IB
général propriétaire «onnait mai, d'auto part, dans «n pays d'égalité qui, en toute occasion, avait vivement repoussé les plus légères tentatives d'empiétement sur ses franchises politiques et municipales.
Berard et ses amis,Gharbonnel-Salle> Sébastien fiuille, Blanchard et autres, tous jeunes, hommes d:aotion €it de parole véhémente, s'émeuvent, s'indignent de ce qu'ils considèrent comme un péril pour la liberté, comme un attentat au droit des autres communautés briançonnaises. Ils convoquent, en avril i790> en assc subite générale, les municipalités et les gardes nationales du Briançonnais ^u YiUard-Saintp-Pancrace.
Les jeunes promoteurs de cette réunion y firent adopter leurs rc blutions, la révocation de M. de Tonnerre et la nomination de M. de la Fayoll • comme chef des gardes nationales des communautc^ b. iançonnaises.
Dans une lettre adressée au Journal patriotique de Grenoble (n^ 30), Berard raconte les faits dans le langage de l'époque :
< Une faction aristocratique, dit^-il, était venue à bout « de faire nommer M. le marquis de Tonnerre, colonel € de la garde nationale de la ville de Briançon ; le même
< parti se promettait de le faire reconnaître pour com- « mandant des gardes nationales de toutes les commu- € nautés briançonnaises. Déjà ce colonel allait arriver « dans cette ville avec sa famille et tm cuisinier ^ et la € France était menacée de voir une des clefs du royaume € entre les mains d'un noble privilégié, ennemi par état « de la Révolution, et sur les qualités duquel nous nous « abstenons au surplus de toute réflexion. A ce danger
< qui nous menace, quelques bons patriotes s'échauffent « du feu sacré de la liberté; et, au mépris de tout danger, « ils font sentir aux communautés briançonnaises le piège « qu'on leur tend. Ces bons montagnards s'indignent, et « des députés autorisés par les municipalités et les gardes € nat.'c^nales des difiérerites communautés, s'assemblèrent
€ dans celle du Villard-Saint-Pancrace pour 86 concerter.
« La, elles forment ure sainte coalition et se rassem- € blent sous un état-major commun, à la tête duquel % elles mettent M. de la Fayette. A la vérité, ce dernier € choix n'est paâ,. sous certains rapports, et abstraction € faite des qualités éminentes de M. de la Fayette, dans « la rigueur des bons principes, il était même contraire « aux sentiments généreux annoncés par M. de la Fayette « lui-même devant la commune de Paris; mais nous € avions besoin de mettre à notre tête un homme assez c puissant pour faire perdre, sans retour, au parti de « M. de Tonnerre, 1* espoir de le faire reconnaître des « campagnes comme chef général (1). »
Sébastien Ouille dit le rôle capital que joua Berard dans ces débats :
€ Lorsqu'en 1790, Glermont-Tonnerre fut nommé chef € des gardes nationales briançonnaises, que ne fis*je pas € pour révoquer cette élection si contraire au but de la € Révolution ? Je fus un des trois députés nommés pour € la convocation d'une assemblée de toutes les gardes na- € tionales, qui se tint au Grand-Yillard, où cette nomi- € nation, fruit de la flagornerie, fut révoquée, et où < Berard, le philosophe, développa, avec un torrent de c lumières, les vrais principes de Tamour de la patrie et « de rhumanité, dans ses discours et dans l'adresse dont € il fut le rédacteur iiinsi que du procès- verbal (2). »
La lettre adressée au Journal patriotique de Chrenoble, dont Berard se déclara l'auteur, souleva à Briançon un violent orage et faillit appeler sur sa tête les plus sérieux dangers.
(1) Observations sur les manœuvres employées parles agents de raristocratie, etc... f^ pp. s. d. (de ma coiiection dedocnments brlançonnais).
(â) Sébastien Guille, notaire de Rocheforte^ie-QaeyrièresY an comité du salut public... Embrun, Moyse, 16 pp. in-4» (de ma collection).
