‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 25 sur 54 · Neumann, p · texte numérisé non relu

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les autres ont besoin de secours, et 3,000 ne vivent absolument que d'aumônes i. Cette situation a des causes diverses. Jérusalem n'est point une ville d'afiaires ; elle ne se trouve sur aucune route commerciale, et, par suite de la pauvreté générale de la contrée, les artisans y manquent très-souvent d'ouvrage. Les juifs sont maçons, tailleurs, vitriers, peintres, menuisiers, serruriers, horlogers, orfèvres, cordonniers, que sais-je encore ? Ils exercent tous les métiers, et leur éducation professionnelle, quoique peu avancée, est suffisante pour le pays, mais dans les temps difficiles le travail chôme. Les années de sécheresse et de cherté, les maladies épidémiques, sont fréquentes; les calamités politiques s'y joignent souvent, et la misère devient alors indescriptible. En été, l'eau potable est quelquefois hors de prix pour les bourses modestes des habitants, et en général, dans ces derniers temps, depuis que le commerce s'est développé sur la côte, la vie de Jérusalem est devenue assez chère. Ajoutez que le sang de la population Israélite s'est appauvri pendant des siècles de souffrances, et qu'elle est spécialement sujette aux maladies; que cette population compte en moyenne près 1. Neumann, p. 377.

de 1,000 veuves; qu'elle reçoit tous les ans des immigrants dénués de ressources, rabbins de l'Afrique, de l'Asie, de la Pologne, qui veulent se consacrer à l'étude du Talmud, pauvres gens sur lesquels Jérusalem exerce de loin une attraction irrésistible, pieux vieillards qui veulent mourir sur le sol de la Terre saintej et l'on comprendra que la misère des habitants tient à des causes permanentes, au climat, à la situation économique et politique du pays, à d'anciens faits historiques, enfin aux sentiments religieux les plus respectables. Cette misère peut être soulagée, diminuée, circonscrite, mais non pas entièrement guérie. L'agriculture seule fournira, avec le temps, à une grande partie de la population, des moyens d'existence, mais on ne peut l'entreprendre avec succès qu'après un long apprentissage et avec des traditions très-anciennes. Il faut, en outre, qu'elle jouisse de la sécurité nécessaire et que le champ du juif ne soit par ravagé par les Arabes. C'est pour enseigner l'agriculture aux Israélites de la Palestine que YAlliance Israélite, secondée par le dévouement de M. Charles Netter, a fondé TÉcole agricole de Jaffa i, œuvre de longue haleine et dont les 1. L'emplacement de l'École agricole de Jaffa fondée par

fruits, d'après ce qui précède, ne se montreront que plus tard. Dans tous les cas, il sera encore longtemps nécessaire de secourir les veuves, les orphelins, les vieillards et les infirmes si nombreux de Jérusalem. La population chrétienne aussi a besoin des aumônes du dehors, et elle en reçoit régulièrement \

Tout ce qu'on peut demander pour le moment, c'est que les comités honorables chargés de surveiller la distribution des secours, fassent le meilleur usage des sommes dont ils disposent et qu'ils s'inspirent d'un esprit éclairé ; que de plus, ils usent de leur influence pour répandre dans le pays des idées saines sur l'éducation populaire; et qu'enfin leurs agents ne trahissent pas leur confiance en soumettant la contrée, au moyen de l'arme redoutable du hérem et de la suppression des secours, à un régime de terreur qui arrête les progrès de la population. Une charité aveugle, quelque respectable et touchante qu'elle soit, fait plus de mal que de bien. En encourageant l'oisiveté et l'ignorance, elle crée la misère au lieu de la combattre.

V Alliance Israélite universelle est marqiiù dans le guide Bœdecker. Palaestina und Syrien, Leipzig, 1875, carte faisant face à la p. 134.

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