L'EAU
L'étude de l’eau dans les tissus du poisson doit être: considérée comme l'expression particulière de faits. très généraux dépassant de beaucoup le cadre de cette classe d'animaux.
Cette étude a été réalisée par Nicloux et Gosselin en 1933. Puis elle a fait l’objet de nouvelles recherches et de nouvelles publications de Nicloux depuis cette date. jusqu’à 1939.
Ne voulant pas sortir du sujet que nous nous sommes fixé, nous ne rapporterons ici que les faits et les conclusions qui concernent le poisson.
Linderberg étudiant le coefficient de partage de l’alcoo!l trouve une valeur extrêmement basse telle que l’on a :
Quantité d’alcool dans l’unité de volume d’huile 3 ee Quantité d’alcool dans l’unité de volume d’eau 100
Devant ce fait, Nicloux pense que, de même que le chloroforme se fixe uniquement sur les lipides de l’organisme, l’alcool, de son côté, se fixe uniquement sur l’eau de l’organisme. Ainsi l’eau, et l’eau seulement, en première et suffisante approximation règlera
la proportion d’alcool fixé.
In vitro, cette hypothèse se vérifie complètement. Si l’on immerge des sacs de collodion contenant des liquides organiques divers : sang, ovalbumine, lait, etc. dans un milieu très faiblement alcoolisé (2 à 5 %o) un équilibre s'établit. À ce moment, la teneur en alcool rapportée à l’eau seule du liquide des sacs est égale à la teneur en alcool du milieu extérieur. Leur rapport est égal à l’unité.
Au contraire, chez les poissons placés dans ces mémes milieux, la teneur en alcool de l’eau tissulaire est inférieure à celle du milieu extérieur. Ce fait reste vrai qu’il s’agisse d'animaux entiers ou de tissus différenciés, foie ou muscle.
Le rapport de la première teneur à la seconde n’est plus égal à l’unité, il oscille autour de 0,85 à 0,90. Diverses hypothèses ont été émises pour expliquer ce phénomène. Nicloux successivement a réfuté les hypothèses qui consistent à supposer :
a) que l’équilibre n’est pas atteint au moment du sacrifice des animaux ;
b) que la cellule se ferme pour une quantité déterminée d’alcool ;
c) que l'alcool est brûlé in situ et échappe ainsi à l'analyse.
Nicloux pense, au contraire, devoir accepter l’hypothèse suivante : une partie de l’eau des tissus est imperméable à l’alcool. Tout se passe comme si elle ne contribuait en rien à dissoudre puis à fixer l’alcool qui diffuse du milieu extérieur vers les tissus. Cette eau est dans une proportion de 14 % chez le goujon. Comme la substance sèche du goujon est presque uni-
SR EEE
quement constituée par des protéines ; il est probable que c’est par ces corps que l’eau imperméable à l’alcool est fixée. Nicloux calcule que sa quantité représente, en général, 50 % du poids des protéines.