Ltemembms dfl^lÀiiRiiiifiipidité^ antMt^dëltf nomioa^ tion de lif. d^TomufOce^ et Im^généfràHtêâ^ia haBitanttr d& Brianfons^ sentirent blddsé»- dans leoB plifeioti6iiie>par l*'<aagre88Î0a de la letitee da jotsmal de Qjfenohlewimfaa^ tiotii ' immU)fif^tqu^ espnMton' à^ laquelle il» dtm^ nattmfr UA sens de^dbfeîgoatiefif ^lurétmidu qa'^e^n^ lè>' cooqieviwil; et-cpte' né lui-attriimateiniles. Ôiia mémeen qo» Tei»lsàkiskm9ekf0i <to0 on» de proeeçiplion'S^élèyénft? oon^ trer BeraFd>. qui. pour se soBBlraire ani^ premiees etr Qi^e* dotttables effets de la colère populaire, est obligé- de fbliv. 11^ réfitgjLe»i*la Salle aar mlïm de ses^sompalciated^drar viffM et de se» nambrauiE: parents. Iies-gtsdê»:iiatioim:i«l» deBmn^on se di^i^seot àdlel^a^!lai^^Bel1MN)'dûrlnMlr de son refuge : i oette^ menace, la^ garde ofttioauld • de' llb Salle se rassemble avec la> r^cdutien^ do oomlMiitli:^' pl«i<iât' que de laisser violer l'asile donné à l'un des enfant» dit paj9.. Lo rnuM^e da« Bi-iar çooi et le», gens» rui^ennaUeS' des deux commune» s'interposaient en vain qitafid* survint iâie abondante' pbûe qui empêcha. le- départ poorla Salie delà gard^ naiâoBale de BriafiqQ{»>. etpermii au t^npe^ o» B/ur" préme conciliateur, de &inesoaQauYre d'apaisement. Le» expliaation» dAiBerard ainsi, qu'unoadresse de lamunieipalité'de Grecioble)^ du 7 juin. 1790, pleine de sagesse et de modération y oalmôrent cette ei&rvescence et ramené^ rent là concorde.
Disons-le on passant, la municipalité de- Grenoble. ab«^ solvait nettement Borard du reproche immérité' d*una agression injuste envers la généralité de ses ooneîtojens Briançonnais :
< Une seule démarche, disait la municipalité de Grenoble, peut' ramener parmi vous l'union et la paix. La> nomination de M. de Tonnerre fait naître l'inquiétude et le soupçon-, cette de M: de la Fayette est contraire aux principes : oubliez les motifs qpi vou» divisent ; cessez de poursuivce le» qéilaoteurs di'uii» letlxie où il} n?y'a>'d'oflént^ ses que ceux qui sont dignes de l'étro^etr ohoiDisse»: parmi-
voua quelque citoyen- qui, par ses lumières et son patriotisme, ait an capter la confiance générale... » (1)
Les documents que nous possédons ne donnent ancun détail )>iographiqtte sur fierard dans les deux années qui Buiyirent. Nous le yojons rentrer dans la scène politique en 1792^ par une Dénonciation portant sur les malversations du- sieur Ollagnier, memhte du directoire du district dé Briançon et des membres du directoire du département des Hautes-Alpes (2) adressée à TAssemblée nationale.
Au début de son adresse, l'auteur croit nécessaire une précaution oratoire. Il sent le besoin de légitimer aux jeux d'autruii aux siens propres peut-étrci ce rôle d'accusateur public qui procède, â ce qu'il croit, de son civisme seul, n<4lde haines personnelles, de rancunes ina« vouées : •
< La dénonciation civique, dit-il, recommandée à tous € les bons citoyens par la Constitution, est la sauvegaixie € do la liberté : cet acte public est^ chez un peuple libreî « une vertu aussi honorable que l'obscure délation est « basse et perfide chez un peuple esclave. »
Ge violent écrit révile une grande surexcitation d'esprit et l'immixtion de son auteur dans des débats locaux très-orageux. H&tons-nous de le dire, Taccusation ne prouve rien contre les accusés ; elle ne relève à leur charge que des faits saas aucune importance, et sans aucun doute (on le discerne dans les détails des faits) facilement justifiables.
