‹ Biographie-bibliographie du BriançonnaisChapitre 9 sur 36 · A PARIS M. DG. XLI · texte numérisé non relu

A PARIS M. DG. XLI

Cette publication est in*folio, en beaux caractères et comprend 88 pages. Les éditeurs, Claude Desponts et Etienne Rossignol, ne se bornèrent pas à reproduire article par article les clauses et conditions de la charte. Ils donnèrent en marge, et en regard de chaque disposition, une analyse succincte de son objet, rédigée en langue française.

Telle tut Tœuvre collective des deux députés. Mais la dédicace de ce recueil, qui appartient exclusivement à Claude Desponts, fut un acte d'habile diplomatie. Le recueil est dédié au . vrai roi de ce temps, à celui dont la vaste intelligence et la main puissante préparaient et assuraient les destinées de TÉtat, au cardinal de Richelieu.

Claude Desponts expose quelle était, avant 4343, la situation du firiançonnais vis-à-vis de ses princes, Dauphins de Viennois ; quels étaient les immunités, les privilèges, les droits des communautés, soit en vertu de contrats plus anciens, soit ensuite d'usages immémoriaux. Il prouve, par son préambule, que la transaction a eu pour objet de fixer les droits anciens, de les étendre, d'en créer de nouveaux au profit desdites communautés ; que ce fut un accord à titre onéreux, étroitement obligatoire pour les deux parties contractantes ; que le Briançonnais se soumit à des sacrifices en argent très considérables pour assurer aux Dauphins l'équivalent fixé pour la cession de ses droits ; que les communautés briançonnaises avaient acquitté, avec une irréprochable exactitude, la rente annuelle due aux Dauphins et successivement aux rois de France, après la cession du Dauphiné ; que leur fidélité à remplir leurs engagements était méritoire et devait leur concilier la faveur royale, étant données la stérilité de leur territoire, la dureté du climat, leur pauvreté accrue par les exactions, les déprédations, les violences des gens de guerre, lors des passages des armées en Italie. Il invoque, en preuve de cette situation précaire et misérable, les souvenirs personnels du cardinal qui, en 1629, avait, avec le roy, traversé le Briançonnais et le Moiit-Genèvre, alors que l'armée française descendait en

Italie pour soutenir les droits de Charles, duc de Nevers,

sur le duché de Mantoue et de Montferrat. Il rappelle les

incendies qui ont désolé et ruiné le pays, savoir de Brian-

Qon, de Saint-Chaffrey, Chantemerle, Monestier, la Bastie,

les Vigneaux, Perturostan, Arvieu, Aiguilles, Ristollas,

Mellezein, n lesquels les habitants n'ont pu rebâtir pour

a être privez de toutes facultez jusques à manger leur pain

a et leur potage sans sel :». Enfin, après avoir démontré i

avec clarté Téquité et le fondement légal des prétentions

du Briançonnais et fait état, avec une sorte d'éloquence,

de la misère du pays, de son patriotisme, de son courage,

comme gardien de la frontière, il fait une suprême tenta- \

tive pour aller droit au cœur du cardinal.

Se faisant l'interprète des sentiments de ses compatriotes, il dit leur admiration pour le génie du grand ministre et leurs vœux pour qu'il conquière, avec la tiare, la toute-puissance sur le monde catholique. Voici en quels termes sont formulés cet hommage et ces souhaits :

a Ce qu'étant par vous, Monseigneur, considéré l'état ce de leur misère, la nécessité de leurs heux, les suppli- < cations et les soupirs de tant de pauvres familles, ils « s'assurent de votre protection pour l'observation dudit a contrat, et eux ne cesseront aussi la continuation ^es a vœux et prières qu'ils font journellement à Dieu pour (( votre conservation, comme celui qui a été leur libérale teur, le nom duquel est en bénédiction à la bouche de ce tous les gens de bien, qui leur fait espérer de vous voir ^< un jour le chef de l'Église, si cette nation qui prétend <( toujours de défendre à la nôtre l'entrée de cette dignité a ne se veut à la fin déclarer ennemie de la sainteté, et se (( rebeller contre les inspirations du Saint-Esprit. C'est le

c seul degréy Monseigneur, qui vous reste à présent à « monter pour être si haut qu'il n'y ait plus rien entre « Dieu et vous qui vous sépare. Et ce sont les vœux,

