‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 18 sur 54 · Cette société portait le nom hébreu deHakh7iasat Kalla · texte numérisé non relu

Cette société portait le nom hébreu deHakh7iasat Kalla

la Société scîeniifique'littéraîre, fondée à Paris par M. Hippolyte Rodrigues, vers 1865 ; de la Société MeMcé-Nirclamim, fondée en 1861 pour l'impression de manuscrits hébreux inédits; de V Œuvre des missions rabbiniques en Fra7icô, créée par M. le grand rabbin Isidor; de la commission formée, lors de la construction des nouvelles synagogues, pour la fusion des rites allemand et portugais ; membre en 1866 et 1867, vice-président en 1869, de la Société de secours pour les israélites de la Palestine-, membre du Comité de V Institution Bischofjsheiyn pour les garçons, fondée en 1864, et de la belle Institution Bischoffsheim pour les filles, ouverte le 1" mai 1872; membre du Comité Central de YAllia^ice israélite après les élections de 1868; enfin membre du Consistoire central des israélites français pour Oran, élu en juin 1868. Lorsque, en octobre 1873, la fondation de la Caisse de la Communauté a permis de donner un grand développement aux écoles israélites de Paris, Albert Cohn fut nommé président du Coraité des Écoles organisé en cette circonstance.

Il était désigné pour cette fonction, il la méritait pour l'intérêt qu'il avait toujours porté aux établissements scolaires. Les écoles sont.

après le Comité, la plus ancienne institution de la communauté de Paris. Une école de garçons fut ouverte en 1819, établie d'abord dans le local du temple de la rue Notre-Dame-de- Nazareth, plus tard au n° 3 de la rue des Singes 1. Une école de filles fut établie, le 6 mai 1822, au n° 19 de la rue de la Croix ~. Ces établissements étaient bien modestes alors. L'école des garçons avait en moyenne 80 élèves, celle des filles 50, puis 65. Les dépenses de l'école des garçons se montèrent pour les sept premiers mois, à 5,000 fr. environ ; celles de l'école des filles, en 1829, étaient inférieures à 2,000 francs. En 1832, l'école des garçons fut momentanément fermée. Les établissements Israélites d'instruction primaire se sont multipliés depuis à Paris. Ils se composent aujourd'hui de deux écoles communales, comprenant chacune une école de garçons, une école de filles et une salle d'asile, et de trois écoles mixtes soutenues par le Consistoire et la Caisse de la Communauté. Toutes ces écoles sont gra-

1. Rapport sur l'école primaire gratuite des Israélites de Paris, depuis la fondation en 7nai 18/9 jusqu'au 1^^ janvier 1820. Paris, 1820.

2. Réunion des darnes protectrices des écoles consistoriales de Paris. Distribution des prix faite le 21 novembre 1822. (Paris, 1822).

tuiles, et elles accueillent tous les enfants qui se présentent. Le nombre des élèves, en 1876, se montait à 1,746 i. Depuis la création du Comité des Écoles, présidé par Albert Cohn, Torganisation des écoles consistoriales a été considérablement améliorée et ne laisse rien à désirer.

Albert Cohn suffisait amplement à toutes les fonctions qu'il avait acceptées, mais elles ne

1. Voici quelques renseignements complémentaires que je dois à l'obligeance de MM. les directeurs :

Écoles comt^iunales de la rue des Tournelles. Garpons : M. Lévy, directeur; 3 adjoints; 200 élèves; fondée en juin 1857. Filles, Mme Rosenfeld, directrice; 4 adjointes; 200 élèves; fondée en juin 1857. Asile, Mme Weil, directrice; 1 adjointe, 160 élèves; fondée en mars 1851. — Écoles

COMMUNALES DU MARCHÉ DES BlANCS-MaNTEAUX. GarçoUS l

M. Léopold, directeur; 4 adjoints; 386 élèves; fondée en 1819, communale en ISSi. Filles, 5 institutrices. JszVe, 2 institutrices. — Écoles consistoriales. École du boulevard Latour- Maubeuge, dirigée par M. Fleur, fondée en octobre 1866. Élèves : 60 garçons gratuits, 9 garçons payants; 64 filles gratuites, 3 filles payantes : total, 136 élèves ; 1 directeur, 1 directrice, 1 adjointe. — École du boulevard La Chapelle, dirigée par M. Halphen, fondée en novembre 1864: 91 garçons gratuits, 14 garçons payants; 69 filles gratuites 15 filles payantes ; total 169 élèves ; 1 directeur, 1 directrice, 1 adjoint, 1 adjointe. — Ecole de la rue Poliveau, dirigée par M. Schneider, fondée en juillet 1857 : 81 garçons, 51 filles; total, 133 élèves; 1 directeur, une directrice, 2 adjointes. — Toutes les écoles consistoriales ont des professeurs spéciaux de chant, de dessin, gymnastique et couture.

