‹ Biographie d'Albert CohnChapitre 49 sur 54 · Archives Israélites^ 1859, p. 443 à · texte numérisé non relu

Archives Israélites^ 1859, p. 443 à

2. Il fit aussi au séminaire pendant quelques années un cours d'arabe.

science juiye auquel Albert Cohn n'ait pas prêté son concours. On ferait un gros catalogue en imprimant les titres des ouvrages et des journaux à la publication desquels il a contribué, qui lui sont dédiés, ou qui le nomment parmi leurs souscripteurs. Nous citerons parmi les plus considérables, pris absolument au hasard, Vlsaïe de Luzzatto, le Séfer Ha^^thina d'ibn Gannah, la Grammaire arabe de Goldentlial, VEncyclopédie talmiidique de Jacob Hamburger, VOrgue et Pioutîm de Gerson Lévy, la Théologie et la Mo?^ale de M. Michel A. Weil, le Gal-ècl ^ publié à ses frais, et, pardessus tout, la traduction française avec texte arabe du Guide des Égarés de Maïmonide, par S. Munk, admirable monument de la générosité de la famille de Rothschild, dans la publication duquel Albert Cohn a certainement sa part. Il a fait partie, comme nous l'avons dit plus haut, de la Société des bons livres ou des livres religieux et moraux, fondée à Paris ; de la Société scientifique littéraire Israélite ; il a été un des promoteurs de la Société mehicé nirdamim. On peut se faire une idée de l'attachement et du respect qu'il avait pour la

1. Gal-èd, inscriptions funéraires de l'ancien cimetière de Prague. Prague, 1856.

science juive par la belle lettre qu'il écrivit aux journaux de Paris, en octobre 1865, et où il annonçait, en termes émus, la mort de S. D^ Luzzatto, et demandait qu'une souscription fût ouverte pour publier les œuvres posthumes de ce célèbre rabbin i. Il était véritablement le Mécène des savants Israélites et ce sont eux qui ressentiront le plus vivement sa perte.

CARACTÈRE D'aLBERT COHN. 163

Caractère d'Albert Cohn, ses qualités intellectuelles ET morales. — Application au travail. — Activité extraordinaire. — Correspondance, visites aux établissements Israélites de Paris, ponctualité. — Dons de l'esprit, don de la parole, éloquence, imagination. — Optimisme. — Générosité, désintéressement. — Force d'impulsion.

Il y a peu d'exemples d'une yie aussi active et aussi utile que celle d'Albert Colin. Il a yisité quatre fois les Israélites d'Orient, trois fois ceux d'Afrique. Ces voyages suffiraient seuls à remplir la vie d'un homme ordinaire, ce n'étaient que des épisodes dans celle d'Albert Cohn et des distractions à un labeur incessant. Il ne se reposait ni jour ni nuit. Le matin, des lettres venues de toutes les parties du monde s'accumulaient sur sa table : c'étaient des demandes et des suppliques de tout genre, un concert de lamentations et de prières qui montaient vers lui de toutes les régions de la terre, de Paris et de la province, de l'Allemagne, de l'Italie, de la

Pologne, de la Palestine, de l'Afrique, véritable confusion de Babel où toutes les langues et tous les tons étaient confondus et qui eût troublé un esprit moins ferme. Il répondait immédiatement à ces lettres quand il le pouvait, envoyait les secours demandés, ou promettait, quand le cas était grave, d'intervenir auprès de la famille de Rothschild. Il connaissait en grande partie, et par une longue pratique, toute cette clientèle pauvre et se rappelait en un clin d'œil toutes les pièces de chaque dossier. Jamais il ne repoussait une demande, à moins de nécessité absolue. Il faisait la part des mendiants de profession, celle des malheureux plus intéressants, celle des savants ou des jeunes gens qui se destinaient à la science. Il réglait ensuite les comptes des administrations et des sociétés dont il était le trésorier, mettait à jour sa correspondance avec l'hôpital de Jérusalem, qu'il n'a pas cessé un instant de diriger, donnait ses ordres pour le service du comité de bienfaisance ou des autres institutions charitables de Paris, recevait les visites des nombreux solliciteurs. On réclamait de lui des services de tout genre, et il écoutait avec patience les demandes les plus extravagantes i. Le reste de sa

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