€ Monseigneur, c de € vos très humbles, très obéissants et très obligés servic teurs, les habitants de la Principauté du Briançonnais. c Et pour eux,

€ D. Ponts. »

Ce pressant appel à la justice de Richelieu ne fut probablement pas sans influence sur l'issue du litige soumis au Ck)nseil d'État du Roy.

Il fut £ait droit à la majeure partie des revendications des communautés, ainsi qu'il résulte des décisions du Conseil du Roy qui suivent :

c Arrêt du Conseil d'État du Roi, du 9 juillet 1642, qui maintient les habitants des communautés de la Principauté et du bailliage de Briançonnais, en la possession et jouissance d'établir des Secrétaires-Greffiers.

€ Arrêt du Conseil d'État du Roi, du 18 décembre 1642, qui décharge les Communautés de la Principauté et bailliage du Briançonnais de l'établissement des Offices de Collecteurs et Contrôleurs, des Secrétaires-Greffiers et des taxes faites en conséquence.

c Arrêt du Conseil d'État du Roi, du 12 octobre 1644, qui décharge les Syndics, Consuls et Communautés du bailliage et principauté du Briançonnais, des taxes sur les Offices de Collecteurs et Receveurs particuliers des tailles des Paroisses. »

GIRAUD (Joseph-Étienne) D^

Pour dignement dépeindre l'exquise valeur morale de Joseph Giraud, sa haute raison, sa vie laborieuse, il faudrait posséder, à un degré quelconque, les dons de son esprit, les délicatesses de son cœur. Pour dire sa science, des connaissances spéciales seraient indispensables; elles me font défaut. Mais si, sur le premier point, le caractère et les qualités acquises, je dois demeurer au-dessous de ma tâche de biographe, Je puis du moins invoquer, pour signaler le mérite des travaux scientifiques du docteur Giraud, le témoignage de savants autorisés.

Une notice nécrologique sur le docteur Giraud, par M. Léon Fairmaire, a été lue à la Société entomologique de France dans la séance du 24 octobre 1877.

Les appréciations de ce savant sur les travaux de Giraud lui sont, bien entendu, personnelles. Quant aux faits particuliers, aux diverses phases de l'existence, M. Fairmaire les a puisés dans des notes autobiographiques dictées, peu de jours avant sa mort, par le docteur à son fils, à mon intention et sur ma demande. M. Fairmaire me fait l'honneur de citer, au début de sa notice, quelques réflexions que j'ai émises, jadis, sur l'influence du lieu natal quant à la trempe du caractère et la direction de l'activité intellectuelle. Qu'on me pardonne la reproduction de ces quelques lignes. Je ne me la permets que parce que je crois très fondée mon observation à ce sujet.

« Le docteur Joseph-Étienne Giraud, dit M. Fairmaire, était né le 31 janvier 1808, au Sarret, hameau du Briançonnais, dans les Hautes-Alpes, pays qui a déjà donné à la France des savants et des naturalistes distingués. Gomme l'a dit M. Albert dans son Étude biographique sur

le botaniste Villar, compatriote du docteur Giraud : « Les c pays montagneux, à rude température, aux horizons c rétrécis, aux étroits vallons peu fertiles, sont en général c le berceau des savants, des hommes de pensée nette, € claire, pratique; là, se trempent solidement, pour le dur « combat de la vie qui y commence dès les premiers € jours, de fortes intelligences portées à la méditation, à « l'activité, de travail opiniâtre, de conception féconde.