suffisaient pas à son activité : il se donna volontairement d'autres tâches qu'il remplit avec le même dévouement. On a vu plus haut qu'il fit pendant plusieurs années des cours d'instruction religieuse aux enfants Israélites. Plus tard, vers 1858 peut-être, il organisa dans le local consistorial de la rue du Yertbois des conférences publiques, où il parlait tous les samedis sur des sujets d'histoire juive et de théologie, et il les continua pendant dix ans environ. Elles furent remplacées, vers 1869, par des conférences qu'il fit au temple portugais de la rue Lamartine. Il parlait volontiers en public ; il n'y avait pas une solennité religieuse, pas une réunion Israélite, où il ne prît à cœur d'adresser une allocution aux assistants. On l'y attendait, et, l'eût-il voulu, il n'aurait pas échappé à cette nécessité. C'est ainsi que nous le voyons pendant de longues années, et jusqu'à ce que le Consistoire eût fermé la chaire aux laïques, parler dans la synagogue à la solennité de l'Initiation religieuse ; c'est ainsi encore qu'il parle régulièrement aux séances annuelles du Talmud-Tora, à la distribution des prix des apprentis, aux assemblées générales de V Alliance, aux Bar Miçwa des deux fils aînés du baron James de Rothschild, à l'inau-

guration de l'hôpital Rothschild, à l'enterrement de Samuel Cahen, directeur des Archives Israélites (janyier 1862); aux funérailles du baron Salomon de Rothschild (14 mai 1864), de son ami Salomon Munk (février 1867) et d'une foule d'autres personnes ; aiix séances des sociétés mutuelles Israélites de Paris, aux fêtes dans les oratoires^ etc. Lorsque le schah de Perse reçut à Paris, le 12juillet 1873, une députation de y Alliance israélite, Albert Cohn fut un de ceux qui fournirent à l'entretien les éléments les plus intéressaiits. Il prit une part très-vive aux délibérations de la Réunion qui eut lieu à Paris, en décembre 1876, en faveur des Israélites de l'Orient, et le discours qu'il prononça au banquet offert aux membres étrangers de cette Réunion fut un des plus chaleureusement applaudis ^

1. Sur ces allocutions d'Albert Cohn, voir, outre les publications déjà citées et celles qui parlent de ses voyages en Orient : lo Archives israélites, 1862, p. 69; 1864, p. 493; 2o Discours prononcés sur la tombe de Salomon Munk. Paris, 1867; 3° les Bulletins de V Alliance israélite, depuis 1869, et principalement celui du 1er semestre 1873, p. 176 (audience du schah de Perse). Cp. Univers israélite, II, 139; VII, 430-, XVI, 99.

La guerre de Crimée ; Albert Cohn en Orient. — Efforts des Israélites occidentaux en faveur des Israélites de l'Orient. — Le Consistoire Central, le Board de Londres, M. Philippson. — Projets pour améliorer la situation des Israélites de l'Orient. Circulaire du Consistoire Central. — Albert Cohn chargé de faire une enquête sur la situation.

Albert Cohn n'appartenait pas seulement aux Israélites de Paris, mais aux Israélites de tous les pa^'s, La moitié de sa vie a été consacrée à ceux d'Orient, qu'il a visités plusieurs fois et pour lesquels il montrait le plus grand dévouement. Ce fut en 1854, lors de la guerre de Crimée, qu'il eut pour la première fois l'occasion de déployer en leur faveur son admirable activité.

La Révolution française avait ouvert pour les juifs des Etats civilisés une ère d'affranchissement et de délivrance. Les Israélites de nos pays étaient à peine remis de leurs souffrances séculaires, que, dans un admirable élan de charité, ils voulurent aller au secours de leurs

coreligionnaires malheureux. Ce sentiment avait éclaté avec une grande intensité en 1840, à roccasion de l'affaire de Damas. Ce fut la première fois que le judaïsme occidental montra ses forces unies par les liens de la religion et de la fraternité.

Un mouvement pareil se déclara lors des événements d'Orient d'où sortit la guerre de Crimée.

Les puissances occidentales étaient d'accord avec la Russie pour demander à la Turquie des garanties en faveur des populations nonmusulmanes. Cependant les juifs remarquèrent que ces puissances ne se préoccupaient que des sujets chrétiens de l'empire ottoman, nullement de tous les raïas sans distinction de culte. Lorsque la guerre fut devenue inévitable, ils se . demandèrent avec inquiétude quel serait le sort des juifs de la Turquie s'il survenait un changement dans la Constitution ottomane. Ils ne s'expliquaient pas pourquoi leurs coreligionnaires ne jouiraient pas des privilèges qui seraient accordés aux chrétiens de l'empire ottoman. Cette question s'empara de tous les esprits et enflamma les imaginations.

La France et l'Angleterre se décidèrent, au

commencement de 1854, à déclarer la guerre. Les juifs de ces deux pays s'adressèrent immédiatement à leurs gouvernements et invoquèrent leur appui en faveur des juifs de la Turquie.

Le Consistoire central des Israélites français adressa, pour cet objet, à l'empereur Napoléon IIL une pétition datée du 24 mai 1854 i. En même temps le Consistoire se mit en relations avec le Boarcl of Deputies, de Londres, pour faire avec lui des démarches communes. Une lettre du Consistoire fut lue à la séance du Board du 24 avril -. Sir Anthony de Rothschild annonça que lui et son frère ^ le baron Lionel de Rothschild, avaient déjà entretenu de cette question le comte Clarendon, qui avait écrit immédiatement à lord Stratford de Redcliffe, ambassadeur anglais à Constantinople ; que des démarches analogues avaient été faites par MM. de Rothschild, de Paris. Sir Moses Montefiore, président du Board, ajouta qu'il avait reçu de la bouche même du Sultan l'assurance que la liberté religieuse serait toujours également accordée aux juifs et aux chrétiens, et

1. Univers Israélite, IX. 3^2: Archives Israélites, 1854, p. 228.

Page 1