Voici un spécimen de ces accusations. Ge sont les deux chefs présumés les plus graves si l'on s'en rapporte aux titres soûs lesquels l'auteur les a classés :
(1) Observations sur les manœuvres et.... p. 17. (i) Tel est letrtre du (aeiam imprimé à EmbruD,cliez Moyse< In-K 97 pp. (De ma collection).
dilapidation det effet» nationaux. ' '
« Le directoire du département a délivré des. ordon- € nances par lesquelles il accorde â différentes commu^ € Hautes des effets provenant des églises supprimées ; € eotr'autres, un ornement d*églijK à la commune de Mo- « nétier, ^ulf tableau à celle d'Arvieu. Nous ignorons si € ces actes sont fondés sur quelque autorisation supé- € rieure : si cela n'est pas, ils sont de vrais délits, puis- € qu'il est certain que les biens du ci-de!vant clergé ap- € partiennent non aux départements, maÀs à la Nation, et € qu'ils ne peuvent être délivrés que par adjudication. . »
Dilapidation des reventM de la Nation. -
< L'abbé Gauthier^ci -devant oratorien, et actuellement
< vicaire â Neu vache, possédait une chapelle dont le re- € venu net montait â 340 liv., d'après les baux et au rap- € port d'expert; le département lui a accordé 540 livr. « malgré l'avis du directoire du district.
« Ce Gauthier (est-il dit, en note), dans l'espoir de for- 4c tifier les motifs de sa requête, avait amené au Chapeau € rouge^ auberge de Briançon, un magnifique mouton « dont il voulait régaler le directoire du district : celui- % eî ayant repoussé courageusement la tentation, et écon • € duit un peu impoliment le mouton et son conducteur, € l'abbé, sans se décourager, s'en fut au département, où, « comme on le voit, il fut plus heureux. Nous ignorons 4 si le gras mouton a été du voyage et si le reste du
< troupeau l'a suivi.
« Qu'on no croie pas cependant que le directoire du
4 département soit également prodigue des revenus pu-
« blics : ses principes sont subordonnés â certaines règles
« dont il n'est pas aisé de calculer les combinaisons va-
« riables. Nous connaissons plus de trente ecclésiastiques
« auxquels il a constamment refusé de tenir compte du
€ revenu de leurs chapelles ou bénéfices > etc.
La pftpfaitf^ ififyjj||^.f^|yy4)^ftpn|y(fi| j^qf^ ^-jJWIfÛt clairement dans l'exposé de Tirasclble accasateui* dont. Tindignalion remet: en mémoire les charmants vers de Lafontai&ê:
til. terre deiH^tte t^/toauprintemB^ rev^oe ! Que faiB-Ui, Jupiter, que du haukdc la ^ftc Tu n*en perdes lajace afin de me venger?
Çouii tnei; o^Oviiuçe, i( \M)«ijait.<)]iUi<vr
l#Qa dieaKà^luLprèUir' leur foiidre.e^lami«nMa9iiim
Bevard) dans un ëcpit- publié^ ultérieurement- (1^, raconte l'insuccès de sa dénonciation : € Quanta moi, ajoute- € t-il, ii i|i^^mv<ia i^^ii^t^ qoe IfhsatitfBipt^ € enneoiûstpu^ les viyants d jabus,. sans Q3[jQ6pti€|Q^^,ra"- € vant^ge c^ c<^m]^lëter ma.. réputation de folie, ^
Laissons cettQ ac.tio;i de Berapd^sous la coup de cette appréciation autobiographique..
Mais Tannée suivante, Berard,. dans uiie. ciroonstaw» ménoipr^le^ so constitua;, avec un npbdo couj?Ag9i l.e ob^isr pion de le^ légajlité, le défenseur éJipquent' des dépulé^ de son départemoiU ot de ses compuitriotcs appu^sà^ de n^érautisme ou de spurde hostilité, contre 1% RévjohitÎQQ.; sa mâle éAorgie, Tautoritû de sa parole^^ çonlribuèi:ent. puissamment à écarter de sa ville naUle les maux de la tourmente révolution^re.^
Au mois d*avril 1793, amùvajentj.cl^nd 1^ département des Hautes- Alpes, ,les représentants du peuple Barras et Fréron, avec mission de la Convention de presser Uopération du recrutement,, de . porter, dans les départenimts des paroles de conciliation et. de faire^ ooaverger tputes les forces vives de la nation vers, le suprême intérêt, djai moment, la défense du sol de la patrie. — -^ — ■ ■ ■ .«.Il . I . -. i,j^«i..
(1) S«mi«Noni Bvard !k' M», concitoyen», solut eb fi«t«MtM (p. 3).
•^Irtlieiix dôs 1ëi»mte fte 'létïf ftftfiidàît, les'ÔiSlégttA fle la ^orivôtttroh'palnïrent'ti'stvoir qu'une aëttlë ptéôC(*rf{)arfftfc, qaun seul but, amener les soci6t<5s populaii*è8 et lës'ôcît^ps ««oiifftitti^dti dëpBi'témeiTt fi demander 1è "hippèî dè^ dé- •pulA^tff s Haot<»y-Alpès coupables, H Jètf A yëu^,'dè Ti*»^ Vefr 1^ v6ié la ffidrl de Lotfh ^Vl.
