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I. — SUR LE GONFLEMENT DES TISSUS

Fontaine prend deux anguilles décapitées, débarrassées de leur peau, privées de leurs viscères. Les tissus ainsi mis à nu sont immergés dans une solution constituée par de l’eau de mer diluée et sensiblement isotonique au sang de l’anguille. Il note chez l’anguille comprimée une forte augmentation de poids (12,2 (% après 6 h. 30) par rapport à une autre anguille-témoin.

Lorsque le liquide est hypertonique, l’augmentation de poids après une compression à 600 kg. pendant 14 h. 30 est faible (4,3 %), mais elle est relativement forte par rapport à une anguille-témoin plongée dans la même solution pendant le même temps et qui a perdu 14 ,% de son poids.

Fontaine compare ce phénomène de gonflement à celui obtenu par la tétanisation au moyen d’un courant induit. Le poids d’une anguille soumise pendant une heure à une pression de 600 kg. est augmenté de 5,2 %. Le poids d’une anguille tétanisée pendant 30 minutes est augmenté de 6 %.

3 anguilles sont débarrassées de leurs viscères et dépouillées. Elles sont immergées chacune dans le même volume d’une solution constituée par de l’eau de mer diluée, sensiblement isotonique. L'une est laissée à la pression atmosphérique. Une autre est comprimée à 600 kgs pendant une heure. La troisième est tétanisée jusqu’à complet épuisement. 5 heures après l'immersion, les valeurs du pH sont les sui-

vantes :

Pour la solution entourant le tissu normal...... 7.85 Les. en COMPTIME. 7.9 Es — tétanise co. 7.4

Ainsi donc, le muscle comprimé aussi bien que le muscle tétanisé acidifie la solution dans laquelle il est immergé. Cette diminution du pH est due pour une part à la diffusion de l'acide lactique produit dans le muscle au cours de la contraction. C’est ce qu’a constaté Fontaine aussi bien dans le cas d’une tétani-

sation que d'une compression.

Il. — LA CONSOMMATION EN OXYGENE DES TISSUS

Fontaine montre en outre que pour une compression de 100 kgs par em? pendant 30 minutes on note une augmentation de 41 % de la respiration chez Pleuronectes platessa. Chez Ammodytes lanceolatus, 27 % ; chez Gobius minutus 93 %; chez Anguilla vulgaris 35 % et chez Paloemon serraus, 35 %. On voit donc que pour une compression de 100 kgs par em?, tous les animaux étudiés ont vu leur consommation d'oxygène augmenter dans des proportions variables mais toujours très notables.

Après la décompression, la respiration devient légèrement inférieure à la normale.

Un pleuronecte consomme à Ja pression atmosphérique 0 cc. 159 d'oxygène en 30 minutes. Mis 30 minutes sous une pression de 100 kgs, il consomme 0 cc. 225. Dans les 30 minutes qui suivent la décompression, il n’absorbe que 0 cc. 133.

De même un pleuronecte, consommant 0 cc. 117 pendant 30 minutes à Ja pression atmosphérique, en consomme 0 cc. 182 dans le même temps à la pression de 100 kgs. Dans les 30 minutes qui suivent la décompression il ne consomme plus que 0 cc. 102. Dix heures après, la consommation à la pression atmosphérique pendant 30 minutes est de 0 cc. 113, c’est-à-dire qu’elle est revenue sensiblement à la normale.

De nombreuses expériences effectuées sur divers individus d’une même espèce à la même pression et pendant le même temps, ont mis en évidence une influence très nette de la taille sur l’augmentation de la consommation d’oxygène produite par la pression.

Ainsi un pleuronecte pesant 0,475 gr. comprimé 30 minutes à 100 kgs voit sa consommation d'oxygène augmenter de 67 % alors que celle d’un autre pleuronecte pesant 1 k. 950 et comprimé dans les mêmes conditions augmente seulement de 48 %.

L'augmentation de Ja consommation d’oxygène d’un pleuronecte pesant 0,600 g. et comprimé 20 minutes à 100 kgs est de 27 % ; celle d'un autre pleuronecte de 2 gr. 400 et comprimé dans les mêmes conditions n’est que de 14 %. Cette influence de la taille semble se manifester à toutes les pressions. Ainsi une compression de 50 kgs pendant 20 minutes, entraine chez un Pleuronecte de 1 gr. une augmentation de la consommation d'oxygène de 15 % et chez un Pleuronecte de 1 g. 70 une augmentation de 5 %.

