‹ BiographieChapitre 6 sur 8 · UC · texte numérisé non relu

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MES MÉMOIRES

Tous les prisonniers d’Orléans sont maintenant, accrochés aux arbres de la forêt de Seriot ; c’est un bruit qui se répand. Cet exemple terrible doit, dit-on, se propager dans toutes les villes du royaume. Gare aux aristocrates de toutes les couleurs ! »

Lorsque ces apologies des massacres arrivèrent à Poitiers, les opérations électorales étaient terminées. Excepté peut-être quelques prêtres, il n’y avait pas à Poitiers de prisonniers politiques. 11 ne vint à l’idée de personne d’attenter à leur sûreté. Il y arriva deux commissaires de la commune de Paris, ayant mission du pouvoir exécutif de faire dans le département toutes les réquisitions qu’ils jugeraient nécessaires au salut de la patrie. C’étaient deux prêtres, Xavier Audoin et Loiseau-Grandmaison. L’objet de leur mission était l’enrôlement de volontaires, leur armement, leur équipement. Tous les citoyens furent convoqués à la promenade des Gibiers. Les commissaires pérorèrent. Les uns s’enrôlèrent, les autres donnèrent leurs armes, leur uniforme; je donnai le mien. Mon père se dépouilla d’une redingote bleue qu’il avait sur son habit. Le soir, les commissaires vinrent à la société populaire. On y prononça des discours sur les dangers de la patrie. Les filles qui assistaient à la séance jurèrent de ne se marier qu’avec des hommes qui auraient marché à la frontière. Le lendemain, l’évêque Montant bénit le drapeau que les dames patriotes avaient brodé pour le second bataillon de la Vienne, qui se mit en marche. Je prononçai un discours, ce fut le dernier. Je partis pour Paris.

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