< La biographie des Hautes-Alpes, cette contrée d'aspect

< sévère, sillonnée dans ses vais profonds par des torrents c aux larges déjections pierreuses, hérissée de rochers, « surtout dans sa partie septentrionale, le Briançonnais, € donne un dénombrement respectable d'hommes qui se c sont distingués au premier rang dans les sciences, c dans le barreau, dans l'industrie, le commerce. :»

Le père de Joseph Giraud était, comme un grand nombre de ses compatriotes vallouisiens, un modeste instituteur. Sa mère, femme supérieure, appartenait à une famille qui tenait le premier rang dans la commune de la Pisse, comptant, parmi les aïeux, des châtelains de la Yallouise et des consuls de la communauté, ayant donné à la science, au xviii® siècle, le jésuite Jean-Joseph Rossignol, homme d'un savoir universel. Son oncle maternel, l'abbé Rossignol, qui a été plus tard le curé-archiprêtre d'Embrun, était, dans les dernières années de la Restauration, principal du collège de la ville. Il appela auprès de lui son neveu dont il avait reconnu les rares aptitudes pour les sciences. Il dirigea les études de ce disciple aimé et put s'applaudir de son affectueuse tutelle par les brillants résultats de ses soins.

Ses études achevées, Giraud se consacra à l'enseignement. Il fut chargé de l'éducation des iils de M. le marquis

-sodé Roussy, préfet des Uautes-Âlpes. Deux ans après^ il espéra entrer dans les Eaux et Forêts; son attente fut déçue. Ne voulant pas ajourner la création d'une carrière,' il se rendit à Paris, affrontant, avec une jfroide détermination, les épreuves que lui réservait l'extrême modicité de ses ressources.

Un de ses compatriotes, M. Sémion, l'un des plus notables libraires de Lisbonne, qui savait la valeur et la droiture de Giraud, le choisit pour créer à Rio-Janeiro, une maison de correspondance. La réalisation de ce projet échoua par le fait d'une révolte des nègres au Brésil. Il fréquentait, en attendant, les cours de la Faculté de médecine. Il s'adonna avec ardeur et avec succès à l'étude de cette science. Dès la troisième année, il fut nommé interne des hôpitaux et trouva dans les avantages attachés à ce poste et dans les leçons d'anatomie qui lui furent demandées, des ressources qui le mirent à même, étant données ses habitudes d'existence modeste et de sévère économie, de continuer et d'achever ses études.

Pendant sa troisième année d'internat, le docteur Chomel, son professeur, qui connaissait sa science aussi sûre que précoce, lui proposa d'aller à Vienne, en Autriche, donner ses soins à une jeune personne de la grande famille polonaise Zamoïski, qui avait été sa cliente à Paris. Il accepta, prit son diplôme de docteur et partit pour Vienne. Son séjour à rétranger devait être court. Mais les soins intelligents donnés à la malade et leur heureuse réussite procurèrent tout de suite au jeune docteur une clientèle inespérée et de premier ordre dans la haute société de Vienne. Des alliances avaient uni la famille Zamoïski à la famille princière des Czartorïski. Giraud fut le médecin des deux familles et de leurs alliés.

Le docteur Giraud demeura de longues années à Vienne, appelé, pour l'exercice de sa profession, dans toutes les provinces de TAutriche, de la Hongrie, de l'Allemagne. Il passa, entre temps, deux ans à Rome, donnant des soins à une jeune princesse de la famille Constantin Czartorïski. Le savant, pendant ce séjour à Rome, s'éprit des Beaux- Arts et les aima en homme de goût. De retour à Vienne, il fut appelé en Podolie, en Ukraine et jusqu'en Bessarabie ; son séjour en ces provinces fut de huit mois.

Partout, il exerça sa profession avec éclat.

