‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 48 sur 54 · Univers Israélite. XX et XXI · texte numérisé non relu

Univers Israélite. XX et XXI

naissance avec tous les hommes politiques de l'Europe qui ont exercé quelque influence sur le sort des israélites. Il n'y a point de voyage plus intéressant ni plus instructif. Le récit, toujours rapide, est coupé de réflexions qui éclairent les faits et de vues générales sur la grandeur et la destinée du judaïsme. Le lecteur est gagné peu à peu par la chaleur du stjle, la vivacité et la délicatesse des sentiments, la simplicité et la modeste bonhomie du narrateur. Au moment où il s'y attend le moins, il voit passer comme un éclair les plus brillants traits d'imagination. Une vive lumière s'allume tout à coup et illumine de vastes horizons de ses feux colorés. Quel dommage que ces beaux mémoires n'aient pas été achevés i ! Outre les rares écrits d'Albert Cohn, il reste de lui son enseignement au séminaire. Lorsque, par décret du l^"" juillet 1859, cette institution fut transférée de Metz à Paris, le Consistoire de Paris craignit de n'avoir point les ressources nécessaires pour subvenir à tous les frais de cette translation. Albert Cohn crut pouvoir offrir en son nom et au nom de ses amis une somme de 60,000 fr. pour cette dé-

1. Les Lettres juives s'arrêtent au second voyage d'Albert Colin à Jérusalem, en 1856.

pense ^. Son espoir fut à la vérité déçu, la somme annoncée ne se trouva point, mais Albert Cohn ne retira point sa parole , il paya pendant plusieurs années le loyer du séminaire à Paris. Il fit plus : pour épargner les frais de renseignement, il se chargea gratuitement du cours d'histoire juive et il remplit ses fonctions de professeur avec sa ponctualité ordinaire. Pendant plus de seize ans, il ne manqua pas une leçon. Tous les rabbins qui ont passé par le séminaire pendant cette époque ont suivi son enseignement et appris de lui à aimer le glorieux passé du judaïsme. Il ne cessa ce cours qu'après la Pâque de l'année 1876, et lorsqu'il était déjà gravement atteint de la maladie qui devait l'emporter -.

Le plus grand service qu'il ait rendu à la science juive, c'est la protection constante qu'il a accordée, pendant plus de trente ans, aux savants, et l'appui qu'il leur prêtait auprès de la famille de Rothschild. De tous les coins du monde les écrivains Israélites s'adressaient à lui et ils étaient sûrs de ses sympathies. Il ne s'est pas publié, dans ces années, un livre de

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