les teneurs en protéines et les teneurs en calcium.

Calcium en mgr. par Protéines en gr.

litre de sérum par litre de sérum ADF ME Me ones 113 25.85 Roussette Re 173 28 RATE Te rame ee 191 34 CONSTe EEE nr dore 205 44.50

On constate que les poissons classés par calcémies croissantes se trouvent automatiquement classés par teneurs en protéines croissantes.

5° LE CUIVRE. — Dès 1847, le Cuivre a été signalé chez les Elasmobranches (Acanthias) et chez les Téléostéens (Zeus et Congre) par Harless. Ce métal a été dosé chez les poissons par Parks et Rose qui en ont trouvé de 0,14 à 0,41 pour 100 des cendres. Rose et Bodansky ont analysé 20 specimens de poissons communs et ont noté la présence de Cu dans 19 d’entre eux; et encore, dans le cas où le Cu est absent, la quantité de matériel était trop minime pour une analyse sérieuse. Voici le résultat des dosages de ces auteurs :

Pour les Elasmobranches. — Torpedo : 3,5 mg. de Cu par kg.; sting ray : 5,2.

Pour les Téléostéens. — Mullus : 2,8; Squalina angelus :

4,2; Squalus; traces ; Croaker: traces ; Pigfisb : néant ; Merlangus vulgaris: 1,0; Yellow tail: 2,7; Flounder : 2,2 ; Salmo salar : 1,8 ; Carassius auratus : 2,0 ; Labrus bergilta : 2,5 ; Tarpon: 2.4.

Severy qui a dosé le cuivre chez le Saumon, en a trouvé 4,00 mgr. par kilog.

6° LE zinc. — Le zinc a été dosé chez le poisson, notamment par Bodansky qui donne les chiffres suivants en mgr. pour 1.000 gr. de substances sèche.

Mullus: 2,50 ; Carassius auratus: 2,80 ; Labrus bergilta: 5,98 ; Croaker: 6,40 : Squalus acanthias: 7,40 ; Tarpon: 7,60 ; Squalina angelus: 7,80 ; Pigfish: 8,40 ; Yellow tail: 8,50 ; Labrus bergilta: 9,60 ; Salmo salar: 10,20 ; Flounder: 11,60 ; Squalus: 127,00.

On voit que le poisson-chat en renferme de très grosses quantités. Ce zinc n’est pas lié à la présence de glandes à poison. Celles-ci, en effet, analysées séparément donnent le chiffre de 4,76 mgr. par kg. alors que le reste de l’animal en contient 165 mgr. 36 par kg.

Quant à Severy, il trouve 8,00 mgr. par kilog de saumon frais dans deux dosages consécutifs.

7° NICKEL. — À notre connaissance, aucun dosage de ce métal n’a été réalisé chez le poisson.

Toutefois, Thomas A. a signalé que FunduJus hétéroclytus absorbe très rapidement le Nickel qui lui est offert sous forme de CI2Ni. Il signale, de plus, que dans l’eau de mer le Ni n’est pas toxique mais qu’il l’est, au contraire, dans l’eau pure.

8° LE FER. — Le fer est peu abondant dans la chair blanche et exsangue des poissons. Okuda a trouvé

0,7 pour 100 de Fe203 dans les cendres des muscles blancs, et 1,3 pour 100 dans celles des muscles rouges de thons du Japon. Parks et Rose indiquent une plus grande teneur chez les poissons de mer que chez ceux d’eau douce. Piery, Enselme et Héry indiquent pour les Epinoches les taux de fer suivants : fer total : 0,14 %o de tissu sec; fer organique : 0,046 %o de tissu sec.

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