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LE CHLORE

a) Chez les Téléostéens. — Atwater a comparé la teneur en CI d’un poisson marin à celle d’un poisson d’eau douce. Chez l’aiglefin, il a trouvé 31,11 % des cendres en ion Cl et chez le brochet, 4,74 % seulement. De cette observation, il ressort que le poisson marin a plus de C1 dans ses tissus que le poisson d’eau douce.

Rodier, en 1899, a étudié comparativement les liquides organiques des poissons et l’eau de mer naturelle ou artificielle. Ses recherches ont porté sur Lophius piscatorius et sur Orthagoriscus Mola (BI) Le sérum sanguin et la lymphe péritonéale ou péricardique de ces poissons ont une teneur en Cl de 6,15 gr. %%0. L'auteur note que les variations du CI sont parallèles à celles du point de congélation. Dans l'urine et la bile de ces mêmes poissons, la teneur en Cl est sensiblement moins élevée : on a 5,04 %0 de CI] dans l’uri-

ne du poisson-lune et 4,75 gr. %9 dans sa bile. La bile de la baudroie en contient 1,34 gr. %0 et son sérum 5,61 gr. 0.

L'auteur estime que, dans le sérum des Téléostéens les chlorures paraissent être les éléments tout à fait prépondérants de la pression osmotique; dans l’urine, ils contribuent encore d’une façon notable à la pression osmotique mais dans la bile, ils peuvent céder le pas à d’autres substances qui sont probablement les sels biliaires.

b) Chez les Sélaciens, Rodier constate que le sang, la lymphe et le liquide utérin contiennent des proportions de C1 sensiblement constants pour une même espèce et un même liquide mais toujours notablement inférieurs à la quantité de Cl contenue dans l’eau de mer. Chez la plupart des Sélaciens, tels Trygon vulgaris, Scyllium canicula, Scyllium catulus, Centrina, Galeus canis et Raja ondulata, le chlore du sérum et de la lymphe est de 9,30 gr. à 10,2 gr. %o. Chez la torpille, l’auteur a obtenu en CI, 13,56 gr. %o.

Ces chiffres sont beaucoup plus élevés que ceux trouvés dans les liquides homologues des poissons osseux, mais ils ne représentent pourtant que la moitié ou les deux tiers des chlorures de l’eau de mer. De plus, chez un même animal, la lymphe péricardique ou péritonéale et le liquide utérin se sont montrés plus riches en chlores que le sérum.

c) Influence des variations du chlore du milieu extérieur. — Kaplanski et Boldirewa ont étudié les variations du CI dans le tissu musculaire et le sang des carpes et des poissons rouges quand on les place 30 jours

dans des liquides contenant soit 1,5 % de CINa, soit 2 % de Cl?2Ca. Les auteurs constatent que la teneur en CI du tissu musculaire ne change presque pas. Chez le poisson-témoin la moyenne de 10 dosages donnait en effet 41,6 mgr. % gr.; chez les poissons ayant vécu 30 jours dans une solution à 1,5 % de CINa, un même nombre de dosages donnait le chiffre de 41,8 mgr. % gr. Il en était de même d’ailleurs chez les poissons ayant vécu 30 jours dans une solution à 2 % de CI2Ca. La teneur moyenne en Cl de leur tissu musculaire était de 42,3 mgr. % gr.

Ces mêmes auteurs ont également fait séjourner des poissons de la même espèce pendant 70 jours dans une solution de CINa à 1,50 %. Un dosage, à ce moment-là, leur permet de constater que la teneur en CI du tissu musculaire n’a pas varié. La moyenne de 10 dosages de CI sur les poissons de contrôle était de 35,5 mgr. %; celle de 10 dosages des poissons en expérience, de 34,5 mgr. %. Il n’en allait pas de même dans le sang. Le taux initial de C1 étant de 243 mgr. %, il passait après les 70 jours de vie dans la solution à 1,5 % de CINa à 429 mgr. % en moyenne.

Il ressort de cette expérience qu'après un séjour prolongé dans une eau chlorurée à 1,5 %, le CI du muscle ne varie pas, alors que le C1 du sang a presque doublé.

20 LE PHOSPHORE. — Atwater dosant le P chez les poissons constate que les poissons d’eau douce contiennent une plus grande quantité de phosphore que les poissons d’eau de mer. Chez l’aiglefin, par exem-

ple, il trouve 13,70 mgr. % des cendres en P205 et chez le brochet, 38,16 mgr. % des cendres.

Fontaine et Mlle Firly étudiant l'influence des changements de salinité sur la teneur du sérum des poissons en P minéral, donnent les résultats suivants :

Pour des anguilles provenant de la Loire et conservées à Paris, en eau douce, la teneur moyenne en phosphore est de 80 mgr. par litre de sérum. Ces mêmes anguilles après un séjour en eau de mer de 3, 6, 11 jours ont une quantité de P de 75, 80, 75 mgr. soit en moyenne 77 mgr. par litre.

Des anguilles provenant des Martigues et conservées à Monaco contenaient, après un séjour de un mois en eau douce, 92,5 mgr. de P par litre. Après un séjour de un mois en eau de mer, elles n’en contenaient plus que 72,5 mgr.; après un séjour de un an dans la même eau, le taux de P tombait à 55 mgr. par litre. On voit que l’augmentation de la salinité augmente très peu la teneur en P minéral du sérum de l’anguille. Il apparaît même qu'un long séjour en eau de mer entraîne une diminution de la phosphatemie.

Fontaine et Mlle Firly ont également expérimenté sur des carpes. La salinité était réalisée progressivement par addition d’eau de mer à l’eau douce et l’oxygénation du mélange soigneusement assurée par un courant d’air comprimé. Les auteurs constatent que jusqu’à une teneur en chlorures d'environ 13 gr. 5, la phosphatémie reste normale (45 à 55 mgr. de P par litre de sérum). Pour des salinités immédiatement supérieures les auteurs constatent une augmen-

tation rapide et considérable de la teneur en P inorganique du sérum.

On voit que chez les poissons sténohalins comme la carpe, l’action des salinités croissantes est d’abord nulle puis elle provoque une augmentation rapide et importante de la phosphatémie pour des salinités immédiatement inférieures à la salinité mortelle.

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