IMPRIMERIE ET IJTHOGRAPHIE VEUVE RIGAUDIN
8, rue Servan, 8
-^«OC«fœ«-
Tiré à 212 exemplaires, dont 10 sur papier hollande
et 2 sur papier rose.
DU
BRIANÇONNAÏS
Cantons du Monêtier-de-Briançon et de la Grave.
Albert (Adrien), docteur en médecine, né le 7 juin 1816, à Villeneuve, commune de la Salle (canton du Monétier).
M. Albert a fait de brillantes études au Lycée de Gte^ noble, où il obtint les prix d'honneur dans les classes de rhétorique et de philosophie. Il suivit ensuite les cours de la Faculté de médecine de Paris.
' Le diplôme de docteur lui fut conféré à la suite d'épreuves où se manifestèrent avec éclat la vive intelligence et les connaissances étendues du candidat.
M. Albert eût, à coup sûr, exercé avec distinction la médecine à Paris on dans l'une des grandes villes de France, si l'amour du sol natal et les afiéctions de famille ne l'avaient ramené à Briançon. Il a conquis, dans le Briançonnais, ur.e légitime réputation de savoir, d'habileté professionnelle et de patriotisme; il lui a été donné d'être prophète daiM son pays.
M. Albert a été membre du conseil général des Hautes-*
Alpes pour le canton de Monêtier. Depuis longues années, il est Tun des conseillers municipaux les plus éclairés de la Yi]le de Briançon.
Le docteur Albert est Tun des Briançonnais qui connaissent le mieux Thistoire des Alpes Gottiennes (1). Si les soins à donner à sa nombreuse clientèle et ceux à réserver*à sa santé, souyent altérée, n'avaient absorbé tous ses moments, il eût pu écrire la curieuse histoire des industries exercées de temps immémorial à l'étranger et jusque dans les contrées les plus lointaines, par des Briançonnais, 1rs hommes les plus cosmopolites du monde. Puisse l'attrait d'une telle étude être, un jour ou l'antre, irrésistible pour le docteur Albert !
Alb^r$ (Antoinb), bachelier en droit canonique et civil de la Faculté de Paris et docteur en théologie, né à Ghantemerle, commune de Saint- Ghaffrej (canton du Monêtier), le 17 octobre 1717, décédé à Seyne (Basses-Alpes), le 15 août 1804.
Antoine Albert entra jeune dans les ordres et conquit bientôt, par son savoir, une singulière considération dans le clergé de l'archevêché d'Embrun. Il desservit plusieurs paroisses, et entr'autres celle du château Ville-Vieille, en Queyras.
En 1756, l'abbé Albert fut, à l'âge de 39 ans, promu, en qualité de euré, à la direction spirituelle de l'impor^ tante paroisse de Seyne (Basses-Alpes), dépendant alors de l'archevêché d'Embrun. Il conserva cette position, sauf l'interruption de l'ère révolutionnaire, jusqu'en 1802, époque à laquelle il dut, à cause d'inârmités survenues dans cet âge avancé, abandonner les fonctions curiales. Il mourut deux ans après (2).
(i) Voir : Essais d'Antoine Froment, â« édition, préface p.xv, le Dauphiné^ numéro du SI juin 1868.
(3) Je dois ces renseignements biographiques à l'obligeance
Bihiiographie. — - Le curé Aibcirt est l'auteur des ouvrages ci-apràs :
1® Dictionnaire portatif ()es prëdicateura français d^ni les sermons ont été imprinaés. -r-- Lyon, 1757, in-8® ;
2® Nouvelles observations .sur If s différentes .mani^i^es de prêcher. — Lyon, 1757, in-12 ;
3° J9^stoire gépgraphiqne, ^laturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Elm))run. -^ 2 vol. ûi-^^, 1783, Smbrun.
Ce livre est r<Buvre capitale du curé Albert. Il.contient de précieux renseignements sur Thistoire du Haut^Dauphiné, les mœurs de ses habitants, les ressources dp sol, etc. On peut adresser justement à Tp^teur le reproche d'avoir, trop â la légère, donné créance à des faits évidemment controuvés. Mais cette absence de critique historique signalée, il façit encore inscrire au compte des mérites de cet ouvrage celui d'avoir été la première publication importante sur l'histoire de ces contrées.
Les pages du livre du curé Albert, relatives aux Yaudois, ont été l'objet d'une véhémente réfutation faussemept attribuée, dit M. Muston (1), à Marauda et qui serait l'œuvre de Paul Appia ; la brochure d'Appia est intitulée : € Cinq lettres par un Yaudois des Gaules Cisalpines, € sur quelques pages d'un livre intitulé : < Histoii^e géo- « graphique, etc. > — In 8^de74 pages, imprimé en 1784, sans lieu d'impression.
4® Notes historiques manuscrites sur i'inyasjon du Dauphiné en 1692, par le duc de Savoye. Ces notes de peu d'étendue se trouvent dans un volume manuscrit appartenant à la commune du château Ville- Vieille appelé le Livre vert, à cause de la couleur de sa reliure (2).
de JM. le.cbanoine Blanchard, de Chautemerle, l'nn des prêtres U% plus instruits du dioc^e de Gap.
(1) Israël des Alpes.
(2) Bulletin de l'Académie delphioale, communication de M. Pauehé-Prunelle*
^ I3n minéralogiste a oité dans un opuscule rhistoire du diocèse d'Embrun, en donnant à son auteur le nom de Bachelier. Il avait pris le titre scientifique de Tanteur pour' son nom patronymique. Un savant seul pouvait se laisser aller à une telle distraction !
Artiia«il de la Feivlère (Jban), né aux Hières, commune de la Grave (canton de la Grave).
Arthaud fut recteur de i'hOpital de Lyon en 1666. Six ans plus tard, il devint échevin de cette ville et il mourut en 1663, dans la seconde année de Texercioe de ces importanteâ fonctions. Il légua à l'hospice de Lyon des sommes considérables et il imposa à cet établissement Tobligation d'entretenir jusqu'à leur majorité deux en&nts de la Grave dans des écoles supérieures ou dans un séminaire. Cette fondation était perpétuelle. Les généreuses intentions du fondateur sont encore, à ce jour, fidèlement exécutées. Arthaud dota encore son pays natal d'une école dont l'hospice de Lyon est tenu de fournir les fonds, suivant les termes du legs qui lui a été fait.
Le portrait d'Arthaud est dans la chapelle des Pénitents, an village des Hières ; au bas de ce portrait, la reconnaissance de ses compatriotes a fait tracer ces vers :
Il fut de sa patrie et l'amour et la gloire; Il éclaira l'enfauce, il honora l'autel. Le pauvre eut un asile en son cœur paternel, Et DOS derniers neveux béniront sa mémoire.
Le nom d'Arthaud de la Perrière est mentionné d'une manière flatteuse dans ces lignes d'un manuscrit de la Bibliothèque de Lyon (1).
< Je ne say si je ne dois point mettre parmy les savans hommes de cette province certains esprits rares qui ont excellé dans les afiaires. En eflfet, le même esprit qui âiit réussir dans les affaires, nous sert aussi à acquérir les
(1) Mh. N* IIM, p. f 3.
sciences et il ne faut pas moins de gdnie pour amasser da bien que pour acquérir de la srence..... Nous pouvons donc compter parmi nos beaux esprits les Amat et les Gatelan de Gap, les Art?iatéd de la Grave, les Pierre Joubert de Donzére, génies extraordinaires pour les. affaires (1). >