‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 26 sur 54 · Neumann, p · texte numérisé non relu

Neumann, p

Voici comment se distribuent aujourd'hui les secours envoyés à Jérusalem. On sait qu'il en vient de tous les pays, sous forme de mahçit ha-sékel ou autrement. La distribution s'appelle Halucca (part, partage). On appelle grande Halucca celle qui est distribuée seulement entre les Israélites originaires des pays d'où elle vient. Elle donne des parts souvent importantes. Les Israélites de Russie et de Pologne se partagent ainsi les sommes provenant de leur pays; les Sefardim, celles qui viennent des pa^'s de rite espagnol. Les sommes recueillies en France, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et en Amérique, sont au contraire distribuées, sous le nom de petite Halucca, entre tous les Israélites de la Palestine, dans la proportion suivante :

Les Sefardim reçoivent 11 1,6 parts.

Les Perouschim .... 6 3/6 —

Les Hassidim 8 5/6 —

Les Chabads 1 3/6 —

•Total. ... 28 — parts.

Toutes les personnes inscrites, riches ou pauvres, vieillards ou enfants, reçoivent une part égale de cette Halucca; les rabbins seuls obtiennent une part un peu plus grande que

les autres. Par suite du règlement qui régit la grande Halucca, la part totale de chaque personne varie selon le pays ou la ville dont cette personne est originaire. Il y en a qui reçoivent à peine et en tout, grande et petite Halucca réunies, environ 56 fr. par an ; d'autres obtiennent jusqu'à 100 ou 150 fr. par tête et par an, c'est-à-dire la moitié environ de ce qu'il faut pour vivre. On estime que l'Europe et l'Amérique envoient par an de 30 à 40,000 liv. st. (75,000 à 100,000 fr.) aux Israélites de la Terre sainte i.

Bien avant 1854, on avait pensé à créer en Palestine des institutions destinées à soulager la misère des habitants. Sir Moses Montefiore avait visité le pays dès 1827. Après un troisième voyage en Palestine qu'il fit en 1842, il envoya à Jérusalem un certain nombre de métiers pour le tissage du lin et un maître pour enseigner aux Israélites la pratique de ces métiers. En même temps, il créa dans la ville, comme annexe à cette petite manufacture de tissus, une école de jeunes filles. Les élèves devaient y recevoir l'enseignement primaire

1. Samuel Montagu, Report ta the Committee of Sir Moses Montefiore testimonial Fimd. London, 13th May 1875, p. 10 et 11.

et un enseignement professionnel i. On se proposait spécialement de leur faire faire, avec la toile fabriquée sur les métiers, des ouvrages qui pussent être livrés au commerce. En même temps. Sir Moses Montefiore aida les habitants de Jaflfa, de Hébron et de Tibériade à entreprendre des travaux agricoles. La situation générale du pa3^s ne permit pas à ces différentes œuvres de durer. Ni la tisserie de Jérusalem, avec son école, ni l'entreprise agricole des autres communautés, ne réussirent. En 1854, Jérusalem, pour ne parler que de cette ville, n'avait ni écoles, ni hôpital, ni maison de retraite, ni rien. Albert Cohn a eu l'honneur d'}^ fonder ces institutions au nom de la famille de Rothschild 2, et le bonheur de les voir prospérer.

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