Les cinq députés des Hantes-Âlpes, Baréty, Borel/ÛHzeneure, Izovpd .(Auguste) '6t Serre avûlétrt, en effet, voté pour la détention pondant %^gaei^e 'et ^l'exil à la paix.
A leur arrivée à Brlançon (19 avril 1793), Barras et ï'réroh provoquèrent Une réunion de la société populaire, 'et 'firdht diuSdtOt porter la iriotion de demander à la Convenfidn I*expul£(i6n de son sein des députés des Hautes- Xlpesèt en particulier du cîtoyën Boi*el (de la Salle), de- ))fiitë hh B^ati^onnâis.
Borard qui s*était rendu à la réunion de la société !poïtalàîrc, 's(C(îoTnpag;né par son ami Charbennel-Salle, prit la parole et ddùs un éloquent discours il ût complète justice dVn système politique dont la mise en œuvre devait Uotiduîro tout droit â ranarèhie.Tl rendit un éclatant homthage àù pàitndtisnie des représentants 'des Ôautes-ÂIpes et réclama, de la part de tous, le respect pour des votes 'iâri^(*8 dans ïthvîolable «ahctuaire de la conscience, befktd fut applaudi pai* tous ses concîtoyens^ leans distinction d'opinions politiques et là motîoà des repréâentants fht éca1*toè par ûnVote unanîmè.
Il éû àû tradition â Brîançon, et Ladoucette rapporte lô fait (1), 'que Pirdh)li e^ Barras, craignant qu'il hé leur fut feit uYi ïùau vaîs parti, se biktèrezft de quitter la ville '(2).
({) Histoire des Hautes-Alpes, édil. i84S, p. idO.
(i) Dans l'un de ses écrits {Sundcrton Berard à se» concitoyetn), IftcrarcI, dans Vintérét de sa situation du moment (il était incarcéré), att^iÉft mgtimmigiAh \iâfi^ tk fè %l^actère de sa ourtifeirse Héiilmiih iH tc^h1{1S'%*to Mm %i ^e Fréron.
Ces reprësentants n*eurent da reste pas plus de succès i Gap, à Serres ainsi que dans le reste du département des Hautes-Alpes.
Le représentant Borel exprima sa reconnaissance envers Berard et les membres des divers comités du département^ en ces paroles extraites de son adresse à ses compatriotes :
Borely représentant du peuple^ à ses commettants. (1)
« Combien ne doit-on pas de reconnaissance aux homc mies qui à Gap et à Briançon ont repoussé la calomnie € avec autant d'éloquence que de courage; ces hommes € ont préservé notre département de Tanarchie et de la « guerre civile ; ils ont, à mon sens, bien mérité de la € patrie. »
Quelques mois plus tard,Berard se trouvait i Marseille, où il était allé visiter son frère établi dans cette ville. Il ne manqua pas d'assister aux réunions dans lesquelles s'agitaient les questions politiques à Tordre du jour, cil ne tarda pas, dit-il (2), à s'apercevoir que les meneurs de Marseille étaient de vrais royalistes. »
Dans le but de ramener l'opinion publique dans cette ville i la foi républicaine et à l'acceptation de la Constitution, Berard publia un écrit dans lequel^ pour donner plus de poids à ses paroles, il s'attribuait la qualité de représentant du peuple. . Cet écrit conçu en termeà modérés excita, suivant l'affirmation de Berard que tout démontre sincère et fondée, le ressentiment de ceux qui , sous le masque de l'exaltation républicaine, cachaient d'autres espérances, d'autres projets.
Sur la réquisition des commissaires du congrès républicain de Marseille, nanti des pouvoirs des représentants
(1) 8 pp. in-8<^ (de ma collection), p. 7.
