I. — LES IONS PHOSPHATES
Le phosphore de l’os a été dosé par Roche et Mlle Bullinger. Ils l’ont, selon les indications de Mme A. Roche et Garcia, rapporté à l’azote, établissant ainsi le rapport P/N qui constitue un indice de minéralisation des tissus. Voici leurs résultats en mg. de P pour 100 gr. du poids frais.
Pour les poissons osseux :
Labrus bergylta : vertèbre 4.40 (P/N — 1.85); Microchirus variegatus : vestèbre 8,65 (P/N — 3,12) ; Arnoglossus laterna : os palatin 9,45 (P/N — 3,55); Conger vulgaris : mâchoire inférieure (sans dents) 6,58 (P/N = 1,63); Lophius piscatorius : mâchoire inférieure (sans dents) 2,82 (P/N — 1,30); Merluccius merluccius : mâchoire inférieure (sans dents) 4,23 (P/N — 1,89); Trigla gurnardus : mâchoire inférieure (avec dents) 6,28 (P/N — 1,93); Conger vulgaris : dents 8,65 (P/N — 1,83); Labrus bergylta : dents 10,27 (P/N — 2,85); Lophius piscatorius: 10,60 (P/N = 3,46); Meriuccius merluccius : dents 8,98 (P/N — 2,10); Arnoglossus laterna : écailles 5,62 (P/N = 1,15); Labrus bergylta : écailles 4,68 (P/N — 0,81); Merluccius merluccius : écailles 5,14 (P/N = 1,23); Microchirus variegatus : écailles 6,86 (P/N — 1,38); Trigla gurnardus : écailles 6,22 (P/N = 1,30); Lophius piscatorius : peau et écailles 0,82 (P/N — 0,21) Arnoglossus laterna : peau 0,25 (P/N — 0,04); Conger vulgaris : peau 0,27 (P/N — 0,05); Labrus bergylta : peau 0,45 (P/N — 0,2); Microchirus variegatus : peau C,25 (P/N = 0,05);
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Trigla gurnardus : peau 0,18 (P/N — 0,04); Arnoglossus laterna : muscle 0,29 (P/N — 0,10); Conger vulgaris : muscle 0,36 (P/N = 0,10); Trigla gurnardus : muscle 0,40 (P/N 1012)
Poissons cartilagineux :
Vertèbres : Carcharias glaucus 2,68 (P/N — 1,03); Scylliorhinus stellaris 0,38 (P/N = 0,09); Torpedo marmorata 3,65 (P/N = 1,45).
Maxillaire inférieur total : torpedo marmorata 1,77 (P/N = 0,54).
Zone calcifiée du maxillaire inférieur : Carcharias glaucus : 4,9 (P/N — 1,66); Scylliorhinus stellaris 1,78 (P/N —= 0,44).
Peau : Carcharias glaucus : 2,01 (P/N — 0,41); Scylliorhinus stellaris 1,40 (P/N — 0,26) ; Torpedo marmorata 0,28 (P/N — 0,06).
Muscle : Scyiliorhinus stellaris 0,096 (P/N = 0,02), Torpedo marmorata 0,46 (P/N — 0,13).
Fontaine et Mme Boucher-Firly ont précisément étudié l’influence du changement de salinité sur le phosphore minéral du sérum des poissons.
Sur les anguilles, les auteurs constatent que l’augmentation de la salinité modifie très peu la teneur en phosphore minéral du sérum. Cependant, un long séjour dans l’eau de mer semble provoquer une diminution de la phosphatémie.
Avec les carpes, jusqu’à une teneur en chlorure de 13 gr. environ, la phosphatémie reste normale. Pour une salinité supérieure, on a une augmentation rapide et considérable de la teneur en phosphore inorganique du sérum. Cette augmentation serait dûe à un début d’asphyxie causé par le mauvais fonctionnement de lépithélium branchial.
Les auteurs concluent : que la variation de la salinité a une action à peu près nulle chez les Téléostéens euryhalins tels que l’Anguille, mais toutefois,
ils notent un abaissement de la phosphatémie après un long séjour dans l’eau de mer.
Sur les poissons sténohalins, comme la carpe, l’action des salinités croissantes est d’abord nulle, puis elle évolue dans le sens d’une augmentation rapide et importante de la phosphatémie pour les salinités immédiatement inférieures à la salinité mortelle.
Il, — LES PHOSPHATASES
Il. Les phosphatases ont été étudiées par Bodansky Bakwin (R. M.), et Bakwin (H.). Ces auteurs ont étudié la distribution des phosphatases dans le tractus intestinal, le rein et l’endosquelette des Elasmobranches et des Téléostéens. Leurs résultats sont les suivants :
Les chiffres représentent en mgr. le P libéré de 100 cc. d’une solution de glycérophosphate 0,05 M; le premier chiffre, le P libéré en une heure; le second chiffre le P libéré en 25 heures.
Elasmobranches :
Mustelus canis : rein 0,9 en moyenne; squelette 0,0 et 1,5; intestin 1,6; Raia erinacea : rein 0,2; squelette 0,0 et 0,80; intestin 1,9; Raia stabuliformis : rein 0,0; squelette 0,4 et 4,9; intestin 3,3; Isurus nasus : rein 0,5; squelette 0,0 et 5,8; intestin 0,2; Carcharhinus obscurus : rein 0,3; squelette 0,2 et 5,1; intestin 0,4; Uarcacion nobiliana : rein 0,5; squelette 0,2 et 3,6; intestin 20,9.
Téléostéens :
Rhombus tricanthus : rein 78; squelette 0,6 et 0,7; intestin 4,9; Scomber scombrus : rein 5; squelette 0,9 et 15,9; intestin 5,1; Stenotomus chrysopos : rein 3,05; squelette 0,40 et 21,4; intestin 0,4; Cynoscion regalis : rein 8,6; squelette 0,8 et 7,9; Clupea harengus : rein 6,3; squelette 0,8 et 7,9; intestin 6,0; Tautoga onitis : rein 17,7; squelette 3,5 et 38,1; istestin 10,6; Sphéroïdes maculatus : rein 0,3; squelette 0,0 et 0,7; intestin 1.
Roche et Mlle Bullinger ont repris cette étude. Ils ont donné notamment l’activité phosphatasique d’un grand nombre d’organes squelettiques de poissons.
Carcharias glaucus I matrice : 113; dents 1* rang : 26,9, dents 2e rang : 162,3, dents 3° rang : 392,5, dents 4° rang : 612, dents 5° rang: 842, dents 6° rang : 1774.
Les auteurs concluent de leur travail que les phosphatases de poisson sont identiques aux phosphatases des autres Vertébrés. Elles se caractérisent par un pH optimum d’action à 9,2. Un pouvoir hydraulytique plus grand sur les 8 que sur les a glycérophosphates, une activation par les ions Mg. Ils ont trouvé cette enzyme dans tous les organes osseux des poissons, les dents, organes en croissance continue, en sont particulièrement riches.
Chez les Sélaciens où il existe plusieurs rangées de dents à divers degrés de développement, les organes jeunes non calcifiés présentent une activité phosphatasique considérable.
Les phosphatases se trouvent encore dans la peau, mais seulement si des écailles y sont implantées. Elles se trouvent encore dans les zones superficielles des os cartilagineux des Sélaciens, dans les zones qui s’ossifient.
Par contre, en sont dépourvues les parties molles des pièces squelettiques des Sélaciens qui ne s’ossifient pas, les peaux de poissons qui ne renferment pas d’écailles (congre, torpille); toutefois, la superposition de l’ossification et de la richesse phosphatasique n’est pas absolue. En effet, au début du développe-