‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 3 sur 54 · Archives Israélites, 1840, p. 57, note provenant cer · texte numérisé non relu

Archives Israélites, 1840, p. 57, note provenant cer

arabe des Devoirs des cœurs de Bahya. Il fut bientôt arraché à ses travaux scientifiques, qui sans doute ne suffisaient pas à sa nature active et ardente.

tainement d'Albert Cohn. Ce commentaire a été publié à Presbourg, lieu de naissance d'Albert Cohn, en 1842.

Sa situation a Paris, sa famille. — Situation auprès de la famille de Rothschild. — Voyage en Italie (1838). — Son mariage, ses enfants. — Initiation religieuse de ses fils. — Initiation religieuse de M. le baron Alphonse de Rothschild et de M. le baron Gustave de Rothschild. — Catéchisme écrit par Albert Cohn pour ces deux Bar- Miçwa.

La famille de Rothschild l'invita, en 1838, à faire avec elle un voyage en Italie. Il fut heureux d'accepter cette offre, qui lui permettait de voir en si noble compagnie la terre classique des arts et d'étudier aussi la situation des Israélites italiens. Il passa par Turin, Gênes, Livourne. Dans cette ville, il visita la première école Israélite d'Italie, fondée par feu Franchetti, père du célèbre franc-tireur qui s'est acquis une si grande réputation de bravoure en France pendant la guerre de 1870-1871. M. Basevi, le chancelier de la communauté israélite, lui remit la copie d'une lettre que les Samaritains de Naplouse avaient écrite quelques années auparavant aux Israélites de Li-

Tourne, et qu'Albert Cohn dit avoir publiée dans les Israelitische Aiinalen du D"" Jost i.

De Livourne, Albert Cohn alla à Civita- Vecchia et à Rome. Il fat présent à l'audience que le pape Grégoire XYI accorda au baron James de Rothschild. Le pape dit au baron : « Je sais content des juifs, et j'espère qu'ils le sont aussi de moi. )) Il accorda au baron la permission d'établir tout près du Ghetto une école de travail Israélite. Cet établissement vécut plusieurs années et rendit de grands services.

La vue du Ghetto de Rome, ce lieu de misère et de douleur, fit sur notre voyageur une impression profonde, qu'il n'oublia pas. Au milieu des souffrances du siège de Paris, il se consolait en apprenant la délivrance des juifs de Rome, et il écrivait par ballon à M. S. Alatri : « Nous sommes prisonniers, mais Rome est libre ~ ! »

Sa science d'orientaliste lui procura Fhonneur de voir souvent à Rome le cardinal Mezzofanti, a un des linguistes les plus remar-

1. Xoiis avons en vain cherché cette lettre dans ce journal et dans les autres journaux Israélites de cette époque.

2. Héimion en faveur des Israélites de l'OrieJit. Paris. 1876.

quables qui aient jamais existé, » et le cardinal Mai, directeur de la bibliothèque du Vatican, le célèbre éditeur des Palimpsestes. Malgré de nombreuses protestations d'amitié qu'il reçut de ces personnages, Albert Cohn ne put point obtenir l'autorisation de copier le Traité de r Unité, de Maïmonide, qu'il voulait envoyer à son ami Salomon Munk. Il eut raison des règlements par un tour de force : tous les jours il allait lire à la bibliothèque quelques pages du Traité et, rentrant immédiatement chez lui, il les mettait par écrit. Le livre entier y passa. Le 1"^ janvier 1839, Albert Cohn était à Naples avec la famille Rothschild. Le Vésuve, suivant la jolie expression de notre voyageur, leur envoya ses étrennes du jour de l'an. Ils étaient encore dans cette ville à la fête de Pâque. Albert Cohn traversa ensuite la Suisse et alla à Vienne, à Presbourg, sa ville natale, à Francfort, enfin à Roedelheim, où il voulut voir la célèbre imprimerie de Wolf Heidenheim. Il revint à Paris après une absence d'une année. Dorénavant il re»ta attaché à la famille de Rothschild, et on peut dire qu'il fut constamment digne des hautes fonctions qull remplit auprès d'elle. Son avenir maintenant est fixé, sa voie tracée : il se consacrera tout

entier à l'œuvre de bienfaisance qu'une charité admirable lui confiait, qui est l'honneur de sa vie, l'honneur de la famille de Rothschild.

A partir de ce moment, la biographie d'Albert Cohn n'est plus du domaine de la vie privée, elle fait partie de l'histoire du judaïsme moderne. Il ne nous reste qu'à dire quelques mots de sa famille.

Il se maria, le 20 novembre 1844, avec M^^' Mathilde Lœwengarde ', qui a toujours été la digne compagne d'Albert Cohn, qui s'est associée à ses œuvres de bienfaisance, l'a plusieurs fois accompagné dans ses voyages et a partagé en partie ses travaux à Paris.

11 eut, de ce mariage, deux filles et quatre fils. Voici les noms et les dates de naissance de ces derniers :

Samson, né le 30 décembre 1845 ;

Léon, né le 11 mars 1849 ;

Adolphe, né le 21 mai 1851 ;

Henri, né le 27 septembre 1852.

Il avait eu un cinquième fils, nommé Salo-

mon, qui mourut enfant en 1854, à l'époque

où Albert Cohn revint à Paris de son premier

voyage en Orient.

Sa fille aînée, Betty, fut mariée à Paris, le

Page 1