(2) SundersoD Berard i ses concitoyens (p. 7)*
du peuple dans le Midi, Berard fbt iBcarcërë ayec deux de ses amis, Gharbonncl-Salle et Blanchard. . Berard se défendit dans .one adresse à «es concitoyens (l)/et se disculpa des accusationd dirigées contre lui. Son langage est énergique et fier. Il parle de sa conduite politique en homme qui peut en dire liautement lf$ motifs inspirateurs :
€ Qu'on ne croie donc point, dit-il, que c'est ma cause c que je défends : Thommequi a mille fois bravé tous les « dangers, est incapable de faiblesse ;. c'est pour l'intérêt € du peuple que je me justifie. Les ennemis de la Lic berté ci quelques fanatiques sont les seuls qui peuvent « se réjouir de mon arrestation : le peuple tout entier qui « connaît mon patriotisme éprouvé et désintéressé n'j € comprend rien : il est tenté de demander comment il « faut agir pour être un patriote irréprochable. »
Cet appel de Berard à ses concitoyens fut entendu ; tous demandèrent son élargissement et celui de ses amis. Cet élargissement eut lieu ensuite d'un arrêté ainsi conçu :
€ Les représentants du peuple prds les armées d'Italie € et des AJpes,
« Vu la pétition des autorités constituées et de la soc dété populaire de la commune de Briançon, tendante i « obtenir la mise en liberté des citoyens Blanchard, Salle € fils et Berard, tous domiciliés en cette commune.
c Considérant qu'ils ont été mis en état d'arrestation € par des commissaire du congrès de Marseille qui alors c se trouvait totalement fédéralisé et presque en état de € rébellion,
€ Arrêtent :
« Que les citoyens Blanchard, Salle fils et Berard, tous € domiciliés en la commune de Briançon, seront de suite € mis en liberté, que les scellés seront leyés et lesse- € questres sur leurs biens aussi, chargent l'agent natio*-
(i) Sanderson.Ber«r(|t(9ei coooitojrepf (citée fuprà).
i€ /Balthndhite'iot «Ae iMmq&ù de resécntNm en f testait € arrêté.
4 ▲u^artierigénëralflous'.Brianoon, 4e i'^' dee amis- « ^01lk>t[MloQ, >im ii ^c 4a ilép. fr. «Mind. «et ^ânwfiMè- M que.
« Signé : Gassanycs. »
On laisse à décider, quant à ce dernier inoîdeiit de la viie politique de BQrM*d,ai oetile nmirpatiiHii duMre d^ref>ré8eiitaDt du peuplefoette immixtkm dans «des débats «r»* ig^tLX dtins uae oîté .étrangère <!^ ^oette publîoati<m én^r»^ dent^ autant qa'inopportone, n'excédaient pas les droits et des devoirs du ottojen le pins aélé.N'^ât^e pas le cas-de 4i rc «Tec Montaigne : « L'immoâération verB ^e bien fne»^ mCj si eUe ne ^n'offense^ elle m'e^^cmne ^ me 9në€ en peine tk ht àaptizer. » f
Peui^tre semblable réflexion fut^eHe &itc par Berard 'lui-même^, oar ce fat là la derniàre aventure politique do <oe savant, dont les débuts dams la vie Tnanifeëtèrent «ne nature essentieitoment primesantière et de stirabondanrie éneirgie.
Dans les fonctions publiques qui devaient faientdt occa«- •per une part de son activité^ Berard allait donner des preuves d'une igrande droiture, d*unc haute x^apacrté, et dans les travaux scientifiques qui allaient absorber lere^e de son temps, d'une vaste et puissante intelligence.
Ea l'an IV, Berard fut nommé commissaire prés ^le tribunal correctionnel de Briançon ; en Tan VIII, lors de l'organisation des tribunaux de -première instance, il fat promu aux fonctions déjuge d'instruction près ce siège. Il avait été nommé antérieurement directeur et professeur de mathématiques à l'Ecole secondaire de Briançon ; à la eréation du. collège de cette ville, il fat appelé aux roén>es fonctions de directeur et de professeur, fonctions qu'il •exerçait comulativement-avec celles de niagistrrtt de l'or- •dre -judiciaire. -Ge cumul cessa en IHiO par sa démission de sa chasge de magiatmtore. Il se *cohsacra, dès ilors,
fexobnmnient à i'^easeignemeiit des anMittiéiiitfliqiiefi et à da •âmetkm^ collëga, jtMQuSan tt6i7,<qMqoBéilfliî|BeUei}l«o ^Bâtauam de cerd^ublc emplcn.
Dans lessdÎTanMe'.fencilioiMfaihycptesaiu*!! eser^, fii»tsaeâût preave dtone .haUteioteDigeiiceiet d*nBeipfniEaiîto mtégrité.