Ces voyages furent accomplis, par la délicate prévoyance et les soins de ses nobles clients, dans des conditions exceptionnelles de confort et de sécurité. Les rémunérations, bien supérieures au taux des honoraires les plus élevés, étaient transmises au médecin français avec les formes de la courtoisie la plus ingénieusement délicate. L'ardeur de gratitude, les entraînements chevaleresques qui sont des traits du caractère de cette noble race slave, avaient laissé dans le cœur du docteur Giraud les plus doux souvenirs. Notons en passant que dans ses nombreuses pérégrinations, Giraud recueillit ainsi, sans la poursuivre, une jolie fortune et qu'il ne manqua pas une occasion de se livrer à son penchant pour l'histoire naturelle. Il s^adonna surtout à l'étude des coléoptères et des hyménoptères.

Membre fondateur de la Société zoologico-botanique de Vienne (Autriche), dont il fut le président, Giraud prit une large part aux travaux de cette Société, comme en témoignent les nombreux mémoires qu'il lui soumit et qui ont été publiés. < Il dirigea surtout, dit M. Fairmaire, ses « investigations sur les galles qui croissent notamment sur * les diverses espèces de chênes, sur les insectes qui en

« déterminent la formation et sur les nombreux parasites « qui viennent compliquer encore les recherches relatives ec aux mœurs des hyménoptères gallicoles. C'est à lui cer* « tainement qu'on doit le développement qu'a pris, parti- « culièrement en Autriche, l'étude de ces galles si néglige gées depuis Malpighi et d'Anthoine jusqu'à Hartig. Les « tenthrédinées et les ichneumonides ont été aussi l'objet « de ses recherches, qui ont notablement agrandi nos conc naissances sur les mœurs et les métamorphoses des « insectes de ces deux familles. »

Le docteur Giraud, gravement atteint dans sa santé, revint en France vers 1864 et passa près de deux années à Grenoble où il se lia d'amitié avec Hippolyte Bouteille, l'auteur de V Ornithologie du Dauphiné. « La clarté, me disait Bouteille, était la caractéristique des beaux travaux du docteur Giraud, qui pouvait dire comme J.-J. Joubert : « J'ai fort étroite cette partie de la tête destinée à rece- « voir les choses qui ne sont pas claires. »

Pour suivre les études de son fils, le docteur Giraud quitta Grenoble et se fixa à Paris. Il y continua ses travaux scientifiques et ses publications. Reçu, dès 1852, membre de la Société entomologique de France, il en fut nommé vice-président en 1869 et président en 1870. En 1874, il reçut la plus haute distinction de la Société, celle de membre honoraire. Il publia dans le bulletin de cette Société de nombreuses études sur l'entomologie. Mais la santé du savant déclinait de plus en plus. Une afîection de la moelle épinière le condamnait à de cruelles souffrances stoïquement supportées. « Pour une intelligence (c aussi entière, dit M. Fairmaire, pour un esprit aussi a actif et aussi chercheur, ce dut être une cruelle épreuve « que d'être condamné à des crises violentes et inces-

a santés qui le réduisaient à une inaction à peu près « complète. Les soins dévoués et empressés d'un de nos « collègues, le docteur Laboulbène, ne purent que retar- « der une catastrophe devenue inévitable après d'aussi c longues années de souffrances, pendant lesquelles notre « collègue ne se faisait guère illusion; après quelques < jours d'un mieux apparent, il fut subitement repris de « douleurs plus aiguës, auxquelles il succomba rapide- € ment. »

L'aveu de ces souffrances et la prévision d'une fin prochaine se trouvent dans une lettre que m'écrivit le docteur Giraud quelques semaines avant sa mort. Je transcris ici ces sentiments et ces pensées de la dernière heure, qui révèlent les énergies et la résignation de cette âme si maîtresse d'elle-même, ce calme souverain évidemment conquis par la puissance de la volonté et la constante aspiration vers le bien :

« Paris, le 7 mars 1877.

