‹ Biographie d'Apollonios de Rhodes [microform]Chapitre 19 sur 55 · Riv. di Filol., 1928, p · texte numérisé non relu

Riv. di Filol., 1928, p

2. Ein neues Altersgedicht des Kallimachos, Hermes, t. LiXIII, 1928, p. 340 n. 3.

naissaient, à son maître préféré. Mais il faut se défier de ces raisonnements fondés sur de simples vraisemblances. En effet, le même argument peut se retourner contre la théorie de Pfeiffer : pourquoi Apollonios, chassé honteusement d'Alexandrie, déchu de ses hautes fonctions de bibliothécaire et de précepteur, comme le prétend de Wilamowitz, a-t-il conservé dans son poème des imitations qui pouvaient être regardées comme un hommage rendu à son ancien maftre devenu son ennemi ? En réalité, l'argument n’a pas plus de valeur dans un cas que dans l’autre. D'ailleurs, l’imitation ne prouve pas toujours l’admiration pour le modèle : elle peut révéler, comme le suppose Gercke!, le désir de rivaliser avec lui, de le critiquer ou de le corriger. Il est donc permis d'accepter les renseignements fournis. par les Vies et les scholies et de croire, avec Rostagni, qu’Apollonios, dans sa jeunesse, lut en public une première ébauche, sans doute incomplète, de ses Argonautiques?.

Cette lecture fut mal accueillie, et les biographes insistent sur l’insuccès d’Apollonios. « Ne pouvant supporter, dit le premier, le mépris de ses concitoyens, le blâme et la calomnie des autres poètes, il quitta sa patrie »; le second confirme ce détail : « Il échoua complètement et, couvert de honte, il passa à Rhodes ». Parmi les poètes qui attaquèrent Apollonios se trouvait sans doute Callimaque, l'ennemi de la grande épopée. La première lecture des Argonautiques fut ainsi le point de départ de la fameuse querelle entre Apollonios et son maître.

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