Schol. Hymne à Apollon, v
vent un précieux butin! ». Enfin, l'Envie, ennemie de Callimaque et repoussée du pied par Apollon, n’est autre qu’Apollonios alors en exil, comme le prouve encore le dernier vers. La Raïllerie désignerait soit Apollonios encore, soit plutôt, comme le pense avec raison de Wilamowitz?, d’autres ennemis moins dangereux, à qui l’exil d’Apollonios doit servir d'exemple. Enfin Apollon représenterait le souverain qui exila le poète jaloux : Evergète d’après les scholies’, Philadelphe selon Caussin, de Wilamowitz et Rostagni*.
Mais cette interprétation est rejetée par quelques savants®. Cahen et Beloch se demandent si d’autres poètes qu’Apollonios ne sont pas visés en même temps que luif. D’après Cahen, si les renseignements donnés par le scholiaste sur l'Hécalé sont exacts, Callimaque vise « les adversaires des Aitia, qui semblent s'être groupés autour du nom d'un poète de la fin du ve siècle, Antimaque de Colophon, l’auteur de la Lydé et d’une Thébaïs? ». Cahen regarde d’ailleurs l'Hécalé comme « très antérieure à la querelle des Argonautiques; car l'œuvre d’Apollonios se ressent au contraire de limitation de cette idylle héroïque ». La même obscurité se retrouve dans un passage de Théocrite dirigé contre les imitateurs d’Homère et les auteurs de grandes épopées® : les uns y voient une attaque contre Apollonios’, les autres