‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 44 sur 54 · Archives Israélites, 1860, p. 199 et · texte numérisé non relu

Archives Israélites, 1860, p. 199 et

148 BIOGRAPHIE d'aLBERT GOHN

Il fut soutenu par M. de Thouvenel, ambassadeur de France à Madrid, et par l'ambassade d'Angleterre. Le maréchal crut qu'il était difficile d'inscrire une pareille clause dans un traité de paix, mais il promit que lui et les fonctionnaires espagnols veilleraient à la sécurité des juifs au Maroc et les recommanderaient au sultan. Albert Cohn quitta Madrid muni de recommandations du général Prim et d'autres personnes. Le 15 juin il était à Séville, d'où il se rendit à Gibraltar, puis à Tanger et à Tétuan. Il fut secondé dans ses démarches par M. de Castillon, chargé d'affaires de l'ambassade de France au Maroc, et par l'ambassadeur d'Angleterre, sir John Drummond Hay, l'honorable vétéran du corps diplomatique à Tanger i. Avec le concours bienveillant des ambassadeurs et des consuls, Albert Cohn put demander au frère du sultan, Muley Abbas, de passage à Tanger, de vouloir bien proposer au sultan les mesures suivantes :

1° Des instructions précises seront données au pacha de Tétuan pour que les juifs de cette ville ne soient point poursuivis, après le

1. Voir les lettres d'Albert Cohn dans V Univers israélite, XV, 609 et 699 ; Archives israélites, 1860, p. 384.

départ des Espagnols, pour des faits passés pendant l'occupation.

2° L'empereur donnera des instructions aux pachas de l'intérieur, afin que les israélites soient traités avec humanité et justice.

3° L'empereur protégera les écoles israélites.

4° Deux pauvres israélites, dont l'un était en prison à Fez depuis quinze ans, l'autre depuis dix- huit mois, et qui avaient été condamnés pour blasphème, seront mis en liberté.

Albert Cohn eut le bonheur de voir ces propositions adoptées. Les deux israélites prisonniers furent graciés, et le 29 août le pacha de Tanger lut aux juifs un édit annonçant que les ordres les plus sévères avaient été donnés pour que les juifs de Tétuan ne fussent point rendus responsables, après la guerre, de ce qui s'était passé à Tétuan pendant l'occupation des Espagnols. Peu à peu les réfugiés marocains rentrèrent dans leur patrie et le calme se rétablit au Maroc.

Le 17 juillet, Albert Cohn était de retour à Gibraltar. Il se rendit de là, en compagnie de M"'' Albert Cohn, à Oran, où il arriva le 18 août. M. Crémieux et M. Narcisse Leven étaient également en Algérie à cette époque, et contri-

buèrent à relever le courage des réfugiés. Albert Cohn laissa pour ces malheureux une somme de 4,000 francs. Il se rendit ensuite à Mascara, Mostaganem et Alger, où il s'embarqua pour la France. Il y était à peine revenu que les événements de Syrie, que nous avons déjà racontés, semblèrent lui imposer une nouvelle tâche, et on a vu qu'il fut prêt à l'accepter avec le même dévouement.

Page 1