« Mon cher ami.

c Je suis toujours très heureux d'apprendre de vos nouvelles. Je regrette seulement de ne pas pouvoir vous exprimer comme je le voudrais, les sentiments de reconnaissance que j'éprouve en voyant les nombreuses marques de l'intérêt et de la bienveillance que m'exprime votre lettre.

« Pour me conformer à votre désir si obligeamment manifesté dans votre billet, je vous envoie les quelques mots que j'ai fait écrire et qui vous mettront au courant de ma très modeste biographie et des quelques titres non

moins modestes de mes travaux entomologiques. Je regrette beaucoup que ces travaux soient éparpillés dans de nombreux volumes et qu'il me soit impossible de les réunir en un seul, pour avoir le plaisir de vous Toffrir. U ne s'agit du reste que de matières intéressant plus particulièrement les amateurs d'histoire naturelle et je présume qu'ils ne pourraient vous offrir que bien peu d'attrait.

« Il n'en sera pas de même pour moi en ce qui concerne la lecture de vos publications, que je recevrai avec le plus vif plaisir.

<c Tous vos travaux ont pour moi une puissante attraction et j'aurais voulu contribuer en quelque sorte à élucider certaine question qui pourrait trouver place à côté de vos attachantes notices. J'avais voulu réunir dans un opuscule les observations que j'ai faites dans la vallée de Vallouise et celle de Briançon sur les vestiges très manifestes et quelquefois éloquents, qui se sont conservés depuis l'époque préhistorique de la période glaciaire du globe. Il existe, en effet, dans la commune de Vallouise, un magnifique échantillon de moraine qui remonte à l'âge où cette vallée était entièrement occupée par d'immenses glaciers. Indépendamment de ces témoins d'événements si anciens, il existe bien d'autres indices du travail des glaces à cette époque. Ainsi l'usure du granit et les formes moutonnées que revêtent encore maintenant ces roches, de même que le dépôt de blocs de granit au bas des montagnes qui sont d'une tout autre constitution et d'où ces granits n'ont pas pu être précipités. Tout cela et bien d'autres considérations présentent un tableau de phénomènes qui captive le géologue un peu instruit.

c Je ne puis pas causer plus longtemps avec vous, car mes forces sont entièrement détruites et j'ai beaucoup de peine à débrouiller le peu d'idées qui me reste.

« Veuillez m'excuser du décousu de cette lettre que je n'ai même pas la force de signer et qui le sera par mon fils.

€ Adieu donc, cher ami, je lutte pour le dernier combat et l'issue n'est pas douteuse. Je conserverai de vous le plus affectueux et sympathique souvenir.

« J. GmAUD. 9

Il mourut à Paris, le 29 mai 1877.

Joseph Giraud était de taille moyenne, un peu audessous peut-être, d'apparence chétive et souffreteuse. L'expression habituelle du visage était la mélancolie tempérée par une manifeste possession de soi-même. Son âme était forte, ouverte aux inspirations généreuses ; il était modeste, bienveillant aux autres, sévère pour luimême et soumis à toutes les lois du devoir. Tel je l'ai connu, tel je l'ai admiré et aimé.

Qui suit, pas à pas, de telles existences, qui reconnaît et médite les mobiles dirigeants, se livre, sans y prendre garde, à la fructueuse lecture d'un beau livre d'hygiène morale.

L'annonce de la mort de Giraud rappela à ma pensée les pieux souhaits de Tacite à l'âme d'Agricola : « S'il « est un lieu pour les mânes des hommes vertueux, si « comme il plaît aux sages de le dire, les grandes âmes

« ne s'éteignent pas avec le corps, repose en paix

(Siquis piorum manibus locus; si, ut sapientibus placet, non cum corpore extinguuntur magn» animae, placide quiescas). »

Thèse soutenue à la Faculté de médecine de Paris, le ii mai i839, par J. Giraud, de Vallouise.

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