Une compression de 125 kgs pendant 20 minutes, produit chez un pleuronecte de 0 g. 700 un accroissement de la consommation d'oxygène de 30 % et chez un autre de 2 g. 200 une augmentation de 20 %.

On voit donc que l’accroissement de la consommation d’oxygène est inversement proportionnel à la taille de l’animal.

Mais, dit l’auteur, on pourrait objecter que les poissons qui voient leur consommation d'oxygène augmenter avec la pression sont les plus gros, donc ceux qui consomment le plus d'oxygène. Et, par suite, on pourrait craindre que la teneur en oxygène du milieu où est l’animal le plus important étant rapidement inférieure à celle du milieu où se trouve l’animal de petite taille, ce soit la raison pour laquelle la respiration du gros poisson est ralentie dans des proportions moindres que celles du petit poisson.

L'auteur a donc repris ces expériences. Il comprimait, d’une part, un individu de taille et d'espèce données et, d’autre part, plusieurs individus de la même espèce, mais très sensiblement plus petits et en nombre tel que leur consommation d’oxygène globale était sensiblement égale ou même supérieure à celle de l'individu de plus grande taille. Voici les résultats obtenus pour des compressions de 100 kgs pendant 30 minutes :

Un Pleuronecte platessa de 1 gr. montrait une augmentation de la consommation d’oxygène de 51 %. Un autre de 1 g. 500 montrait une augmentation de la consommation d’oxygène de 66 %. Chez un Gobius minutus de 1 g. 035, l’augmentation de la consommation d’oxygène était de 53 %; chez un Gobius de 1 g. 010, de 72 %. Chez un Paloemon serratus de 1 g. 780, l’augmentation est de 35 %; chez un Paloemon de 1 g. 430, de 46 %.

L'influence de la taille dans l’augmentation de la consommation d’O. sous l’influence de la pression est donc nettement établie et étendue du pleurotonecte au Gobius et au Paloemon.

Fontaine a étudié également l'influence de l’inten-

sité de la compression sur la consommation d’oxygène.

Chez des pleuronectes de poids variant entre 1 g. 800 et 2 g. 400, la durée de la compression étant de 20 minutes, on observe pour une intensité de pression de 50 kgs par cm’, une augmentation de la consommation d’oxygène de 5 %, pour une pression de 100 kgs, une augmentation de 14 %; pour une pression de 125 kgs, une augmentation de 20 %; et pour une pression de 150 kgs, une diminution de 57 %. Chez des pleuronectes de poids variant entre 0 g. 700 et 0,900, la durée de la compression étant de 20 minutes, une intensité de pression de 50 kgs par cm? provoque une augmentation de la consommation d'oxygène de 20 %; une pression de 100 kgs, une augmentation de 27 %; une pression de 150 kgs, une augmentation de 30 % et une pression de 150 kgs une diminufion de 50 %.

Avec les mêmes poissons, pour une durée de la compression de 60 minutes, une pression de 25 kgs amène une augmentation de la composition d’oxygène de 28 %; une pression de 50 kgs, une augmentation de 39 %; une pression de 100 kgs une augmentation de 58 %; une pression de 125 kgs, une augmentation de 54 % et enfin une pression de 150 kgs, une diminution de la consommation d’oxygène de 39 %. De plus, pour les pressions de 150 kgs, l’animal est trouvé mort à la fin de l'expérience.

De ces expériences, il ressort que la consommation d’oxygène augmente avec l'intensité de la pression, tant que cette pression n’entraîne pas la mort de l’animal comprimé. De plus, la consommation d'oxygène, lors d’une compression, n’atteint pas d’emblée une valeur fixe, mais elle croît avec le temps de la compression.

Quant à l'influence de la durée de la compression sur la consommation en oxygène, elle ressort, d’après Fontaine, des expériences suivantes

Des pleuronectes pesant de 0 g. 220 à 0 g. 300 sont soumis à une compression de 300 kgs.

Après 30 minutes, l'augmentation de la consommation d'oxygène est de 36 %. Après une heure, l’augmentation est de 56 %; après 1 h. 30 l’augmentation passe à 74 %; et après 2 heures à 58 %.

Ainsi donc, pendant 1 h. 30, la consommation d’oxygène augmente, puis passe à ce moment par un maximum et diminue, mais reste encore, pendant plusieurs heures, au-dessus de la consommation d’oxy-

gène normale.

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