€ BeoMrdy *àii VL Laâouodtte, ^roliassiiit mMec voie mi jgrwide dlarté, qnil était imposaible ide ne .pas -le eaotprenàre. »
« rG*6st de i'au YIIL à dftL7, qu'il publia pnceque tous ses KMLvrages sur .les nutthéinatiqnes. Il entiretint «nod, dans oette .période de {teu^, «une correspondance 'très- •suisrie adtecrplusieiirs^^ëdaoteups du Jjoumaldesiaawtntê, «Sa démoDstiration tdu iameuK théorème de iPermat mîawiit pas le suffrage de l'un d'eux. M. Beraml 'paria «aant 'hmis 'qn*«Be était bonne. Son>pad ne fut ipas tenu. »
« . En 1S07., j'avais établi un concours «entire iee élèves ides trois.éooles de mathématiques. Je dne «rendais ià £iûan- ^n par une .tounuente teilrojiable qui retenait «chez teax tous les (voyageui». Je rencontsai M.. iBerard,À .pied, au milieu d'écoliers attentifs auxquels il'illastpe maiire lOaspli- :quait'4eepFoblèiiMS, à d'aide des sdlidesiqui •romplagaisoit pour lui les lignes. »
« (Depuis dSlT^'il n'occupa, pins jde fonctions ;publiques •et wïécat i Xriançon, <enlouné deisa.fimiille dt des «mis que dtti itvait faits la tirante de son icaraotèpo (1). #
ditotis lesinoms'de quelques-unes des !personnes>distînguées, Â tdivers iitree, avec desquellBs fieeurd edtzetint •des relations dans ilesqaeUes il apportait le charme ^d'one «parole vive et colorée, et les nt^uisabies ressooFoasid'une •instruotiQn aussi «XRariée qu'étendue. C'étaient, dansrtsvdre tdes «dates ide Des ^FâlatioAs, M. ClbaidiiQnnel-âialk^dRm tm^ 'd'eBÂinoe devenu i|nge auitridDunabdeBriançon:; FnanQuis
iUbeiit, procureur imp^ial ; le cdlonal BalqoBtide iPlaite,
m I ii^mml
i^) Wslokie «ee >llmites^^9, 'édit, <M8, «pp. «iO 4t JfSl .
commandant la place ; le chimiste Ghancel ; le colonel du génie Delphin; Tayocat Victor Vincent; le colcHiel Ghapuzet; André Latour, procureur du roi ; Benoit* Boocliië {de Golo) ; M. Joachim Gharbonnel^^alle, etc..
Les élèves les pins distingués de Bei*ard, furent : Gailice (Barthélémy), général du génie en Egypte ; F^xii* nand Prat ou Prato^ et Bès (d'Oulx), généraux de division piémontais ; Blanchard (Jotoph), colonel d'artillerie français. Il faut citer en outre Tun des fils du savant, M. Aristide Berard, ingénieur civil des mines, «t M^* Rosine Berard, devenue M"* Balmés, Tune de ses filles, qui à Tàge de dix-sept ans fit tous les calculs de Tnn des livres de ^son père : Méthodes nouvelles pour déterminer les racines des opérations numériques et les intégrales définies, etc.
On lit, à la fin de ce livre, la touchante expression de la gratitude du savant envers sa fille : « En sollicitant, « dit-il, l'indulgence du public pour ma cécité, qu'il me € soit permis de m'acquitter d'une dette sacrée, celle de « la reconnaissance paternelle envers ma fille Rosine, « Agée de dix-sept ans, qui, renonçant aux amusements « de son Age, a eu l'héroïque patience de fiiire tous les c calculs de cet ouvrage. »
Berard était de grande taille; sa tête était superbe et aurait offert à la statuaire un beau modèle. Dans sa vieillesse, il faisait quotidiennement, guidé par sa femme on par M*^* Giara Berard, sa fille, une promenade, toujours la même, le trajet de Briançon A son Jardin situé au petit hameau de La Tour. Bien des fois, dans mon enfance, Je le rencontrai. Bienveillant et aimant la causerie comme presque tous les vieillards, il m'adressait avec bonté quelques questions sur mes études. Ses exhortations au travail, exprimées avec l'accent chaleureux d'une conviction profonde, faisaient* sur la Jeunesse une salutaire et -durable-impression, —
Vers 1840, h msQQ de Berard poinmen^ à s*altérer«
Il est mort i Lyon en 1843 on 1844, dans une maison de santë.
Bibliographie.